Félicitation à Bidule et truc

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 N.Y.X - I was alive when the Dead Sea was just a lake that was feeling a little poorly.

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Nolen Y. Xiao
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Posté le Mar 3 Juil - 21:17


Nolen Yerathel Xiao
feat Harry Shum Jr
001. Yerathel était aussi le prénom de son père, mort quelques mois avant sa naissance. 002. Bien qu’il affectionne aujourd’hui ce nom, ce fut un véritable fardeau à porter lorsqu’il était enfant et qu’il vivait encore en Thaïlande, où l’on se moquait souvent de lui à cause de ça. 003. Sa sexualité a été une importante source de souffrance elle aussi. Non pas qu’il craignait les médisances ou le manque d’acceptation, mais plutôt la possibilité d’avoir des enfants. 004. Raison pour laquelle, sans doute, il est davantage impliqué dans ses relations avec des hommes qu’avec des femmes. 005. C’est pour cela aussi qu’il se considère principalement comme asexuel. Quoi qu’il soit parfaitement capable de ressentir du désir et d’agir en ce sens, ça n’est pas l’une de ses priorités et souvent un problème dans ses relations amoureuses. 006. Il a voyagé dans le monde entier, mais a passé le plus clair de son temps en Europe. 007. Il porte chaque jour un pendentif serti d’une émeraude qui a autrefois appartenu à sa mère. C’est la seule chose qu’elle ait conservé de son père. 008. Il se tient généralement aussi loin que possible du monde surnaturel auquel il appartient et préfère largement mener une vie d’humain banal. 009. L’art l’a toujours fasciné, malheureusement il ne dispose d’aucun talent dans ce domaine. 010. Il possède, en revanche, une large fortune qu’il doit à des siècles de travail et qu’il a choisi aujourd’hui d’investir dans sa passion. C’est un collectionneur et un mécène très réputé à San Francisco. 011. L’oeuvre qui lui est la plus précieuse est une partition originale que Beethoven a écrit pour lui quand ils étaient amants. 012. Depuis plusieurs siècles, il s’arrange pour que chaque fois qu’il doit changer de nom, il conserve les mêmes initiales : N. Y. X. 013. C’est d’ailleurs le pseudo qu’il utilise en tant que professionnel. 014. Malgré sa personnalité et son apparence exubérantes, il se dévoile très difficilement et il est rare qu'il laisse voir quelqu'un sous le masque. D'ailleurs, il n'existe pas une seule personne vivante qui connaisse sa véritable identité ou ses pouvoirs. 015. Cela n'a pas toujours été le cas, il s'est confié une fois et a regretté sincèrement de s'être dévoilé à quelqu'un qu'il croyait digne de confiance.
▲ points clés ▲
Niveau 36
Magie Blanche
Validé
nom Xiao prénom(s) Nolen Yerathel âge 2 107 ans date & lieu de naissance Le 20 Février en -89, dans un petit village près de Chang Mai en Thaïlande origines Thaïlandais race Occultiste activité diurne Mécène activité nocturne Aucune orientation Pansexuel statut civil Célibataire

personnalité Au premier regard, Yerathel donne l’impression d’être un homme excentrique, toujours incroyablement joyeux et très sociable. C’est ce qu’il est, dans une certaine mesure. Il aime être vu, regardé et il aime prendre soin de lui. D’aucun le qualifierait de vaniteux. C’est un homme passionné, souvent excessif, qui ne laisse jamais indifférent et dispose d’un charisme fou. Il a beaucoup d’intelligence et se montre surtout incroyablement perspicace : on ne peut rien lui cacher, c’est presque comme s’il pouvait lire dans le cœur même de ses interlocuteurs. Il n’en reste pas moins ouvert d’esprit et toujours prêt à faire de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes. Quand il se prend d’affection pour quelqu’un (et cela semble arriver bien souvent), il se révèle incroyablement attentionné. Il n’y a que deux petites choses qu’on peut réellement lui reprocher. Tout d’abord, il est insupportablement lunatique, il change d’humeur en un claquement de doigt et c’en est sérieusement épuisant. Il est un peu désordonné, aussi, mais cela reste bien plus acceptable. Le véritable problème réside sans doute dans le fait que tout cela - l’homme soigné et excentrique, joyeux et affectueux - ressemble sincèrement à un rôle qu’il joue. On a l’impression qu’il n’y a finalement pas grand chose sous la couche de maquillage qui recouvre son visage. Ce n’est pas le cas, bien sûr, mais il se montre très secret, incapable de s’investir réellement dans une relation. À la vérité, il est lâche et a excessivement peur d’être blessé. Ou tué.
Yerathel a adopté de nombreux styles au fil des années. Cherchant toujours à se fondre dans la masse, il suivait les modes autant que possible. Aujourd’hui, cependant, il s’est défait de ce désir de disparaître et on le reconnaît immédiatement à son style pour le moins excentrique. Il porte toujours des vêtements très soignés et visiblement onéreux et colorés et ne sort jamais sans être parfaitement apprêté. Chez lui, cela se traduit principalement par une coiffure impeccable, un maquillage léger et une multitudes de bijoux et accessoires. C’est sa façon à lui de se cacher en plein jour et de ne jamais laisser indifférent. Qu’on apprécie ou non, on le remarque immédiatement. Il n’a pas une seule cicatrice, pas le moindre stigmate d’un passé douloureux, ni le moindre tatouage, mais il adore les piercings et en a plusieurs et de tout genre. Il se caractérise aussi par sa façon de bouger, toujours gracieuse, mais assurément théâtrale.
▲ Particularités ▲
Empathie ζ Capacité à ressentir les émotions de ceux qui se trouvent en sa présence. C’est à la fois un don incroyable qui lui est souvent utile pour aider les gens à qui il tient et s’assurer une bonne humeur en toute occasion, mais aussi une véritable malédiction quand il ne parvient pas à contrôler pleinement ce pouvoir et se retrouve soudainement envahi par les sentiments des autres.

