Félicitation à Anya et Alex

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 "drink my soul" tholen

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Posté le Sam 1 Sep - 14:07
Malgré ses pouvoirs et deux millénaires d’existence, Yerathel restait profondément un être vivant, presque humain et il oubliait parfois ce fait. À cet instant, pourtant, il l’était plus que jamais et devait lutter contre ses propres défauts sans en avoir totalement conscience. Thomas apportait des arguments presque cohérents, presque logiques. Bien sûr que ce serait plus dangereux de tester les limites de son nouveau don sur un simple humain et tellement plus facile d’utiliser le pianiste comme cobaye. Bien sûr, bien sûr, la question ne se posait même pas et le fait que le jeune homme soit consentant, qu’il s’offre seul comme cobaye arrangeaient encore un peu plus les choses. Et pourtant, l’occultiste continuait de refuser cette idée de but en blanc. Il préférait presque risquer sa vie que de risquer son coeur. Il était stupide et lâche. Il était aussi, plus vieux que la plupart des gens et déjà éprouvé par des dizaines, peut-être des centaines, de ruptures douloureuses, de déprimes dues à son coeur brisé, son amour bafoué. Et aujourd’hui, Thomas était là. Une autre créature immortelle, en qui il avait une confiance inébranlable et la certitude qu’il ne le perdrait jamais. Au prix d’un douloureux effort, Yerathel parvint à se forcer à croiser le regard du jeune homme penché sur lui, alors que ce dernier l’achevait d’un nouvel argument, prétendant que quoi qu’il ait dit, c’était réel ou ça finirait par l’être. Il ne comprenait pas. Il était différent du Thomas que l’occultiste avait connu toutes ces années. Rempli d’espoir et d’optimisme, confiant en l’avenir, apaisé. Et tout ça, c’était à cause de lui. Il n’était pas sûr de pouvoir survivre s’il devait un jour perdre cet homme, mais une partie de lui parvenait à hurler de plus en plus fort que ça n’arriverait jamais.

“Très bien, j’accepte que tu sois mon cobaye, alors.” souffla-t-il finalement, son regard toujours désespérément accroché à celui de Thomas. Il n’en avait vraiment aucune envie, mais il y avait aussi ce petit quelque chose assez malsain qui lui donnait envie de s’offrir encore un peu de ce moment hors du temps où ils n’étaient pas seulement deux hommes presque condamnés à partager leurs vies, mais où des sentiments, même faux, venaient se mêler à leur petit jeu. Il le regretterait sans doute chaque fois que Thomas retrouverait ses esprits et cesserait de le regarder comme s’il n’y avait plus que lui au monde, mais… ça restait mieux que rien, n’est-ce pas ? Il aurait dû voir venir les problèmes de loin, ne serait-ce parce qu’il avait presque envie de recommencer dès maintenant, qu’il était déjà en manque de cet homme ouvert et heureux qu’il avait tenu dans ses bras à peine quelques instants plus tôt. Et ça lui était pourtant parfaitement égal.

Il força un sourire, chassant au passage toutes ces pensées qui seraient un problème pour plus tard et leva une main pour caresser le visage de l’homme du bout des doigts. “Est-ce qu’on peut oublier tout ça, maintenant ?” demanda-t-il, ravi d’entendre un genre de bonne humeur dans sa voix. “À moins que tu ne veuilles qu’on commence tout de suite.” tempéra-t-il tout de même avec la même indifférence étrangement convaincante. “Si tu as encore mal ou… Si tu rêves secrètement de pouvoir encore me voler mes bijoux.” Un sourire un peu plus franc, plus moqueur aussi, étira ses lèvres. “Je dois même avoir mon maquillage avec moi, si tu veux !” Ses doigts caressèrent la mâchoire du jeune homme jusqu’à glisser dans sa nuque, au moment où Yerathel s’autorisait enfin à l’embrasser doucement. Il semblait moins joyeux, mais souriait toujours quand il lui rendit ses lèvres. Sa main ne bougea pas d’où elle était et l’autre avait fini par échouer sur la taille du jeune homme, qu’il pressait doucement contre lui. “On peut aussi faire semblant d’être épuisés et aller se mettre au lit.” proposa-t-il à voix basse, tout juste conscient de l’immense cruauté dont il faisait preuve à cet instant, à ouvrir la porte à un monde de possibilités qu’il finirait par toutes rejeter dès que Thomas ferait la moindre tentative pour aller plus loin.

