Félicitation à Anya et Alex

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 "drink my soul" tholen

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Posté le Lun 20 Aoû - 11:47
J’avais de plus en plus de mal à boire du sang depuis qu’Anya était revenu à elle. J’avais de plus en plus de mal à ne pas culpabiliser et pourtant, j’avais besoin de sang pour tenir le coup, j’en avais besoin pour ne pas m’écrouler après les entrainements qu’on m’imposait. J’étais rentré tremblant chez moi, transpirant face à la douleur, livide face à la faim. J’avais posé mon regard sur mon frigo, l’ouvrant avant de saisir une poche de sang, sentant presque aussitôt ma gorge se tendre, désirer que je boive et pourtant je ne fis rien. Je la jetais dans l’évier, sortant de nouveau en laissant ma porte ouverte, j’avais rejoints le restaurant le plus proche, j’avais commandé, payé et j’étais rentré, ignorant toujours la porte tant mon esprit était tourné vers la faim. J’avais tenté de mangé, mais la seule chose que j’avais récolté c’était une nausée qui me conduit droit au toilette. J’étais affamé, mais d’autre chose. De quelque chose de beaucoup plus cruel. Hurlant face à cette injustice, je me relevais, fébrile, revenant à la cuisine pour poser à nouveau mon regard sur cette poche, exultant la rage que je tentais de contenir au quotidien pour ma condition avant de saisir un couteau et poignarder le plastique qui déversa son contenue presque aussitôt. Livide face à l’odeur si attractive du sang, je lâchais le couteau, ouvrant l’eau pour faire disparaitre les preuves avant de retourner à la salle de bain pour me noyer sous la douche.

Je voulais que ça s’arrête, juste une fois. Pourtant la douleur continuait de faire écho dans tout mon corps et après ce qui me sembla être une éternité à pleurer et frapper la paroi de la douche, je finis par sortir. J’allais devoir boire, je n’aurais plus le choix et pourtant l’image d’Anya revenait en boucle dans mon esprit. Je sus tous juste enfiler un boxer, un pantalon de jogging et un t-shirt, ne réussissant pas réellement à me sécher autre chose que le visage. J’étais tétanisé de douleur lorsque je reçu un message de Nolen, et je fus bien incapable de lire quoi que ce soit, je me contentais de répondre " Oui et toi ? ", ignorant si j’avais su répondre à quelque chose ou non. Je retrouvais finalement la cuisine, cet évier ou coulait toujours l’eau. Posant mes mains sur le rebord pour imprégner mes doigts des dernières gouttes de sang ayant survécut à l’eau. J’avais envie de lécher un meuble, j’en étais à ce stade ? J’avais tellement mal que je voulais en arriver là…

La colère me reprit, encore une fois, avec violence et force. Et encore une fois, ce fut la douleur de trop. Les larmes redoublèrent et un nouveau message auquel je ne pus répondre réellement. Un simple " Ok " fut envoyé, mon téléphone taché de sang repoussé au loin sur le sol de la cuisine alors que je me recroquevillais sur moi-même, mes doigts s’enfonçant dans la peau de ma nuque dans l’espoir stupide de m’en arracher la colonne. Je ne pouvais plus. Je ne voulais plus. Je buvais des poches de sang uniquement pour ne plus en arriver à ce stade de douleur ou tuer quelqu’un devenait possible. Mais là… Mourir ne serait pas plus simple, plus correcte pour les autres ? Il y aurait toujours un moment ou le sang manquerait, un moment de trop, un accident, et la mort. Je ne voulais pas.

Le visage complètement enfoncé dans mes genoux, je mis un peu de temps à entendre ce qui se passait autour de moi, un peu de temps à comprendre qu’on avait toqué, qu’on était rentré. Me relevant tant bien que mal, j’ignorais avoir laissé des traces de sang sur mon mur, j’ignorais aussi l’état dans lequel j’étais. Je saisis un torchon pour m’essuyer le visage avant de tituber jusqu’à mon salon. Je tenais à peine debout, je savais à peine ouvrir les yeux. Je ne le reconnus pas immédiatement, enfin il fallut que je trouve la force d’ouvrir vraiment les yeux pour congédier la personne que je croyais être un inconnu pour réaliser que c’était Nolen. Incapable de me tenir droit, je ne ferais pas illusion, il m’avait déjà vu malade, mais jamais à ce point, car je le pensais humain, car je croyais que je pouvais le blesser. J’aurais pu tout régler en ouvrant la porte de mon frigo, mais j’étais incapable de le vouloir pour l’instant. « Hey… », soufflais-je avec le plus d’entrain possible. Il me restait une certaine pudeur sur ces crises et je ne voulais pas lui imposer la réalité de pleine face. Surtout que c’était moi qui était stupide au point de ne pas vouloir régler ça. « Désolé… C’est pas exactement le meilleur moment là… », soufflais-je sans agressivité avant qu’un choc électrique ne traverse ma colonne, me pliant un peu plus en deux alors qu’une goute de sueur dévalait mon front pour s’écraser sur le sol. Un gémissement de douleur avait traversé mes lèvres à l’instant même ou je voulus me remettre droit. La dernière fois que j’avais souffert autant, j’avais prit la vie de la seule personne qui comptait vraiment pour moi… Et si lui régénéré, je n’avais aucune envie de lui faire du mal. « Tu… Tu devrais pas rester… Là. », soufflais-je incapable de tenir un masque plus longtemps.

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Posté le Lun 20 Aoû - 15:57
Il n’existait officiellement rien de pire au monde que l’ennui. À part, peut-être, les gens capables de le provoquer. De telles personnes n’auraient même pas dû être autorisées à faire partie de la vie de Yerathel. L’homme avait déjà plus de deux mille années d’existence à son compteur, après tout. Il avait traversé des siècles de guerre, de famine, de révolutions et de mépris. En résumé, il avait assez souffert pour le reste de l’éternité et il aurait dû exister une loi quelque part le prévenant de la moindre torture de plus. Il envisageait même très sérieusement de se présenter aux présidentielles lors de la prochaine décennie afin de mettre cette loi en place lui-même tandis que l’homme assis face à lui continuait de monologuer sagement, parfaitement inconscient du profond désespoir qu’il infligeait à son interlocuteur. Malheureusement, certaines fois pour avancer dans sa carrière et dans sa vie, Yerathel se devait de supporter son fardeau en silence et même si ce producteur l’agaçait au plus haut point, il n’obtiendrait jamais un contrat intéressant pour cette pauvre Sofia s’il ne faisait pas semblant de boire ses paroles. De toute façon, d’ici quinze ou vingt ans, il rendrait illégal de lui prendre la tête et ce type serait complètement oublié. Il faudrait seulement qu’il trouve un nom qui fasse un peu plus Président que Nolen… Pourquoi pas Niles ou Noah ? Oui, il tenait définitivement quelque chose, mais il conservait quelques doutes et… Sortant discrètement son téléphone portable de sa poche, l’homme s’empressa de le déverrouiller et d’ouvrir sa conversation avec Thomas. “Niles ou Noah ? Qu’est-ce qui fait le plus Maison Blanche, d’après toi ?” envoya-t-il au jeune homme, relevant les yeux vers le producteur pour lui offrir un sourire et hocher la tête d’un air entendu, comme s’il approuvait les mots quelconques que venaient de sortir l’autre.

Il reçut une réponse assez rapidement, mais son sourire heureux se figea et fut rapidement suivi d’un sourcil interrogateur relevé sur son front aux mots affichés sur son écran. Oui et toi ??? Il adorait Thomas, vraiment. Son affection pour le jeune homme grandissait chaque jour un peu plus. Mais quelques fois, le pianiste continuait de l’exaspérer profondément. “Est-ce que tu as bu ?” tapa-t-il plus rapidement encore. Le Ok qu’il reçut en réponse manqua de le faire s’étrangler, ce qui eut au moins le mérite de masquer son air offusqué. Jusqu’à ce qu’il ne relise leur conversation une seconde fois et qu’il commence à sentir une pointe d’inquiétude naître lentement. Il releva immédiatement les yeux vers le producteur et il n’y avait rien d’autre qu’une sincère inquiétude pour Thomas lorsqu’il se dépêcha de couper l’homme pour lui annoncer qu’une urgence l’obligeait à mettre fin à leur rendez-vous immédiatement. Il promit à l’homme que son assistant - pauvre jeune Gwen - l’appelerait bientôt pour régler les derniers détails et en moins de cinq minutes, il avait quitté les bureaux de cet emmerdeur.

D’accord, peut-être que son inquiétude pour l’état de Thomas pesait aussi fortement dans la balance que son envie désespérée de quitter les lieux. Quoiqu’il en soit, il se précipita tout de même chez le pianiste et il n’y avait plus rien de feint dans son affolement quand, après avoir frappé plusieurs fois, personne ne vint lui ouvrir. Peut-être que le jeune homme n’était tout simplement pas chez lui ? Malgré tout, avant de pencher pour cette possibilité somme toute logique, l’homme tenta sa chance en tournant la poignée de la porte, qui céda aussitôt. Il entra dans l’appartement avec quelques scrupules. “Thomas ?” appela-t-il sans parvenir à cacher l’anxiété dans sa voix. Et bien avant de voir le jeune homme; la vague de douleur et de désespoir le frappa de plein fouet, plus violente que tout ce qu’il avait subi jusque là, le poussant à se précipiter un peu plus vite jusque dans le salon où le jeune homme finit par le rejoindre. Il ne fallait pas avoir un don d’empathie pour deviner, juste à poser les yeux sur Thomas, combien il était mal en point. Et celui de Yerathel était puissant, très puissant. À cet instant, il aurait même eu tendance à dire trop puissant. Le jeune homme balbutia quelques mots dans le vain espoir de le faire partir. Tout ce à quoi il eut droit à la place, fut de voir l’occultiste foncer sur lui et l’attraper par le bras pour le conduire jusqu’au canapé où il l’obligea à s’asseoir. Il s’agenouilla devant le jeune homme à même le sol et passa une main sur son visage trop pâle pour être vrai. “Qu’est-ce qui se passe ?” demanda-t-il, soucieux et pourtant convaincu qu’il n’aurait pas droit à une réponse sincère. Ses deux mains se refermèrent sur celle de Thomas qu’il pressa doucement et qu’il finit par embrasser, plus doux encore. “Pourquoi est-ce que tu ne m’as pas appelé ?” s’agaça-t-il, quoique sa voix sonne beaucoup trop désespérée pour qu’on y trouve une quelconque trace de colère.  

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Posté le Lun 20 Aoû - 16:21
Il ne partit pas, au contraire, il s’avança, m’attirant à sa suite sans que je ne le réalise bien comment. J’avais simplement fini là. Assis sur le canapé, nauséeux par ce mouvement que je n’avais pas initié. Qu’est-ce qui se passait ? Pourquoi je ne l’avait pas appeler ? Des larmes traversèrent mon visage avant même d’avoir pu prononcer un mot. Puis mes ains se serrèrent alors que la douleur revenait à la charge, m’arrachant un soupir, un gémissement brutalement étouffé dans mes dents se refermèrent sur mes lèvres. Un tremblement, puis un autre avant que je relèves les yeux, avant que je ne fixe son cou. Ça serait vraiment si mal que ça de boire son sang ? Y avait-il quelque chose de contre nature à ça ? À le mordre ? À lui déchirer la peau pour quelques gouttes carmin ? Juste quelque gouttes… Ma bouche s’ouvrit légèrement avant que la douleur ne s’impose à nouveau, me rappelant pourquoi, me rappelant que je ne devais pas. « Parce que je vais te blesser toi aussi… », finis-je par souffler, de moins en moins maitre des spasmes qui m’étouffaient. J’allais mourir de douleur, c’était ça ? C’était l’idée ? Mais je ne blesserais plus jamais personne. Je ne volerais plus de vie, je ne ferais plus jamais le moindre mal. Pourquoi avoir peur de mourir quand cela impliquait de perdre ce que l’on avait de plus précieux ? Je ne voulais pas perdre Nolen, je ne pouvais pas…

La respiration forte, je dus accuser à nouveau le coup, sachant pertinemment que ça ne s’arrangerait jamais, « Je peux plus… Je veux plus… », pourtant mon regard retombait sur son cou, sur sa gorge, sur les veines que je devinais parfaitement, sur ce sang que je sentais courir sous sa peau. Je devais. Je devais résister et pourtant… Je libérais une de mes mains inconscient et c’est dans le même état qu’elle se glissa sur son cou avant que la culpabilité ne revienne. J’avais tellement faim, tellement besoin de sang, besoin de le sentir couler dans ma gorge. J’avais tellement besoin de renaitre quelque soit le prix… Mais voilà, c’était quelque soit le prix. Une vie humaine ne devait pas en faire partie. Il ne devait pas y avoir de raison à cette existence, je ne pouvais pas être aussi monstrueux. Je n’avais rien fait d’autre que naitre… « J’ai… J’ai besoin de sang… », suppliais-je en me pliant un peu plus sur moi-même comme incapable de lutter. Ma main qui jusque là le touchait l’avait lâché pour reglisser sur ma nuque. Et une fois encore, je commençais, non, je cherchais à me lacérer, comme si j’avais assez de force pour m’arracher la colonne, comme si je pourrais y arriver de toute façon. Je voulais du sang, mais quelque soit la quantité que j’avalerais, elle reviendrait, inlassablement, et un jour… Si Eliza, ou Anya me présentait son enfant… Si un jour j’avais un bébé dans les mains ? J’aurais aussi envie de son sang ? J’aurais aussi envie de m’en prendre à lui ? Ça ne cesserait jamais.