Imprégnation ζ Liée à sa première capacité, celle-ci lui permet en quelques sortes de s’emparer des émotions qu’il perçoit chez ses proches pour les en débarrasser. Elle n’agit que quelques instants, aussi longtemps qu’il se concentre et reste en contact avec la personne, mais cela l’épuise rapidement.

Télékinésie ζ Commune à tous les occultistes, c’est l’un des rares pouvoirs dans ce cas que Yerathel utilise encore régulièrement, si ce n’est quotidiennement. Grâce à cette capacité à déplacer les objets par la pensée, il trouve sa vie beaucoup plus facile et beaucoup plus amusante aussi !

Régénération ζ Une autre capacité qu’il partage avec ses semblables : celle de guérir de toute blessure ou maladie qui l’accable. Il l’utilise encore quand il en a besoin, mais avec le temps il a appris à faire attention plutôt que de compter sur ses pouvoirs et elle ne lui sert plus autant.

Résistance ζ Cette capacité, qui lui offre une résistance accrue aux attaques qu’elles soient physiques ou dues aux intempéries, lui est presque totalement inconnue. Il n’en a guère plus besoin depuis qu’il a dépassé l’âge de l’enfance et ne s’en sert plus du tout ou presque.

Force physique ζ Tout comme sa résistance accrue, sa force physique décuplée n’est plus du tout au centre de sa vie depuis bien longtemps. Il est beaucoup trop caché et trop pacifiste pour avoir besoin de prendre le dessus sur quelqu’un de toute façon.

Téléportation ζ Sa capacité à se téléporter rapidement d’un endroit à l’autre ne lui a pas servi depuis l’invention de l’avion. Cela lui semble totalement inutile et il y a de fortes chances qu’il ne sache plus vraiment comment s’y prendre de toute manière.
▲ Pouvoirs ▲
C’est forcément une inquiétude que l’on ressent quand tout ce que l’on s’acharne à cacher depuis toujours apparaît soudainement sur tous les écrans du monde. Face à la sortie de la vidéo, Yerathel est resté calme et indifférent et lorsqu’on lui demande ce qu’il en pense, il éclate souvent d’un grand rire et prétend que ce ne sont que des fables, mais que le réalisateur semble avoir un incroyable talent et qu’il se porterait immédiatement volontaire pour l’aider à percer dans le cinéma. Derrière cette mascarade se cache la peur : celle qu’on découvre ce qu’il est réellement et que les Traqueurs le retrouvent et le tuent. Il a beau avoir vécu des siècles entiers, cette idée l’effraie toujours.
▲ Avis sur la vidéo ▲

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Dernière édition par Nolen Y. Xiao le Ven 13 Juil - 10:08, édité 15 fois
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Nolen Y. Xiao
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Histoire

We could live for a thousand years but if I hurt you...