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Posté le Dim 2 Sep - 17:23
On pouvait bien s’arrêter là, rester comme ça l’un contre l’autre sans ne plus rien penser, du moins c’était ce à quoi j’espérais, bien plus encore lorsqu’après avoir accepté que je sois son cobaye, il avait finalement glisser une main sur mon visage, me faisant immanquablement garder les yeux fermés, comme si cela pouvait rendre le moment encore plus unique. Hochant la tête comme simple réponse lorsqu’il fut question d’oublier tout ça, je fus tout de même forcé d’ouvrir à nouveau les yeux lorsqu’il laissa une porte ouverte pour la douleur, ou pour remettre ses bijoux. Souriant, je n’eus pas le temps de répondre qu’il renchérissait avec du maquillage, ce qui ne m’irait très certainement pas. Mais le silence me fut à nouveau imposé, ses lèvres retrouvant les miennes sans que je n’ai à me plaindre réellement, au contraire, d’autant plus lorsque ma liberté me fut rendu alors qu’il réclamait à mon corps une proximité un peu plus importante. C’était grisant et extrêmement frustrant comme situation, et le fait qu’il propose d’aller dans un lit fit naitre quelques illusions dans mon esprit. Quelques illusions qui malgré mon voeux de le respecter me semblait bien plus compliquer à présent. Mais je devais tenir non ? Sinon tout ce que je pouvais dire, toute la panique du monde à l’idée d’avoir couché avec lui alors que je n’étais conscient de rien n’avait aucune valeur. Toutefois et malgré mes mots, je me remis debout assez rapidement, glissant une mains sur celle qu’il avait tenu sur mon visage avant de l’attirer à ma suite. J’avais mal, c’était présent, mais la comparaison et l’idée de pouvoir passer un peu plus de temps contre lui suffisait à me faire reléguer ce fait au second plans.

Légèrement fébrile avec ce qui venait de se passer, je soufflais sur le chemin de ma chambre, « C’est pas aujourd’hui que tu pourras faire ce genre de teste sur moi. », rapport au maquillage que j’aurais été capable de mettre sans aucun talent sur mon visage si seulement j’y avais eu accès. Arrivant dans la chambre, je lâchais sa main pour retirer mon t-shirt et capturer son visage entre mes mains. Retrouvant ses lèvres avec un peu moins de sagesse alors que naturellement je commençais à le repousser sur le lit, jusqu’à ce qu’il n’y bute, jusqu’à ce que de nouveau je ne prenne conscience de ce que je faisais. Je ne voulais pas et il ne le voudrait sans doute jamais et aussi frustrant que cela puisse être, je ne prendrais aucun risque avec lui, surtout pas pour une raison aussi triviale. Non, il ne voulait pas ça. Calmant le rythme de mes lèvres, je lui rendis son souffle un instant avant d’y retourner pour déposer un baiser plus léger, plus mesuré. Un simple baiser.

Gardant mon jogging, je me détournais de lui non sans le regretter avant de m’asseoir sur le lit et de l’inviter à y venir. La vérité derrière tout ça été bien que j’étais réellement épuisé, mais pas suffisamment conscient de ce fait. Il y avait eu beaucoup de choses, beaucoup de mouvement en très peu de temps, et il y avait ça. Le fait que l’on se rapproche toujours un peu plus et qu’il m’était impossible de gacher ça sans prendre le risque de gâcher plus. « Tu peux aussi réellement t’endormir pour te reposer. », proposais-je en sachant très bien que je pourrais suivre sans problème si jamais l’homme s’y décidait. Il n’était pas question de faire réellement semblant au finale. Et puis si ce n’est cette fois ou la vérité avait éclaté, nous n’avions jamais dormi ensemble, c’était une bonne raison de commencer non ? « Et en plus tu te plaignais de ne plus me voir torse nue… », soufflais-je avec un sourire plus léger. En fait jamais envie de cette proximité frustrante qui pourrait peut-être un jour se révéler réelle, à force, avec le temps. Et puis si on devait passer l’éternité ensemble, autant commencer ce genre de rapprochement. Je me faisais sans doute beaucoup trop d’illusion, je le savais, mais à quoi pourrait-on le reprocher ?

