Félicitation à Ada et Nath

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 [INT 1] Well come back ! ft Nolen

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Posté le Jeu 20 Sep - 22:29
L’imbécile que je suis ! Oublier mes croquis au bureau par un temps pareil ! Voilà que je vais devoir y retourner sous cette pluie torrentielle. Et le vent ! N’en parlons pas ! Je vais devoir ôter mes belles chaussures et les troquer contre une paire toute moche de bottes en caoutchouc et mettre un affreux sac sur ma tête pour préserver ma somptueuse coiffure… Ahh c’est parfois vraiment dur d’être une femme élégante ! Enfin, qu’importe le travail m’appelle ! Je dois avoir fini cette collection pour demain !!! Je n’ai vraiment pas de temps à perdre.

Je démarre la voiture et me met de la bonne musique. Je cherche une piste qui va m’inspirer et je tombe sur Belivers de Imagine Dragons. Un sourire doux se dessine sur mes lèvres pulpeuses alors que tout mon être s’apaise au son de ces belles notes. J’ai toujours aimé l’art sous toutes ses formes, mais avec la musique il y a quelque chose de plus. Car même si l’enchaînement des notes ne casse pas trois pattes à un canard il se peut que cette musique vous touche en plein cœur. J’aime la magie des notes. Vraiment.

Pour le moment la route semble être dégagée et malgré le vent qui rend la conduite particulièrement difficile surtout accompagnée de ces énormes flaques d’eau qui multiplient sans celle le risque d’aquaplanage, je suis toujours en vie ! ¨Pour combien de temps on se le demande !?

BOUUUUM ! SPLASHHHH !

« Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh » *crissement de pneus* BOUMMMM ! *double crissement de pneus* BOUM !

Un arbre tombe au milieu de la route, je prends peur, j’appuie sur le frein le plus fort possible ! Mais ce n’est pas encore assez et la voiture fonce tout droit dans l’obstacle immense qui recouvre toute la route. A nouveau j’entends un boum avant de perdre lentement connaissance. Ma tête à heurté l’airbag de la voiture. J’ai mal au cou et ma vision se voile. Je suis dans la merde. C’est une évidence. Pas d’autre passant, pas de monde, pas de voix pour crier, pas de force. Tout s’éteint.

~~~

De l’autre côté du tronc, une autre voiture a heurté l’obstacle. Avec moins de violence et surement plus de maîtrise. Un conducteur peut être mieux expérimenté ou moins divertit. Cette tempête va faire des morts, c’est ce qu’à  pensé Enora avant de sombrer elle-même dans une demie inconscience. Elle entend ce qu’il se passe autour mais ne réagit pas, complètement sonnée par le choc.
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Posté le Ven 21 Sep - 18:07
L’orage avait éclaté dès le lever du jour, enveloppant la ville toute entière et déversant sur elle des torrents improbables. Yerathel aimait, généralement, se réveiller au son de la pluie qui lui rappelait de vagues souvenirs de moussons et de jours heureux en Asie. Ce matin n’avait pas fait exception d’une quelconque manière, son quotidien s’était déroulé comme un fil et il était même d’excellente humeur malgré le temps chaotique. Un rendez-vous avec une étudiante prometteuse l’avait conduit jusqu’à l’Université où ils avaient discuté autour d’un café pendant une bonne heure, jusqu’à ce que le désastre extérieur ne vienne le frapper de plein fouet et ne détruise pour de bon sa journée. Un simple message, reçu au moment où la peintre en herbe prenait congés, glaça son sang en moins d’une seconde. Et ce ne fut même pas la possibilité que quelqu’un connaisse son identité ou son secret qui l’inquiéta le plus, mais bien la référence claire à Thomas, à un possible danger. Ou du moins fut-ce ainsi qu’il l'interprèta.

