Félicitation à Gwendal et Elia

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 Elia Serendas - L'espoir de vivre renaît avec chaque aurore

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Date d'inscription : 15/07/2018
Messages : 59
Posté le Dim 15 Juil - 19:10


Elia Serendas
feat Lily Collins
0XX. 1. Son vrai prénom est Derima. Elle affectionne beaucoup ce prénom qui lui rappelle ses origines.
2. Elle est fille unique.
3. Lorsqu’elle est trop anxieuse, elle a la fâcheuse habitude de se ronger les ongles.
4. Elle est une férue de lecture, car cela lui permet de s’évader dans un autre univers pendant un court instant.
5. Quand il n’y a personne à l’herboristerie, il lui arrive de concocter des potions.
6. Tous les matins, elle effectue son jogging quotidien.
7. Elle a pris des cours de self-défense.
8. Elle a eu quelques aventures au court de sa longue vie, mais n’a jamais rencontré son âme-sœur.
9. Elle ne souhaite pas fonder de famille et ce, depuis qu’elle est petite. La mort de sa mère peu de temps après sa naissance a été traumatisante. La nouvelle loi est donc loin de lui déplaire.
10. La France lui manque beaucoup, mais lui apporte trop de souvenirs douloureux pour y rester.
11. La solitude la pèse et la culpabilité ne l’a jamais vraiment quitté.
▲ points clés ▲
Niveau 27
Magie Blanche
Validé
nom Serendas prénom(s) Elia Derima âge 4 039 ans date & lieu de naissance France, le 9 Mars -2 021 av. JC origines Française race Occultiste activité diurne Herboriste activité nocturne Aucune orientation Pansexuelle statut civil Célibataire


personnalité

- Persévérante
- Têtue
- Attentive
- Égoïste
- Prudente
- Torturée
- Attentionnée
- Anxieuse
- Honnête
- Indépendante
- Spontanée
- Méfiante
Pour se fondre dans la masse, la jeune femme aborde un look très simple. Elle suit la mode, mais évite toute extravagance – ne voulant pas attirer l’attention. Le maitre mot : la discrétion, tout en restant féminine. Son pas est rapide. Elle ne s’attarde jamais très longtemps aux mêmes endroits et marche à l’ombre des regards.
Si elle relève les cheveux, on peut apercevoir dans sa nuque l’arbre de vie qu’elle s’était fait tatouée un soir d’égarement. Elle n’a pas d’autres arabesques sur le corps. Côté piercing, elle a seulement osé se percer les oreilles.
Une marque en forme de V repose sur son épaule droite – trace de sa survie face à des traqueurs.
▲ Particularités ▲
- Umbrakinésie : capacité à contrôler les ombres. Elia a toujours adoré ce pouvoir. Elles sont rapidement devenues ses meilleures amies cachées. Elle se sent rassurée de les avoir à porter de main et les manifeste fréquemment. C’est le pouvoir qu’elle contrôle le mieux.
- Intangibilité : capacité à traverser la matière. Un don qu’elle qualifierait de capricieux. Il demande beaucoup de concentration et lui a déjà plus d’une fois joué de mauvais tours.
- Télékinésie (commune aux occultistes) : capacité à déplacer des objets. A force de fuite, Elia a fini par quasiment perdre cette faculté. Elle lui rappelle, néanmoins, de très belles bêtises lorsqu’elle n’était qu’une jeune occultiste.
- Régénération (commune aux occultistes) : capacité du corps à se soigner de ses blessures ou de régénérer des membres perdus. Elia s’en est déjà servie lorsqu’elle a été blessée par une traqueuse. Le résultat n’est pas nickel, elle en garde une fine cicatrice, mais elle n’en reste pas moins très utile.
- Résistance (commune aux occultistes) : permet de résister à des chutes importantes, à la chaleur, au froid, aux maladies, etc. Ce pouvoir lui a permis de survivre d’une grosse chute lorsqu’elle était enfant. Il est omniprésent. Aussi loin que ces souvenirs remontent, elle n’est jamais tombée malade et les aléas de la météo ne l’ont guère dérangé.
- Force physique (commune aux occultistes) : supérieure à la moyenne. Il s’agit du premier pouvoir qui s’est réellement manifesté à ses huit ans et qui a failli lui coûter la vie si l’un de ses autres dons ne s’était pas manifestée. Elia se maintient en bonne forme physique – c’est dans ces moments-là qu’elle constate que cette capacité ne l’a pas encore laissé tomber.
- Téléportation (commune aux occultistes) : capacité à se déplacer d’un endroit à un autre. Elle n’a jamais maîtrisé cette aptitude et ne cherche pas à la développer. En cas de besoin, elle préfère effectuer un pas d’ombre qui lui permet de se glisser d’un coin obscur à un autre (ce dernier doit être visualisé pour fonctionner).
▲ Pouvoirs ▲
« Pendant un court instant, mon cœur s’arrête. Les yeux fixés sur ses deux étrangers, je réalise difficilement la situation. Comment est-ce possible ? Ma respiration est saccadée – l’angoisse parcourant mon échine de ses sueurs froides, insupportables. Je serre les doigts à tel point que mes phalanges commencent à blanchir. Je repasse la vidéo en boucle jusqu’à ce que cette dernière disparaisse. Une illusion ? J’aurais aimé que ce soit le cas, mais la raison me rattrape soudainement. Nous sommes traqués : c’est un fait indélébile. Passé, présent et futur. Cette vidéo n’est qu’un rappel de notre triste sort. Une larme brulante s’échappe de mes cils – me rappelant ma propre culpabilité et mes angoisses. Des images cauchemardesques défilent sans que je puisse les en empêcher et je ne peux retenir le sanglot qui tiraille ma gorge. Tu seras la prochaine, souffle une voix lointaine. J’aimerais lui hurler qu’elle se trompe, mais aucun son ne sort. Tu es faible, continue-t-elle. Je me bouche les oreilles espérant lui échapper, mais son lourd jugement continue de résonner dans les tréfonds de mon âme – une torture perpétuelle.
Lorsque je réussis à me calmer, je relativise. Tous les humains ne sont pas des traqueurs. Pour la majorité, cette scène est fantasque – ne jurant que par les réalités scientifiques. Je ne peux pas fuir tout le monde de toute manière. Je dois continuer à vivre malgré cette peur qui tenaille mon ventre. Je DOIS survivre. »
▲ Avis sur la vidéo ▲