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Posté le Lun 3 Sep - 15:46
L’absence de réponse laissa craindre un instant à Yerathel qu’il avait été un peu trop loin dans la plaisanterie. Ça n’aurait pas été très surprenant, tant il avait lui-même sans arrêt l’impression de marcher sur des oeufs avec Thomas, quel que soit le sujet, quel que soit le moment. Ils finiraient bien par réussir à détendre avec le temps, à passer du temps ensemble sans craindre de tout envoyer valser, mais à l’heure actuelle, ils en étaient encore très loin… Un geste valait toujours mille mots, cependant et lorsque le jeune homme se releva et s’empara de ses mains pour l’entraîner avec lui, le visage de l’occultiste se détendit, faisant disparaître toute trace d’inquiétude tandis qu’il suivait sagement l’homme dans l’appartement pour rejoindre la chambre. Il y était déjà entré plus d’une fois dans cette pièce et y avait même un peu trop souvent trouvé des gens dans leur plus simple appareil - à son plus grand désespoir. Cette fois, cependant, la tension monta immédiatement d’un cran quand il passa la porte et que son regard embrassa entièrement l’endroit à la fois si étrangement familier et si étranger. Il eut tout juste le temps de sentir un frisson se réveiller et déferler sur sa peau avant que toute pensée soit habilement éradiquée de son esprit par les lèvres de Thomas de nouveau sur les siennes. Un sourire menaça de gâcher ce baiser pourtant fort agréable, mais il parvint à le retenir en sentant le corps de l’homme pressé contre le sien, le repoussant subtilement quoique fermement en arrière. Il se laissa faire, à défaut d’être en mesure de lutter réellement, ses mains s’accrochant naturellement aux hanches de Thomas.

S’il devait être absolument sincère, il détestait ce moment presque autant qu’il l’adorait. Ils en étaient encore à la partie facile, la partie que Yerathel pouvait suivre sans avoir besoin de se forcer d’une quelconque façon. Embrasser, c’était simple, un terrain connu et familier, un art dans lequel - sans se vanter, bien sûr - il excellait. Mais ça laissait souvent la porte ouverte à plus. D’autant plus en ce moment, alors qu’ils étaient seuls dans une chambre et que Thomas avait dores et déjà perdu quelques vêtements. N’importe qui aurait voulu plus, ça n’était même pas une question à se poser pour la plupart des gens, le désir venait naturellement et il le savait aussi bien que parce qu’il l’avait déjà connu que parce que son don lui offrait une vue parfaite des émotions de l’autre. Thomas ne faisait pas exception à cette règle éprouvée au cours des années avec de nombreux autres partenaires, chaque fois que l’occultiste se prenait à rêver naïvement que ça ne ferait aucun mal de profiter un peu avant de tourner la page. Le problème tenait au fait que lui ne désirait que rarement plus. Il n’avait pas ressenti la chaleur du désir réchauffer sa peau depuis si longtemps qu’il ne se souvenait même plus de ce que ça faisait exactement. Que le problème vienne de lui ou des personnes avec qui il s’essayait à cette danse, peut-être des deux, il n’en savait rien et ça lui était égal. Ça n’en restait pas moins un moment bien douloureux pour toutes les parties impliquées lorsqu’il se devait de mettre fin à tout cela faute de ressentir l’envie de poursuivre. Fut un temps, il s’était forcé, mais… il avait fini par se dégoûter tout seul du sexe avec cette façon de faire et s’y refusait désormais coûte que coûte.

Cette fois, pourtant, ce ne fut pas à lui de repousser l’homme dans ses bras. Thomas s’éloigna tout seul et s’installa au bord du lit, invitant Yerathel a en faire de même d’un simple geste. L’homme posa ses yeux écarquillés sur lui une seconde, plus surpris que jamais que, malgré ses tentatives, malgré la difficulté, Thomas s’arrête aussi simplement que ça. Il resta planté devant le lit un moment, prenant tout le temps nécessaire pour s’imprégner de cette situation incroyablement nouvelle et tout aussi plaisante, mais lorsque Thomas osa quelques mots pour le rassurer et détendre l’atmosphère, un grand sourire lui échappa et il secoua la tête comme pour traiter cet homme d’idiot quand bien même il lui était infiniment reconnaissant. Refusant toujours de s’asseoir, cependant, Yerathel s’approcha tout de même et se pencha sur le jeune homme le temps d’embrasser sa joue, s’éloignant aussitôt que ce fut chose faite. Sans se presser, il retira ses bijoux un à un pour les abandonner sur une table de chevet et fit subir le même sort à ses vêtements qu’il déposa avec toutes les précautions du monde sur un meuble dans l’espoir qu’ils soient encore utilisable le lendemain. Souriant toujours comme un crétin et désormais uniquement vêtu de son boxer, il se glissa sous les draps. “Viens par là !” exigea-t-il en s’installant aussi confortablement que possible, cherchant surtout à ignorer le sentiment de soudaine pudeur qui le prit à se trouver dans cette tenue devant l’homme pour la première fois. Il tira les couvertures juste un peu plus haut que nécessaire sous son menton pour cacher son torse et attendit patiemment que Thomas ne vienne le rejoindre pour se glisser immédiatement contre lui.