Nothing so sad as a tear in vain ζ Yerathel naquit en Thaïlande quatre-vingt neuf années avant Jésus Christ, dans un petit village aux abords de la ville de Chang Mai. Dès les premiers instants de son existence, il fut condamné à une vie difficile qu’il passerait à se cacher et à mentir, où il ne trouverait jamais vraiment sa place et souffrirait du pire mal de l’humanité : la solitude. Sa mère était une jeune thaïlandaise tout juste sortie de l’adolescence et la première fois qu’elle posa les yeux sur l’enfant qu’elle venait de mettre au monde, une flopée de larmes lui échappèrent. Elle l’aima pourtant de tout son cœur et jusqu’à son dernier souffle, mais il lui rappelait chaque jour l’amour de sa vie qu’on lui avait arraché quelques mois seulement avant qu’elle n’accouche de leur fils. Yerathel ne connut donc jamais son père. Pour de longues années, ce ne fut que Malee et lui.  Ils vivaient tous les deux dans une petite cabane à l’écart de la ville. Elle travaillait comme servante pour une riche famille de cultivateurs et emmenait souvent le garçon avec elle, mais en dehors de la famille qu’ils servaient, Yerathel et Malee n’entretenaient aucune relation avec d’autres personnes. Malee n’était pas une femme particulièrement bavarde. À vrai dire, elle ne parlait même quasiment jamais, mais lorsqu’elle le faisait… Elle apprit à son fils, qui rentrait souvent en larmes à la maison après avoir essayé de se faire des amis dans les rues du village, que les autres ne méritaient pas son amour, qu’ils étaient tous profondément mauvais et qu’ils s’en sortiraient juste tous les deux. Elle lui avoua, une fois, qu’il portait le nom de son père et qu’il aurait dû en être fier plutôt que de prier pour en avoir un nouveau. Elle lui confia qu’il avait été un homme merveilleux et qu’elle n’aimerait jamais personne comme elle l’avait aimé. Elle lui apprit à lire, à écrire et à parler le thaïlandais et l’anglais, mais elle ne lui expliqua jamais comment elle connaissait tout cela alors qu’elle n’était qu’une servante et que personne d’autre au village - pas même les plus riches - ne possédait ces connaissances. Dès les premières années de sa vie, Yerathel sut qu’il ne serait jamais comme les autres, mais il ne comprit pas vraiment pourquoi et se surprit souvent à penser que tout était la faute de sa mère.

Il prit la pleine mesure de sa différence lorsqu’il atteint l’âge de neuf ans. L’incident eut lieu alors que le jeune garçon jouait seul dans la boue devant sa maison. Il avait abandonné depuis longtemps l’espoir que les autres enfants du village l’acceptent un jour et il se débrouillait pour se satisfaire de sa vie de solitaire. Un groupe d’enfants passa devant lui et, comme chaque fois, ce fut un concert d’insultes et de moqueries. Mais ce jour-là, Yerathel commit l’erreur impardonnable de leur répondre. Les larmes coulaient sur ses joues tandis qu’il hurlait des mots entendus dans la bouche d’adultes. Les coups suivirent avant qu’il ne s’en rende compte et, à six contre un, il n’eut aucune chance. Il était couvert d’égratignures, de sang et d'ecchymoses quand il trouva refuge dans sa maison. Sa mère n’était pas encore rentrée du travail, mais le temps que ce soit chose faite, toute trace de mauvais traitement avait disparu de la peau du garçon. Complètement volatilisé, comme si rien n’était arrivé. Il ne restait plus que les tâches de sang sur ses vêtements pour prouver l’histoire qu’il raconta à la jeune femme. Elle semblait plus horrifiée à chaque mot et, pour la première fois en neuf ans, Malee accepta de parler à son fils.

Elle ne lui raconta peut-être pas toute l’histoire ce soir-là. Elle lui expliqua seulement qu’il était spécial, tout comme elle et tout comme son défunt père. Elle lui fit la démonstration de pouvoirs incroyables et lui parla d’un monde merveilleux dont ils venaient tous les trois. Il suivit chaque instant avec des yeux brillants de plaisir et d'émerveillement. Mais Malee le mit aussi en garde. Elle lui parla des Hommes jaloux de leurs dons et de leurs semblables décidés à protéger les Hommes plutôt que leur propre race. Elle lui raconta comment elle et l’homme qu’elle aimait avait été pourchassés et comment on avait tué son âme-sœur sous ses yeux. Elle lui raconta ce qu’on leur ferait à tous les deux si jamais quelqu’un apprenait un jour qu’elle avait eu un enfant et le supplia de ne jamais dévoiler son secret à personne. Ce soir-là, pour la première fois de sa vie, Yerathel s’endormit un sourire aux lèvres. Il comprenait mieux pourquoi il se sentait si spécial et il supportait désormais le poids d’un secret qui le faisait se sentir important.

