Félicitation à Ada et Nath

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 A cop in a gay bar: YMCA? Certainly not

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Posté le Mar 17 Juil - 0:51


Quand une piste refroidit ? Ce n’est jamais bon signe. Mais quand on chauffe ? Un truc nous alerte. Un instinct. Ce petit plus qu’on a quand on maîtrise ce métier. Bordel, un bar gay. Chié. Je n’ai pas pensé à augmenter mon niveau de tolérance… J’espère que ça va passer. J’suis pas du genre homophobe. Je n’ai juste pas les gens qui en font trop… Ouai… C’est ce que peut dire un homophobe, pas vrai ? J’vous rassure, ça marche avec tous les genres, toutes les communautés, et toutes les castes de métiers. En sommes ? Je n’aime pas les gens, c’est ce qu’il faut retenir. J’pense que si c’était un bar normal, je trouverai quand même une excuse pour rendre le moment moins supportable à mes yeux. C’est juste que là, c’est un bar gay. J’ai une bonne excuse.

J’écrase ma clope sur le trottoir et m’assure qu’elle ne continue pas de se consumer en faisant ce petit mouvement de la pointe du pied. Faudrait que j’me méfies de ce réflexe. Un de ces quatre, je vais le faire dans une merde de chien. Je réhausse le col de ma veste en cuir et rabats bien la casquette sur mon crâne. On se croirait dans un roman noir. Suffit de remplacer mes fringues par un imperméable et un chapeau feutre. Je pousse la porte du bar. C’est dingue comme quoi le mauvais goût persiste, peu importe l’orientation sexuelle ou les origines. Des néons. Trop de néons. Une musique trop rythmée et avec trop de basses. On ne s’entend pas. Oh j’dis pas que ça a toujours été le cas ! J’ai adoré la chanson des Village People ! Mais c’est comme tout… C’était mieux avant. Dès que j’en ai finis, je rentre chez moi et me siffle un whisky en écoutant du Johnny Cash.

Je m’approche du bar et scrute la salle à la recherche du gars avec qui je veux parler. Je commande une bière. On me demande quel type. Je réponds que je la veux avec de l’alcool. Je le vois venir avec son truc démunis de degrés, ce barman en pantalon en cuir moulant. Pourquoi je mate son pantalon, au fait ? Chié… Faut que j’me tire vite. Plus tôt j’en aurai fini, mieux ça sera. Pour quoi je suis là ? Une affaire de tueur en série non résolu. Les victimes étaient toutes homosexuelles et de type masculin. Ce genre de pervers sexuels… J’ai beau ne pas apprécier ceux qui en font trop, j’apprécie encore plus de foutre des psychopathes en taule. Même s’ils ont raccroché depuis une paye. Et puis… étrangement le cas s’est reproduit il y a peu. Même mode opératoire. Il repère sa victime, la suit jusque dans sa voiture, monte dedans avant qu’il n’ait le temps de réagir et le drogue d’une seringue dans le cou pour… Faire ses trucs de psychoboy. Le genre de choses qui ne se sont pas reproduites depuis plus de quinze ans. Mais à l’époque, cette communauté était encore clandestine en grande majorité.

Mes soupçons ? Aucun. Juste que pour trouver un tueur de gays, autant aller dans un bar gay, non ? C’est un peu comme un supermarché, pour lui. Si l’affaire ne s’est pas ébruitée, c’est sans doute parce que ce n’est pas vendeur de parler de ça. Surtout lorsque le meurtrier n’a jamais été retrouvé. Si je la réouvre ? Parce que c’est mon boulot, faîtes pas chier. J’ai rien trouvé de mieux à faire que de continuer d’enquêter sur des pistes froides, pour éviter cette folie de vidéo qui fait le buzz. Certains flics ont décidé d’enquêter là-dessus sur leur temps libre. Z’ont rien d’mieux à faire sérieux ? Ah ma bière ! A peine arrivé et déjà mes lèvres trempent dedans. Bon. Par qui commencer pour ressasser les mauvais souvenirs ? Un type me tourne le dos. Sa coupe de cheveux me fait penser au négatif d’une calvitie. Rien sur les côtés, tout sur le dessus. Des vraies têtes de brocolis ces types. Faut que j’la joue fine. “ Eh toi là ! J’suis plus branché vieux. Genre… Cinquantaine. T’sais pas où j’peux en trouver ? ” Ouai, j’suis sûr que je suis crédible dans le rôle de gay avec mon air de blouson noir des années cinquante qu’a été cryogénisé et semble vivre dans le passé. Mais lorsque le brocolis se retourne et que je vois sa tête d’asiatiques, j’ai beau me dire qu’ils se ressemblent tous, il me rappelle quand même quelqu’un.
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Posté le Mar 17 Juil - 13:32
Yerathel était, comme bien souvent si ce n’était tous les jours, encore seul chez lui quand le Soleil décida qu’il avait bien assez travaillé pour la journée. Pour une raison quelque peu obscure, la tombée de la nuit déposait toujours un voile de tristesse sur son coeur. Sans doute car elle signifiait qu’il aurait dû rejoindre son lit, où il serait seul pour une nuit de plus, après une journée à s’occuper l’esprit de diverses façons. Et son esprit serait alors libre de divaguer à sa convenance. Il ne les comptait pas, absolument pas, mais il savait que celle-ci serait la vingt-deux mille trois cent douzième nuit qu’il passerait seul. Peut-être pas tout à fait. Il y avait bien eu des nuits où, désespéré au plus haut point, il avait ramené un inconnu dans son lit, échangé une étreinte fort satisfaisante d’un point de vue purement biologique, avant de retourner à son existence solitaire. Mais elles ne comptaient pas quand il n’était pas question d’amour. Et elles n’avaient pas été si nombreuses que cela malgré les soixante et unes années écoulées depuis qu’il avait quitté Enora. Et tandis qu’il était assis sur son canapé et que cette triste pensée traversait son esprit, l’envie de fuir se fit plus violente. Comme chaque soir, peut-être. En tout cas, une demie-heure plus tard, le charme incontestable - et surtout le compte en banque bien remplie et la générosité sans limite - de Nolen avait porté ses fruits et l’occultiste se retrouvait dans sa salle de bain à se préparer pour une soirée improvisée avec son cercle “d’amis”.