La panique l’avait fait réagir au quart de tour et après une conversation plus inquiétante encore avec un homme dans ce café, Yerathel avait perdu de longues minutes à trouver un Uber en fonction malgré l’orage et de longues heures à tourner en rond dans San Francisco, en tentant désespérément de joindre Thomas sans y parvenir. Le véhicule arpentait une rue d’Ocienview où, clairement, l’occultiste n’aurait aucune chance de mettre la main sur le pianiste, quand un désastre plus grand encore se présenta. Il ne comprit même pas vraiment ce qui se passait. Depuis plusieurs minutes déjà, ses émotions étaient exacerbées à la limite de l’insoutenable et le plongeaient dans un affreux brouillard rendu invivable par l’angoisse. Le conducteur n’allait pas assez vite à son goût et il s’agaçait sur lui sans pouvoir se contrôler, attirant inévitablement son attention vers sa place à l’arrière quand le pauvre homme aurait dû regarder la route glissante. La voiture n’avait même pas encore percuté l’arbre lorsque le chauffeur perdit connaissance et s’affala sur le volant, le visage toujours tourné vers l’arrière où Yerathel bondissait presque sur place à force d’énervement. Il avait détaché ses yeux du pauvre homme en entendant un immense boum, voyant une voiture en face s’écraser sur le tronc quelques minutes à peine avant que le véhicule dans lequel il se trouvait ne subisse le même sort.

Par un étrange miracle, Yerathel ne fut que passablement secoué sous l’impact. Son front cogna bien contre l’un des sièges avant, mais il était encore en mesure de bouger et, un peu sonné, s’empressa de sortir de la voiture. Il alla d’abord près du conducteur pour s’assurer qu’il allait bien. L’homme restait inconscient, renversé sur son airbag, un filet de sang au coin de l’oeil, mais il respirait encore et semblait plus groggy que vraiment amoché. Yerathel, lui, bien que parfaitement intact physiquement, ne répondait plus du tout de ses nerfs. Il sortit son portable assez rapidement, l’écran tactile se recouvrant d’eau si vite que d’essayer de faire quoique ce soit se révélait parfaitement inutile. Il s’approcha de la seconde voiture en rangeant l’appareil dans sa poche et manqua d’arracher la porte conducteur en voulant s’assurer que la femme qu’il voyait au travers de la vitre allait bien, elle aussi. Tout allait de travers, il n’arrivait plus à réfléchir, submergé par tellement d’émotions différentes qu’il ne savait plus dire celle qui le dominait encore. Au point, aussi, qu’il crut sincèrement être devenu fou quand son regard se posa enfin sur le visage de la conductrice et qu’il crut reconnaître Enora. Car c’était parfaitement impossible, n’est-ce pas ? Elle n’était qu’un lointain souvenir, un fantôme encore trop présent de son passé, mais il était impossible qu’il la revoit soudainement aujourd’hui, dans des circonstances aussi… aléatoires. Et alors qu’il aurait tout donné pour être auprès de Thomas, s’assurer qu’il allait bien. Thomas. Thomas. Thomas. Il ne l’avait jamais tant désiré qu’à cet instant et pourtant, après avoir jeté un regard autour de lui à la recherche de quelque chose qu’il ne savait même pas définir, il se pencha sur sa silhouette inconsciente qu’il souleva doucement pour l’appuyer contre le dossier du siège. C’était réellement elle. Son visage, croyait-il, il ne pourrait jamais l’oublier. Un rire qu’on aurait pu qualifier d’hystérique - et qui l’était sûrement - lui échappa. Il eut un mal fou à se calmer, mais finit par y arriver, assez longtemps pour prendre son pouls et s’assurer qu’elle vivait toujours. Incapable de savoir quoi faire d’autre, il se retrouva rapidement avec une main sur chacune des épaules de la brune, à la secouer doucement en murmurant son nom, avec l’espoir un peu dingue que ce ne serait finalement pas elle.

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Posté le Mar 25 Sep - 22:44
La douleur poursuit son chemin de mon cou aux pieds en passant tout le long de la colonne vertébrale. Je prie pour n’avoir rien de cassé et que seul le choc est responsable de cette paralysie passagère. Je suis dans l’inconscience. Presque du moins puisque j’arrive à entendre quelques sont autour de moi. Mais ils appartiennent peut être à un rêve.  Au loin une tempête semble agiter la verdure et une autre voiture s’est apparemment frottée au même tronc que moi. J’en vois les phares au travers de certaines branches. J’essaye de garder les yeux ouverts mais c’est très compliqué, trop compliqué.  Je ne tiens plus.

Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé alors que je sens des mains sur mes épaules qui me poussent avant de me secouer comme un prunier. Une odeur familière traverse alors mes narines. Comme un vague souvenir qui me hante alors que la mort semble guetter à ma porte. Une mort qui ne peut venir ainsi, évidemment.  Puis à l’odeur s’ajoute la voix. Je n’ose ouvrir les yeux alors je murmure doucement. « Même ici tu viens me hanter Naïm…. »  Comment oublier cette voix que j’ai quotidiennement côtoyé durant de longues années.  Naïm, en 30 000 ans a été le seul homme avec lequel je me suis imaginée passer tous les jours de notre vie à deux. Je suis quelqu’un de difficile c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai toujours été mieux seule. Cependant, lorsque les années se succèdent la solitude s’impose déjà à nous. Alors lorsqu’en plus on ne peut réellement aimer, c’est d’autant plus compliqué. Naïm a comblé cette solitude à l’époque. Il a été là, lui. Mais aujourd’hui, c’est impossible que je le revois impossible qu’il soit là devant moi. Il devrait être mort et si ce n’est pas le cas, pas assez en forme pour traîner sous cette pluie.

J’ouvre finalement les yeux. La pluie battante ravage la coiffure pourtant bien agencée de l’asiatique qui me fait face et ravage également mon brushing… Malgré tout, je reste calme et analyse la situation. Les traits du visage de l’homme qui vient me sauver me sont familiers, un peu trop. Il possède également la voie d’un homme que j’ai profondément aimé. Mais il n’a en rien l’âge attendu de ladite personne. Alors j’ai dû réellement prendre un gros coup sur la tête. A n’en pas douter ! n’est-ce pas ?

« Ce n’est pas possible… tu devrais avoir au moins quoi… 80 ans ! Com… » et soudain je le pousse alors qu’une branche d’un arbre s’échoue sur la voiture.  « ATTENTION ! »mon hurlement ressemble plus au cri étouffé d’une oie, mais l’intention est là. « Est-ce que ça va monsieur ? » je demande alors avec politesse me rendant compte que depuis tout à l’heure je le prends pour un fantôme de mon passé.
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Posté le Jeu 27 Sep - 0:30
Naim… Une fois de plus, Yerathel aurait juré être devenu fou, plongé dans une hallucination douloureuse en entendant ce nom soufflé par les lèvres encore tremblantes de la femme devant lui. Il n’arrivait pas à croire que ce soit possible, que ce soit vraiment elle. Il ne voulait même pas qu’elle soit réellement là, parce qu’indiscutablement, cela changerait toute la vie qu’il s’était construit ici et il n’était pas encore prêt à l’abandonner. Et pourtant… Pourtant, il y avait trop de hasards pour qu’il ne soit pas mis devant le fait accompli. Ses doigts, toujours sur les épaules de la femme, se crispèrent un peu plus fort que nécessaire et elle ne broncha même pas un peu. Il cessa de la secouer, cessa complètement de bouger et de parler, presque de respirer, pour seulement la regarder. Ses yeux écarquillés refusaient de la quitter, mais refusait aussi de communiquer avec son bon sens. Il était devenu fou, tout simplement, ça restait la meilleure explication. Quelque chose n’allait pas avec cet orage, il y avait de la magie dans l’air, elle exacerbait ses pouvoirs au point que son tout nouveau don qu’il contrôlait encore si mal venait presque de prendre la vie d’un innocent. Et maintenant, cette magie déversée dans l’air formait des rêves incroyables. Voilà une explication avec laquelle il aurait pu vivre parfaitement. Il cligna des yeux plusieurs fois, désespéré de voir les images changer quand ils les rouvraient, mais ça n’arriva jamais. Un poignard s’enfonça douloureusement dans son coeur quand la femme reprit suffisamment conscience pour le regarder en retour et s’étonner qu’il soit là, alors qu’il aurait dû avoir au moins quatre-vingt ans…