Don't look back in anger ζ Pour les six années qui suivirent, Yerathel devint le plus assidu des jeunes occultistes encore en vie. Sous la tutelle de Malee, il découvrit l’histoire de son peuple et apprit à maîtriser ses pouvoirs. Enfant sensible et bon, il révéla très tôt ses dons d’empathie et d’imprégnation, que sa mère aimait plus tout. Elle lui enseigna comment les développer et se porta toujours volontaire pour qu’il s’entraîne sur elle. Il comprit rapidement qu’elle cherchait surtout à se défaire quelques secondes de son cœur brisé en utilisant les dons de son fils, mais il ne dit jamais rien et continua de l’aider autant que possible. En échange, elle acceptait enfin de répondre à toutes ses questions, sur son père, sur elle et sur leur passé, sur les Traqueurs et sur la magie. Sa vie n’était toujours pas idéale ni parfaite, mais lui se trouvait un peu plus heureux.

Tout cela changea à la veille de son quinzième anniversaire. Malgré sa bonne volonté et ses efforts, Yerathel ne parvenait pas toujours à maîtriser complètement ses pouvoirs et ses problèmes avec les autres enfants du village perduraient. Il fut responsable de plusieurs incidents impliquant sa télékinésie bien mal contrôlée et attira inévitablement l’attention des villageois et des voyageurs de passage. Il ne sut jamais tout à fait si un incident en particulier fut responsable de l’événement qui bouleversa sa vie pour la première fois, ou s’il s’agissait d’un ensemble d’événements tous rassemblés. Mais lorsqu’un soir, il rentra de son travail à la ferme, deux hommes attendaient dans la cabane. Sa mère paniqua immédiatement et lui ordonna de se cacher et de ne pas bouger tant qu’elle ne reviendrait pas le chercher. Il ne le savait pas encore, mais pour la première fois de sa vie, Yerathel venait de voir des Traqueurs. Ils ressemblaient à n’importe quels autres hommes. L’adolescent se cacha dans les herbes hautes en face de la maison et il resta là à regarder tandis que les deux Traqueurs sortaient de la maison pour attraper sa mère. Elle lutta, autant que possible, mais sa puissance largement amoindrie ne fit aucune différence contre celle de ses agresseurs.

Ils laissèrent son cadavre sur la route en terre battue en partant. Yerathel passa plusieurs heures caché dans l’herbe à regarder le corps replié sur lui-même de sa mère, en pleurant aussi silencieusement que possible. Il comprit qu’elle ne se relèverait jamais quand la lumière de la Lune commença à se faner pour laisser la place à un nouveau jour. Alors, il s’activa et quitta sa cachette pour courir jusqu’à la petite maison. Dans un morceau de tulle, il rassembla toutes ses affaires et quitta le village avant que le soleil ne se lève complètement. Il ne se pencha sur le corps de sa mère que pour récupérer le collier autour de son cou. Il courut pendant des heures, prit la fuite pendant des jours, des semaines. Il n’avait que quinze ans et il se retrouvait livré à lui-même.

Aku Cinta Kamu ζ La fuite de Yerathel le mena un peu partout en Asie. Il y mena une vie plus difficile encore que celle qu’il avait connu en Thaïlande. Il subsistait principalement de petits larcins et de semaines entières passées au service de familles fortunées. Seul, il continua de s’entraîner à maîtriser ses pouvoirs dans le secret de sa chambre à la nuit tombée. Il passa le plus clair de son temps complètement seul, mais son plaisir principal résidait dans le fait que, maintenant qu’il arpentait des terres où personnes ne le connaissait, il pouvait se présenter sous n’importe quel nom. Yerathel ne fut bientôt plus qu’un vieux souvenir et il emprunta à la place des pseudonymes qui lui plaisaient davantage et lui permettait de se fondre un peu plus dans la masse. Dans chaque ville, il habilla une identité différente, mena une vie différente. D’une étrange manière, cette vie de errance lui apporta plus de plaisir que son enfance à Chang Mai. En dehors de son village, personne ne se moquait de lui, personne ne le frappait jamais. Il n’était qu’une ombre apeurée à laquelle on accordait rarement guère plus d’un regard.