J’aurais pu m’éviter bien des souffrances si seulement j’avais bu le sang dans ma cuisine, mais… Ce n’était qu’alimenter le mal, rien de plus… Restant dans cette position, j’eus un okay de douleur qui m’arracha un sanglot un peu plus fort. Pendant combien de temps l’on devait subir ça avant que tout s’arrête ? Pendant combien de temps ? Chaque jour, chaque heure, chaque minute ou seconde passaient avec Anya ne serait qu’un ultime rappel à tout ça, à combien je n’avais plus le droit à eux. À combien le vie serait douloureusement injuste. Je ne pouvais plus. J’avais voulu qu’elle se réveille, qu’elle reprenne le court de sa vie, j’avais simplement oublié le fait que ma vie cesserait dès cet instant.

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Posté le Mar 21 Aoû - 10:42
La douleur devenait rapidement insurmontable et pourtant, elle n’était rien de plus qu’une idée lointaine, le croque-mitaine caché dans l’ombre prêt à fondre sur sa proie, mais préférant largement distiller la peur. Yerathel sentait ses griffes acérées courir doucement sur sa peau, effleurer sa nuque et menacer de s’enfoncer dans sa colonne sans jamais entrer vraiment. Il sentait aussi la peur et le désespoir former une prison de glace autour de son coeur battant la chamade, courir dans son sang et détruire tout sur son passage. Il connaissait Thomas depuis suffisamment longtemps pour avoir déjà effleuré souvent la moindre de ses émotions. Il aurait reconnu sa douleur, sa tristesse, sa joie et même sa haine entre mille. Ses émotions, comme celles de toutes les personnes que l’occultiste fréquentait régulièrement, portaient une empreinte, une signature qu’il parvenait à leur associer naturellement. Mais jamais, jamais une seule fois en cinq ans avait-il ressenti cette douleur avec autant de puissance. À cela venait s’ajouter l’air désespéré du pianiste et c’en était trop pour lui. Des larmes commencèrent à perler sur ses joues, alors qu’il s’accrochait un peu plus fortement à la main de l’homme assis face à lui, plongé dans une peine plus violente encore.

Yerathel avait à peine conscience des gestes de Thomas ou de ses mots. Il pouvait reconnaître les émotions comme si elles avaient été siennes, il ne les avait jamais expérimenté assez pour savoir comment y répondre. Il traversait actuellement un territoir complètement étranger et rien n’avait d’importance que le profond désir qu’il avait de faire cesser cette douleur. Il n’eut même pas besoin de poser la question pour deviner d’où elle venait et pourtant quand, au milieu du chaos, il entendit Thomas avouer sa honte, son coeur s’arrêta de battre. Il savait, comme on sait qu’il n’est pas possible de respirer sous l’eau ou que l’Espace s’étend jusqu’à l’infini, que le jeune homme avait besoin de sang pour survivre. C'était un fait établi et pourtant tellement peu concret, auquel il n’avait jamais prêté l’attention méritée. Un problème qu’ils n’avaient encore jamais eu et auquel l’occultiste ne savait pas réagir. Et à cet instant, pourtant, il aurait tout donné, absolument tout, pour apaiser la souffrance que ressentait Thomas. L’idée de lui offrir son propre sang ne traversa pourtant jamais son esprit.

“Thomas, chut, calme-toi…” souffla-t-il, la gorge nouée par le désespoir. “Tout va bien se passer, je suis là.” promit-il et doucement, il posa ses mains sur les épaules du pianiste et pressa pour l’aider à s’allonger. Ses lèvres effleurèrent le visage de l’homme avec la même tendresse empreinte de pudeur, le goût des larmes étrangement plus douloureux que tout le reste. Il laissa une main reposer sur le visage de Thomas et leva l’autre devant ses yeux dans l’idée de toucher ses tempes, mais il sut bien avant de poser le doigt sur lui que son don d’imprégnation ne leur serait d’aucun secours aujourd’hui. Il pouvait, en une seule caresse, faire disparaître les craintes et l’angoisse pour les faire siennes et laisser Thomas dans un état d’apaisement émotionnel proche du plus grand vide qu’il ait jamais connu. Mais il ne pouvait pas faire disparaître la douleur, tout ce qui était physique lui échappait et cette pensée fit redoubler immédiatement les larmes lui brouillant déjà la vue.

Malgré tout, il ne connaissait aucun autre moyen et il était trop paniqué lui-même pour parvenir à réfléchir convenablement. Alors, il le fit quand même. Ses doigts caressèrent lentement la joue du pianiste, retraçant les contours anguleux de son visage jusqu’à frôler sa tempe. Aucune douleur ne vint frapper son propre corps, ni peur ni anxiété n’ensserèrent son cœur et pourtant, il aurait juré qu’il se passait bien quelque chose. Peu à peu, au rythme de ses caresses hésitantes et désespérées, la douleur et la peur qu’il sentait émaner du jeune homme s’estompaient et ne laissaient plus que le vide derrière elles. Les yeux de l’Occulstiste s’écarquillèrent doucement sous la surprise. Il ne comprenait rien à ce qui se passait, son don n’avait jamais fonctionné sur les sensations physiques et Thomas lui semblait s’éloigner peu à peu sans qu’il ne sache comment le retenir. La seule manière de l’expliquer, la seule justification logique lui brisa le cœur aussitôt qu’elle effleura son esprit. “Thomas ? Ne meurs pas, pitié.” se surprit-il à murmurer en se penchant davantage sur l’homme. ”Je t'en prie, reste avec moi..."

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Posté le Mar 21 Aoû - 11:25
Je ne pourrais pas me calmer, pas sans boire du sang et ça… Je me refusais ne serais-ce que d’y penser, même si je pouvais me laisser convaincre, je n’avais pas le droit. Je ne le ferais pas. Ne luttant pas vraiment lorsqu’il m’allongea sur le canapé, je me tendais sous ses doigts, je me tendais sous ses gestes, mais d’une façon bien différente que je n’aurais du. J’avais mal, bien trop et mes larmes ne cessaient de couler le long de mon visage. Le chaos était trop grand, la douleur trop forte, du moins elle le fut jusqu’à un instant, un simple instant ou tout sembla basculer. Le vide résonna dans mon crâne, convulsant presque alors que je perdais peu-à-peu pied. Ma douleur finit par s’anesthésier, par s’engourdir, mon corps semblant s’éloigner de mon âme à mesure que le temps passait. J’eus l’impression de plonger dans le vide, de disparaitre un instant avant qu’il ne m’appelle à nouveau, avant qu’il ne me conjure de ne pas mourir. Je mourrais ? Souffrir un enfer pour finalement mourrir dans le plus grand des calmes ? C’était ainsi que ça allait se passer ? C’était ainsi que cela finirait ? Dans le calme le plus complet ? Non, ça ne serait pas normal, je ne mourrais pas, je le sentais distinctement, j’avais simplement l’impression d’être loin. Levant une main, je le touchais finalement, mon bras se glissant autour de son cou alors que tout tangué autour de moi, alors qu’il semblait bien plus lumineux. « T’as mit des paillettes ? », demandais-je les yeux bien ouvert alors que je détaillais son visage. Pourquoi il pleurait ? Pourquoi j’étais allongé sur le lit ? Pourquoi il y avait de la lumière dansant dans mon salon ?

Je me sentais vide, mais pas vide comme le néant, simplement, plus rien ne s’accrochait à mon esprit, plus rien semblait avoir de l’importance. Lâchant son cou, je me retournais difficilement sur le canapé, me retrouvant sur le ventre alors que je fixais ce qu’il y avait autour de moi, j’étais où ? Je sentais quelque chose vibrer au loin, quelque chose revenant sans pouvoir vraiment s’imposer à moi. Je finis par m’extirper des sables mouvants qui me retenait jusqu’à présent. Retrouvant le sol, tout bougeait autour de moi, comme ces lumières, comme ces couleurs. Pourquoi tout semblait si différent ? Les murs et les angles semblaient cotonneux, comme si rien n’avait vraiment d’emprunte. Tournant la tête vers lui je m’avançais à nouveau, brutalement fatigué par tout ça, par ce qu’il y avait autour de moi, autour de nous. Que c’était-il passer au juste ? M’asseyant de nouveau, je le dévisageais, glissant ma main sur son visage, sentant l’eau glisser sur mes doigts, « Je suis mort ? », demandais-je simplement, inconscient de ce qui se tournait réellement autour de moi.

Détachant mon regard de lui, je laissais ma tête retomber sur le dossier du canapé, toujours perdu entre deux eaux. Je levais ma main, observant mes doigts légèrement noirci par le maquillage ayant coulé sur son visage, « Pourquoi tu mets pas plus souvent des paillettes ?  », je parlais à un mirage à n’en pas douter, j’étais mort, je ne pouvais pas être ainsi sans raison, juste car il était là. Mon bras retomba, de nouveau avant que je ne me mette à rire sans vraiment savoir pourquoi, « J’aurais du te dire que j’aimais bien les paillettes ? Qui n’aime pas les paillettes ? », soufflais-je avant que mon rire ne disparaisse. Le néant me reprenant un peu plus à mesure que je fixais mon plafond. Je ne realisais même pas que je venais de fermer les yeux. Je ne réalisais même pas combien il était difficile de rester conscient. Mais le néant était… Parfait.            

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Posté le Mar 21 Aoû - 16:44
La surprise se fit plus grande encore quand Yerathel sentit le bras du pianiste glisser autour de son cou et il s’éloigna brusquement pour mieux voir le jeune homme, bien vivant près de lui. Ça n’avait aucun sens. Et les premiers mots que l’homme parvint à prononcer n’en avaient pas plus. Des paillettes ? Inconsciemment, Yerathel passa une main sur son propre visage avant d’observer ses doigts, mais en dehors des larmes et de son eyeliner, il n’y avait rien sur ses doigts qui explique cette question sortie de nul part. Décontenancé, il observa Thomas essayer de remuer et bouger plusieurs fois avant de sembler trouver une place un peu plus confortable sur le canapé. Tout du long, Yerathel se contenta de le fixer intensément et de garder les bras tendus vers lui pour le rattraper avant qu’il ne tombe si une telle chose devait arriver. Par miracle ou par chance, un tel incident ne se produisit pas et malgré la stupeur qu’il ressentait actuellement, l’occultiste parvint même à étirer un très léger sourire empli de tendresse quand le jeune homme lui demanda s’il était mort. Il essuya de nouveau ses joues et renifla de la manière la plus élégante possible. “Je ne crois pas.” souffla-t-il en s’asseyant près du jeune homme, absolument incapable de se détacher de lui plus d’une seconde.

Son sourire resta quelques instants, alors que Thomas effleurait sa joue du bout des doigts, mais il restait léger et trop peu naturel. Quelque chose d’étrange était en train de se passer. Le musicien semblait totalement ailleurs et il ne comprenait pas comment c’était possible, si sa tentative de l’apaiser avait quoique ce soit à voir là-dedans ou si la soif de sang avait simplement eu raison de la santé mentale de Thomas… Cette dernière possibilité devint plus crédible encore quand le jeune homme revint à la charge avec ses histoires de paillettes, arrachant un rire étouffé de sanglots à Yerathel. “Est-ce que le manque de sang te fait halluciner ?” s’enquit-il sans parvenir à retrouver pleinement son sérieux. C’était pourtant très inquiétant, à ses yeux du moins et il se permit timidement de caresser une fois de plus le visage du jeune homme comme pour s’assurer qu’il était bien là, bien réel. “Sérieusement, il y a quelque chose d’anormal…” murmura-t-il plus pour lui que pour son interlocuteur probablement trop plongé dans ses délires pour suivre la conversation de toute façon. “Thomas, regarde-moi.” exigea-t-il en tirant légèrement sur le col du t-shirt du jeune homme pour attirer son attention. Il tira peut-être un peu plus fort que prévu car la distance devint beaucoup trop légère entre eux, tout à coup et il eut à lutter pour rester concentré. "Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te sentir comme ça ?” s’enquit-il. Il ne voyait pas d’autre explication après tout et celle-ci ne l’enchantait même pas tellement, même si au moins, Thomas ne semblait plus tellement souffrir.

“Depuis combien de temps tu n’as pas bu de sang ?” demanda-t-il à voix basse, toute trace d’amusement définitivement disparue et remplacée par une sincère préoccupation. “Tu n’as pas le droit de me faire ça, Thomas. Tu dois prendre soin de toi et tout faire pour rester en vie. J'ai besoin de toi, moi aussi.” Il avait promis d’être là jusqu’à la fin, de soutenir le pianiste aussi longtemps que cette malédiction le garderait en vie, mais il n’avait jamais exigé la même promesse en retour et pourtant… Il n’en avait pas eu besoin, tant ça lui semblait évident. Quand bien même l’amour n’était pas encore là, il s’était rapidement fait à l’idée qu’il ne serait plus jamais seul et il s’était trompé visiblement. Ça avait quelque chose d'un peu rageant et de profondément blessant, de constater avec autant de réalité que l'homme n'avait peut-être aucune envie de passer le reste de l'existence à ses côtés. Qu'il ne veuille pas vivre juste pour Yerathel. L'occultiste s'empressa de chasser cette pensée aussi loin que possible. Il était injuste et il n'avait pas droit de penser comme ça.