Dernière édition par Elia Serendas le Dim 22 Juil - 11:09, édité 3 fois
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Date d'inscription : 15/07/2018
Messages : 59
Posté le Dim 15 Juil - 19:11


Histoire






Il est possible de se faire une image du Paradis mais la perfection est au-delà de toute imagination - Ostad Elahi



C’est aux premiers rayons de soleil du mois de mars que j’ouvris pour la première fois les yeux. Petite fille attendue, je perçois l’amour inconditionnelle de la femme qui m’a mise au monde. Elle ne se porte pas très bien, mais elle n’en laisse rien paraitre. Elle profite de ses instants de plénitude avec une joie si intense que je ne peux m’empêcher de sourire béatement. J’aurais aimé avoir le temps de la connaitre. Elle semble si douce, si aimante. Dans ses bras réconfortants, je me sens heureuse. Tant de bonheur qu’il est difficile d’imaginer que la réalité finirait par la rattraper si soudainement. Elle s’est battue – de toutes ses forces ; mais cette vilaine infection eut un jour raison de son âme. Je n’étais qu’un bambin dans l’incompréhension de sa propre existence et je venais de perdre la seule personne qui aurait pu avoir un impact sur mon avenir. Je me souviens des larmes de mon géniteur, de ses marmonnements et de sa souffrance explosive. Il ne sera plus jamais le même.