Il passa les plus belles années de sa vie en Indonésie, dans la ville de Bandung. Dès les premiers jours qu’il passa ici, il trouva une place dans la maison d’un riche commerçant. Son travail consistait principalement à nettoyer les sols et les écuries. C’était une tâche épuisante et ingrate, mais il était nourri et logé et il appréciait ce fait. Très rapidement, le jeune homme alors âgé de seize ans se lia d’une forte et profonde amitié avec le fils de son employeur. Nakula avait le même âge que lui et bien qu’il appartienne à une grande fratrie, il était un enfant très solitaire. Yerathel ressentit immédiatement une immense affection pour le garçon timide quoique toujours joyeux qui passait parfois des heures assis au sommet d’un petit tas de pierres pour le regarder nettoyer les écuries de son père. Ils ne parlaient presque jamais, car Yerathel ne connaissait pas bien la langue, mais le silence ne fut jamais un réel problème entre eux. Ensemble, ils s’aventurèrent partout dans Bandung et dans les terres de la famille de Nakula. Ils étaient inséparables, ce qui n’était pas forcément bien vu par la famille du jeune héritier. La nuit, Nakula exigeait souvent que Yerathel vienne dormir avec lui et ils restaient allongés l’un à côté de l’autre pendant des heures entières jusqu’à tomber d’épuisement et s’endormir l’un contre l’autre.

Après quatre mois de cette amitié, Nakula décida d’apprendre à son ami à parler sa langue. Il lui apprit d’autres mots que ceux que le jeune homme connaissait pour son travail. Certains étaient inoffensifs et leur permettaient seulement d’entretenir des conversations pendant les chaudes journées qu’ils passaient tous les deux aux écuries. D’autres n’étaient prononcés que la nuit, à l’abri dans la chambre de Nakula, quand personne ne risquait de les entendre. Quand Nakula s’allongeait sur son lit et se tournait vers lui et qu’il commençait à murmurer doucement la leçon du jour, Yerathel sentait son cœur se serrer et une étrange chaleur grandir dans son ventre. Lorsque Nakula lui expliqua, pour la toute première fois, ce que signifiait “Aku cinta kamu”, les deux garçons échangèrent leur premier baiser. Il y en eut beaucoup d’autres ensuite et d’autres choses aussi, plus incroyables encore, qu’ils partageaient secrètement dans la chambre du garçon.

Ce fut à cette époque que Yerathel découvrit pour la première fois ce qu’était l’amour. Nakula et lui ne pouvaient pas s’afficher au grand jour, mais ça leur était complètement égal. Ils s’aimaient comme le font les adolescents : absolument. Il n’y avait rien de plus important au monde à leurs yeux et une fois passées les leçons d’indonésien, ils continuèrent de partager chacune de leurs nuits à se confier tous leurs secrets et à s’aimer tout simplement. Pour la première fois de sa vie, Yerathel eut le sentiment de ne plus être seul. Il ne savait pas grand chose du monde, mais il savait ceci : quoi qu’il arrive, Nakula serait auprès de lui jusqu’à la fin de sa vie. Le garçon avait même promis que lorsque son père mourrait et qu’il hériterait de son domaine et de sa fortune, il installerait Yerathel avec lui dans la chambre des maîtres et qu’il ne laisserait plus personne lui faire de mal. Alors, Yerathel décida de partager son plus grand et dernier secret avec son amant.

Il attendit que la nuit tombe et que toute la maison soit endormie. Ce soir-là, comme de nombreux autres avant, les deux adolescents échangèrent une étreinte passionnée et ces quelques mots qui faisaient toujours exploser le cœur de Yerathel. Aku cinta kamu. Quand le calme retomba, Yerathel prononça d’autres mots. Il avoua à son amant ce qu’il était réellement et quand ce dernier refusa de le croire, il lui fit même une petite démonstration de ses pouvoirs. Nakula ne répondit pas grand chose à ce moment-là. Mais le lendemain matin, lorsque le jeune occultiste se rendit aux écuries pour mener à bien sa tâche quotidienne, des Traqueurs attendaient patiemment, plongés dans une importante discussion avec Nakula et son père. Le jeune homme croisa brièvement le regard de celui qu’il avait tant aimé avant de tourner les talons pour prendre la fuite.

A place that is so pure, so dirty and raw ζ À l’âge de dix-sept ans, Yerathel découvrit la douleur d’un cœur brisé. Il crut réellement qu’il ne se remettrait jamais de cette blessure capable de déchirer son cœur et son âme. Il eut les Traqueurs aux trousses un long moment et dut redoubler d’efforts et d’imagination pour leur échapper. Cela l’obligea aussi à quitter l’Indonésie, mais il ne le regretta pas vraiment. Il était caché dans une étable quand cela arriva. Une fois encore, il avait passé une longue partie de la nuit à se cacher et à pleurer toutes les larmes de son cœur meurtri. Il pensa à Nakula et à sa mère et aux histoires qu’elle lui avait raconté sur son père. Il ferma les yeux et serra les paupières si fort qu’il en eut mal. Et quand il les rouvrit, l’étable avait disparu, l’Indonésie aussi et il était désormais couché à même le sol d’une rue en plein milieu de Shangaï. Quand il rencontra des humains pour la première fois, il était encore sous le choc et complètement perdu et parla indonésien. On imagina qu’il venait de là et quand il parvint enfin à communiquer avec les gens l’ayant recueilli, il prétendit s’appeler Nakula. Ce fait l’horrifia un moment, mais il décida finalement de l’assumer et de porter ce nom comme sa croix - quoique la comparaison n’existât pas encore à cette époque - pour se souvenir pour toujours qu’il ne pouvait se permettre d’accorder sa confiance à quelqu’un.