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Posté le Mar 21 Aoû - 17:29
Il ne croyait pas quoi ? J’avais déjà oublié, en fait je ne voyais plus que des paillettes et pour lui, c’était le sang qui me faisait halluciner ? Je n’hallucinais pas, non, le monde était comme ça… Ouvrant les yeux en sentant une nouvelle fois sa main sur mon visage, je souris à son geste, du moins avant qu’il ne dise qu’il y avait quelque chose d’anormal et qu’il ne m’attire brusquement à lui pour me demander de le regarder. J’étais pas allonger sur le dossier de ce canapé il y a dix secondes ? Pourquoi il paniqué lui ? Pourquoi il me posait autant de question là ? Je savais même pas vraiment depuis combien de temps je n’avais pas bu de sang, j’avais pas mal en fait, et c’est lui qui paniquait, il n’y avait rien de grave clairement. Glissant mes mains sur son visage, je finis par poser mes pouces sur ses lèvres pour le faire se taire. Je ne comprenais pas son urgence en cet instant, il n’y avait pas mort d’homme, tout allait bien, personne n’allait mourir, il l’avait dit non ? Et puis le monde ne serait pas aussi brillant si j’étais mort, « Tais-toi, tais-toi, tais-toi… », soufflais-je avant d’écarter mes pouces pour l’embrasser, le vrai problème c’était qu’il était loin de moi en cet instant, pas le sang. D’ailleurs j’avais plus faim, c’était parce que je n’allais plus mourir, c’était évident non ?!

Lui rendant son souffle, je grimpais difficilement sur lui, gardant un équilibre précaire jusqu’à ce que je sois définitivement assis sur lui, « Je sais plus et je suis en vie ! Sinon je serais sur une licorne présentement… Et là je suis sur le mec le plus sexy de l’univers, c’est clairement un signe de bonne santé non ? », murmurais-je avant que mon attention soit détourné par ses colliers, par cette bague que je sentais au bout de ses doigts, par tout ce qui pouvait briller sur lui. Et je me mis un peu à jouer avec, lui retirant un bague avant de la passer et d’en faire de même pour tout ce qu’il avait sur les doigts avant de reporter mon attention sur ce collier six fois trop grand pour lui. Le soulevant, je me glissais dedans, laissant la chaine retomber dans mon dos pour finalement reporter mon attention sur lui. Mes doigts glissèrent à nouveau sur son visage, essuyant un peu plus les traces de ses larmes, me faisant même me demander pourquoi il pleurait. « T’es trop beau pour pleurer sans raison… », soufflais-je contre ses lèvres avant de reprendre, « T’as des paillettes sur toi ? Y’en faudrait plus, partout sur toi. », me penchant légèrement en avant, j’embrassais ses lèvres, mes mains se plongeant dans ses cheveux pour s’y perdre, pour s’y noyer.

L’embrasser faisait vibrer un autre vieux souvenir enfuit, il me rappelait à son bon souvenir de nombreuses choses qui demeurait pourtant flou, de nombreuses choses que je voulais prolonger et qui pourtant fut mit à mal par un simple problème d’oxygène. Pourquoi je ne pouvais pas passer des heures à l’embrasser sans mourir, sérieusement ? « Je serais toujours là ! Je suis dans le collier magique de toute façon, du coup t’es à moi maintenant et pour toujours… », on ne brisait pas ce qui était dans un collier aussi grand non ? Ça sevrait à ça de toute façon, je voyais que ça. Oui, un collier magique, il était magicien après tout, ça prenait tout son sens maintenant !

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Posté le Mar 21 Aoû - 19:29
C’était à peine perceptible, mais aussitôt que les doigts de Thomas se posèrent sur ses lèvres, Yerathel se tendit complètement et il n’eut pas besoin qu’on le lui demande pour se taire et lever ses yeux toujours grands ouverts sur le jeune homme. Il aurait menti s’il avait dit que cette réaction n’était pas absolument dévastatrice pour ses angoisses. Ils étaient si proches, tout à coup et Thomas le regardait d’une façon totalement… différente. Sans filtre, sans retenue, sans peur. Il n’arrivait pas totalement à conserver son sérieux, un sourire faisait même trembler ses lèvres et il n’essaya pas d’échapper au baiser que Thomas lui imposa finalement. Une chaleur tout aussi angoissante s’installa doucement, recouvrant peu à peu l’autre forme d’inquiétude qui continuait de l’envelopper. Il avait de plus en plus de mal à faire le tri dans tout ce qui se passait dans son crâne en ce moment, à vrai dire. Mais il y avait définitivement un problème et il essayait de s’accrocher de toutes ses forces à cette certitude pour ne pas lâcher prise. Thomas n’était pas dans son état normal, clairement et ça avait été trop soudain pour que ce soit naturel. Mais d’où venait ce changement ?

Sa tentative, désespérée, de répondre à cette question lui-même fut perturbée par Thomas qui se hissa tant bien que mal sur ses genoux et sortit une autre bêtise plus grosse que lui. En d’autres circonstances, nul doute que Yerathel se serait senti flatté et qu’il aurait répondu à la fois par un rire et par une remarque pleine d’intelligence et de moquerie. Pour l’heure, il se contenta d’un léger froncement de sourcils et de secouer la tête et se lança dans une intense observation du jeune homme installé dans ses bras et aussitôt occupé à jouer avec ses mains sans plus se soucier de ce qu’il venait de dire. Il était vivant, oui et c’était une excellente nouvelle, vraiment, mais pourquoi ? Il lui fallut un moment, honteusement long à vrai dire, pour réaliser qu’il ne pensait plus du tout à cette question alors que le pianiste essuyait de nouveau son visage, lâchant une autre remarque absolument improbable. Il cligna des yeux plusieurs fois quand il fut de nouveau question de paillettes, reprenant un peu trop soudainement le pas avec la réalité. “Je n’ai pas de p…” La fin de sa phrase mourut sous un nouveau baiser, emportant au passage le reste de ses préoccupations. À quoi bon lutter, après tout ? Il cessa donc et passa ses bras autour de la taille de Thomas, répondant à ses lèvres avec enfin un peu plus de volonté, jusqu’à perdre complètement son souffle et la moindre de ses inquiétudes. Il se laissa envahir pleinement par les émotions de Thomas, pleines de désinvolture et de joie. Elles étaient nouvelles, complètement différentes de ce qu’il connaissait de lui habituellement et pourtant, elles conservaient cette impression de familiarité qu’il avait fini par associer au pianiste.

Ils furent, hélas, forcés de se séparer pour respirer de nouveau. Mais quand Thomas reprit la parole cette fois, Yerathel n’eut pas besoin de se forcer pour rire de bon coeur. “Le collier magique ?” demanda-t-il en baissant vaguement les yeux sur la chaîne qui les entourait tous les deux. Il glissa ses doigts sur le métal et resta pensif un instant. À lui, pour toujours. Ces mots continuaient de danser dans son esprit et faisaient brûler un peu plus fort le brasier qui s’était allumé dans son corps. Il ne s’était pas senti comme ça depuis si longtemps que le sentiment lui semblait presque étranger et complètement nouveau et qu’il n’arrivait même pas à mettre un mot dessus. C’était à la fois plaisant et vertigineux, apaisant et profondément effrayant. C’était aussi lointain que familier, aussi rassurant que douloureux, c’était une esquisse aux contours flous, un souvenir qu’il n’avait jamais eu. Une écrasante vague de chaleur porteuse de promesses qui lui échappait aussitôt qu’elle avait caressé sa peau. Il commença à se sentir un peu trop étrange, un peu trop paniqué. C’était aussi et surtout irréel, le fruit de la drogue sortie de nul part qui coulait actuellement dans le sang de Thomas et qui finirait certainement par se dissiper et par tout lui prendre. Et il refusait d’y renoncer avant d’y avoir goûté réellement, alors après un silence trop long, trop lourd, Yerathel s’empara de nouveau des lèvres du jeune homme, persuadé sans savoir comment qu’un baiser lui donnerait encore un peu plus de temps. Et ce fut effectivement le cas. Encore un instant, alors que sa respiration s’égarait et que son corps le suppliait de ne jamais plus s’éloigner de celui du pianiste, il put conserver un peu de ce bonheur factice et passager. Il se laissa porter au point qu’il se retrouva bientôt allongé au-dessus du jeune homme qu’il avait, d’une façon ou d’une autre, repoussé sur le canapé, leurs lèvres toujours engagés dans un combat infernal. Le souffle finit par lui manquer et il n’eut d’autre choix que de s’éloigner, laissant la panique l’envahir aussitôt que le baiser prit fin. “On devrait te trouver du sang. Rapidement.” souffla-t-il sans s’éloigner pour autant, les yeux fixés sur l’homme pressé sous son corps, le souffle court, la peau brûlante. Aussi durement qu’il avait rêvé de retenir cette sensation, il ne rêvait désormais plus que de s’en débarrasser au plus vite.

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Posté le Mar 21 Aoû - 20:38
Je répondis à son baiser sans me faire prier, glissant de nouveau mes mains sur son visage pour le garder contre moi. J’avais bien sentit qu’il bougeait, mais retrouver le canapé sous mon dos me fit étrange, quoi que cela me donna une raison de plus de le garder contre moi alors même que mes jambes se repliaient sur lui pour le garder contre moi. Le collier magique faisait vraiment bien son travaille, Nolen était entièrement à moi, il ne pouvait plus m’échapper et on allait pouvoir continuer comme ça. Du moins c’était le plan jusqu’à ce qu’il ne s’éloigne légèrement pour souffler qu’on devait me trouver du sang rapidement. Pourquoi rapidement ? « Pourquoi ? », soufflais-je presque aussitôt que mes mains retrouvaient sa nuque. « Le collier nous protégera de tout ! », murmurais-je contre ses lèvres avant de les faire prisonnières des miennes, avant que le souffle ne me soit si brutalement ôté après seulement quelques minutes à l’embrasser. C’était drôle, enfin drôle, c’était comme plongé dans l’eau sous plein de lumière, c’était cool, beaucoup trop, mais Nolen était bougon au possible, il semblait beaucoup trop sérieux.

Glissant un doigt sur ses lèvres je l’empêchais de répondre alors que je soufflais, « J’ai pas envie de sang ! Sinon j’aurais juste eu a te croquer, mais là nooooon ! Nada ! J’ai pas faim ! », et genre c’était assez miraculeux pour le dire non ? « Et puis j’ai poignardé une poche de sang pour nourrir les crocodiles dans les égouts ! T’es pas assez altruiste parfois ! », et j’avais pas non plus envie de me lever pour aller chercher quoi que ce soit dans mon frigo alors que de toute évidence, on était bien là. C’était lui qui jouait aux rabats-joies, pas moi, alors il allait devoir faire un effort, car c’était pas tout les jours qu’on pouvait être aussi loin de tout. Genre, on était sur un nuage et y’avait rien pour nous retenir sur terre. Il fallait en profiter.

Tirant légèrement sur le collier avec mon bras fraichement libéré, je repris, « Et on est dans le collier magique, hors jusqu’au frigo ça va être grave relou, alors si on partait du principe que passer l’éternité à s’embrasser s’était plus cool que tout le reste des trucs cool à faire sur terre ? », car il n’y avait pas d’autre truc mieux que ça, et là encore, j’étais pas sur de parlait parfaitement anglais, mais l’idée était là. Pourquoi vouloir partir quand on avait déjà tout ce qu’il fallait ici ? Et puis l’ambiance était parfaite, enfin si on excluait le fait qu’il fasse la tête sans raison. J’étais bien, même si je n’étais pas très certain de la moitié de ce qui se passait autour de moi, je restais bien, je l’avais dans mes bras, on s’embrassait et mon appartement n’avait jamais été aussi vivant. « Alors détends toi ! Regarde c’est trop cool… », déclarais-je dans un sourire avant de lever légèrement la tête pour frôler ses lèvres et y murmurer, « Y’a pas de mal à se détendre dans les bras de la seule personne comptera jamais non ? », oups, ça dépassait juste un peu mes pensées, mais après c’était vrai, genre, j’avais signé pour passer ma vie, et il comptait, un peu beaucoup même, alors autant être honnête, quitte à se détendre dans les bras de quelqu’un c’était bien dans les siens non ? Il était clairement mon futur, et j’étais détendu là, content, sans doute euphorique, clairement sans raison, mais je m’en fichais, on était dans le collier magique.

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Posté le Mer 22 Aoû - 11:22
C’était sincèrement compliqué de rester déprimé et bougon quand on avait un Thomas complètement à l’ouest dans les bras. Un nouveau rire, un peu plus triste, échappa à l’occultiste aussitôt que le jeune homme lui fit remarquer qu’ils disposaient toujours de la protection à toute épreuve du collier magique. Il aurait tellement voulu que ce soit vrai et aussi simple que ça. Il aurait voulu, aussi, avoir la possibilité d’opposer des arguments cohérents au jeune homme pour le raisonner, mais Thomas l’empêcha de parler en posant un doigt sur ses lèvres et continua sagement à raconter n’importe quoi. Le sourire de l’occultiste gagna en éclat peu à peu devant toutes ces idioties Peu à peu, c’était lui aussi qui se laissait convaincre par les arguments sans aucun sens du pianiste, incapable de résister réellement à la bonne humeur qui se dégageait de chaque cellule de son corps. Yerathel aurait parfaitement pu succomber complètement et ne plus jamais vouloir sortir de ce foutu collier magique, vraiment. Du moins, il en était persuadé jusqu’à ce que Thomas ne conclut, tellement sûr de lui, qu’il n’y avait rien de mal à se détendre dans les bras de la seule personne qui compterait jamais. Là, son coeur s'arrêta de battre encore une fois. Ça commençait à devenir vraiment douloureux, à force. Son sourire se crispa et son regard gagna en sérieux si rapidement que c’en était presque irréel.