Les années passent. Je grandis aux côtés de mon père. Un fantôme. Je ne le vois pas très souvent – une femme à la chevelure dorée joue son rôle à la perfection, sa sœur. Je l’aime bien. Elle me fait souvent rire, même si elle se doute qu’elle n’aura jamais la capacité d’enlever le poids qui menace mon cœur un peu plus chaque jour. Tous deux sont très silencieux au sujet de ma mère. Quand je leur pose des questions, leurs yeux se voilent de tristesse et aucun mot me répond. J’ai l’impression que mon père me fuit, alors j’essaye d’attirer son attention. Tantôt exemplaire, tantôt peste, je redouble d’efforts pour qu’il daigne prendre conscience de ma présence. Pourtant, je le sens s’éloigner un peu plus. Il me suffirait de tendre le bras pour le retenir, mais mes doigts ne font qu’effleurer le fin tissu de sa tunique. Il m’échappe. Son essence n’est qu’une faible lueur – son cœur a déjà été emporté dans la tombe, il n’en reste qu’une marionnette errante. Je veux le sauver, plus que tout, alors j’empoigne fermement l’étoffe et serre de toutes mes forces. Je l’ai pris au dépourvu. Son bras me repousse tandis que mon dernier espoir se déchire entre mes doigts. Les yeux arrondis, je bascule en arrière, me prends les pieds dans je-ne-sais-quoi et me rattrape à la balustrade. Un autre moment, j’aurais aimé contempler cette vue féérique ; la cité est sublime, surtout en été, avec sa végétation éclatante. Sauf que mon destin bascula lorsque la rambarde céda sous la pression de ma paume. Un écho de surprise, des regards incrédules, la scène me semble irréelle alors que je prends difficilement conscience que je suis en train de chuter de plusieurs mètres. Non, c’est impossible. Je ne peux pas mourir aussi bêtement ! L’impact est inévitable et pourtant, je ne me résous pas à mon sort. J’empoigne cette volonté cachée – celle qui me donne l’envie de me réveiller chaque matin, celle qui me remplit de joie à chaque victoire ; tout simplement, celle qui me rappelle que je veux vivre. Je ferme les yeux et ne cesse d’y songer. Une prière interminable.
Mes jambes sont les premières à encaisser. La douleur est intense et m’arrache un hurlement sourd. Tel un reptile affamé, elle prend plaisir à parcourir chaque parcelle de mon corps. Je ne me souviens pas de m’être allongée ; je réalise encore à peine ce qui vient de m’arriver. Une seule pensée ne me quitte pas : je suis vivante ! Les larmes aux yeux, j’accueille à bras ouvert mon père qui ne cesse de réciter ses excuses. Boucle d’or reste en retrait et ne cesse de me fixer de ses grands yeux orageux. Elle ne m’a jamais semblé si lointaine. Ses prochaines paroles résonnent sèchement : « Ce n’était pas parfait, mais je ne peux le nier, elle est prête ». Je n’ai jamais pu lui demander la signification de cette phrase.

On me laisse à peine le temps de me rétablir, quelques minutes tout au plus, que je me retrouve dans les bras d’un inconnu. Ismaël se présente-t-il. On m’explique qu’à partir de maintenant il s’occupera de mon éducation et de mon entrainement. Avant que je ne puisse protester, on m’annonce que mon père a des obligations et qu’il doit s’en aller vers de nouvelles contrées. L’incompréhension doit se lire sur mon visage car, l’homme aux cheveux corbeaux me promet de répondre à toutes mes questions le moment opportun. Ce n’est pas suffisant, mais je ne fais pas d’histoire et hoche la tête comme la gentille petite fille de huit années que je suis. Boucle d’or me fait également ses adieux prétextant que sa famille a besoin d’elle. J’aimerais lui hurler que je suis aussi sa famille, mais encore une fois, je garde la bouche close. Maman serait-elle fière de moi ? Me détesterait-elle ? Il est courant d’utiliser ses facultés parmi les nôtre, alors pourquoi ai-je la sensation d’avoir fait une bêtise ? D’être abandonné une nouvelle fois ? Les lèvres pincées, je retiens les larmes qui menacent de tomber. Je ne suis pas faible, m’encourageais-je.
Les premiers jours, la cohabitation est très difficile. Je ne parle pas beaucoup et préfère rester dans mon coin. Ismaël ne m’en tient pas rigueur et me laisse le temps de me faire à mon nouveau chez moi. Parfois, de jeunes adultes viennent le voir. Ils sont enjoués et se pavanent en jouissant de différents tours de passe-passe. « Toi aussi, Derima. Un jour, tu seras capable de telles prouesses, chantonne le plus âgé. Tu verras, tu vas adorer ! ». « Faudra d’abord qu’elle trouve sa vocation, tranche le plus sinistre ». « Laisse-la tranquille, rétorque un autre ». Pour toute réponse, je leur tire la langue ; ce qui déclenche un fou rire général. Je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour. C’est le commencement d’une période riche en émotion – une belle époque.
Les garçons passent souvent me voir durant mes entraînements. Ils m’encouragent avec une joie si communicative que je me sens obligée de donner le meilleur de moi-même. Force et vigueur sont les maîtres mots d’une réussite. N’oublions pas le contrôle des émotions – un facteur primordial pour ne pas flancher et faciliter un contrôle régulier du mana. Je me débrouille plutôt bien ; je suis une élève studieuse. Ismaël tient également à ce que je sois en bonne forme physique. Cette pratique me permet de gagner en durée, mais aussi de me vider la tête de toutes pensées négatives – les lianes de mon cœur commencent à se desserrer doucement. Je découvre avec une joie intense mon affiliation avec les ombres. A la moindre pensée, elles ondulent selon mes désirs et ne cessent de prendre de l’ampleur à chaque utilisation. Je me sens apaisée, car quoiqu’il arrive elles sont toujours avec moi. Mon ombre sera toujours là si j’ai besoin d’elle. Maven, un des garçons, me surnomme la danseuse d’ombres. Il est fasciné par la manipulation que j’en fais – à croire qu’il n’a jamais vu d’occultiste user de cette faculté. Ismaël m’a pourtant dit qu’il y en avait d’autres, mais qu’ils étaient plutôt discrets. Je peux les comprendre. J’aime ne faire qu’un avec les ombres et disparaitre un court instant aux yeux de tous. L’obscurité est mon alliée, il n’en fait aucun doute. Peu de temps après cette découverte, il s’avère que j’ai également développé une certaine intangibilité. La première fois, je n’ai pas très bien compris ce qui m’arrivait. Un peu comme si vos yeux refusaient de voir la réalité. En même temps, contempler son corps à moitié traversé par un tonneau a de quoi vous retourner le cerveau pendant quelques secondes. Sans oublier Maven qui ne cesse d’essayer de me traverser dès qu’il m’aperçoit. Je crois qu’il n’a pas compris dans quel sens cette capacité fonctionne ou alors il aime simplement m’emmerder. Vu le nombre incalculable de fois où il m’a percuté, j’opterai plutôt pour la deuxième option.