Lorsqu’il se devait de devenir Nolen, l’excentrique et joyeux fêtard fortuné, Yerathel se devait aussi d’être absolument fabuleux. Cela faisait partie intégrante de la personnalité qu’il habillait depuis les sept dernières années. Ainsi s’efforça-t-il d’arborer sa coiffure minutieuse et à la pointe de la dernière mode, qu’il accompagna bien évidemment d’un trait d’eyeliner dessiné parfaitement et d’une tenue pour le moins colorée qui ne cachait rien de son mode de vie libéré. Cela prenait du temps, bien sûr et pour cette raison, l’homme n’entra pas dans le bar où il avait rendez-vous avant une bonne heure. L’ambiance survoltée et chaude à l’intérieur du bar le remit immédiatement de bonne humeur et ce fut avec le sourire qu’il rejoignit ses amis et paya la première tournée. Comme il le faisait presque chaque soir, Yerathel se fondit entièrement dans son personnage et abusa des cocktails colorés qu’il affectionnait, de la présence de ses amis qui n’en étaient pas vraiment et de celles de tous ces hommes, jeunes, ravissants et outrageusement gays qui emplissaient le bar. Rien d’indécent, évidemment, il se contentait de flirter joyeusement et de se dérober gracieusement dès lors que l’un de ses prétendants désirait passer aux choses sérieuses.

Ainsi se retrouva-t-il à devoir se frayer un chemin au cœur de la foule pour rejoindre le bar et s’offrir un autre verre - il avait cessé de les compter, ceux-là, vraiment - lorsqu’un homme l’aborda. Immédiatement, son visage fatigué se para d’un immense sourire qui se fana légèrement quand l’homme demanda, de manière assez crue, à être orienté vers un gay plus âgé. Un rire faux quoique joyeux échappa à Yerathel et il posa une main bien chaste sur le bras de l’homme. Il n’était pas spécialement à son goût, un peu trop âgé surtout, mais qu’importe. “Oh, darling, pourquoi me briser le cœur comme ça ?” demanda-t-il de ce ton affreusement exagéré qu’il maniait à la perfection. “Tu sais que l’âge ne fait pas tout ? Je suis peut-être jeune, mais j’ai plus d’expérience que tu ne pourrais en rêver. Laisse-moi t’offrir quelque chose à boire.” Il désigna la bière que tenait l’homme d’un doigt. “Quelque chose de buvable, je veux dire, pas cette horreur que tu as dans les mains en ce moment.” Il sentait le malaise de l’homme, palpable et un peu affolante. Probablement un homo refoulé, marié avec des gosses et un chien, qui quittait le lit de madame à la nuit tombée pour s’autoriser ce qu’il désirait vraiment.

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Posté le Ven 20 Juil - 1:10


Sa main se pose sur mon bras. Mon regard l’a perçu. Bordel… ça fait parti du kit. Je bats des cils en prenant un air niais et ironique le temps qu’il me dise son petit baratin. Oh le pauvre petit chou, je lui brise le cœur… Et quoi ? Il préfère que je lui brise le cul ? Oh mince… C’est sans doute le cas ! Je reprends mon sérieux et consent à ce qu’il paye un verre. “ Je ne dis jamais non à une binouze. ” Quoi ? Ce n’est pas assez gay ? Eh bien on va dire que je joue un rôle encore plus complexe : le gay qui ne s’assume pas. C’est très bien, ça aussi, non ? Mais il me rembarre sur ma picole. Je regarde la canette. Mince… C’est le seul réconfort que j’avais. “ Eh, elle est très bien cette bière… Non ? ” J’ai besoin de réviser mon rôle… Ce serait tellement plus simple de lever mon insigne et de tirer une balle dans le plafond pour que tout ce bruit s’arrête et que je puisse poser les questions, mais j’attirerai trop l’attention sur moi.

Je dois agir dans l’ombre, ouai. Comme un genre de Black Panther, ou je ne sais quel Super-truc en combinaison moulante. “ Bah… Va pour autre chose alors… Je peux bien te laisser m’offrir un verre, na ? Ce n’est pas grave si on ne couche pas après, mon chou, pas vrai ? ” Mon chou… ça sonne tellement faux dans ma bouche. J’avale ma bière d’un trait. Je me tourne vers mon nouvel ami asiatique une nouvelle fois. “ Ecoute, je déconne pas… J’ai mon kiffe sur un vieux que j’ai croisé y’a un bout de temps et… J’essaye de le retrouver… Tu connais du monde par ici ? Tu peux peut-être m’aider, non ? ”