Il resta comme ça, presque déconnecté, un peu trop longtemps. “Faut vraiment que tu arrêtes de me dire des trucs comme ça.” se plaignit-il finalement. Son regard se posa brièvement sur la chaîne qui les gardait toujours prisonniers l’un de l’autre, avant de revenir sur Thomas et de le jauger sérieusement. Deux choses étaient parfaitement certaines à cet instant. La première : le musicien était totalement défoncé qu’importe la raison pour laquelle il se retrouvait dans cet état et non seulement il ne faisait plus du tout attention à ce qu’il disait, mais les chances qu’il ne se souvienne de rien de tout ça dans quelques heures étaient fortes. La seconde : ça finirait forcément par passer et le retour à la réalité serait forcément douloureuse. Au moins pour Yerathel, sans doute pour eux deux. Et malgré tout, à cet instant, l’occultiste n’en avait presque plus rien à faire. Pourquoi ne pas essayer de tirer parti de cette situation, après tout ? Il faudrait s’inquiéter de comprendre ce qui s’était passé et sans doute se débrouiller pour que ça ne se reproduise plus jamais. Mais pour le moment, il ne savait pas d’où ça venait et encore moins comment réparer les choses, alors… Quitte à devoir attendre que ça passe, autant le faire en profitant un peu du moment, en effet.

“Tu te rends bien compte qu’on va devoir sortir de ce collier magique un jour ou l’autre, n’est-ce pas ? Et que tout ce que tu dis en ce moment, moi je m’en souviendrais très bien ?” lâcha-t-il, sa voix prenant enfin un ton plus amusé que crispé. “Ce serait vraiment regrettable si tu m’obligeais à tomber irrémédiablement amoureux de toi pour te réveiller tout à coup avec ton habituelle tête de mule et plus le moindre souvenir de ce que tu m’as fait.” Il souriait, il faisait l’effort de paraître léger et joyeux et allait même jusqu’à s’imprégner de la bonne humeur de Thomas pour que ça semble un peu plus naturel, que ça le soit. Mais il y avait toujours une petite pointe de sérieux, dans sa voix autant que dans ses mots. Il suffisait juste de l’ignorer. De laisser les conséquences désastreuses de ce petit moment être un problème pour le Yerathel du futur. Et il n’avait franchement aucune envie d’être ce pauvre type. “Tu crois vraiment qu’il y a des crocodiles dans les égouts ?” s’enquit-il dans une dernière tentative d’oublier tout ce qui soit plus sérieux que ça.

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Posté le Mer 22 Aoû - 12:11
Il souriait et c'était beaucoup trop agréable pour ne pas en profiter. Levant toutefois les yeux aux ciels lorsqu'il me demanda d'arrêter de dire des vérités comme ça, je soupirais avant de glisser mes bras sur sa nuque, si il voulait m'empêcher de profiter du moment, je n'allais pas me faire prier pour l'embêter. Quant à sortir du collier magique ? C'était hors de question. Tout comme je me souviendrais aussi parfaitement de tout, je ne voyais pas pourquoi il en doutait. Souriant malgré moi quand il parla de tomber amoureux de moi, j'eus presque du mal à entendre la suite. Ou à l'écouter, je ne savais pas vraiment. Dans tout les cas, il n'était pas question d'oublier quoi que ce soit en cet instant, « On est pas obligé de sortir... », soufflais-je de nouveau contre ses lèvres, « Et pourquoi j'oublierais ?! Je suis pas bourré ! » argumentais-je avant que mon nez ne caresse le sien, « Et je t'oblige à rien, mais pouvoir souffles trois petit mots à la même personne pour le reste de notre existence c'est sans doute le meilleur avantage à être immortel non ? » demandais-je juste avant qu'il ne me demande si je croyais qu'il y avait vraiment des crocodiles dans les égouts... Levant de nouveau les yeux vers le ciel, je soupirais, un peu agaçait, « La lumière danse et les couleurs font de la musique, genre mon appartement il est parfait pour une ambiance ou je peux te draguer et toi tu me parles de crocodile ?! », genre pourquoi il avait les crocodiles en tête ? Oh... J'avais parlé de crocodile... Ouais enfin l'idée était pas là, il était là, entre mes cuisses ce qui déjà était miraculeux et il me parlait d'autres trucs !

Me redressant suffisamment pour l'asseoir, ou m'asseoir, je ne savais plus trop, je me débattais dans mon t-shirt pour finir par le retirer, m'étranglant à moitié au passage avant de pouvoir le jeter au loin tandis que je glissais de nouveau mes bras autour de son cou pour retrouver le canapé, pour m'y allonger à nouveau avant de l'embrasser. Je n'avais pas pu le faire depuis genre au moins cinq minutes, et c'était déjà trop, beaucoup trop même. Et comme à chaque fois, il fallut que je le libère par manque d'oxygène dans le sang, mais loin de me laisser abattre, je soufflais contre ses lèvres, « Penses papillon dans le ventre, souffle coupé, coeur qui s'emballe... », lui décrire ce que je pouvais ressentir parfois quand on s'embrasser n'était pas une bonne idée, mais en même temps c'était clairement le signe que quelque chose changeait non ? Et c'était bien, ca prouvait que l'on passerait l'éternité heureux, comme maintenant.

Riant légèrement à cette pensée je le lâchais, mes bras tombant sur le canapé alors que la fatigue se faisait de nouveau sentir, comme si mon corps ne voulait pas coopérer. « Tu imagines... ? Te réveiller tout les jours jusqu'à la fin de cet univers au près de la même personne ? Connaitre parfaitement le rythme des battements de son cœur, savoir en un regard tout ce qu'on pourrait se prouver en une vie... Ça serait comme vivre des milliers de vies, comme vivre milles aventures avec le même homme... Comme redécouvrir à l'infinie la définition même de l'amour... De quoi faire passer Roméo et Juliette pour deux imbéciles, Tristan et Yseult pour de simples enfants et Pénélope et Ulysse pour des petits joueurs... », vivre ce que de nombreuses personnes avaient écrit sans jamais réussir à en saisir l'essence. « Ca serait tellement parfait... », murmurais-je de nouveau amoureux de cette vision idyllique de la vie. Baissant de nouveau les yeux sur lui, je souris bêtement sans doute alors que le bout de mes doigts glissait sur ses joues, « C'est pas beaucoup plus inspirant comme discussion ? », et ça me faisait rire surtout, c'était pas vraiment drôle, mais j'avais le droit d'être heureux non ? Surtout que les couleurs se transformaient en jolies aquarelles qui attiraient déjà mon attention. Je savais définitivement pas que mon appartement était aussi stylé, mais j'aimais beaucoup trop y vivre en cet instant.      

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Posté le Mer 22 Aoû - 17:30
“C’est toi qui as parlé de crocodiles le premier !” De tout ce que Thomas venait de dire au cours des trois dernières minutes, chaque petit mot ridicule, chaque petite pensée désespérément romantique qu’il venait de partager… Yerathel décida de se défendre contre celle-là et de repousser aussi loin que possible tout le reste. Il n’avait aucune envie de penser à l’infime possibilité qu’il ait effectivement trouvé quelqu’un avec qui il pourrait passer le reste de sa vie. Non, quelqu’un qu’il pourrait aimer pour le reste de sa vie. C’était pourtant exactement ce dont il rêvait depuis de nombreuses années, depuis toujours peut-être et rien au monde ne l’aurait rendu plus heureux que de voir ce souhait se réaliser enfin. Mais si ça avait été le cas, il l’aurait su, non ? Il ne pouvait pas avoir rencontré son âme-sœur et ne le découvrir que des années plus tard, après n’avoir rien ressenti pour cet homme pendant si longtemps. C’eût été tellement ridicule, tellement cruel aussi. Dans les rares - du moins officiellement - moments où l’occultiste s’autorisait à penser librement à cette promesse qu’il rencontrerait un jour la personne idéale pour lui, il imaginait toujours quelque chose de grandiose et de transcendant, un genre de coup de foudre en plus intense encore. Quelque chose qui soit à la hauteur d’un amour éternel, tout simplement. Alors il finirait peut-être par aimer Thomas sincèrement et de tout son cœur, il passerait peut-être même le reste de son existence avec l’homme à ses côtés et dans sa vie, mais il n’y avait aucune chance que ce soit la fin pour lui, aucune chance que Thomas soit son âme-sœur. Et pourtant, il aurait tellement voulu que ce soit le cas. En ce moment plus que jamais, à vrai dire, alors que le musicien parvenait à le faire rire si aisément et sans que ça ne soit feint même un tout petit peu, alors qu’il ressentait enfin quelque chose après des décennies entières à s’enliser doucement dans l’indifférence.

Il l’aurait voulu, mais ça n’était pas le cas et c’était désespérément frustrant. D’autant plus que Thomas restait imperturbable et complètement indifférent à la profonde tristesse qu’il provoquait. Il était tellement ailleurs, tellement inconscient, qu’il alla même jusqu’à retirer son t-shirt et continua, inlassablement, à l’embrasser et à lui parler. Et s’il s’était contenté de parler, encore… Ils auraient pu avoir un long débat sur la réelle efficacité de ce collier supposément magique ou bien sur cette histoire de couleurs faisant de la musique, mais non. Thomas insistait encore et encore, pour parler d’amour et d’éternité. Ce fut au tour de Yerathel de s’éloigner quand le jeune homme accepta enfin de se taire. Il se redressa, se dégagea du collier magique et s’installa simplement sur ses chevilles, restant sur le canapé et même auprès de Thomas d’une certaine façon, mais loin de ses lèvres, loin de ses promesses qu’il ne tiendrait jamais. “Tu sais ce que je pense de tout ça.” souffla-t-il en s’efforçant de conserver l’air le plus affable et nonchalant qu’il puisse présenter, désignant le vide devant lui d’un geste du poignet presque dédaigneux. “J’ai vécu plus de deux mille ans à attendre de vivre ce genre de relation.” admit-il sur le même ton. “Mais toi…”

Il força un sourire un peu plus moqueur qui lui fit presque mal. Toute cette conversation était douloureuse à ses yeux et ça l’était d’autant plus de devoir regarder Thomas droit dans les yeux et prétendre que chaque cellule de son corps ne mourait pas d’envie de se jeter à corps perdu dans ce rêve. “Tu penses sérieusement que tu tiendrais le reste de ta vie avec la même personne ?” demanda-t-il avec humour, prenant l’air de ne pas y croire lui-même. “Faire l’amour avec la même personne pour les dix ou vingt siècles à venir ? Et me connaissant, ça risque de se produire une fois par siècle si tu as de la chance…” Il lâcha un rire presque crédible et enchaîna comme s’il n’était pas en train de mourir à l’intérieur. “Et puis, je ne veux pas t’alarmer, mais du peu d’expérience que j’ai en amour, c’est le genre de sentiment qui a davantage tendance à s’éteindre au fil du temps qu’à se renouveler sans arrêt… Ne te méprends pas, j’adore cette version de toi si désespérément romantique, ça me met dans tous mes états, pour être totalement honnête... mais tu ne devrais pas me faire de promesses que tu n’es pas sûr de pouvoir tenir, c’est cruel et je n’ai jamais été que bonté avec toi ! Je ne mérite certainement pas que tu me brises le cœur.” Il posa une main sur ledit cœur et lâcha un soupir exagérément désespéré. Et malgré toute la théâtralité de ce geste, c’était peut-être le plus sincère qu’il ait été de toute cette conversation. Il retrouva rapidement son air sérieux après ça et son regard se perdit quelques secondes dans les yeux de Thomas. Il sentait définitivement quelque chose. Les papillons dans le ventre, le souffle court et le cœur affolé. Peut-être que ça n’était pas le grand amour de sa vie, celui promis par sa race, mais… “Tu crois vraiment que c’est possible, tout ça ?” demanda-t-il à voix basse. “Pour toi et moi ?” Après tout, le jeune homme était totalement ailleurs et il pouvait prétendre le contraire autant qu’il le voulait, Yerathel continuait de croire qu’il ne se souviendrait de rien de tout ça. Ou du moins, maintenant qu’il venait de poser cette question, d’offrir un minuscule aperçu sous la carapace, il espérait que Thomas oublierait tout.

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Posté le Mer 22 Aoû - 19:42
Il avait quitté le collier magique, il était partie ? Pourquoi ? N'arrivant pas vraiment à me relever, je fus obligé de l'entendre parler, me demander si je pourrais vivre avec la même personne, faire l'amour encore et toujours à la même créature pour les dix ou vingts prochain siècle, il avait quoi à pourir l'ambiance lui ? On était bien avant qu'il ne parle de ses pseudo plans de chasteté. Je ne comprenais pas, réellement, mais lorsqu'il me dépeint la vie, sa vision de l'amour... Il était chiant à crever ou c'était moi ? Soupirant lorsqu'il finit enfin son monologue, je n'eus même pas vraiment l'occasion de parler que déjà il reprenait, me demandant si je croyais ça possible, lui et moi. Je n'étais pas du genre à y croire, mais depuis qu'il était là, depuis que je savais pour lui, je me rêvais à croire tout cela possible, je me rêvais à penser que je n'aurais plus qu'une seule et unique muse pour le reste de l'éternité. Et ok je me sentais clairement étrange, mais la passion qui me dévorait de l'intérieur à chaque contact n'était rien d'autre que le symptôme d'une maladie bien plus grave, l'amour. Et si quelque part, ce n'était pas aussi évident, je n'étais personne pour juger de la véracité d'un espoir, même futile. « Si une histoire était écrite dès son commencement, connaitre la fin ne serait pas sans intérêt ? », murmurais-je en essayant de me mettre debout, en vain, je sus seulement m'asseoir à nouveau. Il était d'un pessimisme dans ses mots, « Et le sexe c'est qu'une possibilité parmi tant d'autre de ne faire qu'un avec une personne... », ajoutais-je en posant enfin les pieds sur le sol. Je tanguais, très certainement, mais cela ne m'empêcha pas de m'accrocher à son col pour me mettre en marche jusqu'au piano que je savais non loin.