Les années défilent rapidement. J’ai maintenant vingt ans et une folle envie de prendre mon envol. Ismaël est bien gentil, mais j’ai l’impression qu’un jour ou l’autre je vais finir par mourir étouffée tellement il me colle aux basques. J’ai trouvé un petit coin sympa, sur les hauteurs, avec une vue imprenable sur les collines verdoyantes. Le calme y règne. Je fréquente Maven – pour le moment, tout se déroule à la perfection. Chacun a trouvé son train-train quotidien ; la plénitude nous enlaçant de ses bras charmeurs. Je ne vois pas le temps passé. Mes traits se sont déjà figés. C’est fini, toute ma vie je garderais cette tête d’hibou ! Maven passe son temps à me taquiner. Il aimerait qu’on fonde une famille, mais voilà, nos chemins sont différents. L’amour que je lui porte n’est pas le même et je n’ai clairement pas envie de tenter une grossesse. Ma propre naissance et ses conséquences ont plutôt été traumatisantes. Je ne veux pas risquer qu’il survienne la même tragédie ; autant pour moi que pour l’enfant. Par conséquent, Maven et ses pulsions vont devoir se calmer.


Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple - Jean Giraudoux



Me croirez-vous si je vous disais qu’un millième d’année ça passe vite ? Un retournement de situation et hop ! Ça vous change tout un peuple. Tout s’enchaîne si vite qu’à la fin vous vous rendez à peine compte que votre jeunesse est déjà bien loin derrière. Je ne plaisante pas.
Tout a commencé lorsque le premier être « humain » a vu le jour. Nous ne sommes pas bien différents à l’exception qu’ils sont dénués de pouvoirs magiques et qu’ils sont loin d’être éternel. A vrai dire, je ne comprends toujours pas l’origine de ce phénomène. J’en ai rencontré quelques-uns, mais les événements se sont si brutalement enchaînés qu’ils sont restés pour moi au stade « d’inconnus ». Je ne sais pas exactement ce qui a provoqué l’éclatement, mais l’on parle de nombreux conflits. J’ai assisté à certains d’entre eux, mais je me suis toujours bien gardée de rester en retrait. La politique et moi, ça fait deux. Jetée dans le tas – je suis un peu comme une boule à retardement. Tic, tac, tic, tac, fait-elle avant d’exploser. Très peu pour moi.

