Félicitation à Ada et Nath

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 The course of true love (and firsts dates) + Tholen

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Posté le Mar 4 Sep - 14:24
Étant âgé de plus de deux mille ans et disposant de bien trop d’expérience dans le domaine des relations amoureuses, il était parfaitement ridicule que Yerathel soit un tout petit peu inquiet par la seule perspective d’un premier rencard avec qui que ce soit. Pour l’avoir menée si souvent, il connaissait cette danse par coeur et aurait pu la refaire les yeux fermés. Et pourtant, alors que les aiguilles filaient à la vitesse de l’éclair sur le cadran de l’horloge, se rapprochant un peu plus à chaque seconde de l’heure fatidique où Thomas frapperait à sa porte, la panique grandissait doucement jusqu’à former une boule oppressante dans sa poitrine. Il ne s’agissait peut-être de rien de plus qu’un événement mineur à l’échelle de sa trop longue existence, mais il avait l’étrange et inquiétante certitude que cette toute petite ligne dans l’histoire de sa vie changerait inévitablement le reste du chapitre. Du roman tout entier, peut-être ! Indiscutablement, cette soirée serait importante pour lui en tout cas et il voulait que tout soit parfait. Mais puisqu’il était celui ayant été invité et non celui responsable de l’organisation, ses capacités à contrôler la situation se trouvaient considérablement limitées. Aussi avait-il choisi d’agir sur ce qui ne dépendait que de lui ce soir : lui-même. Et quoique ça n’ait rien de très surprenant lorsque l’on connaissait l’homme, il se trouvait actuellement dans sa chambre, avait dores et déjà vidé l’intégralité de son dressing tout autour de lui et ne trouvait pourtant toujours rien à se mettre. “Pauvre Gwendal…” souffla-t-il en lançant une énième chemise sur le sol derrière lui avant de se pencher sur un tas de vêtements à sa gauche pour inspecter une nouvelle fois cette pile pourtant déjà rejetée. Car bien sûr, il y avait de grandes chances que la tâche hautement épuisante de ranger ses affaires ne finissent par revenir à son tout nouvel assistant, désespérément trop zélé pour son propre bien. Et quoique Yerathel ait quelques scrupules à abuser de ses services, cela ne l’empêcha pas de continuer le carnage encore de longues minutes pour trouver la tenue parfaite pour ce soir.

Tout le reste - maquillage, coiffure et bijoux - était déjà en place, parfaitement disposé, parfaitement choisi. Il était resté particulièrement sobre, lui-même bien sûr, mais rien de trop extravagant et pourtant certain qu’il serait éblouissant si tant est qu’il trouve la tenue parfaite pour s’accorder. Mais il n’y arrivait pas, il ressentait beaucoup trop de pression à l’idée de ce rendez-vous et de toutes les implications qu’il devinait ou inventait. Et il y avait de quoi, n’est-ce pas ? Que se passerait-il si ce premier rendez-vous se passait si mal que ni l’un ni l’autre ne voudrait réitérer cette expérience désastreuse ? Ou bien, que se passerait-il si tout se déroulait parfaitement, mais qu’il ne ressentait jamais rien de plus pour Thomas qu’une profonde affection purement platonique et sans aucune ambiguïté ? Pire encore, qu’adviendrait-il de lui s’il tombait désespérément et irrémédiablement amoureux du jeune homme et que tout était soudainement gâché ou que Thomas ne lui retournait jamais ses sentiments ? N’importe quoi aurait pu arriver et cette première soirée donnerait probablement le ton de tout le reste de leur vie ensemble.

Depuis ce petit moment de bonheur fugace partagé chez lui quelques jours plus tôt, Yerathel avait à peine eu la force de penser à autre chose. Sans doute aurait-il abordé ce rencard avec beaucoup plus de maîtrise et de grâce s’il n’y avait pas eu toutes ces promesses incertaines pour aller avec. Et celle, surtout, que pour les siècles à venir - si tout se passait bien et qu’aucun incident d’échelle planétaire ne venait soudainement mettre fin à leurs vies - il aurait un compagnon à ses côtés pour supporter le lourd poids de l’immortalité. Malgré l’échange de promesses et de baisers, malgré les possibilités et l’excitation de la nouveauté, Yerathel devait bien admettre qu’à l’heure actuelle, il ne ressentait rien de plus pour Thomas qu’une certaine curiosité. Le jeune homme lui plaisait assez pour qu’il ait envie d’essayer et la solitude était partie intégrante de son existence depuis si longtemps que rien ne le mettait de meilleure humeur que de s’autoriser à croire un instant qu’il en était enfin libéré. Mais son coeur ne battait pas la chamade à chaque fois qu’il pensait à Thomas, il n’y avait pas eu de soudaine réalisation, de coup de foudre, rien de transcendant, en tout cas. Et c’était bien le plus angoissant, au final.

Au prix de quelques efforts et après de longues minutes supplémentaires à fouiller dans le désastre que représentait désormais sa chambre, l’homme trouva tout de même de quoi satisfaire son sens aiguisé du style et du drame, juste quelques secondes avant que quelques coups ne résonnent à sa porte. Il se figea aussitôt qu’il les entendit, se stoppant alors qu’il boutonnait distraitement sa chemise et ferma les yeux pour inspirer profondément. Même si les choses ne fonctionnaient pas entre eux de la façon dont il l’espérait, au moins aurait-il un ami à ses côtés pour le reste de sa vie, n’est-ce pas ? Ce fut, en tout cas, ce dont il essaya de se convaincre pour quelques secondes qu’il resta ainsi sans bouger afin de rassembler tout le courage dont il soit capable pour affronter cette soirée. Une fois presque calmé et presque rassuré, il ferma les trois derniers boutons de sa chemise et alla mettre fin au supplice de Thomas en lui ouvrant la porte. Juste avant d’en arriver là, Yerathel était parvenu au miracle de se parer d’un sourire joyeux et parfaitement convaincant, mais désespérément forcé et pourtant, lorsqu’il posa les yeux sur le jeune homme, son cœur manqua réellement un battement et son sourire devint presque immédiatement sincère. Pendant au moins deux secondes, il resta planté dans l’encadrement de la porte sans bouger ni parler, s’offrant le luxe de détailler le jeune homme de haut en bas et de profiter de l’improbable chaleur qui déferla tout à coup dans son corps et détendit ses muscles. Il secoua la tête en réalisant qu’il venait littéralement de bugger devant sa porte comme un crétin et se racla la gorge aussi discrètement et dignement que possible. “Bonsoir !” souffla-t-il aussi joyeusement qu’il y parvint. “Pile à l’heure, la soirée commence bien pour toi.” se moqua-t-il légèrement. “J’ai hâte de voir ce que tu me réserve pour la suite.” Un grand sourire étira ses lèvres et il était à peine contrôlé. Cette soirée serait peut-être déterminante pour lui, mais il était définitivement prêt à l’aborder avec les meilleures intentions au monde.

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Posté le Mar 4 Sep - 15:29
Pourquoi j'avais eu cette idée ? Pourquoi j'avais voulu de ce rendez-vous ? Parce que j'avais eu un mal fou à dormir cette nuit, j'avais bu tout ce que j'avais de sang chez moi pour m'assurer d'être le plus détendu possible. Et j'avais tourné en rond avant de passer une éternité sous ma douche pour me réveiller, en vain. Et ce qui était vain aussi, c'était de trouver quelque chose d'un minimum différent dans ma penderie pour lui. Il y avait rien. Pas la moindre choses qui pourrait faire de cette soirée une soirée différente. Sauf qu'il fallait qu'elle soit différente, car il l'était, même si je n'en avais pas pleinement conscience. J'avais donc abandonné mes chemises noirs pour sortir en ville, pour trouver un magasin avec une chemise qui change de ce que je portais et qui ne me faisait pas me sentir trop différent. Et c'était une torture. Soit c'était beaucoup trop coloré, soit beaucoup trop gay. Et je ne voulais pas être caricature, je voulais quelque chose qui change, qui soit moi et qui soit aussi pas à déplorer pour l'homme que je comptais retrouver ce soir. Après une éternité, je finis par trouver une chemise qui sorte à peu près du long, une chemise à plusieurs centaines de dollars qui avait le mérite de m'aller parfaitement. La prenant, j'étais rentré chez moi, soufflant de ne plus avoir à supporter tout ce monde autour de nous. Soufflant d'être enfin tranquille. Je repris une douche, à nouveau. Passant une éternité à me coiffer en me traitant de tout les noms d 'être aussi ridicule. Mais je n'étais plus sortie avec personne depuis bien trop longtemps pour ne pas être moins tendu. Je n'y pouvais rien. C'était ainsi. Tout comme je n'avais pas pu faire autrement que d'arriver une heure en avance chez lui. J'étais désespérant non ? J'étais tiré à quatre épingles, j'avais un jean, certes, mais la coupe était parfaite, mes chaussures était élégante, le genre que je mettais en concert, il y avait cette chemise, avec de la couleurs et des formes que je ne définissais pas et puis cette veste de costume que je ne mettais que trop rarement. J'avais même mit un bracelet, celui qu'Anya m'avait fait avec des chutes de cuir il y a bien des années. Je n'étais absolument pas détendu et durant l'heure qui suivit, je tournais en rond dans le hall.

Du moins ce fut le cas jusqu'à ce que l'heure n'arrive, jusqu'à ce que je rejoigne sa porte à laquelle je toquais le plus sobrement possible. Et l'attente fut encore terriblement longue. J'avais l'impression que cette porte ne s'ouvrirait jamais. J'avais l'impression que je m'étais fait bien trop d'idée. J'avais l'impression d'être complètement dans la merde. Pourtant il ouvrit, son sourire forçant le mien avant de me sentir un peu mieux en le voyant me détailler. Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi fébrile et heureux de me faire ainsi observé. Même si il y passa sans doute un peu trop de temps pour mon propre bien, mais fort heureusement pour moi, il finit par reprendre le cours de ses réflexion, me saluant avant de souligner le fait que je sois à l'heure, « C'est un miracle tu veux dire. », soufflais-je après m'être moi-même arraché à sa contemplation. C'était une injustice certaine de ne pas avoir le droit d'y toucher et j'étais beaucoup plus attaché à l'espoir de pouvoir un jour créer quelque chose de réel entre nous, la preuve étant, je n'avais touché personne depuis plus d'un mois, ce qui était un record personnel. Il était vraiment différent, même à mes yeux.

M'avançant pour rentrer, je me penchais sur lui pour l'embrasser chastement sur la joue - quoi que je sois bien trop proche de ses lèvres pour prétendre que je n'avais pas voulu m'y échouer- avant de le dépasser. Je jouais nerveusement avec mes doigts, alors que ce que j'avais préparé me semblait étrangement fort stupide, « T'enflammes pas trop non plus pour la suite. », déclarais-je en me tournant vers lui avec un sourire plus timide. J'ouvrais une nouvelle porte, une nouvelle partie de ma vie à cet homme ce soir, et je me demandais si finalement, aller au restaurant n'aurait pas été plus simple. Quoi que non, Nolen n'était pas simple. « T'es prêt ? », demandais-je même si clairement, en le détaillant à nouveau, je ne voyais rien pouvant lui manquer.« Enfin t'as l'air prêt, te vexes pas. », levant les yeux au ciel, j'aurais tué pour une bière, ou un verre, mais c'était pas le moment. « Je veux t'emmener quelque part et c'est pas très loin de chez toi. », continuais-je pour lui donner un indice ou je ne sais quoi qui pourrait l'aider. Il avait hâte, j'étais flippé, on allait pas aller loin comme ça.
 

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Posté le Mer 5 Sep - 20:01
Une éternité entière s’écoula au cours de laquelle les deux hommes restèrent quelque peu coincés sur le pas de la porte. Ce fut Thomas qui, le premier, mit fin à ce moment un peu gênant en prenant les devants pour s’inviter à l’intérieur, chose à laquelle l’occultiste n’avait même pas pris la peine de penser. Un sourire un peu plus mesuré s’étira alors qu’il sentit les lèvres du jeune homme se poser sur sa joue. Geste profondément ridicule qui fit pourtant battre son coeur un peu plus vite encore et le décida pour de bon à dire qu’il était définitivement prêt pour cette soirée. Il ne se souvenait même pas de la dernière fois que quelqu’un s’était montré aussi adorable. Et ce soir, entre ce baiser, la chemise colorée et le stress qui émanait si clairement, Thomas gagnait des points sans même essayer. Sourire aux lèvres, Yerathel referma la porte et tourna sur lui-même pour faire face au jeune homme, un peu surpris qu’ils doivent rester chez lui une minute de plus, mais pourtant parfaitement enclin à se laisser entièrement guider tout au long de la soirée. Il leva son regard plein d’impatience et d’excitation sur le pianiste, prêt à découvrir ce qu’il avait préparé et même si ce dernier chercha immédiatement à calmer ses ardeurs, il perdait définitivement son temps. “Oh, je t’en prie, quoique tu aies prévu, je suis sûr que ce sera parfait.” certifia l’occultiste en s’appuyant contre la porte d’entrée.

Il ressentait souvent cette gêne à être dans la même pièce que l’homme, ces temps-ci. Comme si, sous prétexte qu’ils avaient été plus physiques ces derniers temps, ils n’étaient plus autorisés à se tenir l’un près de l’autre sans se toucher. Et à l’heure actuelle, entre l’angoisse et le désir visible de Thomas à faire les choses biens, il n’était pas certain que ce soit une très bonne idée de mettre des bâtons dans les roues du jeune homme en tentant la moindre approche qui ne soit pas d’abord approuvée par ce dernier. Quoique cela aurait peut-être eu le mérite de les détendre un peu l’un comme l’autre, car en ce moment, il y avait une telle tension dans cette pièce qu’on avait un peu de mal à respirer correctement. Le regard de Yerathel se détacha brièvement du jeune homme pour se poser sur son bar, se demandant vaguement s’il avait le temps de proposer à Thomas de prendre un verre avant de partir. Ne rien savoir de cette soirée était pire que tout le reste. Y avait-il une réservation ? Allaient-ils manger ou seulement se promener quelque part ou voir un film ? Tant de questions restaient sans réponse. Et il n’en obtiendrait aucune à moins de poser la question, ce qu’il n’avait absolument pas envie de faire, tout simplement pour ne pas gâcher les surprises que Thomas devait s’être donné tant de mal à préparer pour lui.