Et après avoir manqué de m'écrouler une bonne dizaine de fois, je finis enfin par y rentrer, retrouvant ma place sur le tabouret devant l'instrument avant de relever les yeux pour lui dire, un sourire bien trop stupide au visage, « Si j'y crois pas... Qui va y croire pour moi ? Car c'est pas toi qui semble vouloir y mettre du tien... ». Posant finalement mes mains sur les touches, je me mis à jouer avec une liberté que je n'avais jamais vraiment connu. Jouer pour lui, composer à l'instinct quelque chose qui ne lui ferait écho qu'à lui, qu'à moi. Juste jouer pour lui, ne m'arrêtant pas à ce qu'il faudrait réellement être. Il avait quitté le collier magique, tout pouvait arriver à présent, il pouvait se faire kidnapper par des tortues ninja ou se téléporter au Mordor. Tout était vraiment possible. Alors il fallait que je le protège avec mes notes, que je lui fasse la seule déclaration que je ne pourrais jamais lui faire.

Les minutes s'enchainèrent sans que je ne le remarque vraiment, mais au bout de ce qui aurait put-être une éternité comme un battement de cil, j'eus une sorte de spasme, une simple fausse note venant d'un tremblant incontrôlé de ma main. Il ne me fallut pas plus pour m'arrêter, pour regarder ma main et chercher à comprendre. J'étais fatigué ? Oui, très clairement, mais pourquoi j'avais mal à la main ? Je restais là à l'observer durant de longues seconde jusqu'à ce que qu'une brulure imparfaite ne remonte dans ma colonne pour faire écho à quelque chose de bien moins inconnu. Je savais, je savais avant même que cet incendie se répandent dans mes veines que quelques chose n'allait pas. Mes doigts, étrangement couvert de bague, Nolen, son visage qui n'avait plus rien de lumineux et brillant, le monde extérieur perdant peu à peu de sa lumière... Un tremblement plus fort me força à me mettre debout alors que cet instant de pure bonheur, cette unique pause dans mon existence, éclata en mille morceau. Faisant une pas de côté, je me retenais sur le mur, mon visage perdant toute couleur alors que je le longeais. J'étais désolé Anya, sincèrement... Mais ça allait revenir, ça allait revenir… Et cette simple idée suffit à me faire paniquer, à faire naitre des larmes au coin de mes yeux, à me faire avancer fébrilement, sortant de cette pièce, quittant cet espace étouffant pour remonter jusqu’à ma cuisine.

Comme une douce obsession, l’unique ritournelle de ma vie se mit à tourner à nouveau dans mon esprit. Toute trace de joie de bonheur s’effaçant lentement, oubliant jusqu’à comment je m’étais retrouvé ainsi. Un spasme douloureux me prit et je rejoins le sol à à peine quelques mètres du réfrigérateur, incapable d’aller plus loin alors qu’un cri prenait naissance au plus profond de mes entrailles, alors qu’une douleur sourde et inflexible me paralysé pour de bon. Comment pouvais-je avoir retrouver tout ça avec autant de violence, pourquoi les fragments même de ma mémoires disparaissait sous le souvenir à présent amère d’un rire. Comment pouvais-je être ici alors que j’aurais juré que Nolen était dans l’appartement. Je l’avais tué ? C’était ça ? Je lui avais fait du mal ? Non… Je n’avais pas le droit…

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Posté le Jeu 23 Aoû - 12:44
Un trop long moment, l’occultiste retint son souffle, pendu aux lèvres de l’homme à qui il faisait face et priant silencieusement pour qu’il trouve une autre de ces réponses ridiculement romantiques à lui balancer. Il sut bien avant que Thomas n’ouvre la bouche qu’il serait profondément déçu, juste à sentir sa joie de vivre s’éteindre rapidement. Et sur ce point-là, il n’y eut aucune déception. La réponse du jeune homme lui fit baisser les yeux, un sourire triste s’imprimant sur ses lèvres et il laissa le pianiste s’éloigner en balançant des grandes certitudes tout à coup amputées de tout espoir. Il venait de gagner à son propre jeu, ça aurait dû être un peu satisfaisant, non ? Il regarda Thomas tituber jusqu’à son piano et s’autorisa enfin à respirer de nouveau, se laissant tomber mollement sur le canapé. Il s’allongea sur le dos, faisant face au piano. Il ferma pourtant les yeux aussitôt que la première note résonna dans le silence. Il se laissa porter par la musique et se permit, juste un instant, à croire autant pour Thomas que pour lui-même. Il ne sut pas vraiment à quel moment la musique s’arrêta, il avait seulement perdu conscience bien longtemps avant que ce ne soit le cas, finalement terrassé par une fatigue qui aurait eu de quoi le surprendre s’il en avait eu conscience.

Quand il rouvrit les yeux, tout était silencieux et la lumière avait sérieusement décliné, mais ce ne fut pas ce qui le marqua en premier. Non, avant même de réaliser qu’il s’était endormi, ce qui attira son attention fut le retour de la peur et du désespoir, le retour de la douleur plus forte encore. Et avec elle, la panique qui lui appartenait entièrement et le poussa à se redresser d’un coup pour chercher Thomas, visible nul part. Il n’eut qu’à faire quelques pas et à suivre l’origine de ces émotions plus douloureuses les unes que les autres pour trouver le jeune homme assis sur le sol de la cuisine, de nouvelles larmes sur ses joues pâles et de nouvelles craintes dans ses yeux. Yerathel se précipita jusqu’à lui, criant son nom au passage sans parvenir à se retenir. Il tomba à genoux sur le sol à son tour et attrapa l’homme par les épaules, essayant stupidement d’attirer son attention. Mais il savait très bien ce qui se passait. Comme il l’avait deviné et craint en même temps, l’étrange apaisement avait fini par prendre fin. Il s’assura seulement que le jeune homme soit encore conscient avant de se relever précipitamment et de courir jusqu’au frigo qu’il ouvrit d’un geste brusque. Il fouilla dedans jusqu’à trouver la poche de sang dont Thomas lui avait parlé plus tôt et fila à l’évier, attrapant le couteau taché de sang qui y reposait encore pour ouvrir la poche.

Il lâcha tout simplement le couteau lorsque ce fut fait, entendant vaguement l’objet rebondir dans l’évier. Il était déjà de nouveau agenouillé devant Thomas et en train de coller la poche de sang sous son nez, une main sur son visage pour le maintenir redressé. “Bois, dépêche-toi.” ordonna-t-il, sa voix urgente et effrayée. Il ne savait même pas si ce serait suffisant. Il ne savait pas non plus s’il aurait la force de rester là à regarder Thomas boire du sang, l’idée était à la fois écœurante et effrayante, mais quel autre choix avait-il ? De sa main libre, il attrapa l’une de celles du jeune homme et la posa sur la poche pour l’inciter à la prendre, à faire ce qu’il avait à faire pour que la douleur cesse et décida de rester auprès de lui, pour la simple et bonne raison que l’idée de s’éloigner ne serait-ce qu’une seconde l’effrayait cent fois plus que tout le reste.

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Posté le Jeu 23 Aoû - 14:28
Il fallait que je me remette debout, vraiment et vite. Sinon je n’allais pas m’en sortir, je n’allais pas réussir. Je devais me remettre sur pied, mais j’en étais incapable pour le moment. Le douleur revenait avec force et j’en étais paralysé, complètement. J’entendis que très vaguement mon prénom être crier, et ce fut tout aussi vaguement que je me sentis bouger. J’étais pas seul, quelqu’un était là. Durant une seconde j’espérais que ce soit Nolen, mais il avait disparu brutalement non ? Je l’avais tué, comme je tuerais toutes les personnes à mon chevet. Rapidement, du moins il me semble, l’odeur du sang me frappa de plein fouet, en plein visage et sans que je n’en ai réellement eu le souvenir, ma main se referma sur une poche encore froide. Je ne devrais pas boire, pas si j’aimais ma soeur, mais je n’avais pas le choix. Je devais le faire ou j’allais mourir et ça… Me penchant légèrement en avant pour tenter de voir ce que j’avais dans les mains, je mis de longue seconde à deviner à travers les larmes l’ouverture de cette poche, mais une fois chose faite, mes lèvres s’y posèrent et ma main pressa la poche. Dès que la première goutte de sang toucha ma langue le plaisir explosa dans mes veines, la douleur s’étouffant d’elle-même alors que le flux se faisait de plus important, alors que le sang coulait dans ma gorge. L’incendie s’éteignit peu-à-peu, ma conscience reprenant le dessus alors que je vidais autant que je pouvais cette poche, alors que je comblais une faim éternelle.

La frustration me frappa de plein fouet lorsque la dernière doute glissa dans ma bouche, la faim n’était pas étanché et la douleur présente, encore, pas aussi vive que lorsque je me nourrissais, mais bien plus forte que lorsque je me nourrissais. Un long moment, je restais les yeux fermé, la tête contre le mur alors même que chaque goutte d’hémoglobine faisait son chemin dans mon corps, alors même que l’effet salvateur se faisait à présent sentir. Un moment de calme, à peine perceptible me traversa avant que mon cerveau ne se remette en marche, il y avait eut Nolen et Nolen… Ouvrant les yeux brutalement, je le vis lui, là, présent devant moi, bien vivant, mais effrayé, du moins pas aussi à l’aise qu’il ne l’était à son habitude. Une vague de soulagement me prit quand je compris qu’il était bien vivant, mais l’angoisse qu’il ne me juge me reprit rapidement. « Désolé. », soufflais-je la voix enroué alors que j’essuyais ce qu’il me semblait avoir était des larmes de mon visage. Baissant rapidement les yeux sur mes mains dont le poids me semblait plus important, je découvris des bagues, beaucoup, beaucoup trop de bague. J’avais l’impression d’avoir volé toutes celle que Nolen pouvait porter et un rapide regard sur mes mains nue me fit comprendre que cela s’était peut-être produit… « Qu’est-ce que… », murmurais-je en me désignant un peu plus, découvrant que j’étais torse nu et habillé d’un collier que j’aurais davantage vu sur l’Occultiste. Cherchant à me relever, je me sentis faible, comme si mon corps s’était tordu de douleur durant des heures et après un effort qui me sembla surhumain, je finis par me remettre sur mes pieds. J’avais une autre pochette de sang dans le frigo normalement et… Et bein non, elle était percé dans l’évier. Que s’était-il passé au juste ?

Déposant ce que j’avais dans les mains, je m’appuyais de nouveau contre un mur, bien trop épuisé par ce dont je ne savais me retenir pour réagir correctement sans doute. « Merci… Mais pourquoi tu es ici ? Et pourquoi je suis toi ? », demandais-je beaucoup trop éreinté pour m’arrêter à de l’humour. J’avais un vague souvenir de lui voulant me garder sur terre, comme un vague souvenir de lui contre moi, mais ça, ça ressemblait davantage à un fantasme. Il y avait trop de part d’ombre et la faim était encore trop présente pour que je sois pleinement capable de faire ou dire quoi que ce soit, même l’idée de retirer tout ce que j’avais de lui sur moi était terriblement épuisante.

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Posté le Ven 24 Aoû - 13:54
Après quelques secondes, le jeune homme se décida enfin à obéir et arracha presque la poche de sang des mains de Yerathel. Ce dernier détourna les yeux aussitôt qu’il fut certain que la poche était bien dans les mains du jeune homme. Il finit par fermer les paupières et attendit autant que possible, les poings serrés le long de son corps. Il n’était absolument pas à l’aise avec ce qui se passait en ce moment et même s’il savait parfaitement que Thomas avait besoin de ça pour survivre… Il n’était pas encore totalement prêt à affronter la situation de face. Il se concentra sur des pensées ridicules, loin de tout ce qui se passait actuellement dans cette cuisine, fermant son esprit pour repousser les émotions de Thomas, laissant seulement le minimum l’atteindre encore pour surveiller. Peu à peu, il sentait le jeune homme entrer dans un genre de transe dont il ne souhaitait pas même effleurer les bords, puis se calmer doucement. Ça n’était pas encore parfait, mais la douleur s’apaisait et il ne demandait rien d’autre à l’heure actuelle. Il se concentra sur sa propre respiration jusqu’à entendre la voix enrouée de Thomas résonner dans le silence. Yerathel ouvrit immédiatement les yeux et un sourire étira miraculeusement ses lèvres aussitôt qu’il croisa le regard du musicien. Rien de très éblouissant, loin de là, mais suffisant pour qu’il se sente un peu mieux. Il tendit une main devant lui, effleurant brièvement le genou du jeune homme et finit par la laisser retomber sur le carrelage de la cuisine.