Il resta à Shangaï pour de longues années, jusqu’à ce qu’il ne réalise qu’il ne vieillissait plus et que d’autres autour de lui ne s’en rendent compte aussi. Alors, il quitta cette ville et réinventa sa vie ailleurs et ainsi de suite chaque fois que les suspicions commençaient à s’éveiller, éternellement coincé dans le corps d’un homme de trente ans. Il arpenta la Chine, puis l’Inde et le Pakistan, l’Asie entière et finalement la Turquie et la Grèce, pendant près de treize siècles. Il mena une vie simple, souvent solitaire, toujours modeste. Il eut encore à changer d’identité souvent, par nécessité cette fois, mais décida de toujours conserver un souvenir de son expérience en Indonésie. Ainsi le prénom qu’il se choisissait commençait-il toujours par la lettre N. Il aima de nouveau, bien sûr et même très souvent, mais jamais comme il avait aimé Nakula. Jamais en s’offrant entièrement à ses amants, jamais en leur donnant le pouvoir de détruire sa vie et son cœur.

À l’aube du quatorzième siècle, il décida de quitter l’Asie définitivement et gagna l’Europe qu’il n’avait encore jamais visitée. Il s’installa d’abord en Italie et tomba immédiatement sous le charme de l’effervescence culturelle qui régnait sur ce continent à cette époque. Les siècles qui suivirent ne firent que confirmer l’amour infini qu’il porta à l’Europe. Tout y était différent, tellement plus beau, tellement plus simple. Il visita chaque pays au cœur des guerres et des arts. Il fut admis à la cour de Vienne et à celles de Paris et de Londres, il rencontra de nombreux artistes qui entreraient un jour dans la postérité et découvrit tout ce que le monde avait de merveilleux à offrir. Il aima des hommes et des femmes venus de tout horizon et amassa même une fortune imposante en s’adonnant à la confection de potions et de porte-bonheurs. Pour la première fois de sa vie, il s’offrit le luxe d’embrasser totalement sa magie l’espace de quelques années, avant de retrouver une existence plus humaine et plus mesurée.

L’Europe fut son véritable grand amour et il y mena la vie d’un homme heureux et comblé, à en oublier presque d’où il venait. Mais sa passion pour ce continent se fana au crépuscule du dix-neuvième siècle. Il avait eu le temps de visiter chaque ville et de voir tout ce qu’il y avait à voir dans ce monde alors, quand l’occasion d’en découvrir un nouveau se présenta, il n’hésita pas une seconde et monta dans le bateau qui le mènerait vers son avenir.

I want to wake up in a city that never sleeps ζ L’Amérique… Dès lors qu’elle fut découverte par Christophe Colomb, elle donna à rêver aussi bien aux voyageurs qu’aux pauvres âmes à jamais coincées sur le vieux continent. Yerathel ne faisait pas exception et un bonheur immense le gagna dès l’instant où son regard se posa sur l’imposante côte américaine. Il débarqua à New York à l’été 1907. Jamais de sa vie il n’avait vu une ville semblable. On y trouvait un mélange incroyable de cultures, de gens et de possibilités. Pendant trente-huit ans, il y mena une existence grandiose, faite de soirées animées et de diversité culturelle grisante. Comme n’importe quel immigrant venu d’Europe à cette époque, il avait la tête pleine de l’American Dream et parvint habilement à profiter de tous les plaisirs que ce nouveau monde avait à offrir.

Hélas, l’Europe commença à lui manquer après la Seconde Guerre Mondiale. Les deux grandes guerres avaient laissé une empreinte indélébile dans la vie de tous et quoique la débauche continuât de courir dans les rues new-yorkaises, Yerathel s’ennuyait de Paris, de Vienne, de Londres et de Rome et des soirées à la cour, des artistes portés en héros et de l’ouverture d’esprit des européens. Pourtant, il ne retourna pas sur le vieux continent et préféra plutôt amener l’Europe à lui. Ce fut à cette époque qu’il se décida à entrer dans le monde artistique new-yorkais. Il dévala Brodway et le Village, s’imprégna de toutes les œuvres qu’il put trouver et décida d’utiliser la fortune durement accumulée au cours de sa vie pour se replonger dans le rythme de sa vie européenne. Ce fut à cette époque que naquit Nyx. La nuit, le jeune occultiste devenait cet énigmatique collectionneur et mécène de tous les arts, tandis que le jour il se débrouillait pour continuer d’amasser suffisamment d’argent pour faire perdurer sa passion.