Son attention fut sauvagement ramenée au pianiste alors que celui-ci lui demandait s’il était prêt, se corrigeant presque aussitôt. Le sourire de Yerathel s’intensifia considérablement, il jeta un regard sur sa propre tenue et secoua la tête doucement avant de se décider enfin à faire quelques pas pour s’approcher du jeune homme. Il posa une main sur son épaule, mais n’y resta pas plus de quelques secondes avant que ses doigts n’aillent courir lentement dans sa nuque, le libérant d’un peu d’angoisse au passage. Ce qui était franchement la pire idée que l’occultiste n’ait jamais eu, car il n’avait certainement pas besoin de ça pour être lui-même en plein malaise. “Détends-toi.” souffla-t-il quand même au travers de sa gorge plus nouée que jamais. “Tout va très bien. Je suis prêt et on peut y aller quand tu veux et où tu veux.” Il laissa sa main retomber contre sa hanche et inspira longuement en sentant un peu de tension le quitter au passage. Tant pis pour Thomas qui devait se prendre un douloureux retour de boomerang, mais ça faisait un bien fou de sentir ce poids disparaître au moins un peu. “Dès que tu es prêt, je suis prêt.” confirma-t-il une dernière fois avant de lui adresser un sourire encourageant.

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Posté le Jeu 6 Sep - 9:45
Dans ma tête, à la base c'était parfait, mais je commençais déjà à en douter à présent. Clairement, on allait faire quoi une fois qu'on y serait ? Rien. Bon ok, au restaurant aussi on aurait rien fait, si ce n'est parler, mais j'avais la pression, et cela commença à se sentir. J'étais stupide de lui demander si il était prêt, Nolen était toujours prêt et c'était évident que là... Bon il pouvait lui manquer une quatorzième couche, ou manquer un collier. Bref il pouvait manquer quelque chose. Et à en voir sa réaction, j'étais stupide. Il s'avança alors vers moi, un sourire aux lèvres avant de poser une main sur moi, une main qui se glissa rapidement sur ma nuque avant que je ne me sente un peu plus léger, un peu moins préoccupé. Souriant un peu plus facilement, malgré la tension qui semblait émaner de lui, je le regardais, je l'écoutais me dire que tout allait bien et qu'il était prêt à me suivre. Et puis il cessa de me toucher et une avalanche me tomba à nouveau dessus. Fermant les yeux pour accuser le coup, j'attendis que ça se calme, l'entendant parler, mais ne pouvant pas encore pleinement en profiter sans être sur ma réserve. Le stress de merder aujourd'hui était bien plus imposant que la douleur d'une faim . C'était stupide. Relevant les yeux vers lui, je forçais un sourire qui devint un peu plus naturel lorsque je fus de nouveau habitué à tout ça. « Alors on y va… », soufflais-je en glissant ma main dans la sienne pour l'attirer à ma suite. C'était le moment ou jamais sans doute, le moment de savoir si j'étais définitivement stupide ou non.

Sortir de son immeuble fut simple, traverser les quelques blocs qui nous séparaient de l'endroit voulu aussi, en revanche une fois devant, je me sentie un peu moins franc. Pourtant c'était stupide, mais le simple fait que ce soit quelque chose qui me plaise à moi et que fasse partie de cette part d'humanité à présent oublié m'angoissé. Mais j'y étais, je ne pouvais plus faire demi-tour. « Nous y voilà. », soufflais-je en lâchant sa main pour avancer sur les marches de l'immeuble que l'on pouvait deviner si ancien qu'il avait du traverser les âges. Nous étions en face de l'école de musique qui m'avait formé quand nous étions arrivée à San Francisco, une école qui avait depuis fermé, mais dont j'avais su obtenir les clés pour la soirée en accord avec l'ancienne directrice. Le bâtiment n'était pas à l'abandon, la femme à qui il appartenait continué de croire qu'elle un jour le faire renaître et elle restait persuadé que tant que des gens préservaient l'endroit, il y aurait toujours un espoir.

Sortant les clés, j'ouvris la porte avant de l'inviter à rentrer sans pour autant fermer la porte, attendant que intervenant n'arrive avec visiblement du retard pour me donner un sac et se faire congédier sans la moindre sympathie. Une fois notre repas en main, j'avais refermé la porte, mon visage fermé s'illuminant de nouveau en le voyant. Il faisait presque noir, mais les lumières de la ville filtraient à travers les carreaux des fenêtres. Je n'eus que quelques pas à faire pour trouver les interrupteur encore d'époque et faire d'un endroit encore nappé dans l'obscurité, un endroit magique. Du moins pour moi. « C'était un ancien Opéra reconverti en école de musique il y a quarante ans. », lui expliquais-je en me détachant du mur pour faire quelques pas dans le hall pour regarder les plafond qui me semblaient toujours aussi grand. « C'est ici que j'ai continué à apprendre la musique quand on a déménager. Du coup c'est un peu grâce à ici que j'ai fini sur Youtube et tu connais la suite. », déclarais-je timidement en baissant les yeux vers lui.

Je m'approchais à nouveau, glissant ma main dans la sienne avant de l'attirer dans un couloir qui donna rapidement sur la salle ou il y a encore quelques décennies, des opéras se jouaient ici. « Imagine dix gosses et ado jouer dans ça pour les spectacle de fin d'année… C'était le feu. », surtout quand il y avait qu'une dizaine de parent dans la moitié s'ennuyait en face. Le lachant j'avançais pour rejoindre la scène ou j'abandonnais enfin le sac avant de le regarder, « T'as sans doute du en voir des plus impressionnant, je me trompe ? », c'était stupide d'être venu ici. Pourquoi j'avais fait ça au juste ? Bien sur que c'était ridicule comme endroit, surtout pour un premier rendez-vous. J'aurais du réfléchir. Vraiment. Genre la plage aurait déjà eu plus d'intérêt que ça.
 

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Posté le Ven 7 Sep - 19:22
Pour un court moment de flottement, alors que l’occultiste sentait l’angoisse revenir plus forte chez Thomas, il se sentit un peu coupable de lui avoir fait ça. Un court moment, seulement, car aussitôt que la main du jeune homme se glissa dans la sienne, sans qu’il n’y ait la moindre magie d’impliquée cette fois, ce fut au tour de Yerathel de se sentir un peu plus calme. Rien de très miraculeux, mais il avait sincèrement hâte que cette soirée ne commence et puis… chaque fois que le jeune homme le touchait de cette façon très timide et toujours très sage, il sentait l’improbable nuée de papillons ayant élu domicile dans son ventre prendre son envol et il n’y avait pas de sentiment plus agréable au monde. Alors, profitant de cette sensation nouvelle et délicieuse, Yerathel se laissa guider hors de son appartement puis dans les rues de San Francisco, ses doigts toujours fermement accrochés à ceux de Thomas. Du moins jusqu’à ce que le jeune homme ne les arrête devant un bâtiment à l’air particulièrement abandonné, lâchant sa main pour sortir un trousseau de clés dont il se servit pour déverrouiller la porte. Surpris, perplexe, l’occultiste ne fit pourtant aucune remarque et suivit docilement à l’intérieur, laissant son regard découvrir peu à peu les lieux et le plan de la soirée.

Il resta presque effacé jusqu’à ce qu’ils ne se retrouvent de nouveau seuls, plantés au milieu de la scène de ce qui avait été autrefois un opéra, comme le lui avait expliqué Thomas et avait été transformé depuis en école de musique où le jeune homme avait passé une bonne partie de son enfance. Un moment, Yerathel observa l’endroit depuis la scène, se laissant absorber par chaque détail alors qu’un sourire de plus en plus large prenait place sur ses lèvres. “C’est magnifique.” affirma-t-il en reposant les yeux sur le jeune homme. Certes, il en avait vu de bien plus beaux et de bien plus grands au cours de sa très longue vie et après des siècles passés en Europe à une époque où ces bâtiments venaient tout juste d’être inaugurés. Mais le décor n’avait d’importance que parce qu’il représentait quelque chose d’important pour Thomas et qu’il avait choisi de partager cela avec lui. Sentant l’angoisse du musicien toujours bien trop présente à son goût, il s’approcha finalement et reprit sa main dans la sienne, son sourire toujours immense vissé aux lèvres. Il glissa sa main libre sur la joue de Thomas et se pencha sur lui pour l’embrasser longuement, dans l’espoir qu’il se calme un peu en réalisant que l’occultiste était réellement ravi d’être ici avec lui. Il n’était pas à bout de souffle quand il s’éloigna, mais tout de même un peu plus léger encore qu’il n’aurait dû l’être pour un simple baiser. “Je sais que j’aurais dû attendre la fin de ce rendez-vous pour en arriver là, mais… C’est vraiment un endroit exceptionnel et tu es vraiment un homme exceptionnel.” souffla-t-il.

Il se détacha pour de bon après ces quelques mots et s’installa à même le sol de la scène, levant son regard sur Thomas sans rien perdre de son air joyeux. “Alors !” lança-t-il, plus fort cette fois. “Qu’est-ce que tu caches dans ce sac ? Si tu espères un autre baiser et un autre rendez-vous après celui-là, je te conseille de me répondre de la nourriture, parce que je meurs de faim et que je ne peux pas penser à grand chose de plus incroyable et romantique qu’un petit pique-nique improvisé sur la scène d’un opéra !” Il exagérait peut-être un peu à ce sujet, mais il préférait cent fois cette idée que d’aller dîner dans un grand restaurant et s’enfermer ensuite dans une salle sombre d’un cinéma quelconque avec une centaine d’autres gens et aucune intimité digne de ce nom. Il avait à la fois attendu tellement de choses et rien du tout de ce rendez-vous et même sans savoir à quoi s’attendre, Thomas avait réussi à dépasser toutes ses espérances. La soirée s’annonçait définitivement excellente. Si tant est que le jeune homme parvienne à se détendre un peu.

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Posté le Dim 9 Sep - 23:31
Magnifique ? C’était une bonne réponse ça non ? C’était une bonne chose, non ? Visiblement, car il traversa l’espace pour me rejoindre, pour m’embrasser. Mon coeur s’emballa un instant avant que je ne pose ma main sur sa nuque dans l’espoir de prolonger un peu plus longtemps ce baiser, ce qui me fut refuser lorsqu’il recula. Me frustrant dans un temps, ses mots finirent par trouver un chemin fort agréable qui me détendit un peu plus, quoi que cela soit sans doute un peu présomptueux ou arrogant de penser ainsi. Ou de me laisser penser ainsi. Mais si il trouvait l’endroit exceptionnel et moi avec je n’allais sans doute pas m’en plaindre. Souriant doucement, j’aurais volontiers replongé sur ses lèvres si seulement il n’avait pas déjà de nouveau décidé de bouger. « Tu en doutais encore ? », soufflais-je simplement en le voyant rejoindre le sol pour s’y asseoir et me demander ce que j’avais en main depuis que nous étions arrivé ici. La suite me fit sourire, sans doute un peu trop alors que je me penchais pour déposer plusieurs petit plateau de sushi, sashimi et maki sur le sol, repliant le sac pour lui faire subir le même sort et poser les baguettes et le reste dessus. « Je savais pas combien de temps on allait passer avant qu’on doive te nourrir… », soufflais-je pour expliquer la raison d’un repas froid et pas forcement aussi bon que dans un restaurant si nous y avions été.

Ne m’asseyant pas immédiatement, je fis quelques pas pour rejoindre l’arrière de la scène et revenir avec deux verres et une bouteille de champagne M’asseyant seulement, je posais les verre sur le sol avant de déboucher la bouteille et de faire voler le bouchons un peu plus loin. Il fallait fêter ce premier rendez-vous non ? « Le supplément champagne c’est combien en plus ? », soufflais-je avant de reposer la bouteille sur le plancher et de tendre ma coupe devant moi pour initier un toast, « À ce premier rendez-vous. », en espérant qu’il y en ait d’autre après celui là, qu’il y en ait suffisamment pour qu’un jour l’on ne soit plus juste deux inconnus devant vivre ensemble. Sans doute me posais-je trop de question, mais il y avait vraiment quelque chose avec lui. J’étais confiant, je n’avais pas besoin de me poser un million de question et même si c’était le cas, sa nature, celui qu’il était suffisait à me rappeler que je ne craignais rien. Nolen ne me briserait pas, jamais, je voulais y croire, je voulais me dire que je n’aurais pas besoin de perdre continuellement des êtres sans jamais pouvoir me retourner, sans jamais avoir quelqu’un sur qui compter, quelqu’un vers qui aller quand vraiment je ne pouvais plus.

Et avant de réellement réaliser, j’avais posé mon regard sur lui, un sourire sans doute idiot sur lui. J’aimais le voir ainsi. J’aimais le voir joyeux et je regrettais amèrement de l’avoir si durement malmené sans raison durant tant d’année. Enfin si il y avait des raison, la crainte et la peur de voir quelqu’un m’approcher suffisamment pour m’y attacher était trop grande. Mais il ne mourrait pas, à moins qu’on l’y force. Il ne mourrait pas. Il resterait vivant et il était à moi, enfin il le serait. Reprenant le contacte avec la réalité, je secouais un peu la tête pour ne pas trop m’arrêter sur lui et passer pour un idiot. « J’ai prit de tout, c’est un maitre Sushi de Downtown, ils sont excellent en vrai, mais à emporter c’est pas exactement pareil, c’est pour ça qu’il ne livre pas, et que j’ai du lui faire les yeux doux pour ça. » et qu’on mangeait sans doute quelque chose ne dessous de la véritable qualité. « Du coup on doit s’embrasser encore au moins trois fois et avoir trois autre rendez-vous non ? », demandais-je dans un sourire assuré, la tension disparaissant à mesure que je me reprenais.