Le clou final fut la mise à mort d’un immortel – pas tant que ça au bout du compte. L’implosion était inévitable ; la colère ayant gagné les rangs. J’étais moi-même tiraillée entre deux émotions : l’incompréhension de ce dénouement et la tristesse d’une perte. L’ampleur d’un tel acte ne pouvait être oublié. Il fallait agir, calmer les plus téméraires et surtout rassurer le peuple. Pendant que les « humains » furent rapidement bannis de nos cités, je restais cloîtrée chez moi à ruminer dans mon coin comme j’en ai la fâcheuse habitude. Les tensions restèrent malgré cette décision. Il est indéniable que la paix de notre peuple venait de perdre en éclat. Elle s’émiette assurément et rapidement. L’angoisse me tenaille. Je n’arrive pas à déterminer ce que l’avenir nous réserve. Personne ne s’y attendait. Personne n’y était préparée. Comme si cette descente aux enfers n’était pas suffisante, un sombre idiot décréta que la magie blanche est pervertie. Je me demande ce que mon poing dans sa face signifierait. Le doute s’immisça de-ci de-là. Les regards sont évocateurs et je ne me sens plus à ma place. Mon ombre et moi nous fîmes toutes petites espérant ne pas attirer l’attention des plus extrêmes. Je ne peux plus compter sur Maven. Je crois qu’il aurait été prêt à me vendre au plus offrant si cela lui permettait de s’en sortir.
S’en sortir de quoi déjà ? Ah oui, le lancement de la chasse. Contre toute attente, je n’étais pas aux premières loges de ses débuts. Je sais que beaucoup d’occultistes y ont perdu la vie. Mon cœur est lourd à cette pensée. J’ai probablement perdu des êtres chers sans même le savoir. Ismaël était venu me retrouver peu de temps avant le déluge. Ce que j’appelle le déluge est tout simplement la fin de mon peuple tel qu’il existait dans mes plus tendres souvenirs. Fini les journées insouciantes, les floraisons interminables et ces majestueuses citées. Tout ce que j’ai pu connaitre était en train de disparaitre tel un mirage. Accablée par la conjoncture actuelle, je ne me suis pas fait prier lorsque Ismaël m’a proposé de « prendre l’air ». J’ai laissé Maven dans son merdier et je me suis éclipsée aussi subtilement qu’une ombre. Vous pouvez me traiter d’égoïste, d’hypocrite ou toute autre dénomination fleurie ; à ce moment-là, je pensais vraiment que c’était la meilleure option. Ismaël avait été mon tuteur pendant toute mon adolescence. Il en avait vu des vertes et des pas mûres – pourtant, il était le premier à se soucier de ma personne pendant une si sombre époque. Nous avons vadrouillé pendant de longues périodes. Mes journées étaient riches en découverte et je me délectais de chaque nouvelle rencontre. J’apprenais à connaitre ces nouveaux arrivants sous le regard méfiant de mon protecteur tout en prenant bien garde de ne pas dévoiler notre appartenance. Ismaël y tient beaucoup et je n’ai guère envie de le décevoir. Je reste sage, même si le soir venu, je ne peux m’empêcher de valser avec l’obscurité. Un secret qu’il avait bien vite découvert. Je ne suis pas connue pour ma discrétion – merci de me le rappeler. A mesure que nous avançons, Ismaël semble de plus en plus sur ses gardes. Dès que j’utilise mes dons, il commence à me sermonner comme si je n’étais qu’une gamine. A ce moment-là, je ne voyais pas trop où était le problème et je ripostais toujours de plus belle. Je n’allais quand même pas ME cacher ce que j’étais ? J’étais bien loin de la réalité des faits. Moi et ma sagesse réputée avons fini par commettre une grossière erreur. Pourtant, je vous le jure, j’étais sûre d’être toute seule. Bref, quelqu’un m’a vu et ça a fait le tour du quartier. Qui aurait cru que les commérages allaient de bons trains ? Je m’attendais presque à me voir en tête d’affiche sur tous les coins de rues, mais je dois avouer que leurs petites manigances ont bien fonctionné. On a été pris de court lorsqu’un petit gringalet a débarqué armer jusqu’aux dents et qu’il nous a pris en chasse. Honnêtement, je n’étais pas prête à une telle épreuve. Jamais de la vie je n’aurais imaginé être traité de cette manière. Ismaël est resté à mes côtés alors qu’il aurait très bien pu se téléporter loin d’ici. C’est ma faute, je n’arrive pas à me projeter. Avec les ombres, c’est beaucoup plus facile, mais me téléporter… c’est une autre histoire que je n’aurais pas le temps de raconter pour l’heure. Nous bifurquons au détour d’une ruelle – déserte, que nous avons pour habitude de prendre. Sans crier gare, mon complice me pousse d’un geste sec sur le côté. Au lieu de m’éclater contre le mur, je le traverse. Encore sous le choc, je peine à visualiser l’endroit et vitesse oblige, je me ratatine finalement contre une armoire. Elle vacille légèrement, mais rien de dramatique. Je n’ose plus bouger – effrayée à l’idée d’émettre le moindre bruit. Par l’esprit ! Mais quelle mouche l’a piqué ? Je tente de garder mon calme, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Il va venir me récupérer, hein ? Je ne sais même pas où je me trouve. Je regarde autour de moi. Il sait au moins qu’il m’envoyait droit dans un placard à balais ? Et si j’avais débarqué au milieu d’une foule ? « Euh… Bonjour à tous ! Je vous souhaite la bienvenue au cirque de l’imprévisible ! » Je secoue nerveusement la tête – sortant cette scène burlesque de ma tête. Il savait. Il ne peut en être autrement. Au final, je ne suis pas restée bien longtemps dans ma cachette improvisée. Ismaël est venu me récupérer et nous sommes aussitôt partis loin d’ici. Il n’a jamais voulu me dire ce qui était arrivé à l’avorton. Je n’ai pas cherché à lui tirer les vers du nez – je m’améliore. Il m’a quand même avoué que notre escapade n’avait pas pour réel but de voyager. Je m’en étais rendu compte, à mon grand désespoir.