Ce fut aussi à New-York qu’il rencontra un autre de ses grands amours. Après Nakula, Beethoven et d’autres au cours des vingt siècles précédents, ce fut au tour d’Enora d’entrer dans sa vie. Elle passa par la grande porte et lui subtilisa son cœur dès l’instant où il posa les yeux sur elle. C’était une femme sublime qui attirait le regard de tous sur son passage, mais ne prêtait jamais attention à personne. Elle se savait magnifique, elle se savait admirée et vous offrait un regard comme on offrirait le plus précieux des présents. Par miracle, elle fit ce cadeau à Yerathel et cela signa la fin de sa vie new-yorkaise.

Enora était l’épouse d’un fortuné homme d’affaire. Le parfait exemple de la réussite à l’américaine et répondant hélas à tous les clichés, y compris celui de délaisser sa merveilleuse épouse pour son travail et ses obligations sociales. Qu’importe, elle avait l’amour de tous et surtout celui du jeune Naim, le portier à la peau colorée de l’immeuble où elle résidait. Avec Enora, la vie se devait d’être toujours incroyable et excitante et Yerathel, lui, se montrait encore trop timide et trop coincé. Il était comme un projet de rénovation pour elle. La petite chose fragile, le diamant brut qu’elle se devait de ciseler selon ses propres désirs. Il se laissa faire sans rechigner et l’aima de tout son cœur pendant de longues années. Mais l’excentricité de sa maîtresse les rattrapa bientôt. Ce ne fut pas une histoire banale et clichée du mari qui découvre la liaison de sa femme et décide soudainement d’en avoir quelque chose à faire. Pour ce que Yerathel savait, ledit époux était déjà parfaitement au courant des aventures extra conjugales de sa femme et n’y prêtait guère attention. Non, le problème survint une fois encore dans l’intimité d’une chambre à coucher luxueuse au dernier étage d’un hôtel hors de prix où les amants avaient pour habitude de se retrouver.

Une dispute éclata entre eux ce soir-là, ce qui n’avait rien d’étonnant non plus avec le caractère explosif de sa belle. Mais elle alla bien plus loin cette fois et tandis qu’ils s’envoyaient des mots beaucoup trop durs au visage, la jeune femme explosa complètement. Les bibelots disposés sur les meubles - et les meubles eux-même - volèrent dans la pièce et s’échouèrent contre les murs, tandis que d’impressionnantes étincelles naissaient aux doigts d’Enora. Ce soir-là, Yerathel comprit que sa bien-aimée partageait son secret. Il n’avait pas commis l’erreur de lui dévoiler la vérité et elle ne l’avait pas commise non plus. On se serait attendu à ce qu’il en soit plus heureux que jamais. Enfin, il rencontrait l’un de ses semblables, une occultiste dont il était éperdument amoureux. Comme lui, elle connaissait la vérité dissimulée dans ce monde et comme lui, elle vivrait éternellement au milieu de l’humanité sans y appartenir vraiment.

Mais il ne ressentit pas la moindre once de joie à cette découverte. Enora était comme lui et bien qu’il fit au mieux pour ne pas y penser, les souvenirs ternis de sa mère l’envahirent aussitôt. Il repensa à son enfance douloureuse et aux siècles qu’il avait dû passer à se cacher pour échapper aux Traqueurs. Il repensa aux mots de sa mère, à ses mises en garde et à l’histoire monstrueuse qu’elle lui avait raconté d’un jeune couple heureux et amoureux, pourchassé par des monstres dans l’espoir de les tuer. Il repensa à cette loi définitive : l’interdiction pour les occultistes de se reproduire au risque de voir leurs vies soudainement écourtées. Il repensa à son père qui s’était sacrifié pour éviter que l’amour de sa vie ne subisse le courroux pour être tombée enceinte. La sexualité à cette époque se jouait d’une manière différente et l’amour que Yerathel portait à cette femme l’avait poussé plus d’une fois à prendre des risques inconsidérés. À la lumière de cette découverte, il redevint soudainement le petit garçon effrayé, caché dans les hautes herbes d’un champ en Thaïlande. Il fit tout son possible pour apaiser la colère d’Enora, mais refusa de passer la nuit avec elle ensuite et s’empressa plutôt de rejoindre son appartement miteux pour faire ses valises. Le lendemain matin, il quittait New-York sans un regard en arrière, le cœur à nouveau brisé par la réalité qui venait de le rattraper.