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Posté le Mer 12 Sep - 5:25
Sous le regard amusé de l’occultiste, une bien trop large collection de plateaux sushis furent disposés sur le sol devant lui, faisant grandir son sourire un peu plus à chaque seconde. Ou peut-être ce sourire tenait davantage à la façon qu’avait Thomas de se justifier sur ce choix. Il manquait tellement d’assurance, ce soir, contrastait tellement avec l’homme dont Yerathel avait l’habitude… Il dut bien admettre, alors que le jeune homme disparaissait pour revenir avec une bouteille de champagne juste un instant plus tard, que le petit con ne lui manquait pas tellement. Quoique l’occultiste ne soit pas spécialement lui-même ce soir non plus, incroyablement silencieux à observer le moindre geste de Thomas avec un tout petit peu trop d’intérêt. Il prit sa propre coupe de champagne, la faisant tinter légèrement contre celle du pianiste et s’autorisa ses premiers mots depuis de longues minutes. “En espérant que ce ne soit que le premier d’une longue série.” Il était soulagé que son ton conserve sa légèreté habituelle et aucune trace de la moindre angoisse qui puisse réellement exister en ce moment. Il n’y avait aucune raison que ce rendez-vous ne se passe mal, après tout, ils passaient du temps ensemble plus régulièrement que ne le laissait croire l’état de leur relation quelques semaines plus tôt. Il y avait quelque chose de plus sérieux ce soir, certes, mais ça ne serait un désastre que s’ils laissaient faire et Yerathel n’en avait aucune intention.

Raison pour laquelle, tandis que Thomas reprenait ses bavardages sur les sushis comme s’il n’avait jamais eu de pire idée au monde, l’occultiste avala une gorgée d’alcool en levant les yeux au ciel et dès que le jeune homme accepta de se taire, il reposa sa coupe sur le sol et retrouva les lèvres de Thomas. Ça n’était pas vraiment comme ça qu’il espérait passer cette soirée, une part de lui aurait sincèrement adoré voir le pianiste se donner du mal pour le séduire tandis qu’il n’aurait rien fait d’autre que de se montrer difficile, mais… Si Thomas n’acceptait pas de se détendre un instant, il allait finir par devenir dingue à son tour. Et ses dernières expériences prouvaient qu’un baiser avait plus de poids sur le jeune homme que n’importe quelle parole réconfortante. “Ca en fait déjà un.” souffla-t-il lorsqu’il s’éloigna enfin. “Sois sage et t’auras peut-être les deux derniers ce soir.” ajouta-t-il en s’éloignant encore un peu pour se pencher sur les sushis exposés devant eux. Il y avait l’embarras du choix et Yerathel ne se gêna pas pour attraper une paire de baguettes et piocher dans un plateau de makis. “Les yeux doux, tu dis ?” demanda-t-il finalement, relevant son regard suspicieux vers l’homme. “J’espère que tu n’as pas promis monts et merveilles à ce pauvre homme, parce que je ne suis pas trop d’humeur à partager, même pour des sushis.” Ils avaient plus ou moins convenus que ce qui se passait en ce moment entre eux, quoique ce soit exactement, serait exclusif, n’est-ce pas ? Et cette piqûre de rappel n’était peut-être pas entièrement nécessaire, mais l’assurance habituelle de l’occultiste disparaissait totalement quand il s’agissait de l’habitude de Thomas à multiplier les conquêtes. Le musicien semblait vouloir se donner du mal pour que ça fonctionne entre eux, preuve en était ce soir, ça ne changeait rien au fait qu’on se transformait difficilement du jour au lendemain.

Le silence qui suivit fit regretter à Yerathel de n’avoir aucun don lui permettant d'accélérer le temps pour passer directement à la fin de ce rendez-vous. Non pas qu’il n’appréciait pas être ici, bien au contraire, mais la perspective de devoir faire la conversation avec un Thomas sur les nerfs se révélait affreusement difficile tout à coup. “Tu as suivi des cours de musique ici, alors ?” demanda-t-il finalement, désignant le large espace autour d’eux d’un signe de la main. Autant commencer simple, n’est-ce pas ? “T’as toujours su que tu voulais devenir musicien ?” Il manquait peut-être un peu - beaucoup - d’aisance et ses questions ne volaient pas bien haut. Au point qu’il se sentit rapidement ridicule et eut à subir le retour de l’angoisse de plein fouet. “Désolé, je n’ai plus l’habitude de ce genre de rendez-vous.” admit-il en baissant les yeux, se jetant de nouveau sur sa coupe de champagne avec le vain espoir qu’un peu d’alcool l’aiderait. Ce qui, hélas, ne serait probablement pas le cas…

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Posté le Mer 12 Sep - 12:25
J'espérais réellement que ce soit le premier qu'une longue série, mais cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vraiment trouvé quelqu'un que je voulais aimer, quelqu'un avec qui je voulais que ça aille. Et je devais tellement transpirer l'angoisse que Nolen finit par m'embrasser, faisant battre un peu plus fort mon coeur et m'arrachant un sourire. Si je n'avais le droit qu'à ça toute mon existence, je pense que je saurais l'accepter. Je saurais m'y faire, car c'était lui. Car même si ca me semblait terriblement cruel de chercher ça, il avait ce pouvoir sur moi, il réussissait ce que je ne croyais plus possible. Il me changeait, ou il me rendait humain, de nouveau moi-même peut-être. Mon sourire resta à sa place quant il s'éloigna de moi, souligna qu'il s'agissait du premier et que les deux autres suivraient peut-être en fin de soirée. Reportant mon attention sur la nourriture, je prenais un premier sashimi avant qu'il ne parle de comment j'avais obtenu ce repas. Le fait qu'il ne veuille pas partager me faisant me sentir sans doute un peu moins seul, je répondis dans un sourire, « De l'argent rien de plus... J'ai pas vraiment envie de quelqu'un d'autre dans ma vie, j'ai déjà plus que je n'aurais pu l'espérer. », bon, j'étais pas parfaitement persuadé qu'il faille dire ça maintenant, mais le fait est que je n'avais plus couché avec d'autres personne depuis une éternité, et ce n'était pas sans raison.

Et puis le silence, ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait ça que je me sentais soudainement très stupide. Quoi dire ? Comment faire ? Le pain béni n'était plus présent autour de moi et je devais m'en sortir seul. Heureusement pour moi, il m'aida encore une fois, demandant si j'avais bien apprit ici avant de me demander si j'avais toujours voulu être musicien. Mais avant d'avoir pu prononcer une seule réponse, il s'excusa, avouant qu'il n'avait plus l'habitude de ce genre de rendez-vous. C'était que ça lui tenait à coeur si c'était le cas, je n'étais donc pas le seul, c'était rassurant, « Si ça peut te rassurer, ca fait 16 ans que j'ai pas dragué quelqu'un et je me sens ridicule. », avouais-je avant de regarder devant moi, un sourire bien trop franc sur le visage.

« Quand j'ai été adopté j'avais du mal avec mes parents, je pensais sans arrêt qu'ils allaient m'abandonner eux aussi et j'étais insupportable, je voulais pas apprendre l'anglais, je voulais pas aller à l'école. Ils ont essayé de me faire du sport, du dessin, mais je me braquais sur tout. », j'en avais fait pleurer ma mère qui à l'époque avait autre chose à pensé que mes problèmes. « Et puis ils m'ont inscrit en musique et ça a tout changer. La colère, la douleur, tout ça je pouvais enfin l'exprimer et je n'ai plus voulu faire autre chose. Après mon lycée, j'avais été clair sur le fait que je ne ferais pas d'étude supérieur, je voulais juste de la musique, surtout que c'était devenu la seule chose qui ne me fasse pas souffrir. », étant donné que j'étais devenu autre chose entre deux. « Et t'imagines pas ce que ça faisait de se tenir ici, face à un piano, en voyant une salle aussi grande. C'était extraordinaire de pouvoir apprendre ici. », ma voix portait toute la nostalgie que j'avais pour ces lieux, pour les souvenir que j'y portais. Tournant la tête vers lui, je demandais avec un peu plus d'intérêt, « T'as déjà vu des Opéras ? Genre les vrai, dans des vrais salle ? Question idiote, bien sur que oui ! T'as vu quoi ? C'était aussi grandiose que ce qu'on rejoue aujourd'hui ? », entendre la musique telle qu'elle avait été composé devait rendre bien différemment.

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Posté le Lun 17 Sep - 13:25
Un grand sourire s’installa sur ses lèvres sans que Yerathel ne puisse rien y faire. Il y avait effectivement quelque chose de rassurant à se dire qu’il n’était pas le seul à patauger complètement en ce moment, à faire un effort pour la première fois depuis une éternité quoique ce concept n’ait pas la même valeur pour l’un et pour l’autre. Mais au moins avait-il un peu moins de chances de se ridiculiser totalement si Thomas ne savait pas réellement à quoi s’attendre. Car après tout, quel âge devait-il avoir, seize ans plus tôt ? Même pas celui de réellement sortir avec quelqu’un, en fait. Clairement, c’était presque comme un premier rencard tout court pour lui ce soir. “Ça me rassure légèrement.” confirma l’occultiste, ravalant difficilement son sourire avant de laisser tout le temps à Thomas de s’exprimer sur la question qu’il venait de lui poser. Il fut surpris, à la fois par la facilité avec laquelle le jeune homme acceptait de répondre, de se dévoiler, que par la réponse en elle-même et il réalisa plus que jamais que malgré cinq années à se fréquenter assidûment, il y avait encore tellement de chose qu’ils ne savaient pas l’un sur l’autre. Vaguement, Yerathel regarda autour de lui quand le jeune homme parla de ce que ça faisait d’apprendre la musique ici, de jouer un décor aussi impressionnant depuis toujours et il n’en avait effectivement aucune idée. Mais il se souvenait vaguement de quelques soirées passées dans des endroits plus grandioses, en tant que simple spectateur ou moins que ça encore et du sentiment incroyable qu’il avait depuis la foule.

“J’ai passé plusieurs siècles en Europe.” admit-il en reposant son regard sur Thomas. “À une époque où ces bâtiments étaient inaugurés ou les morceaux les plus célèbres joués pour la première fois…” Un sourire plus lointain prit place sur ses lèvres. “Mais c’était il y a tellement longtemps que je dois admettre que c’est un peu flou. Et puis, les choses étaient différentes à l’époque. J’étais un étranger sorti de nul part, sans le moindre talent musical. J’ai changé des bougies pendant les entractes et accompagné quelques invités ou musiciens en tant que serviteur, guère plus. C’était déjà incroyable pour moi de pouvoir entendre la musique depuis les coulisses, mais j’ai de plus en plus de mal à me souvenir d’une soirée en particulier.” souffla-t-il, oscillant dangereusement entre nostalgie et tristesse pure et simple. Il ne passait sans doute pas assez de temps à repenser à toutes ces années et ne parvenait certainement pas à conjurer un souvenir précis à cet instant, presque sous pression par la demande de Thomas.

“C’est plus simple maintenant qu’on a les vidéos,” reprit-il plus joyeusement, se forçant à dissiper les quelques flash qui acceptaient de remonter à sa mémoire malgré tout, “quoi qu’il arrive, je me souviendrais de ta première fois sur scène aussi longtemps qu’il existera une forme de technologie capable de lire des vidéos youtube.” conclut-il en frappant doucement l’épaule de Thomas de la sienne, entretenant vaguement l’espoir que parler de lui suffirait à détourner efficacement la conversation. Il commençait à apprendre, hélas, que l’égocentrisme que Thomas présentait au monde depuis quelques années n’allait qu’assez peu au-delà d’une simple façade et probablement qu’il n’en aurait pas autant besoin ce soir. De qui aurait-il eu à se protéger en ce moment, après tout ?

“J’ai quelques vieilles partitions chez moi, que j’ai pu récupérer à l’époque, je te les montrerai un jour, si tu veux.” proposa-t-il finalement, avant de se décider à mettre un terme définitif à cette conversation sur son passé. “À quel âge tu es arrivé aux Etats-Unis, finalement ?” demanda-t-il, préférant largement laisser s’exprimer sa curiosité au sujet de Thomas que de remuer son propre passé. Et après toutes ces années, il méritait bien d’en savoir davantage sur lui, n’est-ce pas ? Plus ils apprenaient à se connaître, moins l’image que Thomas renvoyait ne semblait coller à la réalité et d’une étrange manière, Yerathel se sentait presque chanceux de pouvoir enfin regarder sous le masque.

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Posté le Mar 18 Sep - 13:25
Je n'arrivais pas à imaginer Nolen autrement que comme aujourd'hui et l'entendre dire qu'il n'avait pas été ainsi depuis sa naissance avait quelque chose d'étrange, même si je reconnaissais assez facilement que j'aurais tout donné moi aussi pour entendre un génie jouer. J'aurais été capable de passer le balais pour une minute de Mozart. Et oublier me semblait terriblement injuste. Pourquoi la musique ne pouvait pas resté éternellement gravé dans nos esprits ? Pourquoi l'on ne pouvait pas vivre à jamais avec de telles mélodies en tête ? Pourquoi les choses devaient un jour tout faire disparaître. Je restais là, un instant perdu dans mes pensées, essayant d'imaginer ce qu'aurait été ma vie si j'étais né à cette époque. Comment aurais-je pu ne serais-ce que toucher un piano ? Je serais né dans les même conditions et l'on ne laissait pas un enfant sans famille apprendre la musique. Finalement il me ramena sur terre en disant qu'il se souviendrait de ma première fois sur scène aussi longtemps qu'il pourrait regarder des vidéos Youtube. Mon sourire se fit plus grand alors qu'il me bousculait légèrement, « Tu seras aussi le seul qui pourra m'entendre jouer même quand tout sera fini. », je savais qu'il ne s'agissait que d'un sacrifice pour notre vie, je savais que je pourrais toujours jouer, mais l'on ne me verrait plus, je serais de nouveau invisible. C'était étrange de se dire que toute ma vie allait finir par s'arrêter, que tout ne serait jamais plus qu'une vague impression de déjà vu.

Et puis il parla de me montrer de vieilles partitions qu'il avait récupéré à l'époque et le peu de nostalgie que j'avais s'envola pour laisser place à une certaine excitation. « Des originales, enfin je veux dire il y a des notes dessus ? C'était des copies pour les opéras ou vraiment celles qu'ils ont écrites eux ? », car on avait tendance à simplifier les œuvres car c'était censé sonner pareil et au final, on dénaturé tout. Il me posa alors une question qui me prit un peu de court, à quel âge j'étais arrivé aux États-Unis. Je ne m'y étais pas attendu, pensant que l'on pourrait continuer sur la musique et ce qu'il avait vu et pas sur moi. Le sujet me passionnant clairement moins soyons honnête. « Euh, je suis arrivé à 9 ans ici, enfin à New York. », répondis-je un peu plus calmement en me disant qu'on en avait jamais réellement parlé. « Mais j'ai été abandonné à 7 ans, enfin officiellement, avant je vivais de ce que je trouvais dans la rue ou de ce que ma tante voulait bien me donner en reste. Elle avait ses propres enfants à nourrir alors j'étais pas la priorité. », et j'étais devenu sacrément con à cause de ça, à cause de cette peur que j'avais eu de perdre encore un peu plus le droit d'exister. Secouant légèrement la tête, je souris de nouveau, « Tu sais que c'est frustrant de me demander de parler de moi quand je meurs littéralement d'envie de savoir qui tu as entendu, ce que tu as chez toi et j'en passe ?! », mais il avait ses raisons, sans doutes. C'est juste que repenser à cette époque était un peu plus complexe que je ne l'aurais cru.

« Je suis resté jusqu'à mes 8 ans en République Tchèque, après j'ai passé un an en Angleterre, ce qui veut dire que j'ai mit 4 ans à parler Anglais volontairement, j'aurais sans doute mit un peu plus de temps si je n'avais pas eu la musique dans ma vie. », mais pourquoi apprendre une langue si on était persuadé que ça ne me servirait jamais... C'était problématique. Mais j'avais dépassé ça, je m'étais épanouie avant de sombrer, mais même là, il me restait la musique. « T'as déjà été en République Tchèque ? », demandais-je un peu soudainement, mais cherchant à savoir si il avait un jour mit les pieds dans le pays de mon enfance. Sans doute cela n'avait-il pas la même saveur, l'architecture pouvant être différente, la vie et le pays aussi finalement. Avait-il un jour connu mon pays avec ses yeux à lui, avec un autre regard que celui d'un enfant désabusé qui craignait de devoir un jour y remettre les pieds. « T'es né ou ? », demandais-je finalement, me demandant si le pays existait ne serait-ce qu'encore un peu après tant de siècle. Stupidement je pensais à l'Asie, ignorant le fait qu'il aurait pu tout simplement hérité de la génétique de ses parents sans jamais avoir eu à mettre les pieds dans un de ces pays. Il y avait tellement de question que j'avais à lui poser en fait, mais beaucoup trop me semblaient interdite, comme si lui demander quoi que ce soit serait dangereux, ou douloureux pour lui. Je doutais qu'une vie à fuir ou se cacher n'était pas une vie agréable, mais il n'en restait pas moins qu'il était un mystère que je n'avais peut-être pas le droit de forcé. « Comment tu trouves la nourriture au fait ? Ne me dit pas que c'est comme ce que tu manges ailleurs sinon je t'attaques avec des baguettes ! », déclarais-je faussement plus enjoué, comme pour ouvrir une porte pour le laisser fuir. Je ne connaissais pas les limites de son silence, et j'avais peur de le perdre si j'allais trop loin.

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Posté le Mar 18 Sep - 18:24
Par chance, ce ne fut pas très compliqué de détourner l’attention de Thomas vers autre chose que quelques souvenirs difficiles à rassembler. Bien sûr, sa passion pour la musique n’avait jamais été feinte et il continua de s’accrocher encore un peu après que Yerathel ait parlé des partitions, mais il n’avait aucune envie de s’étaler davantage sur cela et il ne se forcerait pas. S’ouvrir réellement était toujours un peu compliqué. L’occultiste s’efforçait pourtant de faire confiance à Thomas, de toutes ses forces, mais il persistait une crainte, une hésitation. Tout cela restait, à ses yeux du moins, trop beau pour être parfaitement vrai. Aussi repoussa-t-il les dernières questions musicales du jeune homme en lui offrant plutôt un petit air plein de promesses et il comptait réellement lui montrer, plus tard, toutes les partitions de sa collection. Il changea finalement de sujet, revenant à la charge avec des questions concernant Thomas plus directement et eut le plaisir de le voir consentir à changer de sujet pour au moins un instant. En attendant quelques explications, il retourna piocher distraitement dans le plateau disposé devant eux, sans même prêter attention à ce qu’il choisissait. Il eut à peine le temps d’avaler le sushi que déjà, il regretta un peu d’avoir posé la moindre question. Il aurait dû se douter, pourtant, que cette histoire n’aurait rien de très joyeux. Il reposa ses baguettes en avalant difficilement et glissa une main dans celle du jeune homme au moment où il terminait de faire un bref résumé de ce qu’avait été sa vie avant d’être adopté. “J’y suis passé brièvement, oui. Quand ça n’était pas encore tout à fait un pays.” souffla-t-il en observant le profil du jeune homme un moment.

Thomas y arrivait très bien, lui. À se confier sur son passé, sur ce qu’il était réellement. Et pourtant, même la simple idée de parler d’où il était né, de ce qu’il avait été avant de mettre les pieds à San Francisco, continuait de coincer pour Yerathel. Il pressa la main de Thomas un peu plus fort dans la sienne, continuant de l’observer avec attention en essayant de se convaincre qu’il n’y avait aucun piège dans toute cette histoire. Que cet homme serait réellement à lui, peut-être pas pour toujours, mais au moins assez longtemps pour qu’il puisse se permettre de lui faire confiance. Il avait envie d’y croire, réellement. Il sursauta légèrement quand le jeune homme posa une autre question, réalisant tout à coup que le silence qu’il venait de laisser s’installer devait laisser entendre qu’il ne comptait pas répondre à la moindre question personnelle et cette idée lui serra le coeur brièvement. Il secoua la tête doucement et se redressa. “C’est très bon, vraiment.” lâcha-t-il avant de se racler la gorge dans l’espoir de se redonner un air un peu plus concentré. Il hésita une seconde encore et finit par détacher son regard de Thomas. “Je suis né en Thaïlande.” avoua-t-il au bout d’un moment, sans parvenir réellement à user d’une voix plus tranquille. “C’était bien après que les dernières cités soient tombées, ma mère était originaire du coin, mais pas mon père. Elle s’est cachée là après sa mort pour accoucher tranquillement sans qu’aucun Traqueur ne la retrouve. Et puis, on y est resté finalement, jusqu’à sa mort.”

Il n’en avait pas dit autant sur sa propre vie depuis Nakula. Pensée qui suffit à lui donner un affreux vertige. Ses doigts se crispèrent encore un peu plus sur la main de l’homme et il ferma les yeux le temps d’une inspiration. Thomas n’avait rien à voir avec le jeune indonésien, s’encouragea-t-il doucement. Et même s’il l’était, même s’il lui brisait le coeur lui aussi, il pourrait finalement ouvrir un peu plus sa palette de prénoms à l’avenir, alterner une décennie sur deux entre le N et le T. Cette plaisanterie lui arracha un bref sourire. “Elle est morte quand j’avais quatorze ou quinze ans, je crois.” souffla-t-il quand il eut réussi à ravaler son sourire. “Des Traqueurs. Après ça, j’ai vécu quelques années en Indonésie jusqu’à ce qu’ils retrouvent ma trace.” Un rire un peu plus amère lui échappa à ces mots. Il s’étonnait tout seul d’être parvenu à présenter les choses aussi… sobrement. “Et puis, il y a eu des siècles et des siècles encore, je n’aurais pas assez de toute une vie pour tout te raconter et je ne crois même pas que je m’en souviens assez pour essayer. J’ai complètement oublié le visage de ma propre mère, alors imagine tout le reste…” Il fit un vague geste de la main, comme pour signifier que tout cela n’avait aucune importance et après tout, ça n’en avait pas tellement. La vie continuait d’avancer et lui avec, il le fallait bien.

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Posté le Mar 18 Sep - 23:03
Connaitre mon pays alors qu’il n’avait pas encore été formé, c’était étrange de ce dire que quelqu’un pouvait connaitre et remonter aussi loin. Et c’est avec la même étrangeté que je finis par poser une question que je devinais très rapidement être de trop au vu du silence qui suivit. Il ne parlait jamais réellement de lui, il rejetait tout ce qui pouvait s’approcher de lui et je venais de chercher à forcer l’entrée. Regrettant assez rapidement, j’avais ouvert une porte de sortie, reparlant de la nourriture qu’il finit par juger très bonne avant de me prendre à contre pied pour me répondre. La Thaïlande. Je n’avais jamais foutu un pied en Asie, je savais simplement ce qu’on racontait sur le pays, ce qu’on pouvait dire. J’en savais sans doute bien plus en cet instant que depuis le début de notre relation, mais il décida de me prendre à nouveau de court, parlant de sa vie, de son père, de sa mère qui avait du accouché seule alors que son mari était mort. De cette femme qui avait fini par perdre la vie alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Il avait vécu dans la peur, se faisant traquer jusqu’à réussir à s’enfuir. Vivre une éternité en sachant que sa vie avait aussi mal commencé, y avait-il une justice ? J’en doutais très sérieusement, perdre sa mère en l’ayant connu, devoir fuir ainsi pour sauver sa peau. Il n’y avait rien de cohérent, rien d’humain à tout cela. Et le simple fait qu’aujourd’hui, il ne soit plus en mesure de se rappeler le visage de sa propre mère en était la preuve. Il y avait des injustices que le monde ne pouvait pas effacer, des injustices assombrissant et alourdissant le coeur de l’homme à qui je tenais compagnie aujourd’hui. « Désolé… Je voulais pas… J’ai tendance à oublier le monde dans lequel on vit à croire que j’ai traversé tout les malheurs du monde. », soufflais-je dans un sourire un peu faux.

Me tournant vers lui, je glissais une main sur son visage, le caressant du bout des doigts, je le regardais longuement avant de finalement me pencher sur lui pour l’embrasser avec toute la douceur dont je pouvais faire preuve. Je n’aurais sans doute jamais les mots, ni même la moindre idée de quoi dire et quoi faire pour l’aider, mais je pouvais au moins lui démontrer qu’il n’était pas seul, que quand bien même tout ça était nouveau, récent et encore informel, je pouvais être là, que je le serais quand bien même cela pouvait lui être difficile. Je ne voulais pas lui imposer la moindre douleur qu’il ne saurait accuser, ni même aborder. Je voulais l’aider, être là. Libérant ses lèvres alors que l’oxygène venait à me manquer, je murmurais contre ses lèvres, « Slibuju ti, že neodejdu. », un sourire timide prenant vite sa place sur mes lèvres alors que je reprenais en un anglais beaucoup plus compréhensible, « L’Anglais restera définitivement plus approprié à la moindre déclaration. ». Retrouvant ses lèvres le temps d’un baiser chaste, je m’éloignais de nouveau, sa main toujours dans la sienne.

J’imaginais que s’ouvrir aux autres ne devait pas être la chose la plus agréable à vivre pour lui, le monde ayant sans doute mit sur sa route un nombre incalculable de piège et le faire a quelqu’un comme moi dont il avait vu les pires facettes ne devaient pas être simple. « Mais te sens pas obligé de me répondre, j’ai sans doute plus d’une vie devant moi pour apprendre à te connaitre, et la patience me semble dores et déjà une vertu importante quand on veut partager ta vie. » ajoutais-je avec un sourire au visage. Faire référence à quelque chose de plus trivial pour lui faire oublier ses vérités étaient une techniques comme une autre, mais tant que j’arrivais à l’aider, je n’aurais pas d’autre satisfaction. Je préférais vivre dans l’ignorance avec lui plutôt que le perdre.

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Posté le Mer 19 Sep - 1:35
L’ambiance venait de s’alourdir quelque peu aux aveux de l’occultiste et ça n’aurait pas dû le surprendre, vraiment. Il acceptait d’essayer, de se confier, mais il n’avait pas grand chose à dire qui soit très joyeux. Pourtant, il avait connu de nombreux moments heureux au cours des deux derniers millénaires, mais les souvenirs douloureux restaient étrangement les plus vifs dans son esprit. Et il avait cette façon très personnelle de repousser toute forme de sérieux, de parler et d’agir avec un détachement étrange qui amenait inévitablement le malaise. Il se surprit à sourire, pourtant, alors que son regard se posait de nouveau sur Thomas et que celui-ci lui présentait des excuses timides et gênées, attendri par cette façon que le pianiste avait toujours de vouloir l’épargner. Il se montrait tellement plus… doux et soucieux, quand il n’y avait plus qu’eux deux. C’était à la fois adorable et un peu effrayant quand il devenait ce genre d’homme dont Yerathel se voyait parfaitement tomber amoureux à la vitesse affolante d’un battement de cil. Et il en rêvait, désespérément, mais ça continuait de le paralyser de peur en même temps. Peur qui se confirma un peu plus quand, finalement, le jeune homme glissa une main sur son visage et, après une éternité à s’observer dans un silence de moins en moins confortable, se pencha sur lui pour l’embrasser. Yerathel n’eut pourtant aucun mal à répondre à ses lèvres, mais le noeud dans son ventre ne se desserra pas un seul instant et moins encore lorsque le musicien lui souffla quelques mots dont il ne comprit même pas le sens, se rattrapant rapidement pour décider que l’anglais conviendrait mieux, à l’avenir, pour toute déclaration.

Un instant, l’occultiste ne désira rien de plus au monde que de demander à quelle déclaration il venait d’avoir droit, mais il s’empêcha de poser la question à voix haute, décidant finalement qu’il y avait un temps pour tout et que celui d’échanger des mots trop sérieux n’était pas venu. À la place, il se contenta d’un sourire et retrouva finalement sa place, s’éloignant à peine de Thomas dont il se refusa à lâcher la main. “Parce que tu trouves qu’être avec moi demande de la patience ?” s’étonna-t-il, retrouvant rapidement son ton détaché et vaguement amusé, après une piètre tentative d’apaiser un coeur n’ayant nul besoin de l’être. “Je trouve cela bien hypocrite de ta part !” Son sourire s’éternisa encore un bref moment avant de disparaître dans l’ombre d’un air désespérément sérieux. Il n’aurait eu aucun mal à éviter n’importe quel sujet sensible et personnel pour la nuit entière, à vrai dire, mais il réalisait peu à peu qu’il n’en avait aucune véritable envie, bien au contraire. Il était naïf, peut-être et sans doute n’apprenait-il jamais réellement de ses erreurs, mais il voulait vraiment donner une chance à cette histoire, sans égard pour ce qu’elle serait en réalité.

“J’ai envie de te connaître et que tu me connaisses aussi.” avoua-t-il alors, après quelques secondes d’un profond silence. “Et je n’ai certainement pas envie d’attendre plusieurs siècles et plusieurs vies pour cela. C’est seulement… compliqué pour moi, parfois.” continua-t-il, luttant pour retenir toute plaisanterie de lui échapper. “Quand on vit aussi longtemps que moi et dans un monde presque… hostile, c’est difficile de faire confiance. J’ai traversé tellement d’âges et presque autant de peines de coeur, que j’ai souvent du mal à croire qu’on puisse vouloir de moi, de la personne que je suis réellement sous le maquillage et les pseudonymes et tout le reste.” Il parvint à étirer un nouveau sourire, sans même avoir besoin de le forcer. “Tu peux me poser toutes les questions que tu le souhaites. Je me réserve seulement le droit de refuser de répondre avant d’y être prêt.” concéda-t-il finalement. C’était cela aussi, après tout, le jeu dans lequel ils avaient décidé de se lancer ensemble. Tout ne pourrait être révélé au cours d’une seule soirée, mais ça n’empêchait pas de demander. “Même s’il me semble que retracer deux millénaires d’existence n’est pas vraiment le genre de chose qu’on est censé faire lors d’un premier rendez-vous. Ne devrais-tu pas plutôt t’inquiéter de savoir si on partage des intérêts ou des rêves en commun ou si on voit la vie de la même manière ? Tiens, par exemple, à quand remonte la dernière fois où tu es sorti avec quelqu'un sans que la soirée ne se termine au lit ?” Il avait déjà retrouvé sa fausse légèreté, déjà repoussé toute optique d’une conversation sur son passé et sur sa personne, mais il avançait dans la bonne direction, non ?

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Posté le Mer 19 Sep - 9:12
Un sourire stupide trouva naissance sur mon visage alors qu'il s'insurgeait de mes mots, certes je réclamais plus de patience qu'il ne m'en demanderait jamais, mais il me refusait quelque chose d'assez peu habituel, je devais bien l'admettre. Et je me refusais étrangement aussi à en manquer, à en désirer, car il était clairement préférable que je profite de lui autrement, que je fasse de cette relation une singularité. Répondant simplement en levant les yeux au ciel, j'étais prêt à passer à autre chose, à ne pas insisté, mais il affirma vouloir me connaitre et que cela soit réciproque sans avoir besoin d'attendre des décennies. Sur ce point, il y avait de quoi avoir le vertige, mais il aurait pu avoir ce temps si il le voulait, car je pouvais comprendre avec ce qu'il m'avait dit que les choses pouvaient-être compliqués. Je pouvais comprendre que le simple fait de faire confiance, d'accepter que quelqu'un le voit et l'apprécie pour autre chose que ce masque qu'il pouvait porter était perturbant et je n'allais pas dire que j'étais différent. Je voulais simplement l'être, je voulais simplement avoir la chance de construire quelque chose différemment. Je ne voulais pas répéter des erreurs que d'autres auraient commises. Alors même si j'avais l'autorisation de lui poser toutes les questions que je voulais, je n'étais pas certain de laisser ma curiosité s'étendre autant qu'elle ne l'aurait du. Je préférais rester un peu sur ma réserver et y aller doucement, un peu comme ce qu'il proposa. Savoir si nous partagions les mêmes intérêts, si on se voyait vivre la vie de la même façon. Et quand à sa dernière question, elle m'arracha un sourire un peu idiot.

Me mordant les lèvres, je levais le visage vers le plafond pour l'observer un instant, hésitant faussement, « Quelque chose comme douze ans ? », tournant la tête vers lui, je gardais cette attitude légèrement arrogante, bien qu'amuser, « En même temps tu connais beaucoup de monde qui ne rêverait pas de finir dans mon lit ? », mais c'était plus simple, sur bien des aspect. Plus simple pour le sang, plus simple de se dire que c'était uniquement que pour le sexe. C'était plus simple, mais je ne lui demandais pas ça. Je savais, j'avais comprit très récemment sa vision de choses et j'avais envie de la partager, même si cela faisait presque deux mois que les choses devenait particulièrement compliqué pour moi. Je n'étais même pas sur d'avoir été un jour abstinent aussi longtemps.

Finissant par m'allonger sur le sol, je gardais toujours sa main dans la mienne, refusant de le lâcher, ou qu'il ne me lâche, je ne savais plus vraiment. « Des intérêts en commun donc ? Si tu proposes la mode je quitte la pièce. J'ai déjà mit de la couleur pour toi aujourd'hui, je ne pourrais pas faire plus de miracle ! », commençais-je avec légèreté. En réalité je n'avais pas la moindre idée de quoi dire et quoi faire, car c'était étrangement nouveau, inattendu comme besoin. « Tu aimes réellement sortir, faire la fête, voir du monde ? », demandais-je soudainement, conscient que dans mon cas, je préférais la solitude, le calme, le silence. Je pouvais faire la fête, finir bourré et accompagné que cela ne vaudrait jamais les longues soirée de solitude qui étrangement m'oppressaient, mais qui n'était jamais plus difficile d'affronter le monde. « Comme tu dis que tu as du mal à croire qu'on puisse vouloir de toi sans artifices, mais c'est toi quand même non ? Enfin tu aimes bien être comme ça ? Maquillé, avec beaucoup trop de couche de vêtements, des bijoux là ou c'est possible. Enfin je ne t'imagine pas autrement, je sais pas comment dire, mais... Tu te caches ou t'as vraiment envie d'être comme ça ? », je ne savais pas quoi dire, mais je me demandais subitement si tout ce qui me rassurait chez lui n'était pas qu'un artifice qu'il se forçait à porter.

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Posté le Mer 19 Sep - 14:09
Douze ans… Même s’il s’attendait déjà à une réponse de ce genre, ses yeux s’écarquillèrent légèrement et il eut à secouer la tête pour chasser rapidement l’incrédulité, laissant place à un rire discret mais sincère qui mourut rapidement lui aussi. Ils étaient tellement différents l’un de l’autre, sur ce point au moins, sur d’autres aussi sans doute. “Je connais au moins une personne qui n’a aucun mal à ne pas se précipiter dans ton lit, en tout cas.” répondit l’occultiste en s’efforçant de conserver un ton léger et détaché, alors que l’angoisse remontait doucement dans son ventre. Il savait déjà, pour l’avoir entendu dire plus d’une fois par le concerné en personne, que Thomas tenait à respecter ses limites, son besoin de prendre son temps avant d’en arriver là. Mais ça ne l’empêchait nullement de se demander pour combien de temps exactement survivrait cette bonne résolution. Comment le pianiste parviendrait à tenir le coup et ce qu’il imaginait exactement être un délai respectable ou une attente trop longue pour réussir encore à s’en passer… Cette crainte le retenait depuis le début, c’était pour cette raison qu’à une époque, il s’était persuadé seul que ça ne pourrait pas fonctionner entre eux. L’un des deux devrait un jour sacrifier de sa personne pour satisfaire l’autre, renoncer au sexe complètement ou s’y contraindre. Yerathel ne croyait pas tellement que la situation serait viable très longtemps, mais il se retenait toujours d’aborder le sujet plus directement, de peur qu’il soit encore trop tôt pour en arriver là.

Le moment ne semblait toujours pas venu, de toute façon, car alors qu’il s’allongeait à même le sol, Thomas prit la décision seul de changer de sujet. Un nouveau rire tout aussi timide échappa à l’occultiste qui se permit un instant d’observer sa silhouette étendue de son regard appréciateur. “Et ça te va très bien, crois-moi.” souffla-t-il. La question qui suivit le fit lever les yeux vers le vide un petit moment, alors qu’il y réfléchissait sérieusement. Aimait-il être comme il se présentait actuellement ? Il y avait une part de faux dans tout ce qu’il représentait ces dernières années, mais il oubliait parfois jusqu’à quel point. Il n’eut pourtant pas besoin de plus de quelques minutes avant que la réponse évidente ne s’impose à lui, en même temps que les souvenirs de pourquoi il choisissait désormais d’aborder ce style et cette personnalité. “J’aime vraiment ça, oui.” souffla-t-il doucement. “Voir des gens, sortir et… tout le reste.” admit-il en se désignant d’un vague geste de la main. “J’ai passé tellement d’années à me cacher et à avoir peur qu’on me remarque que maintenant… J’ai envie de profiter de chaque seconde où je peux être vu pour l’être, mais…” Il haussa les épaules distraitement. “Nolen est un homme profondément superficiel, suffisamment plaisant et fortuné pour être entouré, mais sans véritables amis. Personne ne peut connaître ma véritable histoire, qui j’ai été avant, ce à quoi je rêve réellement, ce qui m’effraie, ni même mon vrai nom. Un jour ou l’autre, je devrais le laisser derrière moi et me réinventer, mais je n’ai jamais pu conserver le même visage ou les mêmes gens dans ma vie. C’est parfois pesant.”

Tous ces aveux eurent encore raison de sa joie de vivre naturelle et lui arrachèrent un soupir triste qu’il ravala bien vite. Cela le poussa aussi à réagir et il abandonna finalement sa place sur le sol et la main de Thomas pour s’approcher de lui, se glissant naturellement au-dessus de lui pour s’asseoir sur son bassin comme s’il n’y avait rien de gênant à cela. Un instant, il se pencha sur Thomas et effleura sa mâchoire de ses lèvres, prenant un malin plaisir à l’agacer doucement alors qu’il l’emprisonnait totalement, ses deux mains posées à plat sur le sol de chaque côté du visage du musicien. Mais il se redressa rapidement et étira un sourire plus joueur. “Ça ne t’ennuie vraiment pas, de devoir attendre ?” demanda-t-il, le ton moqueur, un peu défiant. “Que je sois totalement insensible à ton charme et que je puisse éventuellement te résister indéfiniment ?” Il n’avait aucune envie de compliquer encore les choses, mais l’idée ne le quittait désormais plus, il fallait qu’il sache, qu’il soit sûr que s’engager sur cette voie ensemble serait une bonne chose et que le manque ne finirait pas par leur exploser au visage de la pire façon qui soit. Et puis, ils étaient ici dans une optique de séduction, après tout, pour jouer à un jeu qui aurait dû être léger et agréable et quitte à ce que la tension monte, autant qu’elle ne soit pas trop lourde à supporter.

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Posté le Mer 19 Sep - 15:39
« Tu dis ça uniquement pour me voir plus souvent comme ça… », soufflais-je lorsqu'il m’assura que cette tenue m’allait parfaitement bien. Je n'étais pas le plus à l'aise, l'on me voyait et les questions qui suivirent trahir ce fait. Il aimait sortir, il aimait voir du monde, il aimait ne plus être invisible et profiter du monde sans avoir peur qu'on le remarque. La crainte n'était pas la même pour lui que pour moi et c'était étrange de se dire que la faim et la douleur devaient suffirent à corrompre toutes interaction sociale. Et puis il parla de lui, non de celui qu'il était sous ce nom, de cette étoile sans ciel ou dormir, de ce qu'il refusait au monde et de comment il vivait en sachant qu'un jour, cette version de lui ne serait plus. La solitude, l’éphémère vie de ses compagnons n'étant qu'un poids de plus. Comment pouvait-il se réinventer aussi souvent sans en souffrir ? Comment ne pouvait-il pas devenir fou lors qu’après tant de souffrance, il devait faire face à la réalité. Comment ? Comment réussissait-il seul ? A chaque fois que je pensais à cette vie qu'il avait passé seul, j'avais l'impression de faire face au vide, à l'immensité du monde. J'avais l'impression que plus jamais je ne pourrais envisager l'avenir. Pourtant lui le faisait, il y arrivait et je restais là, incapable de réellement prendre la pleine mesure de combien la vie lui était difficile. « Comment tu fais ? », demandais-je sans prendre réellement conscience de combien ma question devait-être vague.

De toute façon je n'eus pas vraiment l'occasion de m'y éterniser qu'il bougeait, venant s'asseoir sur moi, sur mon bassin avant d’éprouver mes résolutions à son sujet. Et ce n'était sans doute pas innocent vu les questions qui suivirent. « C'est excessivement compliqué de te répondre comme je le voudrais là. », soufflais-je en sentant sa chaleur se déverser précieusement là ou il me faudrait toutes la volonté du monde pour garder mon calme. Soufflant, je cherchais à nouveau son visage, essayant d'oublier ce qu'il faisait actuellement, « C'est très compliqué de devoir se raisonner, d'autant plus qu'il s'agit de toi, mais c'est secondaire, on tombe pas amoureux de quelqu'un parce qu'il est bon au lit ou parce qu'on couche avec. On construit rarement une relation sur ça et toi et moi c'est pas sur deux ou trois ans qu'on doit se projeter. », répondis-je le plus calmement possible, « Et oui clairement, j'en suis encore au stade où je pense très fort à toi sous la douche, et je suis désolé si c'est... Je veux pas que tu sois comme les autres, j'ai envie de croire que je pourrais tenir une éternité sans plus rien faire tant que j'ai le droit d'être avec toi... Et que j'ai le droit de t'embrasser, pitié me prend pas ça. » suppliais-je à moitié dans un rire qui se voulait innocent, mais qui était vrai, je ne voulais pas qu'il me prive de ça, de ses lèvres, de ses baisers, quand bien même s'était secondaire.

« Et je sais pas si je réussirais, mais j'ai pas envie de partir perdant. », détournant les yeux, je repris avec un peu plus de gravité, « Tu parlais du fait que ne pas pouvoir conserver les même visages dans ta vie était pesant... Moi le simple fait de ne plus pouvoir sortir, rencontrer du monde ou tenir mes soeurs dans mes bras sans que ce soit une torture est pesant. », et pas que parfois, « T'as jamais été que le seul avec qui ce n'était pas une souffrance que de vivre, le seul qui ne me pousse pas à réellement le mettre dans mon lit pour son sang avant même de parler de sexe. Alors même si pour la première fois depuis longtemps je désire réellement quelqu'un pour autre chose que son physique, bien que parfait, ou son sang, je préfère me dire que c'est pas une relation charnelle qui pourra nous définir. Même si je peux m'emporter, même si je peux être pressant, j'ai pas envie de quelque chose que tu veux pas et apprendre à te connaitre, ressentir des émotions que j'avais sans doute oublié ça fait vraiment du bien Nolen... Aussi peu convaincant puisse-je être. », j'avais toujours peur d'aller trop loin, peur qu'il ne me stoppe pas assez vite, qu'il me laisser devenir ce qu'il voulait pas. Mais c'était étrange, j'étais convaincu de rien, j'avais peur de tout, mais ce qu'il m'offrait comme répit j'en avais besoin. Quand bien même j'étais face à une solution un peu difficile à comprendre, quand bien même j'étais dans un terrain que je ne connaissais pas. Je n'arrivais pas encore pleinement à m'en passer, mais je savais me tenir face à lui, « Et je suis sobre depuis deux mois aussi, bientôt j'aurais un badge j'en suis sur ! », ajoutais-je dans un léger rire pour détendre l'atmosphère. Je savais que ce n'était rien, que c'était même ridicule, mais si j'avais eu envie de lui, je ne souffrais pas réellement de n'avoir couché avec personne. Je prenais ça comme un signe encourageant, aussi faible et ridicule soit-il.
   

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Posté le Jeu 20 Sep - 15:49
Maintenant qu’il avait lancé les hostilités, un fin sourire s’était imprimé sur les lèvres de l’occultiste et ne semblait plus vouloir les quitter. Il réalisait bien la cruauté dont il faisait preuve en ce moment, mais essayait de voir cela sous un autre angle. Il n’y avait rien eu d’autre que des baisers jusqu’à maintenant, mais certains s’étiraient parfois en longueur et rendait l’atmosphère relativement brûlante. Éprouver les limites le plus tôt possible les aiderait forcément, autant à savoir s’ils étaient réellement prêts à prendre ce risque qu’à se ranger dans une forme d’habitude qui les protégerait. Alors, tandis que Thomas cherchait à le rassurer, à lui prouver que le côté charnel de leur relation lui importait moins que tout le reste, Yerathel continuait d'éprouver ses paroles en laissant ses doigts presser sur son corps, suivant des voies sinueuses et imprécises sur son torse jusqu’à son ventre, ne relevant même pas les yeux vers lui, comme s’il n’écoutait pas vraiment. Un rire lui échappa pourtant quand Thomas avoua penser à lui sous la douche, surpris par cet aveu que peu aurait sans doute osé faire. Il ne dit rien, cependant, laissa le jeune homme aller jusqu’au bout pour exprimer ses convictions et, à la fin de son petit monologue, il était même assez convaincu de la véracité des propos.

Et finalement, il retrouva sa place sur le corps du jeune homme, ses lèvres retournant caresser sa mâchoire avec une douceur exagérée. “Je t’autorise à m’embrasser, alors.” souffla-t-il contre ses lèvres. “Ainsi qu’à prendre plusieurs douches par jour s’il le faut.” Il retint un autre rire avant de l’embrasser brièvement. La torture ayant bien assez durée, il s’éloigna enfin après ça, se laissant glisser sur le sol à son tour sans s’éloigner réellement, sa tête posée sur l’épaule de Thomas et son corps lové contre son flanc. Sa main continua de dessiner de vagues formes sur son ventre tandis qu’il essayait de s’imaginer vivre ainsi pour le reste de son existence. Même s’il jouait de malchance, elle risquait d’être très longue et il n’arrivait toujours pas à croire qu’il ne serait pas complètement seul pour en supporter le poids. Qu’il y aurait d’autres soirées comme celles-ci, d’autres aveux échangés, d’autres promesses partagées, de nouveaux souvenirs à créer ensemble. Qu’un jour, sans doute, il connaîtrait Thomas mieux que personne, pourrait deviner chacune de ses pensées sans avoir recours à un seul de ses dons. Et que tout ça se produirait avec un homme, qu’à peine un ou deux mois en arrière, il n’aurait jamais envisagé de regarder de cette façon. Ça donnait un peu le vertige, quelque part.

“Tu ne trouves pas ça un peu étrange ?” demanda-t-il, juste assez fort pour s’assurer que Thomas l’entendait. “Que juste parce qu’on sait qu’on est condamné à subir la même malédiction pour le reste de nos vies, on en soit là tous les deux ?” Il n’y avait rien d’autre qu’une vague curiosité dans son ton, même s’il n’avait jamais réellement imaginé qu’il pourrait y avoir plus entre eux que quelques flirts innocents, il ne regrettait pas ce qui se passait en ce moment. Et même, s’il faisait l’effort d’être un peu honnête avec lui-même, l’idée de tomber amoureux de cet homme, de passer le reste de sa vie avec lui, ça lui convenait pas mal. Mais ça n’en restait pas moins une décision prise par la logique, un peu de désespoir aussi, plus que par le coeur. Ou du moins le croyait-il. “Un peu forcé, quelque part. Non pas que j’éprouve un quelconque regret, mais...ça manque cruellement de romantisme, tout ça…” expliqua-t-il, mettant un peu plus d’humour dans sa voix.

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Posté le Jeu 20 Sep - 17:10
Chaque geste était proche d'une torture, sentir ses doigts, ses mains, tout ce qu'il pouvait promener sur moi était terriblement douloureux. Pourtant je ne fis rien, rien d'autres que lui dire ce que je pensais, ce que je voulais sans cette certitude d'y arriver. Je prendrais sur moi autant que je pouvais et à la fin de ce qui me sembla être une tirade sans fin, il m'autorisa finalement à l'embrasser. Un léger sourire naquit alors sur mes lèvres, se muant en rire quand il parla de douche et de ce que cela sous entendait. Je ne serais jamais aussi propre que depuis que je le connaissais, soyons honnête. Répondant à ses lèvres, je glissais bien rapidement mon bras autour de lui quand il vient se lover contre mon corps. Il était beaucoup trop plaisant de le sentir contre moi, beaucoup trop reposant, mais ce fut une nouvelle fois de courte durée. Ses interrogations sur la légitimité de cette relation naissante étaient réaliste, compréhensible aussi. Il était sur qu'il y avait une part de fatalité, d'abandon dans tout ça, mais quelque part, est-ce que la vie nous en laissait le choix ? « C'est à nous d'être romantique alors. », soufflais-je en sachant très bien que le fond ne serait pas changé aussi facilement. Tout ça serait étrange, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, mais il y avait une vérité derrière tout ça, derrière cette impression de contrainte qui elle n'était pas feinte. « L'immortalité n'a fait que clarifier certaines choses... », ca n'avait fait que tomber un masque.

Glissant mon visage dans ses cheveux, je repris, « Tu ne m'as jamais abandonné en tant qu'agent alors que je t'en ai fait bavé… », commençais-je sur un ton un peu plus neutre que je ne l'aurais voulu, « Et je t'ai laissé régir ma vie, quoi qu'on puisse en dire. Je t'écoutais et tu étais la seule forme d’interaction sociale que j'ai eu régulièrement. », le seul qui ne me brise pas en sa présence. « Tu te préoccupais de moi, même si tu le faisais avec d'autre, tu te préoccupais de moi. » un léger rire commença à prendre naissance dans ma gorge alors que je continuais, « Et j'avais grave envie de toi, même si je restais relativement à ma place. », et ça n'avait jamais changé. « C'est juste qu'en sachant ça de l'autre, enfin pour ma part, j'ai pu faire tomber un masque, et j'ai comprit pourquoi toi je n'avais jamais eu envie de te faire du mal, le fait que tu sois reposant à prit un sens. On partage un secret et ça me permet de faire confiance à quelqu'un, réellement... ». Même si Grace aussi, ce n'avait jamais été sain, alors que lui, je n'avais pas les mêmes craintes, pas les mêmes doutes.

Posant ma tête sur le sol, je repris plus hésitant, « Ce qui est étrange c'est pas vraiment la situation, c'est plutôt de que je veux avoir des sentiments pour toi car j'ai pas juste envie de traverser les âge à côté de toi, c'est que je sais pas, j'ai envie d'être avec toi... » et c'était la pire chose à dire en fait, « Le prends pas mal, je veux pas dire que je veux me forcer ou autre, c'est juste que c'est tellement de changement, tellement de chose que je veux bien faire, que c'est un peu déroutant plus qu'étrange. », on ne partait pas de rien, vraiment pas. On se connaissait, on avait déjà échangé et depuis quelques temps, depuis cette vidéo tout avait changé, tout s'était accéléré. Portant ma main libre à mon visage, je me pinçais l'arrête du nez avant de souffler, à moitié désespéré, « Je suis désolé, j'ai aucune idée de comment formuler ça. Oui c'est étrange, mais j'arrêterais pour rien au monde en fait. Tu me rends... Heureux ? Oui, je crois que c'est ça le terme. », oui, il rendait le quotidien moins difficile, il me faisait sourire, rire plus naturellement. Du coup je croyais bien que c'était ça. Il me rendait heureux, même si c'était éphémère.

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Posté le Mar 25 Sep - 15:51
Il aurait pu accuser Thomas d’avoir été le premier à s’essayer à évoquer des sujets sensibles ou peut-être l’ambiance plus solennelle, mais la vérité était que depuis le début cette journée, Yerathel était plongé dans une angoisse assez difficile à porter. Et qui lui faisait se poser tant de questions auxquelles il n’aurait jamais de réponse autrement qu’en tentant sa chance, malheureusement. L’impression de calme, d’intimité, l’aidait un peu à s’exprimer, raison pour laquelle il se sentait soudainement assez courageux pour aborder toutes ses angoisses avec plus ou moins de naturel. Celle dont il parlait actuellement restait lointaine, mais une question qu’il se posait quand même : et s’ils avaient tort de vouloir se forcer ? Il ne se souvenait plus très bien de pourquoi, de comment, ils en étaient arrivés à ce rendez-vous ce soir, seulement de la sensation étrange de soulagement et d’espoir quand leurs secrets avaient été révélés. Mais aussi du désespoir. Thomas était le premier, le seul aussi, à connaître la vérité et à ne pas l’avoir condamné. Personne d’autre ne savait, il n’avait pas d’autre choix que lui. Alors, il était en droit de se demander si quoique ce soit entre eux était sincère, non ? Il connaissait la réponse pour lui, mais pour le jeune homme… Thomas, pourtant, fit de son mieux pour rassurer l’occultiste. Réellement. Il essayait d’être honnête, mais moins défaitiste, peut-être. Cette tentative échoua totalement, jusqu’à la fin du moins. Jusqu’aux derniers mots qu’il prononça et qui eurent l’effet assez étrange de contracter Yerathel autant que de le détendre d’un seul coup.

Il cacha un sourire accidentel en pressant un peu plus son visage contre le corps du pianiste et lâcha un soupir un peu plus profond, comme si tout cela le désespérait réellement, quoiqu’il n’en fût rien. Il laissa le silence s’éterniser un peu, prenant le temps de considérer toute cette situation. “La première fois que je suis tombé amoureux de quelqu’un,” souffla-t-il en éloignant à peine son visage pour se faire entendre correctement, “je… C’était… Tu sais, tellement parfait, tellement fort. Je lui ai tout raconté à mon sujet, vraiment tout.” Ses doigts avaient repris leur course aléatoire sur le corps de Thomas tandis qu’il parlait, ses yeux grands ouverts fixés sur ses propres mouvements pour s’empêcher coûte que coûte de les fermer et de se permettre, même une seconde, de se souvenir du visage de Nakula. Il n’était pas bien sûr de pourquoi il racontait tout cela, mais il en avait envie. Peut-être comme un message de mise en garde. “J’étais tellement heureux et puis, il a eu peur et il m’a dénoncé aux Traqueurs et j’ai dû prendre la fuite.” Ses doigts glissèrent sur le poignet de Thomas, puis sur la paume de sa main, dessinant des cercles sur sa peau avec la légèreté d’une plume. Il parlait d’un ton égal, bas, presque secret, mais sans réelle animosité ou douleur. “Et pourtant, pendant plusieurs siècles, j’ai continué de croire que c’était lui, mon âme-soeur. C’est le seul dont je me souvienne encore parfaitement malgré plus de deux millénaires sans voir son visage. Les bons et les mauvais souvenirs. Surtout les bons, d’ailleurs.”

Ses caresses cessèrent alors qu’il glissa ses doigts entre ceux du pianiste, liant leurs mains pour de bon alors qu’il restait ainsi sans plus bouger. “J’ai toujours eu envie de revivre une relation de ce genre. Où je pourrais dire la vérité sur moi-même, sans impliquer de Traqueur cette fois, bien sûr.” plaisanta-t-il vaguement, pas tout à fait amusé, mais pas vraiment amère non plus. “Mais je me suis toujours demandé : et si c’était réellement lui, le seul ? Mais ce serait complètement cruel, non ? Que mon âme-soeur soit un être humain tout ce qu’il y a de plus banal, si jeune et ignorant qu’il m’a trahi et qui est déjà mort depuis plus de deux mille ans…” Il resta pensif une seconde, les yeux dans le vide jusqu’à ce qu’il ne secoue soudainement la tête comme pour chasser toutes ces pensées au loin. “Pardon, je…” Il s’éloigna un peu, jusqu’à pouvoir lever les yeux sur Thomas. “Je crois que ce que j’essaye de dire, c’est que tout ça, toi et moi, ça me fait plus peur que je ne voudrais bien l’admettre. Mais j’ai envie que ça marche, moi aussi. Même si ça n’a commencé que parce qu’on a partagé un secret, tu es le premier à savoir et à ne pas avoir essayé de me faire tuer alors, j’imagine que d’une certaine façon, tu me rends heureux toi aussi. Ce serait bien que tu me fasses taire, aussi.” Un nouveau rire lui échappa, sans qu’il ne sache trop si ça venait de ses mots, de la situation ou de tout autre chose. Mais il était réellement heureux, à vrai dire. Heureux et angoissé comme jamais.

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Posté le Mar 25 Sep - 17:37
J'avais dit des choses sans doute encore trop lointaines, mais je les avais dite, et le sentir se faire un peu plus présent contre moi fut la meilleur des réponses. Du moins jusqu'à ce que le silence ne se fasse plus long et qu'il ne l'efface qu'en expliquant certaines choses de son passée. Son premier amours, comment il l'avait vécu et ce qu'il avait fait. Je n'avais pas besoin de savoir exactement la suite pour comprendre qu'en révélant sa nature, il avait du se faire briser. Il était amoureux, mais l'autre avait prit peur et il s'était fait dénoncé, se retrouvant avec des Traqueurs sur le dos et devant fuir. La trahison avait du être violente et brutale pour l'adolescent qu'il était, pour l'adolescent amoureux. Et plus douloureux dans l'histoire était sans doute qu'il avait longtemps cru que cet adolescent était son âme soeur. Le seul qu'il n'avait pas oublié, le seul à rester dans son coeur. Sans doute étais-je plus rancunier que lui, mais je n'aurais pas pu continuer à aimer un homme m'ayant trahit, quoi que je n'avais aucune idée de ce qu'il avait pu ressentir pour croire à une âme soeur. Je ne pouvais pas comprendre. Ni même imaginer. Serrant ses doigts lorsqu'il les glissa entre les miens, je le gardais un peu plus contre moi, pour essayer de l'apaiser sans doute. Mais qu'y avait-il a faire face à ça ?

Aujourd'hui, il avait envie de revivre ça, d'être dans une relation ou il pourrait dire la vérité, être lui même, ne pas porter de masque. Il voulait vivre une relation qui ne le détruirait pas, qui n'impliquerait pas de danger imminent comme un Traqueur. Ma gorge se serra un peu plus, comprenant plus aisément ses réticences à m'en dire plus à son sujet. Angoisse qui resta à sa place alors qu'il s'interrogeait sur la cruauté de tout ça. Cruauté d'avoir un jour croisé son âme soeur, de s'être fait poignardé par elle avant qu'elle ne finisse par mourir comme chaque mortel. J'espérais, non pas pour moi, mais pour lui que rien de tout cela n'arrive. J'espérais qu'il ne soit pas victime d'une telle injustice, qu'il n'ait pas réellement un jour perdu aussi durement son âme soeur. Je ne voulais pas qu'il ait à vivre éternellement avec ce poids sur le coeur. Il ne le mérité pas, pas plus qu'il n'avait à subir ça. Et pourtant, il jugea bon de s'excuser, expliquant qu'il avait peur nous concernant. Peur que je l'assassine moi aussi ? Je ne savais pas ce qui lui faisait le plus peur, il soufflait simplement qu'il avait envie que ça marche entre lui et moi, même si les bases de notre relation se trouvaient-être bancale, surtout les raisons. Mais j'étais le premier à savoir et à ne pas chercher à le tuer, ce qui le rendait heureux. Secouant la tête face à cette connerie, je murmurais à son oreille, « Je connais un bon moyen... ». Me redressant légèrement, je lâchais sa main pour retrouver ses lèvres, mes mains se glissant sur son visage pour l'emprisonner davantage alors que je le repoussais doucement pour me glisse contre lui, sur lui, m'asseyant sur son bassin sans pour autant initier la moindre suite. Je l'embrassais simplement, m'arrêtant quelques secondes juste le temps de reprendre mon oxygène avant de m'attaquer à nouveau à ses lèvres. C'était un combat, entre lui et moi, non un danse, quoi que ca tenait davantage de la déclaration au vue de cette intensité. Il n'y aurait sans doute aucun mots assez puissant, rien qui ne pourrait vraiment le rassurer, mais j'avais espoir qu'il comprenne, qu'il accepte ce que je n'aurais jamais accepté pour d'autre.

Finissant par lui rendre ses lèvres, j'étais bien trop essoufflé, bien trop épuisé, mais je recommencerais à chaque fois qu'il en aurait besoin. « J'espère sincèrement que c'était pas lui et je dis pas ça par jalousie, ou parce que je  crois que je pourrais être cette personne. Je l'espère simplement car je veux pas que ton âme soeur puisse t'avoir trahit si facilement. Je veux pas que ce soit ce souvenir là qui reste à jamais, tu le mérites pas. », soufflais-je tout prêt de son visage, mon regard plongeait dans le sien, « Et je te trahirais pour rien au monde et si savoir ça te rend heureux alors j'ai tout gagné. », souriant légèrement, mes doigts glissèrent sur ses lèvres, mes pouces les caressants avec douceurs, « Tu me fais vivre Nolen. Quoi qu'il puisse se passer, tu garderas cette place, tu resteras cet homme à m'avoir rendu une humanité. », l'embrassant chastement, je décollais mes lèvres des siennes pour reprendre, « Toi et moi. », murmurais-je bien loin des grands discours que j'aurais voulu avoir. Juste lui et moi à jamais.

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Posté le Jeu 27 Sep - 1:06
Le sourire sur les lèvres de l’occultiste grandit un peu plus quand Thomas affirma qu’il connaissait un bon moyen de le faire taire. Il le croyait sur parole et attendait même, impatient, de le voir mettre cette technique miraculeuse en oeuvre. Avec la fluidité presque inquiétante d’une chorégraphie répétée trop souvent, leurs corps se retrouvèrent, leurs positions s’inversèrent et leurs lèvres se lièrent de nouveau, cachant pour de bon le sourire de Yerathel et effaçant momentanément ses craintes ou quelques vestiges d’un souvenir de Nakula. À cet instant précis, il n’eut plus aucun doute ni aucune crainte de voir Thomas lui échapper et le trahir comme l’avait fait le jeune indonésien des siècles plus tôt. À cet instant, aussi, il réalisa avec plus de stupeur qu’il ne l’aurait cru, qu’un jour très prochain, son coeur appartiendrait entièrement à cet homme. Ça n’était plus seulement un rêve, un espoir qu’il entretiendrait secrètement pendant des années, mais un genre de coup du destin et il n’était pas tout à fait sûr de comment le prendre. Ça restait effrayant, quelque part, en grande partie car leurs vies seraient liées pour un long moment. Il restait une chance que Thomas ne ressente jamais la même chose pour lui, une chance aussi, qu’il rencontre enfin la personne qu’il aimerait pour le reste de son existence et qu’il doive briser le coeur du pianiste. Il n’était plus vraiment pressé de voir ce jour se présenter, tout à coup, mais seulement préoccupé par les lèvres de Thomas lui faisant perdre peu à peu de sa conscience.

Le baiser prit fin, mais la bulle n’éclata pas et aussitôt qu’il croisa le regard du jeune homme, les lèvres de Yerathel retrouvèrent ce sourire apaisé auquel il avait hâte d’être habitué. Il l’écouta tranquillement, sans jamais chercher à lui échapper, lui souhaiter de ne pas encore avoir rencontré le grand amour de sa vie promis par sa race et lui promettre de ne jamais le trahir. Il voulait que tout cela soit vrai, même s’ils ne le devaient qu’à un concours de circonstances. N’était-ce pas ainsi que la vie était faite, après tout ? Un enchaînement d’événements inattendus menant tout droit au Destin de chacun… Ses bras passés autour du corps de Thomas le pressèrent un peu plus contre lui, sans aucune mauvaise intention cette fois, seulement le désir de ne jamais le voir s’échapper. Il se sentait bien, mieux que bien et l’optimisme et la confiance de Thomas l’aidaient à ce que ça aille encore mieux. Son regard changea pourtant à un moment, devenant plus sérieux en entendant le jeune homme l’appeler Nolen et faire d’autres déclarations parfaitement incroyables et déplacées pour ce qui était censé être un premier rendez-vous. Son sourire perdit un peu de largeur aussi, mais pas de sincérité. Que cette relation soit tout ce dont il rêvait depuis toujours ou non, ça ne changeait pas vraiment ce qu’il ressentait actuellement. Ça ne changerait pas, non plus, ce qu’ils partageraient ensemble. “Yerathel.” souffla-t-il presque précipitamment quand Thomas cessa enfin de l’embrasser. “Mon prénom. Mon vrai prénom.” expliqua-t-il pour donner un peu de sens à ce qui ressemblait davantage à quelques sons associés au hasard qu’au véritable aveu que cela représentait.

“C’était celui de mon père aussi.” Et personne d’autre au monde ne le connaissait. Mais Thomas méritait bien cela, non ? Ils prévoyaient de vivre ensemble pour le reste de l’éternité, après tout. Et pour la première fois depuis bien longtemps, l’occultiste voulait faire confiance à quelqu’un. Il avait déjà révélé son plus grand secret, celui-ci ne ferait aucun mal de plus. Ses mains se détachèrent du dos du jeune homme pour glisser jusqu’à son visage et cette fois, ce fut à son tour d’aller chercher ses lèvres, avec plus de douceur que le musicien n’en montrait généralement. Il y resta aussi longtemps que possible, profitant de l’euphorie du moment comme il ne se l’était plus permis depuis des années. Il se sentait encore mieux quand il s’éloigna de nouveau et que sa tête retourna se poser sur le parquet assez peu confortable de la scène. Malgré tout, il n’avait aucune envie de bouger. “Il serait peut-être temps que tu te mettes à faire des confidences, toi aussi.” souffla-t-il, retrouvant enfin le ton léger et amusé qu’on lui connaissait bien.

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Posté le Jeu 27 Sep - 9:48
Une révélation, que je n'attendais pas réellement en toute honnêteté, quelque chose que j'avais sans doute oublié à raison de le redemander, mais il me révéla son prénom, son vrai prénom, celui que sa mère lui avait donné en souvenir de son père de toute évidence. Un prénom qui répondait à un mystère, le Y de sont pseudo reprenant tout son sens. Derrière tout ça il y avait quelque chose de plus solennel sans doute, lui qui semblait se protéger venait aujourd'hui de se mettre à nu pour la première fois, m'offrant un droit nouveau, celui de le connaitre réellement. Le regardant longuement, mes mains caressaient son visage avec douceur à mesure que je comprenais ce que tout cela signifiait. Et j'aurais très certainement du dire quelque chose, mais j'en fus incapable car ses lèvres retrouvèrent les miennes avec plus de douceur et... Non, c'était peut-être davantage moi qui ressentait la suite. Alors je lui répondis, de la même manière, sans jamais brusquer, sans jamais me faire dévorer par la passion. Juste nos lèvres se retrouvant jusqu'à ce que l'oxygène ne nous manque trop pour continuer. Je détestais ces moment ou nos lèvres ne se répondaient plus, je détestais ce vide qu'il savait créer. Il s'éloigna, réclamant que je lui rende la pareille, que je ne demeure pas silencieux éternellement, « Tu sais déjà tout ce qu'il y a à savoir. », murmurais-je avant de m'allonger contre lui, ma tête reposant sur son torse alors que mes jambes se glissaient entre les siennes.

Fermant les yeux j'entrepris la liste de tout ce qu'il savait à mon sujet, « Tu sais que je suis né en République Tchèque, que ma mère est morte en accouchant et que ma tante a fini par me placer en foyer quand j'avais sept ans. Tu sais que j'ai été adopté à 9 ans, que j'avais 6 frères et soeur mais que la jumelle d'Anya est morte de maladie quand j'avais 12 ans, quoi que ça je sais pas si tu le savais... Tu connais Anya et Eliza, au passage je ne te remercie toujours pas, mais y'a aussi Elena qui a 25 ans et qui est un enfant biologique, Liam aussi qui a 22 ans et qui est aussi un enfant biologique et il y a Mia qui a 18 ans et qui a été adopté comme Eliza et moi. », une boule s'était formé dans mon estomac sans que je ne sache réellement bien comment elle y était arrivé, mais je la repoussais au loin. C'était ma famille, je tenais à eux même si Elena et Liam étaient les pires au monde et que nos relations demeuraient tendu. « Tu sais aussi que j'étais amoureux et que je l'ai quitté car j'avais peur de la blesser, et aussi j'ai quitté la maison à mes 17 ans après avoir eu mon diplôme et j'ai rapidement su m'en sortir avec la musique et avec toi. » et puis il y eu d'autre détail qui ne pouvait pas être dit ici, comme le fait que j'avais déjà bel et bien prit la vie de quelqu'un, même si c'était accidentel, j'avais du sang sur les mains. « Et il y a d'autre chose, mais je suis pas certain qu'il faille le dire à un premier rencard. », soufflais-je avant de me redresser légèrement pour l'embrasser quelques secondes et lui dire, « Merci pour ça. ». Pour sa sincérité, pour ce qu'il m'avait dit, moi en revanche, j'en venais à craindre que cette vérité éclate et après un sourire sans doute faussé par mes pensées, je m'allongeais à nouveau sur lui.

Changer de sujet devenait important, primordial et ce qui me passa par la tête m'arracha un sourire satisfait, « Une fois que notre vie ici sera passa, on partagera le même appartement je me trompe ? Je veux un piano dans le salon, histoire de me sentir encore un peu musicien alors que tu me forceras à trouver un travail stupide pour apprendre la vie comme toi. », un rire plus franc traversa mes lèvres avant que je ne continue. « Et vu que je sais pas vraiment comment on disparait, tu auras un droit de regard sur ma garde robe, ca sera un peu mon cadeau de collocation, après abuses pas non plus, bleu nuit, noir, genre comme ma chemise aujourd'hui c'est bien. », être stupide pour changer de sujet, et oublier un temps ce qu'il faudrait lui dire un jour. « Et je garde mes boxers noir, si y'a trop de couleur tu vas vouloir y mettre les mains et ça deviendra compliqué pour moi de garder mon sang froid. », ça l'était déjà au passage, mais ça le serait encore plus si il venait un jour à réellement mettre une main dans cette zone qui n'attendait presque que ça.

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Posté le Ven 12 Oct - 17:59
Une fois encore, c’était un immense pas en avant qu’ils venaient de faire ensemble, malgré l'apparente banalité de l’aveu que Yerathel venait de faire. Et il se sentait bien, certes, mais c’eut été mentir que de prétendre qu’il n’y avait pas un peu d’angoisse cachée là-dedans. Il avait peut-être un peu le sentiment, aussi, d’être le seul à s’ouvrir pleinement. Il était le seul à avoir autant de secrets, cela dit, mais cela ne l’empêcha pas d’exiger un juste retour des choses. Thomas ne semblait pas convaincu d’avoir quelque chose d’intéressant à apporter et malgré tout, il se lança dans une longue liste de tout ce qu’il croyait avoir à dire sur sa vie. L’occultiste l’écouta patiemment, fermant les yeux tandis qu’il se laissait presque bercer par la voix légère qui esquissait une bien intense biographie malgré une courte vie. Il découvrait plusieurs petites choses au passage, mais sans doute rien qui ne soit à la hauteur de ce qu’il avait lui-même confié. Rien qui ne puisse réellement mettre Thomas en danger. Et ça lui était bien égal, honnêtement, il ne cherchait pas la connaissance pour le pouvoir, mais pour l’intimité et ce soir ils s’en sortaient plutôt bien avec ce concept, quoique le pianiste admette aisément avoir d’autres secrets qu’il n’était pas encore prêt à partager. Cette déclaration fit froncer les sourcils à Yerathel, mais il ne bougea pas et se contenta d’un regard sérieux à Thomas. “Gardons ça pour le second, alors.” accepta-t-il sans problème, un peu déçu, mais il savait mieux que personne l’importance de certains secrets et surtout de les conserver jusqu’au bon moment.

Il y eut bien un petit moment étrange, après cela, la gêne du musicien devenant difficile à ignorer avec le contact prolongé entre leurs corps, mais forcer n’était pas dans les projets de Yerathel et il fit semblant de rien quand le jeune homme chercha à changer de sujet, levant les yeux au ciel de manière parfaitement exagérée pour continuer sur cette lancée. “Le noir n’est pas une couleur !” s’offusqua-t-il quand il en eut l’occasion. “Je veux bien faire un effort pour que ta garde-robe ne ressemble pas à un défilé de la gay pride, mais si tu me laisses toucher à tes vêtements, il est hors de question qu’ils soient tous tristes !” Assez étrangement, il imaginait encore assez mal ce genre de moment entre eux, où ils auraient à débattre sur la couleur d’une chemise et faire les boutiques comme deux personnes parfaitement normales. Il n’y avait jamais eu d’incident de ce genre jusque là, rien d’aussi banal et d’aussi sérieux. Mais ça ne l’inquiétait certainement pas autant que l’idée de devoir vivre ensemble, même si Thomas semblait vouloir insister sur la collocation dans cette idée et rien de plus.

“Tu veux réellement qu’on vive ensemble ?” demanda-t-il prudemment, le regard fixé sur le plafond alors qu’il essayait d’imaginer cette vie commune. Il n’arrivait aucunement à se défaire de l’impression étrange qui s’y rattachait. Le manque de naturel, peut-être. Ils vivaient deux existences tellement différents, ces temps-ci. Mais tout cela s’apprêtait à changer et que Thomas en fasse partie ou non, la vie de Yerathel aurait à changer un jour ou l’autre aussi. Il n’était même pas sûr que Nolen survivrait à une délocalisation. Quel genre d’homme il envisageait d’être dans sa prochaine vie. “Je n’ai pas vécu avec quelqu’un depuis au moins un bon millénaire et demi…” souffla-t-il, plus comme une remarque pour lui-même que pour son interlocuteur. “Je ne suis pas sûr d’être prêt à retenter l’expérience avec un genre de vampire tout vêtu de noir, occupé à maugréer toute la journée et jouer du piano toute la nuit… Tu dois définitivement me laisser t’initier aux plaisirs de la couleur…”

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Posté le Mar 16 Oct - 12:29
Il n’insista pas, et je pus repousser un peu plus loin le moment où j’aurais à lui dire que j’avais du sang sur les mains. Cherchant un sujet plus léger, je pensais à cette vie commune que nous serions peut-être amené à partagé, à ce que cela signifierait aussi, au prix qu’il y aurait à payer. Parlant du droit de regard qu’il aurait sur mes vêtements, il s’offusqua presque aussi tôt sur mes choix de couleur. Le noir n’en était pas une et il refusait de me laisser vivre une existence terne si il avait un droit de regard. Souriant simplement, le silence retomba alors qu’il me demandait si je voulais réellement vivre avec lui, expliquant qu’il n’avait pas vécu avec quelqu’un depuis longtemps je comprenais peut-être ou à tord, qu’il n’était pas forcément prêt à retenter l’expérience. Souriant un peu plus faussement à sa description de moi, je me disais qu’il aurait à gérer toutes mes crises de douleurs, tout ces moments ou la faim me prendrait aux tripes et ou je serais contraint de boire du sang, il en verrait beaucoup trop et je n’étais pas non plus prêt à lui imposer ça de suite, c’était simplement une hypothèse, une vision de l’avenir. « La couleur ne me va pas au teint pourtant… », soufflais-je en essayant de rester léger, sans grande réussite, soyons honnête. C’était un échec plutôt cuisant. Nous n’avions pas du tout le même rythme de vie. Je pouvais rester enfermer des jours et des nuits dans mon appartement sans jamais sortir. Lui, il ne pourrait pas.

« Je parle pas pour aujourd’hui, mais un jour, quand tout sera réel, quand on en sera à notre millième rencard et que j’aurais toujours envie de passer du temps avec toi… Je me dis que ça serait plus simple, au de-là du fait que je le voudrais en effet. », avouais-je un peu décontenancé d’être celui ayant à ce point besoin de l’autre. « J’ai déjà pas le droit de te voir nu, ni d’en profiter, laisses moi au moins le droit de me réveiller avec toi plus souvent qu’une nuit par semaine, sinon je risque de devenir dingue. », ce qui n’était pas faux dans le fond, le sexe je pourrais sans doute m’en passer, mais pas de la chaleur humaine, pas de l’embrasser, pas de ces moments de tendresse ou je pouvais réellement m’abandonner. Je ne pourrais pas mettre tous ça de côté, pas indéfiniment, pas éternellement. « Mais t’as raison sur un point, tant que tu ne sais pas tout ce que ça implique d’avoir un Altéré de compagnie, il est préférable que je sois le seul à en réclamer l’existence. », le seul… Comme toujours dans le fond et si je me sentais brutalement plus morose, presque déçu ou un peu plus dégouter d’être ce genre de monstre, je ne fis rien paraitre. Il était âgé, tout ça été nouveau et il ne savait rien de ce que ma race impliqué, alors je ne lui en voulais pas vraiment à lui, j’en voulais plus pour la première fois à ma mère d’avoir été humaine, de ne pas avoir été elle aussi une Occultiste et de ne pas avoir était en mesure de faire de moi une créature moins difficile.

De toute façon c’était pour une succession de mauvaise idée que j’avais envie de vivre avec lui et c’était de toute façon beaucoup trop tôt pour en formaliser quoi que ce soit. Il fallait prendre son temps. « On a de toute façon l’éternité pour décider si c’est une bonne ou une mauvaise idée non ? Et du coup le temps c’est relatif maintenant. », repris-je pour ne pas paraitre plus déçu que je ne l’étais vraiment. Je ne voulais pas lui faire peur, je ne voulais pas qu’il pense quoi que ce soit. Au final, il était le plus flippé des deux non ? « Mais je refuse toujours de croire qu’une autre couleur que le bleu nuit et que le noir qui n’est pas une couleur m’irait. », déclarais-je avec le plus de légèreté possible, avec le plus de recul aussi. Étape par étape dans tout les cas, et peut-être qu’avec le temps cela ne serait plus autant un fardeau de vivre non ? Peut-être que je pourrais enfin me retrouver et que ma condition ne serait peut-être plus un frein, même inconscient.

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Posté le Mer 17 Oct - 18:57
La tension monta d’un cran quand, au détour d’une innocente caresse sur le bras de Thomas, un certain malaise s’installa dans le coeur de l’occultiste. Il ne s’en étonna pas vraiment, il reconnaissait cette impression familière et propre au pianiste, mais il était assez calme et détendu pour laisser les émotions du jeune homme l’envahir sans vraiment réaliser. Jusqu’à ce qu’il remarque, qu’il comprenne et il dut faire un véritable effort pour ne pas se tendre à son tour. Ils étaient un peu trop collés l’un à l’autre pour que la sensation de ses muscles soudainement crispés n’échappe entièrement à Thomas et il n’avait pas envie que le malaise s’installe pour de bon. Il le laissa donc essayer de rendre la situation moins oppressante tandis que lui-même cherchait une quelconque façon d’apaiser la tension. Malheureusement, que Thomas se désigne comme un genre d’animal de compagnie eut l’effet immédiat de mettre à mal ce projet et cette fois, il n’y eut rien que l’occultiste puisse faire pour empêcher son corps de se tendre un peu plus franchement. Il lâcha un soupir aussi discret que possible et quand le silence retomba pour de bon sans qu’il n’ait dit le moindre mot, s’évertua à se défaire doucement de l’étreinte du musicien pour se rasseoir à côté de lui. Il resta suffisamment proche pour que ça ne ressemble pas trop à une fuite, ce que ça n’était pas du tout d’ailleurs, et se tourna juste assez pour lui faire face. Un sourire s’imprima sur ses lèvres, sans doute un peu trop hésitant pour être totalement réconfortant et quelques secondes, il resta planté là à observer le jeune homme, dans une profonde réflexion qu’on voyait à ses traits un peu plus sérieux.

“Du bleu ou du vert.” souffla-t-il au bout d’un moment, laissant enfin ses doigts courir doucement sur le poignet de Thomas. “Une teinte plutôt profonde pour commencer, évidemment. Mais je suis prêt à parier tout ce que je possède au monde que tu serais parfait avec ce genre de couleurs.” Son sourire devint un peu plus franc, mais personne n’eut l’occasion d’en profiter réellement, car il se pencha aussitôt en avant et retrouva les lèvres de l’homme pour un bref baiser. “Mille, c’est peut-être un peu exagéré.” admit-il en retrouvant sa place, sans prendre la peine de se montrer un peu plus explicite alors qu’il changeait si soudainement de sujet. “Rien ne nous oblige à décider de tout ça maintenant, mais… Je crois que l’idée pourrait me plaire. Que ça pourrait être amusant.” Il haussa les épaules l’air de rien et se força à sourire. Ce serait forcément une bonne chose, ou du moins une solution pratique et nouvelle et Yeratel refusait rarement la nouveauté. Il s’était privé de cette expérience presque toute sa vie, trop effrayé depuis Nakula que quelqu’un ne découvre son secret. Ce serait forcément arrivé s’il avait partagé le quotidien d’une autre personne. Mais à la différence de tous les autres, Thomas savait déjà ce qu’il avait le plus peur de laisser filtrer. Il n’était pas tout à fait sûr que ce serait toujours une expérience agréable, particulièrement à cause de toutes les zones d’ombre qui entourait encore la condition du pianiste. Que signifiait être un Altéré, exactement ? Quoiqu’il ait une bonne idée de certaines choses, ça restait pas mal obscure pour lui et le peu qu’il savait n’avait rien de très excitant. “Disons que c’est une question qu’on n’abordera pas avant encore quelques mois, d’accord ?” proposa-t-il en repoussant au loin toutes les pensées négatives qui cherchaient à s’imposer. Il n’était pas encore prêt à tout ça maintenant, mais d’ici plusieurs mois… Peut-être un an, si ça continuait d’évoluer de cette façon entre eux…

“Et pour ton information, rien ne nous oblige à vivre ensemble pour qu’on passe plus d’une nuit ensemble par semaine.” Même s’il n’était pas encore prêt à cela non plus, clairement. Que Thomas veuille faire les choses biens était une chose, mais qu’il soit prêt à le croire totalement quand il prétendait pouvoir se passer de sexe, c’en était une autre. Et pour le moment, Yerathel doutait sérieusement que la motivation du pianiste ne survive plus de quelques semaines. “Dans tous les cas, ce sont deux sujets qu’on évite généralement d’aborder au premier rendez-vous.” fit-il remarquer, l’air moins sérieux et le ton faussement réprobateur. “J’admets que les choses sont plutôt intenses entre nous, ces jours-ci, mais ne vas pas croire que je m’offrirai à toi sans que tu n’aies besoin de te battre un peu pour me séduire.” Un sourire plus tard, il se détourna enfin pour récupérer la coupe de champagne à peine entamée qui avait été servie plus tôt, avalant une gorgée d’alcool avec la ferme intention de ramener le rencard actuel au goût du jour plutôt que de se concentrer sur un avenir encore si lointain.

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