Les traqueurs ne cessent de croitre et nous devons redoubler de vigilance. Une majorité de mes dons se sont amoindris, je m’autorise seulement à user des plus utiles et Ismaël m’entraîne pour la survie. Je manque de conviction. Il me sermonne toujours avec la même assurance. Cette situation m’exaspère. Nous ne sommes pas faits pour vivre caché aux yeux de tous. C’est à peine si nous arrivons à nous reconnaitre. Les seules fois où nous avons la chance de rencontrer un pair, il nous apporte de mauvaises nouvelles et je passe ma soirée à pleurer toutes les larmes de mon corps. Mon père se porte toujours aux abonnés absents. Les traqueurs gagnent en nombre tandis que nous diminuons sensiblement. La présence d’Ismaël me permet de tenir bon.


À la mort tout ce qu'on avait cru réel et solide s'évanouit, et tout ce qui nous avait paru frivole et chimérique se montre et se réalise - Jean-Baptiste Massillon



Dans les années 500 après J.C., nous sommes toujours en fuite. Nous ne restons jamais au même endroit et très peu de temps. J’ai l’impression de voir des traqueurs partout – ma paranoïa aime me jouer des tours et finit même par atteindre Ismaël. Le pauvre, il doit supporter mes crises d’angoisse. Normal qu’il finisse avec la tête retournée.
Notre périple nous a considérablement rapproché. En même temps, mon ange protecteur ne me lâche pas d’une semelle et ce n’est pas pour me déplaire. Nous sommes retournés en France sous ma demande – un coup de ma nostalgie. J’espère pouvoir reprendre mes marques, me sentir plus confiante, mais c’est tout le contraire qui se produit. Je ne reconnais aucun paysage. Les montagnes sont toujours les mêmes, mais le reste… Une douleur profonde me pince la poitrine ; un mélange de tristesse et de rage. Ce n’est pas seulement notre peuple qui est en déclin. La nature, elle-même, dégage la souffrance. Je retiens un cri de fureur. Mes protestations ne changeront rien, je le sais, mais je ne peux m’empêcher de leur en vouloir – ces « hommes », ils m’ont tout pris. Ismaël essaye de me calmer comme à son habitude, même si je remarque dans son regard qu’il est las et que ses convictions commencent, elles aussi, à s’échapper. « Derima », commence-t-il. Nous avons changé plusieurs fois d’identité pour ne pas paraitre trop suspect, mais en toute intimité, nous continuons de nous appeler par nos véritables prénoms ; pour ne pas s’oublier. Il m’agrippe les épaules pour que je me tienne bien droite. Il a toute mon attention. « Tu ne vas pas aimer ce que je vais te dire. » Je me crispe. Je déteste quand il sonne les cloches dès le début. « Quoi qu’il puisse m’arriver… ». Je commence à me débattre. Je n’aime pas du tout cette tournure. J’ai l’impression que notre séparation est proche. Je flippe. « Derima, s’il te plait, ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. » Il soupire. « Je veux que tu me promettes quelque chose. » Ma tête se tourne à la négative et mon corps commence à trembler. Sa poigne est plus ferme. J’aimerais le repousser, mais je n’en ai pas la force. Mes yeux commencent à se noyer. « S’il m’arrive quelque chose, je veux que tu continues sur cette lancée. Tu dois survivre, Derima. Je suis certain que les choses finiront par s’arranger. Alors, ne baisse jamais les bras. » Sa voix se casse tandis qu’il me prend dans ses bras – mes sanglots s’amplifiant au fur et à mesure de ses paroles. « Je t’aime », termine-t-il dans un murmure. Il dépose un baiser sur mon front.