Thomas commençait à réaliser doucement tout ce qui venait de se passer ici et visiblement, il avait oublié des choses bien avant d’être dans ce drôle d’état. “Tu m’as volé tous mes bijoux tout à l’heure, quand on était dans le salon.” souffla Yerathel, retenant encore son souffle malgré ses efforts pour sembler détendu. “Tu ne te souviens de rien ?” s’enquit-il, plus pour parler qu’autre chose. De toute évidence, la dernière heure avait complètement disparu de l’esprit du jeune homme et ça n’avait rien de très étonnant. Il l’avait prédit depuis le début. Un soupir lui échappa et il s’éloigna pour s’asseoir sur ses chevilles, adressant un regard inquiet à Thomas. “T’étais vraiment très mal en point quand je suis arrivé et tout à coup… tout s’est arrêté. On aurait dit que tu venais de t’enfiler une dose de LSD.” Il essaya de sourire sans y parvenir vraiment et abandonna donc rapidement cette idée ridicule. “Ça a duré un petit moment avant que la douleur ne revienne et, eh bien, tu connais la suite.”

C’était très bien, Yerathel se souvenait parfaitement - parfois douloureusement - de chaque seconde écoulée depuis l’instant où il avait choisi d’envoyer un message à Thomas. Mais ça n’expliquait toujours pas ce qu’il s’était passé après qu’il ait mis les pieds dans cet appartement. Et maintenant que le calme était revenu, peut-être était-il temps qu’ils s’inquiètent tous deux de comprendre ? “Est-ce que tu te sens mieux ? Tu as eu assez de sang ?” demanda-t-il pourtant avant d’oser aborder le moindre sujet plus sérieux. Il avait un peu de mal à croire qu’il soit en train de parler d’une telle chose d’un ton si calme. Mais il réalisait plus pleinement qu’il ne l’aurait voulu que la seule chose qui comptait à ses yeux actuellement était Thomas. “On peut t’en trouver plus, si tu veux. Il n’y avait rien d’autre dans ton frigo, mais… Il doit y avoir un moyen.” Hésitant, il finit pourtant par tendre de nouveau la main et la poser sur le genou du jeune homme, sans chercher à s’enfuir aussitôt, cette fois. “Je suis là pour toi, Thomas.” souffla-t-il doucement.

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Posté le Ven 24 Aoû - 15:15
Pourquoi je lui aurais volé ses bijoux au juste ? Et pourquoi je les aurais mit ? Je le regardais un peu perdu alors qu’il me demandait rapidement si je ne me souvenais de rien. C’était la partie la plus complexe, son hésitation à me toucher, sa retenu, il semblait bien plus en prise avec lui-même que je ne l’aurais voulu, j’en venais à craindre d’avoir fait une connerie vraiment impossible à cause de la douleur, « J’ai des impression, mais c’est… Ça à pas l’air réel. », répondis-je dans un murmure avant qu’il ne m’explique. J’avais été très mal en point quand il était arrivé, et j’avais fini par sombrer dans une sorte d’état second, comme si j’avais consommé du LSD. Ce n’était jamais arrivé. Jamais la douleur n’avait mué en autre chose qu’une violente agonie. Baissant les yeux à cette idée, je ne comprenais pas comment j’avais pu en arriver là, comment j’avais pu devenir aussi violent. Ce n’était pas cohérent. C’était anormale. Rien de semblable ne s’était jamais produit, rien de similaire, et pourtant, j’avais déjà poussé très loin lorsque mon corps avait prit connaissance de ce besoin. Je n’avais rien entendu de pareil non plus de la part de Grace. C’était donc… Différent.

Après un silence qui me sembla être une éternité, il me demanda si je me sentais mieux, si j’en avais eu assez. La cruauté de mon existence résidait dans le fait que je n’en aurais jamais assez. Répondant à la négative, je finis par poser une mais sur la sienne lorsqu’il osa enfin me toucher, juste pour être sur que cela soit réel. Juste pour être sur que je ne rêvais pas. Juste pour être sur qu’il ne partirait pas immédiatement. « Ça sera suffisant pour que je puisse aller en chercher sans que cela soit suspect. », murmurais-je pour ne pas l’impliquer plus qu’il ne l’était déjà dans cette part sombre de mon existence. Il n’avait pas besoin de s’exposer. Je savais ou en trouver et si l’envie de reboire était réelle pour mon corps, mon âme elle s’en serait bien passé. « C’est pas normal… », commençais-je à dire en parlant de ce qui avait bien pu se passer pour nous. Ce n’était en effet pas normal, il n’aurait jamais du me voir ainsi car il n’y avait aucune raison que je sois si… Déviant. Il n’y avait rien, en générale, qui puisse justifier ce qui s’était passé. J’étais en manque, j’avais l’air en manque et même en buvant du sang je n’avais pas l’air si enthousiaste. Ça n’allait pas. « La douleur devient pas agréable, ou comme ça, jamais, elle empire, elle poignarde, mais elle ne soulage pas d’une quelconque façon. », Il y avait eu un problème, et je ne savais pas quoi… Je savais simplement que c’était anormale.

Posant mes yeux sur nos mains, je réalisais que je n’étais pas encore le plus visible, ni le plus raccord au monde. « Il s’est passé quelque chose. », répétais-je avant de me mettre difficilement debout et de saisir sa main pour le remettre aussi sur pied. Je lui rendis alors son collier, glissant mes mains sur les siennes pour y remettre aléatoirement ses bagues avant de le libérer. Encore incertain, voir fébrile, je rejoins le canapé non loin duquel trônait mon t-shirt et cette promesse silencieuse d’actions ou de tentative pour le moins déplacé. M’abaissant pour le ramasser, je le repassais avant de m’asseoir encore dépité par tout ça, « Est-ce que j’ai essayé de … Enfin de coucher avec toi dans cet état ? Je sais que ça à pas l’air évident comme ça, vu le nombre de fois ou je te dis que tu loupe quelque chose à ne pas coucher avec moi, mais… », dérobant mon regard de lui, je reportais mon attention sur mes mains encore tremblantes, « Mais j’ai vraiment envie que si ça doit arriver, ça soit déjà spéciale entre nous, genre au de-là de la simple relation devant exister simplement car on aura l’éternité à passer l’un avec l’autre… Et j’ai pas envie qu’à la première occasion, j’essaie de te sauter dessus juste car je fantasme sur toi. », j’avais relevé les yeux, tentant un sourire pour dédramatiser la situation, chose impossible. Il venait de se passer quelque chose d’impossible et qui plus est… J’avais trouver intelligent de me mettre à moitié nu… Pourquoi je voulais tant lutter contre moi ?

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Posté le Dim 26 Aoû - 13:15
Trop rapidement, Thomas confirma ce que Yerathel craignait depuis un moment. Cette situation n’avait rien de normal et ne s’était jamais produite avant. Quelque chose s’était passé aujourd’hui et ça ne venait pas du pianiste et de ses pouvoirs, quels qu’ils soient. Alors quoi ? Tandis qu’il y réfléchissait sérieusement, le jeune homme se redressa et l’invita à en faire de même. Sans trop chercher à comprendre, Yerathel glissa sa main dans celle de Thomas et le laissa faire ce qu’il voulait. En quelques secondes, il avait récupéré tous ses bijoux et s’était laissé tomber sur le canapé, mais il ne savait toujours pas ce qui était arrivé. Il se repassait en boucle les quelques instants écoulés avant que Thomas ne perde complètement ses esprits. Le désespoir, la douleur et la panique. Quelque chose s’était passé, quelque chose qui avait tout changé et… Brusquement, l’homme fut extirpé de ses pensées alors que Thomas s’inquiétait de sa tenue et de la manière dont il s’était retrouvé ainsi affublé, ou plutôt presque nu. Yerathel ouvrit de grands yeux et pressa les doigts du jeune homme dans les siens. “Non, non, Thomas…” souffla-t-il trop rapidement. C’était adorable, vraiment, ce que le pianiste s’efforçait de dire et le petit air paniqué qu’il arborait. Mais c’était aussi relativement préoccupant. Pour tout un tas de raisons auxquelles l’occultiste n’avait aucune envie de penser maintenant. “Tu n’as pas essayé de coucher avec moi.” assura-t-il. “Au contraire, tu étais plutôt…”

Il n’eut pas le courage de terminer cette phrase et détourna les yeux dans l’espoir de cacher sa peine aux yeux du musicien. Ils auraient peut-être dû parler de ça aussi, mais il n’en avait pas le courage pour le moment. “Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ?” demanda-t-il à la place. Il n’essaya surtout pas de relever les yeux vers le jeune homme et s’efforça plutôt de retourner à ses souvenirs. Il était entré dans cet Enfer de douleur et de désespoir, jusqu’à se sentir lui-même prêt à mourir. Il se souvenait de s’être senti si mal qu’il aurait tout donné, vraiment tout, pour apaiser le jeune homme. Au point qu’il avait même essayé d’utiliser son don d’imprégnation sur lui, en sachant pourtant parfaitement que ça ne fonctionnerait jamais, que ça n’était pas suffisant pour calmer ses nerfs éprouvés par la soif. Il l’avait fait quand même, prié à voix basse pour que la douleur s’évapore alors que ses doigts caressaient doucement le visage de Thomas et…

Brusquement, Yerathel releva les yeux. “Oh…” souffla-t-i en regardant Thomas. Mais c’était impossible, n’est-ce pas ? Son don n’avait jamais fonctionné sur les sensations physiques. Il n’y avait aucune raison valable que ce soit différent aujourd’hui. Et pourtant, si ça ne venait pas du pianiste lui-même, si ça ne venait pas de la douleur trop forte, alors… Il inspira doucement et libéra sa main de celle du jeune homme. “J’aimerais essayer quelque chose.” lâcha-t-il sans vraiment s’adresser à l’homme. “Ne bouge surtout pas et dis-moi ce que tu sens.” Il approcha timidement ses doigts du visage de Thomas, mais s’arrêta bien avant de toucher sa peau. Il ne voulait pas le plonger une fois de plus dans la même torpeur que tout à l’heure, si tant est qu’il en soit réellement responsable. Il se concentra quelques secondes sur ce qu’il voulait. Apaiser juste un peu de sa douleur, juste assez pour qu’il sente la différence sans que ça ne soit complètement hors de contrôle… Il ferma les yeux et posa le bout de ses doigts sur le front du jeune homme, contrôlant sa respiration comme si cela pouvait avoir une influence sur la dose de magie qu’il pourrait mettre à l’oeuvre. Il osait à peine toucher Thomas, ses doigts exerçant à peine plus qu’une légère pression sur sa peau. Ça ne servirait probablement à rien, il ne voyait pas pourquoi son pouvoir aurait soudainement changé après tant de siècles, mais… Il ne voyait aucune autre explication pour le moment.

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Posté le Dim 26 Aoû - 14:22
J’avais fait quoi si je n’avais pas essayé de coucher avec . Il avait l’air, bizarre et j’avais bien peur d’avoir fait pire que mieux. J’aurais bien voulu savoir ce que j’avais été, mais à la place il me demanda de quoi je me souvenait pour la dernière fois et c’était sans doute la question la plus compliqué qu’on puisse me poser. De quoi je me souvenais exactement ? La question était tellement difficile en vérité que je n’étais pas bien sur d’avoir une réponse claire et précise à apporter. Je n’étais même pas bien sur de pouvoir dire quelque chose qui avait du sens, « En sur la douleur, mais après… », baissant les yeux, je repris dans un sourire gêné, « Je sais pas vraiment si c’est des souvenirs ou des fantasmes en fait, c’est trop étrange. J’avais l’impression de t’ai… Enfin y’avait des nuages partout, c’est trop vague, du coup c’est juste la douleur qui était clair. », pas cette impression de lui avoir promis une vie entière, lui avoir promis des choses dont je ne pouvais pas maitriser l’existence. Ce sentiment si semblable à l’amour ne pouvant l’être, je préférais me rattacher à ce qui avait été vrai dans tout ça, simplement la douleur, sa présence aussi, aussi vague soit-elle. Mais le reste devait rester de l’ordre du fantasme, rien de plus. Ce n’était qu’un fantasme. Juste un fantasme.

Et puis il sembla réaliser quelque chose et après une seconde, il lâcha ma main, parlant de ce qu’il voudrait essayer. Fronçant de nouveau les sourcils, je le regardais, ne comprenant pas bien ce qu’il voulait avant qu’il ne me demande de ne pas bouger, de simplement lui dire ce que je sentais. Ne comprenant pas vraiment, je regardais sa main se poser avec hésitation sur mon front alors qu’il fermait les yeux. Ne comprenant pas vraiment ce qu’il faisait je sentis brusquement le sol se dérober sous mes pieds, une sensation étrange m’envahissant alors que je m’accrochais sans grande conviction à mon canapé, « Je… Je vais pas bien… », soufflais-je alors qu’une vague d’euphorie me frappait sans raison. Je n’étais pas bien, enfin si, j’étais justement trop bien, de plus en plus, la douleur bien que présente étant relégué au second plan bien loin derrière la moindre de mes pensées. « J’ai l’impression d’être… défoncé… Enfin ça commence. », soufflais-je sans vraiment savoir l’expliquer. C’était quelque peu terrifiant car ça ne pouvait venir que de lui en cet instant. Il était le seul à avoir eu une réaction étrange et cela ne voulait dire qu’une chose, que c’était là un de ses pouvoirs.