The dust has only just begun to form ζ Pour les cinquante-cinq années qui suivirent, Yerathel ne fit rien d’autre que fuir. Personne n’était à ses trousses, cette fois, mais il s’éloignait le plus loin possible de New-York et de la possibilité d’une vie heureuse cruellement écourtée qui l’attendait là-bas. Il ne remit jamais les pieds dans la ville qui ne dort jamais et ne revit plus Enora une seule fois. Et avec le temps, son cœur brisé finit par guérir lui aussi et le souvenir de la jeune femme par s’effacer doucement. Ce fut au cours de ce demi-siècle qu’il se forgea pour devenir l’homme qu’il voulait être. Après avoir passé une longue période de sa vie à craindre la mort et à se cacher, il était fatigué de ne pouvoir s’exprimer pleinement et abandonna sa timidité quelque part entre Philadelphie et La Nouvelle-Orléans au cours des années soixante. Les souvenirs heureux de l’Europe continuaient de l’accabler et de le plonger dans une profonde nostalgie et ceux de sa vie new-yorkaise aussi. Alors, il s’efforça de s’occuper suffisamment pour ne plus jamais avoir le temps d’y penser. Dans chaque ville qu’il visita, il se forgea une identité nouvelle et présenta Nyx au gratin culturel. Entre deux soirées trop arrosées, entre deux amants dont il oubliait le nom dès le lendemain, il amassa encore un peu d’argent et quelques œuvres pour parfaire sa collection. Il s’ouvrit entièrement au monde et aux possibilités, à tout ce qui lui permettait de ne jamais vraiment penser.

Aucun autre drame ne vint ponctuer sa longue existence, si ce n’est celui de la solitude dans laquelle il s’enfonça plus encore. Il s’était fermé entièrement à l’amour et avec lui, à l’affection tout court. Mais au moins était-ce plus facile ainsi de quitter un lieu quand on commençait à se rendre compte que l’énigmatique Nyx restait insensible aux affres du temps. Il visita le pays entièrement et sa quête interminable d’un bon moment le mena finalement jusqu’à San Francisco. C’était le genre de ville idéale pour l’homme perdu qu’il était finalement devenu. Ici, il pouvait enfin se permettre d’être cet homme étrange et excentrique, avide de fêtes alcoolisées et d’art, de beaux jeunes hommes et de perdition et se permettait même de porter du maquillage en plein jour sans qu’on ne lui lance le moindre regard perplexe.

Il avait prévu de n’y rester que quelques années. Cinq à dix, tout au plus, selon la façon dont il parviendrait à s’intégrer à la population. Il se fit rapidement un nom dans le monde artistique de la ville et devint un mécène influent en moins d’un an. Il ne disposait peut-être d’aucun talent artistique lui-même, mais il était définitivement doté de celui de dénicher les plus grands artistes qui soient. Hélas, sa vie paisible et insouciante prit fin aussitôt qu’une étrange vidéo fut mise en lumière sur Internet. Il reconnut immédiatement la magie sur l’écran et ce fut comme de regarder en face son avenir. La peur, à laquelle il avait admirablement réussi à échapper depuis plus d’un siècle, revint au galop. Si le monde découvrait la vérité, que deviendrait-il ? Ne sachant que faire, il décida pour l’instant de continuer ainsi, à se cacher en plein jour et à la vue de tous au milieu des humains. Pour le reste du monde, il n’était que ce mécène excentrique, mais inoffensif. Il comptait bien garder un œil aiguisé sur les évolutions de cette découverte et vivait de nouveau avec l’angoisse constante que les Traqueurs ne retrouvent sa trace, mais il avait acquis assez de grâce pour ne pas le montrer.

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Dernière édition par Nolen Y. Xiao le Ven 13 Juil - 10:29, édité 16 fois
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Posté le Jeu 5 Juil - 10:02


Félicitations, tu es validé(e) !

Il est temps de passer à la suite !



Bel exemple d'un personnage équilibré et ayant subi sa fuite, j'ai beaucoup aimé cette fiche ( ) et j'ai hâte de le voir évoluer en jeu.


Encore félicitations pour ta fiche ! À présent, nous te laissons aller te recenser et commencer l’aventure TOS. Nous te laissons donc faire un tour sur les bottins pour y recenser avatar et prénom, mais aussi ton logement et ton métier. Une fois que tout cela sera fait, il te sera possible d’aller créer ta fiche de liens et de chercher des rps.



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