Bordel… J’ai envie de fumer. Je plisse les yeux, espérant que ça m’aide à oublier de façon instantanée les musiques qui tournent en boucle. Quedal. Je suis obligé de me rapprocher de ce jeune homme pour l’écouter, car je sens que je ne vais rien carrer à ce qu’il raconte avec ce vacarme. En même temps, s’il me fait encore du rentre-dedans, je ne vais pas louper une info cruciale, si ? Peut-être que je pose la mauvaise question. “ T’es un habitué ici? Tu connais du monde ? ” Si c’est le cas, je peux peut-être passer à l’étape supérieure…
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Posté le Dim 22 Juil - 12:55
Un instant, Yerathel eut quelques doutes concernant cet homme. Il essayait visiblement de faire bonne figure, mais il était rare qu’on croise un homme aussi mal à l’aise dans un bar de ce genre. Ce sentiment que l’occultiste sentait inonder doucement n’eut pourtant d’autre effet que d’attiser davantage sa curiosité. Il fallait admettre qu’il s’ennuyait beaucoup ce soir, bien plus que d’habitude, ce qui était plus que révélateur. Raison pour laquelle il ne se défit pas même une seconde de son sourire charmeur et de son air joyeux. Et quand l’étrange homme accepta qu’il lui offre un verre digne de ce nom, Yerathel l’attrapa par le poignet et l’attira vers le bar. D’un simple geste de la main, il attira l’attention de l’un des employés cachés derrière et commanda deux verres. Yerathel laissa le professionnel s’occuper de préparer leurs cocktails et reporta son attention sur l’homme à ses côtés, qu’il avait enfin libéré un moment et qui revenait déjà à la charge avec son “vieux”. Quelle obsession… Enfin, s’il n’était pas son genre, que pouvait-il y faire ?

“Je viens là souvent, oui.” affirma-t-il, ce qui était parfaitement vrai. Et parfaitement déprimant au passage. “Et je connais effectivement beaucoup de monde. Donc si tu n’as pas de description plus précise à m’offrir de ton prince charmant, j’ai bien peur de ne pas pouvoir t’aider autrement qu’en te présentant toutes les grenouilles à embrasser de ce bar… Et crois-moi, il y en a vraiment beaucoup.” Quoi qu’il ne soit pas convaincu que tant d’hommes dans la cinquantaine venaient traîner ici. Il en avait déjà vu quelques uns, certes, mais il existait des bars bien plus appropriés pour les hommes plus âgés. Ici, entre la musique et le comportement des usagers… La clientèle était bien plus jeune. Raison précise pour laquelle Yerathel affectionnait tant cet endroit, d’ailleurs. Il promena son regard indécent sur le corps de l’homme. Plutôt bien taillé, intéressant. Et le plus passionnant résidait sans doute dans le fait qu’il ne portait aucune alliance. Yerathel se serait donc trompé ? Intéressant, vraiment.

“Tu es célibataire.” fit-il remarquer en faisant un geste du menton vers la main gauche et parfaitement nue de l’homme. “J’ai cru en te voyant que tu étais un genre d’homo refoulé qui vient finir ses soirées ici pendant que sa charmante épouse l’imagine croulant sous le travail au bureau.” admit-il sans gêne. Un “Nolen !” perçant faiblement par-dessus la musique attira son attention et il se retourna pour récupérer les deux verres que le barman lui tendait. Il en donna un à l’inconnu et conserva l’autre. “C’est seulement du bourbon, je ne suis pas un monstre.” affirma-t-il en levant son verre dans la direction de l’homme. “Mais un très bon bourbon, tu verras.” Et il pouvait l’être, vu le prix… “Alors, dis-moi, pourquoi est-ce que tu ressembles à une sardine au milieu d’un banquet de requins, si tu n’es pas refoulé ? C’est l’idée de finalement tenter ta chance avec ton Don Juan, qui te mets dans cet état ?”

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Posté le Mar 24 Juil - 11:01


Je regrette déjà d’avoir accepter ce geste. Non pas que je ne sois pas très tactile mais… En fait, si, je ne suis clairement pas très tactile. Je dois lutter contre mon instinct de lui faire une clef de bras. Mais je prends sur moi et une fois au bar, je regrette mon choix. Pourquoi ils ont tendance à torturer l’alcool en le mélangeant à diverses choses ? C’est inhumain… Je sens que je ne vais même pas en aimer le goût. Autant faire avancer l’enquête. Je lui en demande plus sur ce vieux pervers tueur de gays. Fort heureusement, je suis tombé sur un genre de maître des lieux. Il me demande plus de détails. Clairement, si je lui en dis plus, il va savoir que je suis un flic. Merde… Je suis censé être sous couverture… “ Eh bien écoute c’est… Un vieux que je cherche. Il aime beaucoup les jeunes je crois, mais, je n’en sais pas plus. Je dois t’avouer… C’est l’ex d’un ami et… Je ne l’ai jamais vu mais de ce qu’on m’en a dit, c’est… ” J’y crois pas… Je vais le dire… “ C’est un bon coup. Tout ce que je sais c’est qu’il n’était pas là pendant quelques temps. ”

Et voilà. C’est malin. Il me faut une dose d’alcool importante pour laver ma bouche des conneries que je clame. Mais il me donne une information dont je suis déjà au courant : mon célibat. Oh, il a l’œil qui traîne, l’asiatique. Moi ? Un homo refoulé ? Je dirais plutôt un hétéro qui n’a pas trempé le biscuit depuis trop longtemps, certes, mais un hétéro quand même. “ Bah… J’ai cru en te voyant que tu saurais m’aider à trouver ce vieux donc… ” Mais l’attention du gars est attiré par un appel : Nolen ? Noté. Les barmans le connaissent. Il ne ment pas en disant qu’il est habitué des lieux.

Il s’éloigne et revient avec deux verres. Il m’en tend un en m’affirmant que ce n’est que du bourbon. Mon premier instinct reste de sentir qu’il s’agisse bien que de ça. Un très bon ? Pourquoi il le précise ? La picole c’est toujours bon… Lorsque ce n’est pas altéré par d’autres trucs qui ne sont pas de la picoles, bien sûr… J’allais tremper mes lèvres dans ce verre, bordel. Voici qu’il me compare à une sardine dans un banquet de requins. Je jette un coup d’œil circulaire pour chercher lesdits requins. Merde… Je joue si mal le jeu que ça, pour qu’il doute que j’ai ma place ici ? “ Ouai… Ce type me mets dans tous mes états. C’est logique, non ? ça va faire une paye que je le cherche partout. ” Je noies mon mensonge dans ce verre, enfin.

Il va falloir que je la joue fine, si je ne veux pas me faire griller. Je n’ai plus le droit à l’erreur. La jouer fine ? Moi ? Je suis plutôt du genre à mettre les deux pieds dans le plat. Et pas nécessairement mes pieds à moi. Je me penche vers l’asiatique “ Ecoute l’artiste. J’suis pas vraiment gay, ok ? Je cherche un tueur de gay. ” Je me recule et ouvre un peu la veste pour qu’il voit le badge accroché après la poche intérieur ainsi que mon arme dans son holster. Je la referme assez vite avant qu’on ne la voit. “ Et si t’accepte de m’aider, je te serais redevable, ok ? Genre une amende, un truc du genre… N’importe quoi… Mais bordel, faut que j’attrape ce fumier et que je lui fasse regretter d’être venu au monde. ”


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Posté le Mer 25 Juil - 17:09
Très clairement, Yerathel ne comprenait rien à ce que cherchait cet homme. Enfin, si bien sûr, il comprenait qu’il s’agissait de trouver un type sur lequel monsieur avait un petit crush, mais la démarche lui échappait par le manque évident de préparation du Roméo. C’était presque comme s’il n’avait jamais vraiment vu l’homme qu’il cherchait… Et pourtant, il prétendait le chercher partout depuis un long moment. Cette histoire ne tenait pas bien la route et le mécène s’en détacha rapidement, bien plus intrigué sur le comportement de cet homme étrange qui se tenait face à lui en ce moment que par un soi-disant Don Juan intéressé par les jeunes hommes. Surtout que, sans vouloir être blessant, monsieur n’était plus si jeune. Malheureusement, Roméo s’entêtait à raconter ses fables sur son grand amour perdu. Déprimant ! Et s’il y avait bien une chose que Yerathel fuyait comme la peste, c’était les situations déprimantes. Ainsi que les gens qui lui faisaient perdre son temps et se fichaient de lui. Deux choses que ce charmant monsieur faisait en ce moment même et qui le convainquirent de prendre la fuite au plus vite.

Mais avant qu’il n’ait le temps de se détourner, l’inconnu se pencha vers lui et fit un aveu qui arracha un frisson à l’occultiste. Ses yeux s’écarquillèrent rapidement et plus encore quand l’homme ouvrit sa veste et laissa apercevoir brièvement une plaque et une arme cachées en dessous. Oh. Oh, oh. Donc, monsieur était un flic sous - mauvaise - couverture et un tueur de gay se baladait en liberté dans ce bar ? Eh bien, il ne manquait plus que cela, tiens… “Suis-moi.” souffla-t-il en faisant un petit geste de la main pour indiquer une direction à l’homme. Cette fois, il n’attendit pas pour se détourner et se fraya un chemin dans la foule jusqu’à rejoindre sa loge VIP à l’arrière du bar. Certains de ses compagnons de soirée traînaient encore ici, trois ou quatre personnes occupées à s’enivrer sans se préoccuper du reste. “Sortez tous d’ici, ce charmant garçon et moi avons des choses à faire !” lança-t-il d’un ton ferme en frappant des mains pour encourager tout le monde à disparaître. Ce fut fait rapidement, quoi qu’il entendit quelques plaintes et il patienta jusqu’à ce que la loge soit complètement vide pour faire de nouveau face au flic.

“C’est la pire couverture que j’ai jamais vu, officier !” se moqua-t-il joyeusement. “Même un aveugle pourrait voir que tu n’es pas gay, sérieusement !” S’il gardait la face et son air détaché et nonchalant, Yerathel n’en était pas moins soudainement inquiet. Son regard se posa sur la vitre en verre teintée qui lui permettait de voir dans la salle sans qu’on ne puisse le voir lui et balaya la foule, immense, qui se pressait comme chaque soir sur la piste de danse du Stud. Ils se trouvaient probablement dans le bar gay le plus populaire de tout San Francisco… Comment trouver le loup égaré au milieu du troupeau d’agneaux dans de telles conditions ? “Je ne crois pas que je connaisse le type dont tu parles… Il n’y a pas beaucoup de vieux qui traînent par ici, c’est un peu trop bien côté pour ça. Tu es sûr qu’il chasse sur ce terrain ?” s’enquit-il sans lâcher la foule des yeux. Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas bien de qui il pouvait s’agir…

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Posté le Sam 28 Juil - 0:03


Voici qui devient intéressant. Le jeune asiatique me demande de le suivre. Enfin… Jeune… C’est difficile de savoir quel âge on réellement ces gens… Je m’exécute, allant dans la direction qu’il m’indique. Bien sûr, je n’oublie pas mon verre. Je trempe les lèvres dedans lorsque l’on arrive dans une arrière salle, un genre de loge rempli de poivrot. La pièce se vide en un rien de temps sur son ordre. Lorsque l’un d’eux me dévisage en sortant, je ne peux m’empêcher de lâcher un “ Quoi ?! T’es jalouse ? ”

J’ai droit à une raillerie sur ma couverture. Ouai… Désolé si je n’ai pas l’habitude de faire ma folle mais… Bordel ! Je veux rendre justice à ta communauté, l’asiat’ ! “ Bah… Que veux-tu… J’aurai essayé, au moins. ” Il s’approche d’une vitre sans teint. Je me place à côté de lui et trempe de nouveau mes lèvres dans mon whisky. Pas dégueulasse, cette picole. Mais on attaque le vif du sujet. Il me parle du vieux et de son terrain de chasse. Je reprends mon air sérieux. “ Ecoute, j’en sais rien pour son terrain de chasse. Tout ce que je sais, c’est que ce type à au moins la cinquantaine. Ou alors il a une relève, mais je doute que ça fonctionne comme ça dans ce domaine… Y’a de ça une vingtaine d’année, un type s’est mis à déglinguer des gays. Et dans tous les sens du terme. Mais bordel… Ce con est méticuleux. Pas une trace de sperme qui puisse nous servir à remonter à lui. Et un truc impeccable. ” Je fronce les sourcils et finit mon verre d’un trait.

“ Il a arrêté y’a une quinzaine d’années. Il a recommencé il y a peu. Tu vois le genre ? Le bordel quoi. Et tout ce que je puisse faire, c’est me rapprocher de la communauté homosexuelle pour voir s’il y a des rumeurs ou autre. Mais putain… C’est le genre de psychopathes qui me mettent en rogne. ” Je repose mon verre sur une table basse, faisant les cents pas depuis quelques instants déjà. Je tente de me calmer et avise sa fenêtre. Ouai… ça peut m’être utile ça. Je m’en rapproche et pose mon avant-bras au-dessus pour distinguer du monde dedans. “ Pas b’soin de te faire un dessin, si ? Il aguiche un type, le suit tranquillement, l’endort, abuse de lui, et s’amuse avec des trucs pas jolis jolis avec le corps de sa victime. ” J’ouvre mon téléphone et ignore les messages que j’ai pour lui montrer une photo d’un type démembré, avec les bras à la place logique des jambes, et inversement. Sans compter la tête au niveau du sexe de la victime. “ Ouai… J’sais… De la poésie de tueur en série… ”

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Posté le Jeu 2 Aoû - 13:09
Bien sûr, de savoir qu’un dangereux sociopathe se promenait dans les rues à la recherche d’hommes homosexuels à tuer inquiétait considérablement Yerathel. Et en tant que citoyen exemplaire, il était naturellement plus que motivé à faire son possible afin d’attraper cet homme et de l’enfermer une bonne fois pour toute, le plus rapidement possible. Évidemment, évidemment. Tous ces sujets restaient dans un coin de son esprit, mais ce qui le préoccupait davantage actuellement tenait plutôt de l’état des services de police des Etats-Unis, actuellement représentés en la personne de ce flic absolument incroyable. Non pas qu’il soit exceptionnel d’après l’occultiste. Tout l’inverse, d’ailleurs. Si l’on mettait de côté son manque de talent incurable pour jouer la comédie, sa manière d’enquêter semblait très aléatoire à Yerathel. Quoiqu’il ne soit pas un spécialiste, cela dit, mais tout de même… Le mage s’efforça malgré tout de hocher la tête en prenant un air intéressé afin de ne pas vexer son nouvel ami. Et effectivement, il voyait bien le genre de type qu’ils recherchaient ce soir. Peut-être même un peu trop, en fait. Des images qu’il aurait préféré ne jamais avoir envahirent son esprit et il plongea les lèvres dans son verre, se disant bêtement qu’avaler un peu d’alcool l’aiderait à faire disparaître ces pensées affligeantes.

“Ne le prends pas mal, … - Comment tu as dit que tu t’appelais déjà ? - Bref, ne le prends pas mal, mais mon petit doigt me dit que tu ne vas pas aller très loin avec cette technique d’enquête complètement hasardeuse…” se permit-il de souligner avant d’entrer dans le vif du sujet. Car même s’il comptait bien faire de son mieux pour remplir son devoir de citoyen en venant en aide à un flic - et puis, qu’un flic vous soit redevable était toujours une excellente chose - il ne comptait pas s’arrêter à l’aider sur son affaire. Tant qu’à faire, autant y aller pleinement et lui servir de guide dans la vie en général, n’est-ce pas ? “L’homme dont tu me parles ne me dit rien, mais il est vrai que je n’ai pas pour habitude de fréquenter des endroits où ce genre de personne est accepté sans que ça ne fasse tâche…” Il détourna les yeux le temps de réfléchir un peu, ou du moins de se donner l’air de réfléchir car il savait en fait très exactement ce qu’il dirait ensuite. Mais encore une fois dans un soucis de respecter le policier et de s’attirer sa sympathie et ses services à l’avenir, mieux valait le ménager.

“Heureusement pour toi et ta carrière, je peux peut-être t’aider quand même…” lâcha-t-il en reportant son attention sur l’homme. Un sourire s’étala lentement sur ses lèvres, comme s’il venait de penser à la solution idéale à l’instant. “Déjà oublie le Stud, c’est beaucoup trop classe et bien fréquenté pour un type comme ça. Et oublie aussi l’idée de te faire passer pour un gay ou même d’intéresser ce type si jamais tu devenais accidentellement crédible dans le rôle. Tu me dis qu’il s’intéresse davantage aux jeunes hommes, n’est-ce pas ? Et encore une fois, loin de moi l’idée de te blesser, mais tu tiens plus de l’homo refoulé que du jeune éphèbe capable de réveiller ses pulsions…” D’un vague geste de la main, il balaya l’homme de la tête aux pieds de manière à appuyer ses propos. “Je vais te trouver un jeune homme absolument parfait et définitivement gay pour jouer le rôle de l’appât. J’ai quelques noms qui me viennent et si tu préfères, je peux même en prendre un qui soit absolument magnifique, mais désespérément stupide pour qu’il ne se doute de rien. Et on ira dans des bars un peu moins bien fréquentés…” Son sourire s’agrandit encore un peu plus et il frappa dans ses mains en se redressant. “Ah, c’est tellement excitant ! Tu ne trouves pas ?” demanda-t-il joyeusement. “J’ai toujours rêvé de devenir espion ou détective privé… Il va falloir que je me trouve un imperméable et un Fedora !”

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Posté le Jeu 23 Aoû - 0:30


Et voici que ce petit merdeux ose dire que je ne sais pas faire mon boulot. Je lui jette un regard noir avant de lâcher “ Inspecteur Bienfufey. Humphrey. Et ma technique d’enquête fonctionne très bien. ” dis-je en grognant. Je regarde dans la salle à travers le hublot. Faire tâche ? Ce type ? “ Il peut très bien être un loup déguisé en mouton, ce type. Je n’ai pas pour habitude de m’infiltrer de la sorte avant. Je suis du genre vieux jeu, tu vois ? Je brise quelques tronches avant d’avoir des pistes. Mais là, je n’ai quedal, nada, d’la merde. Le vide intersidéral. ”

Mais le chinois m’intéresse. Comment ça ce n’est pas un chinois ? Bah… Le résultat est le même non ? Il vient d’Asie et bouffe des trucs imbouffable. C’est peut-être sommaire et raciste mais je n’ai jamais eu tendance à y aller par quatre chemins. Bref. Il me propose son aide. Je le regarde avec le plus grand intérêt. “ Ma carrière n’est plus à faire. Mais si tu sais un truc, c’est le moment de parler, petit. ” Oublier le Stud. Ok. Alors c’est ça qui était écrit et que je ne comprenais pas sur la devanture ? Tout ce tas de néons m’ont juste brûlé les rétines.

Je l’écoute attentivement, même si j’aurai bien fait une avance rapide lorsqu’il met en doute ma capacité à m’infiltrer. Bon, j’ai pigé que je joue mal le gay. Je ne suis pas homophobe, mais je suis trop hétéro pour rentrer dans la peau d’un tel personnage. Tiens, ça c’est marrant : rentrer dans la peau d’un gay, ça s’appelle un ébat amoureux pour eux ? Mais lorsqu’il me parle d’utiliser un appât je grimace. Oh il est heureux de son idée, et je le comprends, ça doit être grisant à sa place, mais je vais devoir le refroidir. “ Ecoute… Cette enquête je la mène… Comment dire… En free-lance, tu vois ? En gros, je n’ai pas les moyens techniques, puisque ce foutu commissariat où je bosse a décidé de ne pas me filer cette affaire. Donc… Si ça tourne mal, je vais juste avoir des emmerdes. Et toi aussi. Complicité ça peut aller loin. Et s’il y a des preuves, ma parole ne suffira pas à te disculper donc… ”

En disant cela, je me recule et réfléchi. Mais il a raison, il n’y a pas trente mille solutions. “ Ok. Trouve moi un jeu gay et brief le. Je vais essayer un truc. Après tout, avec ces merdes, on peut bien avoir un semblant de micro, pas vrai ? ” dis-je en sortant mon vieux téléphone de ma poche. “ Et oublies le Fedora et l’imper. Les détectives privés sont des foutus hipsters, maintenant. Avec des barbes et des bretelles. ”


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Posté le Mar 28 Aoû - 12:19
Par politesse, Yerathel se contenta de pincer les lèvres tandis que l’inspecteur Bienfufay prétendait sa technique d’investigation parfaitement appropriée. L’occultiste eut bien envie de lui demander combien d’affaires il parvenait à résoudre chaque mois avec cette façon de procéder, mais il réussit admirablement à se retenir et à se concentrer plutôt sur ce qu’il pouvait apporter à l’homme pour arriver à de meilleurs résultats. Et très sincèrement, il ne doutait pas être l’élément indispensable à ce que cette enquête soit enfin résolue. Il en était convaincu, vraiment, jusqu’à ce que l’inspecteur ne lui explique gentiment qu’il n’était pas là ce soir de manière… “officielle”. Et franchement, juste à le voir aller, Yerathel aurait dû s’en douter… Son sourire joyeux se figea immanquablement à cet aveu. Peut-être qu’il n’aurait pas besoin d’investir dans un joli Fedora, finalement et il trouvait cela hautement déprimant ! Il voulait bien sauver le monde et combattre le système en enfermant des criminels alors que la police fermait sagement les yeux, mais il refusait de ne pas le faire avec style…

Style qui fut d’autant plus compromis lorsque monsieur le policier sortit son téléphone portable d’un autre âge en assurant qu’il devait pouvoir trouver un micro dessus pour enregistrer quelques preuves. “Oh mon Dieu…” s’exaspéra l’occultiste en observant le téléphone avec des yeux dépités. “Ok, Lieutenant Rigolo, es-tu réellement policier ou est-ce que c’est toi, ce foutu tueur en série obsédé par les homos ?” demanda-t-il très sérieusement, posant ses yeux plissés sur l’homme. Il aurait peut-être dû envisager cela avant maintenant, avant de se retrouver enfermé dans une pièce avec un potentiel meurtrier… Mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? “Si c’est le cas, je t’arrête tout de suite ! Non seulement je ne suis pas gay,” expliqua-t-il en faisant de grands gestes avec ses mains “disons que je me considère plutôt comme un bisexuel libéré…. Et puis, si tu envisageais de me tuer quand même, sache que tu ne t’en sortirais pas, cette fois. Regarde autour de toi, on est dans une loge privée, le serveur connait mon prénom… Je suis quelqu’un de très connu et de très facile à remarquer. Si j’arrêtais de venir ici tout à coup, tout le monde s’en rendrait compte !” s’offusqua-t-il d’un ton très animé. “Et enfin, il est absolument hors de question que je meurs dans ces fringues ! Si j’avais su que j'apparaîtrais dès le lendemain en couverture des journaux et sur les photos d’une scène de crime, j’aurais mis quelque chose d’autre, crois-moi. Il n’est pas question que tu me fasses ça !” Il conclut son petit argumentaire en laissant ses bras retomber mollement le long de son corps et retrouva aussitôt son air assuré et joyeux. Il ne se ferait pas tuer ce soir, impossible que cet homme ne soit pas complètement convaincu d’avoir fait une belle erreur maintenant qu’il connaissait tous ces détails très important !

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Posté le Mer 3 Oct - 22:46


Je relève la tête de mon téléphone lorsque l’asiatique se met à douter de ma fonction. Sans déconner. Il veut que je lui botte le cul, celui-là ? Et il m’a appelé comment ? Pour sûr que je peine à masquer mon énervement. Et il y croit ou quoi ? “ J’ai une gueule de foutu tueur en série ? Non ! Et je n’ai pas envie de me lancer dans cette carrière, bordel. Par contre, tu m’appelle encore une fois inspecteur Rigolo, je t’embarque et je trouve le motif après ! ” Pour sûr que je rigole. Je trouve enfin l’application enregistrement. Pendant ce temps il me raconte sa vie sexuelle. A quel moment je dois lui dire que je m’en cogne ? Et il continue de lancer toute une théorie dans cette hypothèse. Je finis par m’exaspérer.

Je le regarde dans les yeux, attendant qu’il finisse, croisant mes bras et me demandant à quel moment il se serait dit que je serais intéressé de parler bout de chiffon ? “ Oh ça y est? T’as fini par fermer ton clapet de bisexuel libéré ? Non parce que je ne t’écoutais plus, au cas où tu ne le remarques pas. Alors si maintenant monsieur veut bien m’assister dans mon enquête pour trouver ce foutu serial killer… Parce que ce n’est pas que ça me fasse, mais je suis sans doute le seul flic de la ville à vouloir s’investir un tantinet dans un tueur de gay. Tu aimes ta loge, pas vrai ? Tu tiens à ce bar ? Ce serait dommage qu’il soit fermé pendant plusieurs semaines parce qu’une putain de psychopathe se serait introduit ici pour buter des gars, non ? Alors soit tu m’aide, et on le coince à deux, soit je continue seul, et je ne le coince pas selon tes dires. Troisième option, je rentre chez moi, m’envoies une pizza et vous laisse vous demerder. Tu vois bien le budget alloué, na ? ” Je lève le téléphone en guise de preuve. “ Tu crois franchement que ça intéresse quelqu’un d’autre ? ”

Finis de grogner. J’ai besoin d’un verre. Et un truc plus fort qu’une bière. “ Dis-moi que t’as un whisky, sinon je retourne m’en chercher un au bar. ” Je cherche du regard une bouteille. Après tout, il a l’air d’avoir ça, dans son antre à jeune puceau en quête de découvrir leurs sexualités, non ?
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Posté le Ven 12 Oct - 18:05
Ce flic n’avait aucun humour, vraiment. Et il se prenait bien trop au sérieux. Ou peut-être que Yerathel ne mesurait pas suffisamment la gravité de la situation… Non, bien sûr que non. Quoique ce soit réellement désagréable de se prendre un tel savon par un pauvre gosse ne connaissant rien au monde, l’occultiste dut bien admettre qu’il avait peut-être tout intérêt à mettre un peu d’eau dans son vin. Que les flics se fichent totalement du sort de la communauté LGBT de la ville n’avait rien de très surréaliste, à vrai dire. L’homme leva quand même les yeux au ciel pour faire savoir au policier qu’il ne respectait en rien ce manque total de second degré. “Très bien, très bien.” souffla-t-il en plongeant une main dans sa poche pour en sortir son propre téléphone portable, d’un style bien moins discutable et antique que celui de son nouvel ami. “Vous pouvez aller au bar vous chercher un verre, je me charge de nous trouver un appât.” lâcha-t-il en secouant vaguement son smartphone sous le nez du flic. Il ne lui adressa pas un mot ni un regard de plus et s’empressa plutôt de faire défiler sa liste de contact à la recherche d’un jeune homme à inviter pour leur servir de leurre. Il y avait tellement de gens dans cette liste que cela lui prit plusieurs longues minutes avant qu’il n’arrête finalement son choix sur quelqu’un qui lui semblait faire l’affaire. Il était encore au téléphone avec lui quand le flic revint dans la loge avec son verre. Un regard désapprobateur dans sa direction et quelques mots évocateurs à l’adresse de l’homme au bout du fil et Yerathel put de nouveau porter toute son attention sur l’inspecteur.

Il resta quelques secondes sans dire un mot, à l’observer simplement en tâchant de se concentrer sur les émotions qu’il renvoyait. Yerathel n’y connaissait peut-être pas grand chose en tueurs en série, mais il n’avait pas l’impression que ce type en soit un. “Finissez vite votre verre, mon ami nous attend dans un autre bar à deux blocs d’ici. Un endroit un peu plus discret et moins bien fréquenté.” expliqua-t-il. Il était toujours un peu vexé de la façon dont l’inspecteur l’avait rembarré et ça s’entendait au ton utilisé et se voyait aux yeux qu’il posait sur l’homme, mais il prit sur lui de faire comme si de rien était et attendit seulement sagement que monsieur ne vide son verre de whisky aussi vite qu’il le pouvait. Il continua de lui lancer des regards de reproche pendant un certain temps, celui qu’ils passèrent encore dans cette loge et celui qu’il fallut pour se rendre jusqu’à l’autre bar, refusant de prononcer le moindre mot et même de marcher trop près du flic. Mais dès lors que son regard se posa sur le jeune homme qu’il avait invité pour cette tâche, sa mine boudeuse s’effaça pour laisser la place à un grand sourire. Le grand brun qui les attendait avait tout de l’Apollon et, d’après Yerathel du moins, attirerait forcément l’attention de n’importe quel tueur en série avide d’un peu de chair fraîche. “James ! Merci d’être venu.” s’exclama-t-il en allant à la rencontre de l’homme pour le serrer brièvement dans ses bras. “Je te présente l’inspecteur Je-ne-sais-quoi !” continua-t-il en se tournant vers le flic pour le désigner d’un geste de la main, non sans lui lancer un petit regard noir au passage. Il avait la rancoeur tenace, parfois, mais surtout quand il en avait envie et c’était le cas ce soir. “Donnez-lui votre micro dernier cri. On va le laisser seul dans la foule et voir ce qui se passe.”

Ça n’était pas le plan le plus évolué du siècle, mais l’occultiste disposait d’un autre tour dans sa manche et quand l’échange fut fait, il entra dans le bar sans rien ajouter. Il inspira profondément et ferma les yeux en entrant dans la petite salle bondée, trop chauffée et où régnait l’oppressante odeur de l’alcool et de la sueur. Quelques secondes, il resta là pour se concentrer sur sa magie qu’il pouvait presque sentir gonfler dans son ventre et se répandre dans son sang. Il n’était même pas sûr que ça fonctionne réellement comme ça, mais toute sa vie il avait agi de la sorte, à visualiser sa magie dans ses veines pour se concentrer dessus et ça lui allait très bien. Dès qu’il eut l’impression d’être entièrement soumis à sa force, il se fondit au milieu de la foule, gardant un oeil vers James tandis qu’il s’évertuait à effleurer accidentellement toute personne un peu suspecte qui passait près de lui. Son jeune étalon fit ses propres approches, mais ce ne fut pas l’un des hommes vers qui il s’engagea qui attira finalement l’attention de Yerathel. Un homme un peu plus âgé se tenait dans un coin du bar, trop loin pour qu’il puisse le toucher sans que ça ne semble suspect. Il dénotait pas mal avec l’ambiance des lieux et son regard avide, presque assoiffé, donnait des frissons à l’occultiste. Il alla retrouver l’officier, oubliant momentanément sa colère pour se pencher un peu trop près. “Vous voyez cet homme, là-bas ?” demanda-t-il en désignant son suspect. “Il a la tête de l’emploi, non ?” Ce type n’avait pourtant rien fait, mais Yerathel n’était pas un flic, lui et ça lui était bien égal de baser son enquête sur un critère physique.

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Posté le Lun 15 Oct - 23:16


Aller me chercher un verre, ça, je sais faire ! Et je ne suis même plus obligé de jouer les gays. Ma démarche beaucoup plus naturelle et le ton de ma voix revenant largement à la normal, je suis amplement satisfait qu’il m’envoie chercher un verre au bar. Ce type a bien failli me foutre en rogne. Je ne me fais pas prier pour sortir de sa loge et rejoindre le comptoir. Je tape sur le comptoir en lâchant un billet suffisant pour m’offrir un double whisky “ Eh ! Tu me mets double scotch, et fissa ! ” J’ai dû le choquer vu sa tronche de vierge effarouché. Merde… Je ne suis même pas encore énervé !

Une fois mon verre en main, je regagne la loge de mon flic bénévole. Il est encore au téléphone. Et ses yeux me scrutent régulièrement. Je m’installe sur son canapé, et pose mes pieds sur la table basse. Je suis presque certain que si je ramène les experts, il y a des traces de drogues, sur ce meuble. Eh bien maintenant, il y aura un peu de ma semelle de chaussure. Il raccroche enfin et m’informe que l’on va devoir bouger et changer d’endroit. Je finis le verre d’un trait et le pose sur la table, me levant dans la foulée “ Eh bien ! Tu vois, quand tu veux ? Tu peux me rencarder sur les bons endroits ! Allons-y. Je conduis. J’peux faire sauter mes contrav’. ” Je sors les clefs que je lui désigne.

Quelques claquements de portières et une route plus tard, nous nous retrouvons devant le fameux bar. Mon partenaire provisoire est bien accoutumé de l’endroit, vu les sourires qu’il lâche. Et en prime, il se permet de me nommer inspecteur je ne sais pas quoi. Quelle méprise. Je lève les yeux au ciel et tends ma main vers le jeune homme “ Lieutenant Hewitt, James. C’est bien ça ? ” j’attends qu’il approuve. “ Merci d’apporter votre aide à cette enquête. ” Mais mon compagnon de fortune met fin aux présentations pour me décocher un regard noir et me demander de lui passer le micro dernier cri. Je sors mon téléphone de ma poche et active l’une des seules applis de ce téléphone : l’enregistreur vocal. “ Je sais, ça a l’air vieillot, mais ça résiste bien mieux au chocs que ces merdes d’écrans tactiles. Dés qu’un individu vous aborde avec l’air suspect, vous déclencher l’enregistrement. N’oubliez pas, il me faut du contenu, tout ce que vous pourrez et qui me mettra sur la piste. On va vous surveiller au cas où. ”

Le temps est venu pour nous de prendre place. Je retiens mon partenaire en attrapant son coude “ Il vaudrait mieux qu’on n’entre pas en même temps. Et dites… Vous allez faire la gueule toute la soirée ? ” J’arque un sourcil et regarde James rentrer. Mentalement, je compte quelques secondes d’avance sur nous pour relâcher le coude de mon nouveau partenaire et que nous rentrions à notre tour. Je souffle une nouvelle fois “ Si tueur il y a là-dedans, et qu’il nous flaire, il va penser que vous êtes l’appât. Je ne sais pas pour vous, mais c’est excitant de jouer avec le feu quand on pense avoir toutes les cartes en main, non ? Il va prendre le risque de jeter son dévolu sur votre gars. Ce sera un sacré trophée pour lui. Soyez prudent tout de même. ” Je rentre dans le bar et me dirige vers le comptoir pour me commander à boire. Un regard circulaire, je tente de n’avoir pas trop l’air de chercher quoique ce soit.

Je finis par m’installer à une table. Quelques instants plus tard, Nolen me rejoint. Il me demande si je vois cet homme. Il me dit qu’il a la tête de l’emploi. Je visualise le type “ En tout cas, il a l’air d’avoir les âges pour… Je suis plutôt d’accord. Mais tant qu’on a pas de preuves… ”


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