Posant une main sur sa main, je lui retirais de mon front avant que le monde ne tourne vraiment de trop autour de moi. Avant que je n’avance plus loin encore dans cette semi-conscience. « Arrêtes… », murmurais-je alors que je me reculais, cherchant à me ré-ancrer dans le monde, ce qui ne fut pas bien difficile au final. Dès que son contact cessa réellement, dès que son attention sembla se poser sur autre chose, je me sentis un peu moins vaporeux. Mon esprit fit des raccourcis lui-même et le simple fait qu’il puisse me manipuler aussi facilement avait quelque chose d’effrayant. Il pouvait me plonger dans un état ou je ne contrôlais rien. Et j’avais presque peur qu’il ait pu avoir déjà utilisé ça avant sur moi, j’avais peur qu’il ait pu user de ses pouvoirs pour obtenir quoi que ce soit, pour avoir ce qu’il voulait d’une façon bien plus perverse que moi. Je ne voulais pas croire Nolen ainsi, mais ma confiance en les autres créatures de ce monde demeurait beaucoup trop limité. Et je ne voulais pas croire qu’il puisse être un danger de près ou de loin. Nolen devait rester un refuge, et il me dirait la vérité si je lui demandais, je voulais en être persuadé. « T’as déjà utilisé ça avant ? », demandais-je en secouant la tête pour me forcer à reprendre pleinement pied avec la réalité. Avait-il déjà usé de son don sur moi ? Quoi qu’il avait l’air de le découvrir aussi. Mais ça avait l’air si… Quand j’entrais dans la tête des gens pour les déconnecter aussi ça semblait simple malgré la véritable difficulté. « C’est à cause de ça que j’ai arrêté d’avoir mal ? », demandais-je finalement, refusant de croire qu’il puisse réellement chercher à me manipuler d’une quelconque façon qu’il soit.

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Posté le Mar 28 Aoû - 16:40
Il sentit l’euphorie revenir presque aussitôt qu’il laissa la magie glisser jusqu’au bout de ses doigts et la voix, presque lointaine, de Thomas résonner dans son crâne. C’était la seule preuve dont il ait besoin pour savoir sans l’ombre d’un doute qu’il était bel et bien responsable de cette situation. C’était l’un de ses dons mis à l’oeuvre pour apaiser la douleur et plus encore. Mais un don qu’il ne connaissait pas ou du moins qu’il n’avait jamais expérimenté par le passé et il ne comprenait pas bien comment il était seulement possible qu’il se réveille un matin avec un nouveau pouvoir. Il avait eu de longues conversations avec sa mère au sujet de la magie et de ses capacités, mais elle remontaient à si loin qu’il n’en conservait aucun souvenir précis. En tout cas, il ne se souvenait de rien concernant la manière de développer de nouveaux dons avec le temps et tout juste sur la façon de les contrôler quand ils se réveillaient tout à coup. Aussi s’efforça-t-il de continuer, ne serait-ce que pour voir s’il le pourrait. Il avait eu d’énormes difficultés à contrôler son don d’empathie, au départ, car cette faculté faisait entièrement partie de son être, elle était à l’oeuvre tout le temps qu’il le veuille ou non et il avait seulement appris à se vider l’esprit et à se concentrer pour l’oublier. Cette nouvelle capacité nécessitait à la fois un contact et sa volonté, visiblement, mais elle lui était tout aussi étrangère et accablante que son tout premier pouvoir l’avait été par le passé.

Sa petite expérience ne dura que quelques secondes avant que Thomas ne lui ordonne d’arrêter. Aussitôt, Yerathel laissa sa main retomber entre eux et rouvrit les yeux, posant son regard inquiet sur le musicien. Que Thomas chercher soudainement à lui échapper fut l’une des choses les plus douloureuses qu’il ait jamais eu l’occasion de ressentir. Il ne s’était plus senti comme un monstre depuis bien longtemps, mais à cet instant, il l’était dans les yeux de l’homme qui comptait dores et déjà plus que tous les autres dans sa vie, qu’il soit question de relation amoureuse ou non. Trop vite, les questions posées sur le ton accusateur arrivèrent et brisèrent encore un peu le coeur de l’occultiste. “Non !” s’exclama-t-il aussitôt, forçant le passage de sa gorge trop nouée pour expulser ce mot et ceux qui viendraient ensuite. “Je ne savais même pas que je pouvais le faire avant aujourd’hui. Je suis presque sûr que je ne pouvais pas, en fait.” Ce qui n’avait certes aucun sens et lui faisait regretter durement de ne s’être jamais assez intéressé à sa magie avant. “Mais oui, je crois que c’est ce qui a fait cesser la douleur.” admit-il à voix basse, détournant les yeux, trop effrayé d’affronter le regard déçu et dégoûté de Thomas. “J’ai un autre don qui y ressemble, qui me permet de faire disparaître les émotions trop fortes,” avoua-t-il de la même manière. “Ça n’a jamais fonctionné sur les sensations physiques avant aujourd’hui, mais j’étais tellement désespéré de te voir souffrir comme ça, j’ai… Je voulais seulement que ça cesse.” Il n’avait rien fait de mal, n’est-ce pas ? C’était seulement une façon d’aider et il n’avait jamais envisagé que ça fonctionnerait.

Timidement, il releva la main pour la poser sur le genou du jeune homme. “Thomas…” souffla-t-il en l’observant avec attention. Il n’avait rien fait de mal, il continuait de se le répéter encore et encore pour parvenir à rester calme, mais ce qu’il sentait en ce moment émaner du jeune homme ne l’aidait pas vraiment à maîtriser ses propres émotions. “Je n’ai pas essayé de te faire de mal, tu le sais, n’est-ce pas ? Je ne sais pas d’où sort ce pouvoir, mais c’était un accident.” plaida-t-il, regrettant brièvement le moment où son cœur souffrait d’entendre des mots qu’il ne rêvait plus d’entendre depuis bien longtemps, de voir un amour sincère dans les yeux du jeune homme plutôt que… ça.

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Posté le Mar 28 Aoû - 17:53
Non ? Un simple mot qui mit ma volonté en branle. Il ne savais pas, il ne se croyait pas capable de ça, mais il pensait en effet être responsable de la disparition de la douleur. Glissant une main dans ma nuque à mesure que les sensations revenaient, j'étais un peu perdu. Perdu car il pouvait complètement m'effacer si il voulait, chose qu'il ne ferait très certainement pas. Il n'en était pas capable, je ne savais pas pourquoi, mais j'en étais sur. J'avais simplement peur de l'inconnu, peur d'avoir pu être un pantin. Il reprit, expliquant qu'il avait un autre don permettant de faire disparaître les émotions trop forte, mais il n'avait jamais fonctionné sur les douleurs physique avant aujourd'hui. Il avait simplement voulu me soulager, il voulait seulement que j'arrête de souffrir. Il l'avait fait pour moi, pas contre moi. Levant les yeux vers lui, je ne bougeais pas en sentant son genoux. Rien ne changeait dans mon esprit, il n'essayait pas de me biaiser. Avalant ma salive, je finis par détourner les yeux, honteux quand il se sentit obligé de préciser qu'il ne voulait pas me faire du mal. Quand il dut rappeler une nouvelle fois qu'il n'avait simplement pas su pour ce pouvoir, ce dernier étant apparu ainsi. Son don était apparu d'un coup, brutalement comme le mien, sauf que lui... Il avait voulu m'aider, faire le bien et sa magie avait réagit en conséquent... Moi... Je n'avais été que destruction lors de son apparition. « Je sais. », soufflais-je les yeux baisser, « C'était aussi toi qui avait tout supprimé en m'embrassant ? », demandais-je en faisant peu à peu le lien.

J'étais effrayé à l'idée qu'il veuille autant m'aider, effrayé à l'idée qu'il dépense tant d'énergie pour moi. Tout ça c'était pour moi, pour m'aider... Glissant une main sur la sienne, je caressais distraitement sa peau avant d'oser enfin lever les yeux vers lui. J'étais pas vraiment sur de ce qu'il fallait en penser, du moins pour moi. Ce dont j'étais sur, c'était qu'il l'avait fait pour moi, même involontairement, pas contre moi. « Merci. », murmurais-je, m'en voulant sans doute plus que je l'aurais cru d'avoir reculer ainsi. Mais il était le premier à avoir fait un geste vers moi, le premier à ne pas avoir joué contre moi. Le premier m'ayant soulagé. « Même si c'est accidentel. », ajoutais-je en m'avançant un peu plus vers lui, en essayant d'effacer cette distance que j'avais imposé. Il était tellement différent de tout ceux que j'avais pu connaitre jusqu'ici. De tout ceux sachant. Il ne m'utilisait pas, il s'exposait, « Il y a des conséquences ? », demandais-je après un instant de silence. Je pouvais saigner du nez, j'étais épuisé, rincé quand je faisais usage de mon don, mais je ne savais pas si c'était propre à ma faiblesse ou propre à la magie.

La culpabilité se fit un peu plus forte à mesure que je prenais conscience de ce qu'il me disait. Il me parlait de chose dont nous n'avions jamais parlé et même si je pense que ma peur y jouait beaucoup, il me l'avait dit. « C'est pas parce que j'ai bu son sang que ma soeur est tombé dans le coma... », soufflais-je les yeux toujours baissé, « C'est mon pouvoir qui l'y a plonger, j'ai déconnecté un truc sous la colère, la peur, la douleur et la faim. », et j'avais déjà voulu lui faire subir. Cette partie était la plus honteuse pour moi, la plus difficile à assumer. Et je n'y arrivais toujours pas, m’entraîner à ce pouvoir était toujours particulièrement difficile pour moi, car souvent c'était la douleur qui s'opposait à moi. Des hurlements. Des cris. Fermant les yeux, je chassais ces images de ma tête, préférant en cet instant souffrir milles maux plutôt que de me rappeler de l'état dans lequel je laissais les créatures que je voulais détruire, quand je pouvais seulement les atteindre. Soupirant lentement, j'essayais de reprendre une respiration plus calme, je ne savais d'ailleurs même pas quand elle s'était emballé. « Je voulais pas avoir peur de toi Nolen. Simplement t'es le premier à faire usage de ton don pour mon bien et j'oublie un peu trop souvent ce que ça fait de t'avoir dans ma vie. », d'avoir un allié, une personne sur qui compter. J'oubliais un peu trop souvent que je pouvais lui faire confiance, non pas pour le blesser, simplement car à chaque nouveauté, j'avais peur de lui faire peur, peur de retrouver la réalité. J'avais honte, j'avais peur de son dévouement, j'avais peur d'être tellement plus destructeur que lui.  

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Posté le Ven 31 Aoû - 9:38
Un trop long moment, Yerathel conserva son regard fixé sur un point quelque part entre le visage et le genou de Thomas, refusant catégoriquement de voir la moindre trace de dégoût ou de peur dans ses yeux. Il savait les dégâts que pouvait faire l’incompréhension et savait qu’il ne devait pas en vouloir au jeune homme de ce que provoquait la surprise, mais… Il recevait un flot presque continu d’émotions négatives et c’était un tout petit peu trop suffocant pour qu’il parvienne à prendre du recul lui-même. D’un hochement de tête timide, presque invisible, il confirma qu’il avait bel et bien utilisé son don d’imprégnation sur Thomas par le passé, lors d’un baiser échangé chez lui qui n’aurait jamais dû exister. Il avait perdu le contrôle ce jour-là aussi, avait poussé trop loin… Il ne sut même pas si Thomas osait regarder dans sa direction et si sa réponse avait servi à quelque chose et il ne chercha pas à le savoir. Mais quand la voix du jeune homme brisa de nouveau le silence lourd qui flottait entre eux, Yerathel se permit enfin de relever les yeux vers lui, perturbé. Il y avait encore tellement de choses négatives qu’il sentait tourbillonner dans le coeur du pianiste, imprécises, presque impossibles à définir complètement - ou du moins se refusait-il à essayer. Et pourtant, il avait droit à un merci ? Il posa son regard perplexe sur le jeune homme tandis que ce dernier réduisait légèrement la distance entre eux et continuait de s’exprimer de cette voix, plus précautionneuse que vraiment douce, mais sans méchanceté et sans peur. Il haussa les épaules vaguement. “Juste de la fatigue, il semblerait. Il faudra que j’étudie ça plus tard.” souffla-t-il en essayant - et en échouant - de conserver un ton calme. Il ne ressentait pas la douleur de Thomas à sa place, en tout cas, contrairement à ce qu’il devait subir avec ses autres dons et honnêtement, il en était soulagé. Mais il aurait à expérimenter, à découvrir cette nouvelle capacité et il ne savait pas encore comment il s’y prendrait réellement.

Ce serait une question pour un autre jour, de toute manière. Yerathel eut tout juste le temps de retrouver un peu de son calme que déjà, il se retrouvait à écouter une confession à laquelle il ne savait pas vraiment quoi répondre. Thomas avait donc un pouvoir, lui aussi et il se révélait visiblement plus destructeur qu’autre chose. Ça avait du sens, finalement , ne serait-ce que sur pourquoi le jeune homme se sentait à ce point responsable du coma de sa soeur. L’occultiste pressa son genou un peu plus fort en signe de compassion et finit par prendre sa main pour en faire de même, à défaut de trouver des mots appropriés. Il n’en existait probablement même pas. Il y eut d’autres mots, plus doux à entendre et qui firent naître une étrange culpabilité dans le coeur de Yerathel. “La bonne nouvelle, c’est que tu n’auras plus jamais besoin de dépenser un centime pour planer.” souffla-t-il dans une tentative d’humour sans doute assez désastreuse. Le bref sourire qui avait réussi à naître sur ses lèvres à cette plaisanterie mourut rapidement et ce fut son tour, cette fois, de faire disparaître un peu de la distance entre eux.