Le drame eut lieu quelques jours après. Ismaël s’est absenté courant de la nuit. J’ai voulu le suivre, mais il m’a sommé de rester au lit. Je fulmine sous la couette. Mais qu’est-ce qu’il fout ? Je suis tellement sur les nerfs que les ombres s’agrandissent tout autour de moi. Si je le voulais, elles engloberaient toute la pièce. J’essaye de regagner une respiration normale pour me calmer. J’ai l’impression qu’il en met une plombe pour revenir. Un mauvais pré-sentiment me traverse. Je tente de le chasser de mon esprit, mais rien n’y fait, il persiste. Je jette un rapide coup d’œil vers la fenêtre, l’aube commence à pointer le bout de son nez. Il devrait déjà être rentré. D’un geste vif, je sors du lit et m’habille en quatrième vitesse. Cette sensation ne me quitte pas. Je dois le retrouver. A toute à l’allure, je parcours les ruelles proches. Les gens me regardent suspicieusement, mais ne me portent pas plus d’attention. Ils ne sont pas ma préoccupation actuelle. Je les dépasse sans l’ombre d’un regard.
Je déboule dans un cul de sac et ne vois d’autres choix que m’arrêter. C’est calme, beaucoup trop calme. Pourtant, mon intuition ne me trompe pas. Je suis certaine qu’il n’est plus très loin. Un bruit furtif, mais perceptible, retient mon attention. Je remarque une ruelle cachée. Elle est très étroite ; raison pour laquelle je ne l’avais pas tout de suite visualisée. Je m’engouffre dans son obscurité – le souffle court. Je crois que je ne respire plus lorsque j’atteins l’autre bout. Une autre impasse. Sous la forme d’un carré, elle ne permet aucune échappatoire. En son centre : Ismaël. Ou du moins, ce qu’il en reste. Les yeux écarquillés, je suis pétrifiée sur place. Je n’esquisse aucun geste. Les pulsations de mon cœur s’intensifient au point que je n’entends plus que lui. Mes joues baignent de larmes, mais je reste silencieuse. Mes poings sont tellement serrés que je suis certaine que je finirais par me blesser. Sans prévenir, mes jambes me lâchent et je m’écroule sur les genoux. Je n’ai plus de force. Je me sens vidée. Je finis par poser ma tête sur le sol et ferme brutalement les paupières. C’est un cauchemar. Oui, ce n’est pas réel. Rien de tout ça n’est vrai – j’en ai la conviction. Je chasse toutes les images de la scène et ne cesse de me répéter la même prière : Ismaël n’est pas mort. Sauf que la réalité n’est pas du même avis et qu’elle me le rappellera brutalement. Un liquide chaud vient chatouiller mon front. Lentement, je relève le buste gardant les yeux fixés sur mon pantalon. Je passe une main rapide sur mon visage et la ramène à vue. Elle est teintée de rouge… De sang… Le hurlement déchirant qui transperce ma gorge résonne dans l’artère. Si quelqu’un dormait encore en ce début de matinée, je suis certaine de l’avoir réveillé.


La solitude est une sorte de tare : elle a un subtil parfum de tristesse, quelque chose qui n'attire, ni n'intéresse personne, et on en a un peu honte -  Charlie Chaplin



Je ne suis plus qu’un fantôme. Une âme sans vie qui déambule chaque jour d’un village à un autre. L’angoisse et la culpabilité sont devenues mes meilleures amies. Et dire que j’ai toute l’éternité pour revivre ce cauchemar encore et encore... Ce n’est pas une aubaine, c’est une malédiction – j’en ai la certitude. Je ne suis plus la même. Je n’ai plus d’énergie. La faiblesse ne cesse de me gagner un peu plus. Je boude mes pouvoirs – je ne veux plus les voir. Cet état d’esprit ne me quittera plus pendant un bon siècle.