C’était plus étrange encore, mais au moins ne craignait-il pas une mauvaise surprise et cela l’encouragea suffisamment pour qu’il glisse ses bras autour de la taille de Thomas et ne cache son visage contre son torse. “Merci.” souffla-t-il, sans trop s’inquiéter de savoir s’il était compréhensible ou non. Ou peut-être espérait-il réellement ne pas être entendu, en fait, car sa voix était encore plus basse quand il se permit de reprendre la parole. “Je finirai par y venir, je te le promets.” souffla-t-il en se cachant un peu plus profondément dans les bras de l’homme. “J’ai juste besoin d’un peu de temps.” De temps, de confiance aussi, mais pour une fois que quelqu’un faisait l’effort de se tenir bien pour lui, il comptait bien faire l’effort de régler ses problèmes d’une façon ou d’une autre. Il releva quand même les yeux après un moment et embrassa le jeune homme très brièvement. “Bonne nuit, Thomas.” lâcha-t-il contre ses lèvres avant de retrouver sa place et de fermer les yeux.

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Posté le Lun 3 Sep - 16:32
Il y avait eu un moment de flottement, un moment durant lequel il resta là, ne bougeant pas, ne me rejoignant pas vraiment dans le lit. Un moment qui aurait pu être angoissant si seulement il n'avait pas sourit à mes mots. Il n'y avait aucune angoisse à avoir, aucune craintes à porter, sinon il ne serait déjà plus là. Sinon il n'aurait pas prit la peine de sourire. Il finit par m'échapper, reculant jusqu'à rejoindre une table de chevet sur laquelle il déposa ses bijoux un à un. Et j'avais vraiment envie de lui signaler combien il allait y passer une éternité si seulement, il n'avait pas commencé à retirer ses vêtements. Couche après couche. Je m'étais attendu à ce qu'il s'arrête à un moment, mais non, il laissa sa peau apparaître complètement jusqu'à n'être plus qu'en boxer. Durant un instant, j'étais de nouveau fébrile, si la vision de son corps habillé avait plus d'une fois suffit à éveiller mon imagination, le voir ainsi, réellement sans artifice était plus que stimulant et je dus me faire violence pour ne pas souligner mon mécontentement à le voir ainsi disparaître sous les draps. Ne pouvait-il pas rester plus longtemps à la lumière ? Non, et je n'en avais pas plus le droit car il me réclama rapidement dans le lit. Retirant mon jogging, je le laissais tomber avec moins de précaution qu'il n'avait traité ses vêtements avant de le rejoindre, avant qu'il ne se glisse contre moi et que la sensation nouvelle de nos peaux l'une contre l'autre ne m'arrache un frissons. Il y avait une différence entre dormir avec quelqu'un d'habillé et dormir avec quelqu'un en sous-vêtement. Et elle était là.

Refermant ma main sur son dos, je glissais distraitement mes doigts sur cette peau dont j'ignorais encore tout. Ne pas me faire plus aventureux était une torture, mais j'avais mes raisons. Je ne devais pas aller plus loin, je n'avais pas le droit de le faire. Il me remercia alors, du moins ce fut ce que je crus entendre, car ses mots semblèrent être soufflé plus que prononcé. Et c'est dans la même tonalité qu'il reprit, me laissant un peu incertain quand à ce qu'il venait de dire. Je ne fis que répondre à son baiser, lui soufflant les mêmes mots avant de le serrer un peu plus contre moi. Je me sentais idiot, sans doute, idiot de ne pas savoir avec justesse ce qu'il avait tant voulu me dire. Et dans un sens, mon cerveau ne voulait pas entendre, ne voulais pas comprendre.

Aussi étrange que cela pouvait paraître, il y avait un équilibre à trouver et j'avais été tellement dépendant de tout sans en éprouver jamais réellement le besoin qu'attendre, qu'apprendre, ne me briserait pas, quand bien même il m'était difficile de rester à ses côtés à cet instant. Enfin difficile, c'était simplement compliqué de ne pas laisser à mon esprit la possibilité de faire son bonhomme de chemin. « On a l'éternité pour nous. », murmurais-je finalement, les yeux fermés, la fatigue dans les veines et dans le cœur. Nous avions l'éternité et c'était bien la première fois que cela arrivé. J'avais l'éternité. 

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