“Thomas.” souffla-t-il plus sérieusement, pour attirer l’attention du jeune homme vers lui. Il n’était même pas sûr de ce qu’il voulait dire, ou plutôt de comment le dire, ni si c’était réellement une bonne idée de le faire. Il se sentait tendu, beaucoup trop après tout ça et ça ne lui ressemblait pas. “Promets-moi que tu m’appelleras tout de suite, la prochaine fois, s’il te plait.” lâcha-t-il finalement, abandonnant pour de bon les mots qu’il avait voulu prononcer au départ. Le musicien ne se souvenait de rien, de toute façon, alors à quoi bon parler de quelque chose s’étant produit sous l’emprise d’une drogue et déjà oublié pour toujours ? Un jour ou l’autre, ils auraient sans doute cette conversation de nouveau, mais Yerathel s’assurerait que ça n’arriverait pas sans qu’ils soient tous deux en pleine possession de leurs moyens. “Est-ce que je peux rester ici cette nuit ?” demanda-t-il finalement, avant d’avoir pu s’en empêcher. Il ne parlerait pas de ce qui avait été dit et fait pendant cette étrange et longue période d’incertitude, mais plus que jamais il avait envie d’être là et de prétendre, aussi longtemps que possible, que ça n’était pas que la magie qui avait provoqué tout ça.

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Posté le Ven 31 Aoû - 10:23
Juste de la fatigue ? Rien de plus ? Il ne ressentait juste ça ? C’était sans doute injuste, mais dans un sens, je préférais qu’il n’ait pas eu à souffrir de ça. Pas comme j’avais à le faire avec ce don, avec ce pouvoir. Je lui dis, lui avouant combien je pouvais être responsable, et il ne dit rien, il n’enfonça aucun clou, il ne m’étouffa pas. Il se fit juste plus présent, rien de plus. J’avais de la chance de l’avoir dans ma vie, de la chance de pouvoir le garder dans mon futur et j’avais tendance à l’oublier, à tort. Pourtant il restait, toujours, il ne partait pas et je finirais bien par le comprendre sans doute. Souriant timidement à cet humour un peu bancale, je ne préférais rien ajouter. J’avais pas besoin de planer, je n’avais pas envie de le faire. J’avais besoin de savoir. De garder le contrôle. Levant les yeux à nouveau vers lui lorsqu’il souffla mon nom, il me demanda de l’appeler la prochaine fois que cela arriverait. La prochaine fois que j’avais mal ? Ou la prochaine fois que je ne voulais plus me nourrir car je me dégoutais ? Il y avait bien des réponses à y apporter, bien des réponses à lui faire. Mais pourrait-il accuser éternellement le coup ? Pourrait-il me voir sombrer sans cesse ? Je ne supportais déjà pas ma propre image, alors comment pourrait-il le faire ? « Tu risques de recevoir beaucoup trop d’appel… », soufflais-je dans un sourire faux. « Je t’appellerais. », acceptais-je toutefois.

Le silence aurait pu revenir, mais il le brisa pour me demander si il pouvait rester ici cette nuit et là… Mon coeur se serra doucement, mon sourire renaissant peu-à-peu à cette idée. Un hochement de tête suffit à lui faire comprendre que oui. Un hochement de tête pour accepter, tout simplement, même si mes mots ne tardèrent pas à le rejoindre, « Oui… Bien sur que oui. », soufflais-je avec une réelle honnêteté. Même si il ne voulait pas dormir avec moi, il serait là, il serait, il serait là avec moi. Je n’aurais pas à revenir si brutalement sur terre. « T’as pas besoin de me demander la moindre autorisation ici. La garde robe est clairement plus sombre, sans intérêt sans doute, et il n’y a pas assez d’oeuvres d’art, mais c’est chez toi, en quelque sorte. », on avait accepté de traverser les âges ensemble non ? Alors il n’avait pas à s’encombrer de quoi que ce soit, il venait, tout simplement.

Me redressant légèrement, je m’avançais un peu plus vers lui, ignorant le fait que pour ça, j’aurais du demander lorsque je glissais mes bras autour de lui pour le repousser, pour le faire s’allonger sur le canapé, pour poser ma tête sur son torse et écouter son coeur battre. « On peut rester comme ça un moment ? », le temps que le calme suffise à rendre la douleur encore persistante secondaire. Je n’avais pas eu assez de sang et je n’avais pas envie de m’en préoccuper pour le moment. J’enverrais sans doute un message à Grace un peu plus tard, dans la salle de bain ou je ne sais où. À un endroit ou il n’aurait pas à accuser le coup de ma dépendance. On ferait ça plus tard. Fermant les yeux, je restais contre lui de longues minutes, essayant de ne pas penser, en vain. « Tu peux toujours étudier ça avec moi ? », demandais-je sans vraiment y réfléchir. Son don ne faisait que le fatiguer et il y avait de quoi dormir ici. Alors même si ce ne serait pas pour aujourd’hui il pouvait, du moins je crois. Je savais à présent, j’étais au courant, je ne serait pas surprit, je ne serais pas paniqué. Il pouvait faire ses armes ici, je ne lui en voudrais pas. Pas si ça pouvait l’aider.

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Posté le Ven 31 Aoû - 14:42
Sans un mot, Yerathel balaya la pièce autour d’eux d’un regard. Il n’était pas certain qu’il parviendrait un jour à considérer cet endroit comme chez lui, ni qu’il pourrait s’y inviter sans demander l’autorisation avant, mais l’attention le touchait. Peut-être que les choses finiraient par changer avec le temps. Mais pour l’instant, sans doute précisément à cause des changements dans leur relation, il se sentait beaucoup moins légitime à débarquer à tout moment ou à faire comme chez lui. Il prenait déjà beaucoup trop de place dans la vie de Thomas à son goût et il craignait un tout petit peu de devenir étouffant au point de faire fuir le jeune homme, peu habitué à ne pas être toujours seul à ne se soucier que de lui-même. Il se garda cependant de partager cette crainte pour le moment et se contenta plutôt d’un sourire. “D’accord.” souffla-t-il tout de même, avant de détourner les yeux. Il réalisa à peine deux secondes plus tard que, s’il voulait réellement rester ici, ou du moins ne surtout pas s’éloigner de Thomas pour le moment, il n’avait aucune véritable idée de comment occuper leur temps désormais. Il se sentait gêné, en fait et bien incapable de mettre ses pensées sur pause. Tout aurait été tellement plus simple s’il n’avait pas soudainement développé ce nouveau pouvoir et s’il n’avait pas eu de telles conséquences.

Heureusement, il n’eut pas besoin de trouver une manière efficace d’alléger un peu l’ambiance et ce fut finalement Thomas qui trouva la solution. Ou presque. En un clin d’oeil, Yerathel se retrouva allongé sur le canapé, l’homme couché sur lui et son inquiétude envolée un instant. Il referma ses bras autour du corps de Thomas et ferma les yeux. “On peut rester comme ça aussi longtemps que tu veux.” souffla-t-il à la question du jeune homme. Il y avait encore un peu de mélancolie dans sa voix, mais il finit par réaliser que si lui disposait du don parfois affreusement douloureux de savoir ce que ressentait chaque personne ayant le malheur de se trouver à portée, ça n’était pas le cas des autres. Ses pensées restaient à l’abri dans son crâne et rien au monde ne l’obligeait à les partager avec qui que ce soit. Il profita donc du silence qui s’étirait longuement pour s’imaginer, juste un instant, qu’il y avait une part de vérité dans les déclarations folles que lui avait faites Thomas sous l’emprise surnaturelle de l’ivresse et ce que ça lui ferait de passer le reste de sa vie à tenir cet homme dans ses bras en partageant autre chose que le désespoir d’une vie éternelle, dictée par la peur et la guerre.

Pour quelques minutes, tout alla parfaitement bien, jusqu’à ce que le jeune homme n’ose poser une nouvelle question qui tendit immédiatement l’occultiste. Il rouvrit les yeux, mais parvint à se retenir de bouger et même de baisser son regard vers Thomas. “T’es sûr ?” demanda-t-il avec précautions. Il faudrait qu’il y passe un jour, qu’il teste les limites de ce don et qu’il apprenne à le contrôler. Pour ça, il aurait à l’utiliser encore et pour le moment, il ne voyait pas comment s’y prendre. S’exercer sur Thomas était une solution, simple et efficace. Il la trouvait dangereuse aussi. “Tu réalises que ça signifie que tu risques encore de ne plus avoir tous tes esprits ? Et d’oublier tout ce qui se passera pendant que tu seras sous l’influence de ma magie ? Il avait dit avoir quelques vagues souvenirs, comme l’impression d’un rêve plus qu’autre chose. Ça n’était pas suffisant pour Yerathel. Et effrayant aussi d’imaginer qu’il pourrait, lui-même, avoir envie de profiter de ces expérimentations pour se faire un peu plus de mal encore. Pour s’offrir l’illusion d’un amour qui n’existerait plus une fois le voile levé. “Tout à l’heure, tu étais…” Il savait qu’il aurait dû parler de tout ça, de ses craintes autant de ce qui était arrivé, mais il aurait fallu qu’il en trouve le courage et il ne l’avait pas. “Tu as dit et fait des choses que tu ne contrôlais pas, que tu n’étais peut-être pas prêt à exprimer ou qui ne sont pas forcément réelles.” expliqua-t-il cependant, trouvant une limite floue entre la vérité et l’absence totale d’informations. “Ça n’était rien de grave, mais je n’ai pas envie que tu… que tu te forces à te retrouver dans cette situation seulement pour moi. Je peux certainement m’entraîner d’une autre façon.”

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Posté le Ven 31 Aoû - 15:17
J’avais peut-être abusé en réclamant ça, mais j’avais besoin d’un semblant de normalité, du moins, j’avais besoin d’un semblant de présence. Je ne sais pas si c’était le fait de me détendre peu-à-peu qui jouait ou l’inconnu, mais j’avais fini par lui proposer quelque chose de sans doute particulier. Il ne se soustrayait pas à moi, il me demanda simplement si j’étais sur, et ça, je n’en étais pas certain. Il reprit en expliquant que j’allais encore ne plus avoir tout mes esprits, que j’allais oublier ce qui se passait sous l’influence de sa magie. J’allais simplement me souvenir vaguement d’une impression, mes songes demeurants mes seuls alliés. Je ne me souviendrais de rien, très certainement, mais il s’entrainerait non ? Je ne savais pas vraiment ce que j’attendais, je restais contre lui, les yeux fermé, je restais là à me convaincre que tout ça était raisonnable, jusqu’à ce qu’il me parle de ce moment où je n’étais plus vraiment moi-même. Je ne contrôlais pas ce que je disais ni ce que je faisais et d’après lui, je n’étais pas vraiment prêt à exprimer tout ce que j’avais pu dire. Fronçant légèrement les sourcils, je me forçais à faire un tri dans mes songes, mais rapidement, sa voix reprit et il brisa tout mes efforts. Je n’avais rien fait, ni dit quoi que ce soit de grave, il ne voulait simplement pas que je me retrouve ainsi pour lui. « Ça implique de t’entrainer sur d’autres personne n’ayant pas forcément connaissance de ton existence en tant qu’Harry Potter. », murmurais-je en sachant parfaitement où je voulais en venir, « Si un jour tu te foires, ça sera une personne qui ne prendra pas uniquement peur pour tes intentions, mais pour ce que tu es sans te laisser la moindre chance. Et si encore la personne panique pas, elle dira forcément un jour ce qu’il se passe après un verre de trop et si un Traqueur te tombe dessus… », l’angoisse m’avait serrait le coeur avec un peu trop de violence quand je finis mes mots. Avec un humain, il prenait le risque de mourir, juste pour un entrainement. Il ne pouvait pas.

Prenant une grande inspiration, je repris, « Au pire je serais défoncé et je sentirais plus rien, et ça sera toujours mieux que d’angoisser et d’avoir mal. », me redressant, je baissais les yeux vers lui, « Quoi que je puisse dire ou je puisse faire, même si je suis pas prêt à le dire, même si sur le moment c’est pas réel, quelque part, il n’y a rien de plus honnête qu’une personne défoncé et quoi que j’ai pu dire ou faire, je dois le penser quelque part, même si je me mens, même si je refuse la vérité. Simplement c’est là. », l’angoisse avait tendance à ramener la douleur, et ce n’était pas le combo que je préférais. Alors j’accusais le coup, j’attendais que les choses passes, « Les choses bonnes, comme mauvaise sont vrai, quelque part, même si ça sera réellement pensée dans 10, 15 ou 20 ans. », simplement il pouvait s’entrainer sur moi, il pouvait le faire, même si le savoir maintenant pouvait-être étrange, ça serait toujours mieux que prendre le moindre risque. Mais il avait raison sur un point, tout ce que j’avais dit ou fait, je n’étais sans doute pas prêt de l’assumer.

Retrouvant ma place contre lui, je fermais à nouveau les yeux, me concentrant pour étouffer un peu plus l’angoisse et la douleur. Je n’étais pas comme ça, quoi que quand ça concernait un Traqueur, si j’avais peur. Peur de mourir ainsi, peur de ne pas pouvoir m’en sortir et aujourd’hui peur qu’il ne meurt. Il pouvait s’entrainer d’un million de façon sans doute, mais je voulais simplement qu’il choisisse la moins dangereuse, celle qui ne le priverait pas de sa vie et de sa liberté. La nature humaine était tellement instable qu’il ne pourrait rien assurer, il ne pourrait pas prendre toutes les précaution du monde. « Je préfère mille fois avoir des trous dans mon existence qu’en avoir une dans le… Enfin qu’il ne t’arrive un truc. », d’autant qu’entre ses mains, je ne risquais sans doute rien.

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