Au crépuscule d’un jour d’été, je me retrouve une nouvelle fois au mauvais endroit au mauvais moment. Quelle chance ! Cachée derrière un amas de détritus à l’ombre d’un porche, je contemple l’homme acculé par trois individus. Une femme compte parmi eux. Elle m’aurait paru charmante si elle ne brandissait pas son arc en direction du solitaire. Je suis suffisamment consciente pour deviner que ce sont des traqueurs. Un tremblement remonte le long de mon échine. Ma détresse se fait ressentir. J’ai un mouvement de recul et frôle un objet qui finit par tomber lourdement sur les pavés. Niveau discrétion, on repassera ! Ma première réaction est de mon fondre dans les ombres. Ces dernières me submergent totalement – je ne fais qu’un avec l’obscurité. La femme brandit son arc dans ma direction. Je sais qu’elle ne peut pas me voir, mais si elle décide de tirer, elle a de grande chance de me toucher. Elle se doute que je suis là. Je n’ai pas d’échappatoire – ou du moins, ne l’ai-je pas encore trouvé. Je recule de plusieurs pas et tente de faire appel à mon intangibilité. Cette lâche me laisse seule à mon sort ! J’ai à peine le temps de le réaliser qu’une douleur fulgurante me tiraille l’épaule. Cette garce vient de me tirer dessus.
« Tu dois survivre », résonne dans ma tête. Prise d’une volonté de fer, j’analyse à toute vitesse mon environnement. Je dois faire vite ; la femme se rapproche de mon endroit. Je repère un coin d’ombre en hauteur, à l’abri des regards. Je puise dans mes dernières forces et vise les ténèbres avec intensité. Mon épaule me fait très mal, mais je reste focalisée sur mon objectif. Ni une, ni deux, je réussis à effectuer mon pas d’ombre. Mes épaules se détendent de soulagement. Je suis sauve. Je ne réfléchie pas plus longtemps et m’engouffre par la fenêtre ouverte.
Lorsque j’estime être en sûreté, je prends le temps d’examiner ma blessure. La flèche mord douloureusement ma peau – un filet de sang ne cesse d’en sortir. Ma poitrine a fini par virer cramoisie. Si je veux pouvoir guérir, il faut que je la sorte. Ça va faire un mal de chien, j’en ai aucun doute. Je souffle par à-coups et d’un geste brusque retire l’arme. Je serre les dents avec force – retenant tant bien que mal les cris qui menacent de sortir de ma bouche. Je finis par balancer la flèche à l’autre bout de la pièce. Mon seul réconfort est que les traqueurs n’ont pas vu mon visage. Je me déteste d’être aussi faible. Dans une autre vie, j’aurais essayé de sauver l’homme. Je me déteste. A cause de moi, il est peut-être mort à l’heure qu’il est. Encore un mort… Ma blessure commence à se résorber, difficilement. J’aurais une cicatrice. Je sens mes yeux s’humidifier et la solitude m’envahir. Je ne romprais pas ma promesse, mais à quel prix ?


La mer rêve avec ceux qui rêvent, gronde avec ceux qui grondent, ose avec ceux qui osent, se soulève avec ceux qui aiment, se plaint avec ceux qui souffrent, console ceux qui n'avaient plus d'espoir -  Anne Barratin


San Francisco… Qui aurait cru que je terminerai ma course dans cette ville dynamique ? Ces dernières années n’ont pas été de tout repos. Fuir au quotidien vous mène la vie dure, c’est un fait. J’ai de nouveau changé d’identité. Je n’ai pas cherché à retrouver mon père ; je ne sais même pas s’il est toujours vivant – ainsi que Maven. J’ai trouvé un petit boulot dans une herboristerie peu connue et peu fréquentée. J’en ai marre de passer mon temps à fuir, alors pour la première fois, j’ai décidé de m’installer, de prendre un nouveau départ. Je sais que ce ne sera pas facile, que ça va me prendre du temps – mes habitudes et tourments ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Néanmoins, je suis prête à tenter l’aventure.



▼ El.Fox ▼
ᚖ Prénom : Elodie
ᚖ Âge : 25 ans
ᚖ Comment as-tu connu le forum ? Sur Top-Site
ᚖ Un petit mot ? J'ai le droit à un bonbon magique ?  


Dernière édition par Elia Serendas le Dim 22 Juil - 20:02, édité 3 fois
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Date d'inscription : 03/07/2018
Messages : 203
Posté le Dim 15 Juil - 19:20
Bienvenue officiellement et bon courage pour ta fiche Pride Heart

_________________



Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Date d'inscription : 03/07/2018
Messages : 227
Posté le Dim 15 Juil - 20:07
Bienvenue Et comme dit tout à l'heure hésites pas si besoin

_________________
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Date d'inscription : 15/07/2018
Messages : 59
Posté le Dim 15 Juil - 20:56
Merci à tous les deux
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Date d'inscription : 03/07/2018
Messages : 203
Posté le Dim 22 Juil - 17:15


Félicitations, tu es validé(e) !

Il est temps de passer à la suite !



Rien à redire si ce n'est que j'ai beaucoup aimé lire ta fiche, tu as un style très agréable ** Et ton perso a l'air très intéressant, j'ai hâte de te croiser en RP ♥️

Encore félicitations pour ta fiche ! À présent, nous te laissons aller recenser et commencer l’aventure TOS. Nous te laissons donc faire un tour sur les bottins pour y recenser avatar et prénom, mais aussi ton logement et ton métier. Une fois que tout cela sera fait, il te sera possible d’aller créer ta fiche de liens et de chercher des rps.




_________________



Posté le
The other side :: Behind the mask :: Registers :: ValidéesPage 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum