Félicitation à Gwendal et Elia

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 On ira tous au Paradis – ft. Thomas A. Balhian

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Posté le Mer 25 Juil - 19:38

           

           

       
♪ On ira tous au Paradis ♪


           
Je pousse un long soupire. Franchement, ce n’est pas un peu exagéré de nommer une herboristerie L’EDEN ? Je louche difficilement sur l’enseigne de la haute bâtisse aux pierres apparentes. Ses lettres d’un vert vif me font presque mal aux yeux. Je crois que je ne m’y ferais jamais. « Mais qu’est-ce que tu racontes Lili ? C’est la base même de l’attrape-client ! Je sais que tu n’as pas fait d’étude commerciale, mais là, tu me fais presque de la peine. » s’était exaspérée Amber, patronne à ses heures perdues. « Lili » est le doux sobriquet qu’elle s’est empressée de me donner. Ne me demander pas pourquoi, elle adore renommer chaque personne qu’elle croise. Cette femme est tellement imprévisible que j’ai arrêté de l’analyser. Chaque fois que je pense l’avoir cernée, elle me montre que j’ai lourdement tort.

« C’est la base même de l’attrape-client ! » Mais bien sûre ! Qu’on m’explique pourquoi la boutique se trouve au détour d’une ruelle peu fréquentée ! A part quelques clochards qui cherchent un coin tranquille pour dormir, il n’y a pas foule. Je reconnais que cet aspect n’est pas pour me déplaire. J’essaye de me faire discrète, mais cette enseigne… j’en ai presque honte et pourtant, je n’en suis pas la propriétaire. Je veux bien croire qu’il faut innover pour attirer le regard, surtout dans une rue paumée, mais là, c’est absurde. On dirait le préquelle d’un film olé-olé sur les bords. Je vire au cramoisie. Quelles pensées malsaines !

Je pousse le battant de la porte. Un long couinement m’accompagne, insupportable. J’ai à peine le temps d’effectuer quelques pas qu’Amber m’accueille, à sa manière.

- Lili ! La prochaine fois que tu fais le piquet devant la porte, tu pourrais au moins lui faire un petit lifting. Rends toi utile, quoi !

J’affiche une moue boudeuse tout en longeant le grand buffet. Je travaille ici depuis plusieurs semaines et honnêtement, je n’ai pas de grandes raisons de me plaindre. C’est tranquille et en prime, je gagne suffisamment pour bien vivre.

- Moi aussi je suis contente de te voir, Amber.

L’intéressée se met à glousser et je ne peux m’empêcher de sourire. Cette femme est un mystère. Je passe dans le petit local – derrière le comptoir, pour y déposer mes affaires. Nous sommes que deux : patronne et employée ; même si la plupart du temps, je me retrouve seule à tenir la boutique. Je retourne dans la pièce principale. Les tons taupe et vert d’eau y prédominent. Amber voulait quelque chose de zen, même si à mon avis, elle a eu la main un peu trop lourde sur le bois. De nombreuses étagères habillent les murs et sont peuplés de diverses plantes et concoctions. Amber s’active.

- Tu vas avoir de la visite ce matin. Mon cousin doit passer pour graisser cette fichue porte. Sois gentille avec lui, susurre-t-elle avant de me lancer un vilain clin d’œil.

Je lève les yeux au ciel. Elle s’attend à quoi ? Que je me jette dessus comme une sauvage en manque de compagnie ? Je sais me contenir, quand même ! Mes yeux s’attardent sur trois listes posées à côté de la caisse.

- On a eu trois commandes. Comme tu peux le voir, je ne peux pas rester. Je te laisse t’en occuper. Elle me fait la bise, puis récupère son sac à main. T’es un amour.

En guise de réponse, je lui tire la langue. Ai-je seulement le choix ? M’enfin, je ne vais pas m'en plaindre. Avec le peu de personnes qui passent, je m’ennuie souvent. Je serais occupée pour une heure ou deux avec un peu de chance. Amber s’apprête à sortir, mais se ravise à la dernière minute.

- Ah ! J’oubliais ! S’exclame-t-elle. Fais attention à ce que Chacha ne sorte pas. Ta vie en dépend. J’hausse un sourcil incrédule. Elle est vraiment en train de me menacer là ? A plus, Lili !

La porte se referme difficilement et finit par se prendre dans le tapis. Décidément ! Je donne un coup calculé dans ce dernier et claque la porte. Avant de retourner au comptoir, je bascule le panneau d’indication dans l'autre sens pour signaler que nous sommes ouverts.

Maintenant reste à savoir qui est Chacha.


           
(c) crackle bones

           
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Posté le Ven 27 Juil - 12:24
La culpabilité n’avait fait que grandir avec les jours, réaliser qu’un jour je devrais partir, je devrais les laisser après avoir été si distant me faisait mal en quelques sorte. Je me demandais, j’angoissais à l’idée de devoir un jour faire face à l’idée que ma disparition pourrait peut-être les soulager. Et l’angoisse ne disparaissait pas, pas même lorsqu’il fut question d’Anya. Si jamais elle revenait à elle quand je ne serais plus là, si jamais elle revenait en apprenant que la personne qui lui avait prit sa vie avait aussi disparu… Mais si elle se réveillait, si elle était à nouveau là, partir serait plus difficile que jamais, l’abandonner, une nouvelle fois alors que l’on avait été si proche… Je n’étais pas bien sur de réussir un jour à m’en remettre, mais savoir qu’elle était en vie, savoir qu’elle avait de nouveau le droit à la vie, ça n’avait pas de prix. Et je ne pouvais pas souhaiter, égoïstement qu’elle ne revienne pas pour ne pas souffrir. Je ne voulais pas ça, je ne voulais pas perdre chaque chance que j’avais de la sauver. Elle devait-être sauvé. Mais rien de ce que je pourrais souhaiter ne pourrait changer quoi que ce soit. Je n’étais pas médecin, j’étais juste l’homme qui lui avait volé sa vie, j’étais juste ce monstre qui avait su un jour lui sauter à la gorge pour lui arracher la vie.

J’avais… Soupirant, je glissais mes mains dans les poches de mon jeans, marchant sans réel but, la tête baisser dans les rue de San Francisco. Qu’avais-je espéré finalement ? Ma vie reprenait enfin un sens, reprenait une marche, mais je n’oublierais jamais ce qu’il s’était passé, ce qu’il y avait eu, il fut un temps dans ma vie. Nolen n’était un répit que pour moi, pas pour ma famille, pas pour ceux que je trahissais constamment. Je ne méritais pas l’attention que l’on me portait et pourtant, je ne pouvais pas renier mes sentiments aujourd’hui, ni l’espoir stupide qui me prenait et qui me donnait presque l’impression d’avoir le droit à tout ça.

Au détour d’une rue, je fus aveuglé par un rayon du soleil, mon regard se relevant vers ce dernier avant que ma main ne se dresse pour me protéger. Reportant mon attention devant moi, mon attention fut attiré par une enseigne, discrète. Secouant la tête face à l’idée que je venais d’avoir, je me refusais à être aussi stupide. En quoi des pierre et des grigri pourraient aider ma soeur ? J’étais stupide, tout simplement. Soupirant, j’avais reprit mon chemin, passant devant une partie de la devanture avant de m’arrêter devant une partie de la vitrine. Soupirant à nouveau, je reviens sur mes pas, franchissant les portes de l’échoppe pour finalement voir la vendeuse. Une brune, comme bien des autres, quoi qu’elle me semble un peu plus douce et délicate que d’autres. « Bonjour. », soufflais-je avant de baisser les yeux vers ce qui se trouvait autour de moi. Je ne savais pas ce que je cherchais en vrai et j’étais même pas sur de vouloir trouver quelque chose ici. Pourtant j’étais un exemple vivant, celui que la magie était vrai, existait, si il y avait la moindre chance que ça fonctionne, c’était maintenant. « Excusez moi, mais j’aurais quelques questions… », demandais-je hésitant, me trouvant à la fois stupide et désespéré.

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Posté le Dim 5 Aoû - 11:33

         

           

     
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Mes yeux parcourent rapidement la pièce, mais rien ne semble sortir de l’ordinaire. Je hausse des épaules – un mouvement typiquement français qui voulait tout et rien dire à la fois. Chacha finira bien par montrer le bout de son nez.
Un fracas résonne soudainement sur ma droite. Je plisse les yeux, suspicieuse. Coïncidence ? Je me dirige vers sa source et découvre mon pauvre Plantain éparpillé sur le sol. Plantago major, connu pour favoriser la guérison rapide de toute forme de plaie ou d’inflammation. Il méritait un meilleur sort. Je pousse un soupire de désapprobation.

- Je crois que nous n’allons pas bien nous entendre Chaha, dis-je tout en réparant ses bêtises. Tu aimes jouer à cache-cache ? Bien, mais ne t’avise surtout pas à foutre le bordel, ou je me ferais une joie de t’accueillir à ma manière.

Un rictus mauvais se forme sur mes lèvres. Je rêve où je suis tout bonnement en train de parler dans le vide ? Un mauvais coup de la solitude ? Je chasse cette pensée. Ce n’est pas le moment de m’apitoyer sur ma misérable vie – il est temps de se mettre au boulot. Les concoctions n’allaient pas se réaliser toutes seules.

Munie de la liste, je récupère les ingrédients qu’il me faut. Pour la dernière demande, je n’ai plus suffisamment d’aspérule. Je passe un coup de fil à notre partenaire, mais ce dernier m’informe d’un délai d’une semaine. Visiblement, ce composant est très prisé en ce moment. Amber va crisser des dents, mais M. JONES va devoir prendre son mal en patience. Les nuits seront longues, mais rien de dramatique. J’aurais bien proposé un autre remède si M. JONES n’était pas allergique à certains ingrédients. J’en discuterai avec la patronne lorsqu’elle sera de retour – en attendant je vais m’occuper des deux autres. J’attache mes cheveux en chignon et débute ma tâche.

Quelque chose frôle subitement mes jambes. Sous le coup de la surprise, je fais tomber ma pipette et jure comme un charretier. La délicatesse et moi ne sommes pas toujours en parfaite harmonie. Je me baisse pour ramasser l’objet et lorsque je commence à me relever, mon regard croise celui d’une paire d’yeux semblable à un ciel orageux. Me voilà en tête-à-tête avec Chacha, un persan qui se croit suffisamment malin pour me toiser de sa cachette. Logé sur une étagère sous le comptoir, il agite sa queue touffue de droite à gauche – fier de son exploit. Moi, je me contente de le fusiller du regard.

Je lui aurais fait sa fête si la porte grincheuse ne s’était pas ouverte. Je m’attends à rencontrer le cousin de Amber, mais je suis étonnée de constater qu’il s’agit d’un client. Je ne l’ai jamais vu. Il semble désorienté et quelque peu déprimé. J’affiche mon sourire commerciale.

- Bonjour Monsieur. En quoi puis-je vous aider ?

En réalité, je devrais citer une abominable phrase d’accueil, mais je la trouve tellement kitsch et mal placée que je l’oubliais volontairement. Amber s’en était exaspérée à de nombreuses reprises, mais que voulez-vous, je peux me montrer très butée. Au final, nous avons trouvé un compromis : je la récite seulement en sa présence. Si ça peut lui faire plaisir…  


         
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Posté le Mer 8 Aoû - 22:50
En quoi elle pouvait m’aider ? Je savais même pas comment formuler tout ça, et là, au final, j’avais plus l’impression d’être un fou, ou complètement perdu qu’autre chose. Je ne me voyais pas lui demander: bonjour j’aimerais un cailloux magique me permettant de sortir ma soeur de coma car quand même ça serait bien qu’elle se réveille un jour. Clairement, pourquoi j’avais fait ça ? Pourquoi j’étais venu ici ? Pourquoi j’avais cru que quelque chose était possible. Et le pire c’est que j’avais demandé à la pauvre fille de m’aider et je ne pouvais pas vraiment revenir en arrière pour le moment. J’étais face à un mur, ou du moins à quelques principes d’éducations qui ne me permettait pas de partir après l’avoir interpelé, ce n’était pas vraiment sympa et pas non plus mon style. Resserrant un peu mon emprise sur moi-même, je mis fin à des hésitations visiblement gênantes pour tout le monde, « Euh ça va vous semblez stupide en fait… », commençais-je à souffler avant de baisser les yeux, un peu plu gêné encore. Pourquoi j’étais rentré ici ? Pourquoi j’avais cru que faire ça serait genre une solution parfaite ?

Jetant un coup d’oeil autour de moi, je repris toujours un peu hésitant, « Je voulais savoir comment tout ça fonctionné ? », ce qui devait sans doute être très vaste, voir trop vaste pour cette pauvre femme qui n’avait sans doute pas que ça à faire que s’occuper des interrogations stupide d’un mec stupide qui croyait possible tout ça. C’était pas possible. Très clairement. Si des pierres ou des herbes pouvaient y faire quelque chose, cela ferait des années que l’on soignerait les gens comme ça. Sauf que non, il n’y avait aucune carrière dans les hôpitaux, juste des médecins avec des médicaments et des années d’étude pour finalement t’entendre dire qu’ils ne comprenaient pas, ce qui était parfaitement logique lorsque l’on savait qu’en vérité, c’était moi, moi et mon don qui avait fait ça. Il n’y avait aucune justification à fournir. « Je suis désolé. », soufflais-je à nouveau conscient que je lui faisais déjà perdre un temps précieux. Ok il n’y avait personne et ok j’aimais bien avoir l’attention sur moi, mais ce n’était pas ce qu’il me fallait aujourd’hui. Moins on me voyait, mieux j’irais.

Me pinçant les lèvres, je finis par ajouter, « La vérité c’est que j’ai un proche dans le coma et je sais pas vraiment ce à quoi je m’attendais en venant ici. », certainement à un nouveau miracle, ou à un vrai miracle pour une fois. À une vrai solution, à quelque chose pouvant me faire me sentir moins nul, moins au fond de tout. Je voulais juste une chance de m’en sortir à peu près, de voir enfin quelque chose de probant se faire pour moi. Je voulais juste ça et elle n'était pas vraiment faiseuse de miracle.

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Posté le Hier à 15:10

         

         

     
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La confusion se reflète dans ses yeux. Il semble mené sa propre bataille. Nous avons tous nos démons – j’étais bien placée pour le savoir. Je tente de l’encourager d’un sourire. Je ne peux pas l’aider sans connaitre la raison de sa présence, mais en même temps, je ne peux pas le forcer à se confier. La balle est dans son camp. Je devais simplement me montrer patiente. Une qualité dont je pouvais très peu me vanter si vous voulez mon avis ; sauf que pour une fois, j’allais faire preuve de professionnalisme.

- Stupide ? J’en doute fortement, l’encourageais-je.

Il n’avait pas la moindre idée des demandes loufoques que nous avions déjà rencontrées. Ou du moins, je n’étais plus à ça près. Chaque personne est différente et chaque personne a sa propre approche. Il y a les directs, les timides, les gens... louchent. Toute une panoplie ! S’ils étaient plus nombreux, je n’aurais jamais le temps de m’ennuyer. Sa question me déstabilise un court instant. Que pouvais-je bien répondre sans paraitre… bizarre ? Je cherche les mots adéquats avant de prendre parole. Le pauvre homme semble suffisamment souffrir pour que j’en rajoute une couche.

- Vous n’avez pas à vous excuser. Vraiment.

Je contourne le comptoir pour me mettre à son niveau. Je désigne d’un rapide geste de la main l’ensemble des étagères remplies d’ingrédients. J’ai presque l’impression de débuter une pièce de théâtre, mais honnêtement, je ne suis pas certaine que ce rôle m’aille à la perfection. Je tente de garder mon sourire, mais ce dernier ne monte pas jusqu’à mes yeux. Quelle mauvaise actrice !

- Nous proposons essentiellement des remèdes et nos conseils, mais je pense que vous l’avez déjà deviné. Autrement, vous ne seriez pas venu nous voir. Je me racle la gorge. Mon cas est désespérant. Un coma, vous dites ? Mh…

Je croise les bras et me frotte distraitement les coudes. C’est la meilleure manière de refouler mon sarcasme. Cet homme a besoin de mon aide, pas de ma mauvaise langue. Je repasse rapidement en revue l’ensemble des formules connues.

- C’est normal de demander un soutien lorsque la situation vous échappe. Très peu passe le cap de l’action. Je hausse des épaules et mes lèvres s’étirent sincèrement. C’est honorable. Je marque une légère pause avant de reprendre d’une voix douce. Pour tout vous dire, j’ai une idée qui pourrait… aider votre proche. Néanmoins, il ne faut pas oublier que nos solutions sont naturelles. Je cherche mes mots. Elles peuvent soigner dans une certaine limite.

Je pousse un soupire. Je ne veux pas qu’il se fasse des illusions et puis, je déteste mentir.

- Il ne faut pas s’attendre à des miracles, lâchais-je finalement. Je veux que vous en soyez conscient. Je ne suis pas là pour vous faire miroiter des faux-espoirs.

Je retourne derrière le comptoir. Chacha me donne un coup de patte pour me rappeler sa présence. Je l’ignore. Je ne l’ai pas oublié, mais je m’occuperais de son cas dès que j’aurais réglé celui-ci. Je me penche légèrement en avant.

- Je vais vous préparer un très vieux remède. Honnêtement, je ne vous promets pas de grands résultats, mais qui ne tente rien… vous connaissez la suite. Je fais mine de chasser la fin de ma phrase avant de plonger mon regard dans le sien. Vous êtes partant ?

Au fond, je suis totalement excitée de tenter l’expérience.


         
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