Un instant, Yerathel crut mourir. Un bruit sec le fit sursauter et il fut projeté en arrière sans vraiment comprendre, son regard toujours résolument fixé sur la femme. Enora. Il vit la branche entre eux quelques secondes plus tard, alors qu’il était au sol, le dos douloureux, mais toujours trop sous le choc pour réaliser. “Enora ?” demanda-t-il d’une voix blanche. Il savait, pourtant, il n’avait plus aucun doute. C’était elle et il refusait d’y croire. .La pluie lui glaçait les os, mais ça n’était même pas ce froid-là qui le paralysait désormais. Il eut besoin de plusieurs secondes pour réussir à retrouver assez de conscience pour se mettre debout. Et au lieu d’avancer, d’approcher, il se surprit à faire un pas en arrière. “C’est… Tu… Je suis en train d’halluciner.” décida-t-il, comme si de le dire à voix haute pouvait rendre tout cela plus réel. Ça n’était pas le cas, Enora se tenait toujours devant lui et il n’avait aucune idée de quoi faire. “Comment… P… Qu’est-ce que tu fais ici ?” La question lui semblait assez légitime, pourtant avait-il sans doute beaucoup plus d’explications à donner qu’elle. Après tout, à la connaissance de la jolie brune, c’était lui l’humain qui aurait dû arborer désormais un visage ridé et des cheveux blancs. Ou être mort. Et il avait changé, au fil des années. Il n’avait plus rien à voir avec le jeune trentenaire timide et effacé qu’avait été Naim. Nolen était un homme exubérant, extravagant. Malgré la pluie, son visage portait encore les traces du maquillage sans lequel il ne sortait jamais, ses bijoux trop nombreux brillaient à chaque éclair déchirant le ciel et ses vêtements trempés d’eau montrait un goût prononcé pour le luxe et la mode. Il n’était plus un petit immigré devenu portier pour s’offrir une vie de rêve à New-York, mais il était toujours lui-même, ses traits inchangés et reconnaissable pour peu qu’on l’ait souvent regardé de près. À cet instant, face à Enora, il avait même perdu de la superbe et du charisme de Nolen pour redevenir le jeune homme perdu et effrayé qu’elle avait connu autrefois.

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Posté le Mer 3 Oct - 21:28
Le monde des humains possède ce goût d’aventure qui ne manque finalement jamais. Où que l’on se trouve et quelque soit l’époque nous pouvons toujours avoir une surprise qui tombe du ciel. Peut-être que c’était comme cela dans nos cité mais la surprise avait surement moins de goût car je ne me souviens pas l’avoir autant appréciée qu’en ce jour. A moins que celle-ci soit particulièrement délectable car il s’agit de Naïm et de son corps d’Appolon, de son caractère si doux et tendre également et cette innocence à façonner pour l’endurcir et le faire gagner en assurance, en confiance. Quoi qu’il en soit mon esprit refait peu à peu surface convaincu d’avoir cet homme qui a marqué mon esprit si ancien qu’il en a oublié certain détails de sa propre existence. Et lorsque je suis assez réveillée jevois cette branche menaçante fondre sur nous c’est alors que je propulse Naïm le plus rapidement possible pour lui sauver la vie. Je sais qu’il est irréaliste de croire qu’il s’agit de l’homme que j’ai rencontré soixante ans plus tôt mais il lui ressemble tellement, trait pour trait.

« Oui ? » il demande mon nom je réponds, évidemment non. Mais alors, s’il sait mon nom c’est que je ne prenais pas cet homme pour Naïm pour rien. C’est lui ? C’est obligé ! Ou son fils et il lui aurait parlé de moi ? Ahhh flûte ! Mes jambes sont coincées par le volant ! Je … je … je paniqueuuuh ! Mais en silence ! Les grandes dames ne montrent pas leur détresse ! « Bon alors mon chou non tu n’hallucines pas du tout ! C’est bien Enora mais là j’ai besoin que tu te recentres parce que je suis coincée sous le volant et j’ai légèrement, mais très légèrement mal vois-tu… » dis-je calmement en lui offrant un immense sourire. Je comprends qu’il panique un peu, mais lui va devoir m’expliquer comment cela se fait-il qu’il soit toujours aussi JEUNE ! Une voix en moi hurle dans tous les sens, pleine de questions et de certitude avec une envie folle et passionnée de le serrer contre moi. Une envie qui dépasse l’entendement.

Le plus surprenant dans cette rencontre fortuite c’est de voir le visage de mon ange gardien se décomposer sous mes yeux comme si la personne actuelle avait laissé place à celle que j’ai connu alors que le connaître sous son nouveau jour m’interpellait autant que je retrouve la douceur et la chaleur de ses bras, surtout sous cette pluie battante qui appelle à se réchauffer mutuellement comme on le peut.

Bon comme les choses ne vont pas comme elles le devraient, je me claque le visage, découvrant pas la même un maquillage en lambeaux tout comme celui de Naïm d’ailleurs et me concentre pour me téléporter hors de la voiture. Cela devrait fonctionner. Un, deux, trois, mantras - « Je suis la maîtresse de mon destin » - et POUF me voilà sous la pluie, hors de la voiture. Oups, une jambe me lâche et je finis au sol, comme une larve désarticulée.
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Posté le Ven 12 Oct - 18:01
Un long moment, Yerathel resta assis à même le sol, les yeux levés vers la jeune femme qui semblait reprendre un peu plus conscience au fil des secondes. Pas lui. Elle s’adressait à lui avec tellement de naturel, d’indifférence… Comme s’il n’y avait finalement rien d’exceptionnel à ce qu’il se trouve devant elle, soixante et un ans après leur toute dernière conversation. Ce fut un moment un peu compliqué à aborder pour l’occultiste, pourtant quand la voix calme de la jeune femme l’enjoignit à se bouger pour venir l’aider, il se remit debout presque automatiquement, son corps répondant à l’appel bien avant son cerveau. Il ne comprenait rien et peut-être que ça n’était qu’une hallucination, une coïncidence ou peut-être était-ce réel, ça ne changeait plus grand chose pour le moment. Il essuya ses mains sur sa veste trempée et s’approcha pour l’aider, mais à peine eut-il le temps de faire quoique ce soit qu’elle avait déjà disparu, prouvant définitivement l’existence de ses pouvoirs, quoiqu’il n’en ait plus douté depuis plus de six décennies. Une seconde de trop, il resta planté là à regarder dans l’habitacle vide de la voiture, pivotant sur lui-même à la recherche d’Enora hélas trop tard pour l’empêcher de chuter au sol. Il se précipita auprès d’elle et l’aida à se remettre debout, la maintenant fermement dans ses bras, toujours perdu, toujours trop lent et incapable de réaliser vraiment, mais son instinct au moins capable de prendre le dessus pour leur éviter davantage de problèmes. Que faire, maintenant ? La question le hantait, mais aucune réponse cohérente ne parvenait à s’imposer. Il regarda autour d’eux, les deux voitures accidentées et l’arbre au milieu de la voie. Tout semblait mal tourner en ce moment et il n’avait qu’une envie : se trouver loin d’ici. Juste une journée en arrière aurait suffit, une vie dans laquelle son seul et unique soucis au monde était de savoir s’il allait voir Thomas aujourd’hui ou non. Une vie simple et heureuse qu’il refusait de lui voir échapper. Ce qui était probablement déjà trop tard.

“Il faut te mettre à l’abri le temps que tes blessures guérissent.” souffla-t-il en reposant son regard sur Enora. Il avait surtout l’impression de parler dans le seul but de couvrir le silence inquiétant de ce moment, mais qu’importe. Il jeta un dernier regard aux deux voitures et à l’homme toujours inconscient au volant de celle qui l’avait amené ici. Peut-être avait-il tué cet homme et malgré tout, il n’arrivait pas à s’en soucier pour le moment, accablé par trop de choses différentes. Il ressera encore un peu son emprise sur la femme et ferma les yeux, dessinant son salon derrière ses paupières, avec autant de précision que possible. C’était plus simple qu’il ne l’aurait cru, tant ça lui demandait d’effort de se concentrer sur une seule chose. Le monde sembla trembler un instant et tout à coup, la chaleur revint et la pluie cessa de s’imprégner dans ses vêtements, alors qu’il ouvrait les yeux et qu’ils se tenaient tous deux au milieu de son appartement. Il l’aida à s’installer sur un fauteuil, regrettant vaguement l’état dans lequel se retrouvait ledit fauteuil après avoir supporté autant d’eau pendant un moment. C’était étrange, toutes les pensées cruellement terre à terre qui le traversaient en ce moment. Le moindre petit détail lui sautait aux yeux, le parquet déjà trempé qu’il faudrait nettoyer, les pompiers qu’il lui faudrait appeler pour l’homme toujours dans sa voiture, la presse qui s’emparerait certainement de l’histoire dans les jours à venir… Mais le plus important refusait de s’accrocher à ses pensées. “Pourquoi est-ce que tu es ici ?” demanda-t-il à nouveau, après s’être éloigné de quelques pas pour la fuir autant que pour l’observer. Elle aurait dû se reposer et lui aussi, mais il ne pouvait pas l’envisager pour l’instant. Il fallait qu’il mette un peu de sens à toute cette histoire.

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