Félicitation à Ada et Nath

Depuis la diffusion d'une vidéo montrant un homme faisant de la lumière avec ses mains se faire tuer par un autre avec un poignard, le monde s'interroge. Existe-t-il autre chose que des hommes sur terre ?
 

 

 Thought I could make it, then I see your face + Tholen

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Posté le Mar 24 Juil - 20:43
Aussitôt qu’il lut les mots sur l’écran de son téléphone, Yerathel leva les yeux au ciel. Thomas manquait cruellement d’humour, aujourd’hui. Sans doute y avait-il de bonnes raisons à cela, après tout c’était son sang qui tapissait l’une des rues de San Francisco et lui qui serait en danger si quiconque l’apprenait. Yerathel, cependant, préférait éviter de trop dramatiser avant d’en savoir plus. L’article qu’il avait trouvé par hasard au milieu de son fil d’actualité sur Facebook avait bel et bien fait battre son coeur un peu plus fort que nécessaire et il disposait effectivement d’une certaine tendance à la dramatisation qui l’avait déjà rendu célèbre auprès de certains. Mais il s’agissait là d’un véritable danger et quand sa vie était dans la balance, il parvenait toujours étrangement bien à réagir calmement. Du moins, vu de l’extérieur. Car à l’intérieur, il paniquait certainement autant que le jeune homme. Raison pour laquelle, d’ailleurs, il s’empressa d’écourter son rendez-vous avec l’agent artistique dans le bureau duquel il se trouvait en ce moment. Même s’il ne prit pas la peine de répondre à Thomas et qu’il comptait bien nier la moindre inquiétude, il avait bien l’intention d’accéder à la requête du pianiste et de se rendre chez lui immédiatement. Peut-être son inquiétude n’était pas l’unique raison de tout ce zèle. Ils ne s’étaient pas vus depuis un peu trop longtemps à son goût, quoique ça n’ait pas excédé quelques jours. Mais vu la manière dont s’était terminée leur dernière entrevue… L’occultiste se sentait à la fois fort angoissé et fort excité à l’idée d’un petit tête à tête. Bien sûr, la version officielle était qu’il se contentait d’agir comme l’ami prévenant qu’il avait promis d’être pour le musicien. Rien d’autre.

Il n’avait malgré tout jamais été aussi rapide à rejoindre l’appartement du jeune homme à la première demande et fut sur place à peine un quart d’heure - et quelques encouragements et menaces auprès du conducteur du Uber - plus tard. S’il frappa énergiquement et se précipita presque à l’intérieur quand Thomas vint lui ouvrir, son énergie se calma brusquement quand les deux hommes se retrouvèrent face à face et sans plus aucun témoin à l’intérieur. Yerathel avait beau s’abreuver sans arrêt de mensonges réconfortants pour se rassurer sur ce qu’il espérait de Thomas, une fois mis devant le fait accompli… Son coeur sursauta peut-être légèrement dans sa poitrine tandis que son regard balayait le jeune homme et il se tendit peut-être un peu. Peut-être. Rien, en tout cas, qu’il ne soit pas capable de masquer rapidement pour retrouver son habituel. “J’espère que tu n’as rien fait de stupide le temps que j’arrive.” souffla-t-il en guise de salut. Ses yeux bloquèrent encore une fois sur le jeune homme avant qu’il ne se décide à faire quelque chose de complètement dingue compte tenue de l’état de leur relation : il approcha et prit le jeune homme dans ses bras. “Tout va bien se passer, fais-moi confiance. Je ne laisserais personne me voler mon pianiste préféré.” assura-t-il à voix basse avant de se détacher.

La petite ombre inquiète qui traînait dans ses yeux fut balayée aussitôt qu’il fut de nouveau visible et il s’éloigna encore pour faire quelques pas dans l’appartement. “J’ai attendu ton appel.” lâcha-t-il l’air de rien. Il avait effectivement attendu, mais ce serait mentir que de prétendre qu’il était surpris de ne l’avoir jamais reçu. Au moins espérait-il qu’ils aient eu tous les deux suffisamment de temps pour réfléchir à ce qui s’était passé et à ce qu’ils espéraient maintenant. ”Et si tu nous servais quelque chose à boire ?” proposa-t-il du même air détaché. Lui savait ce qu’il voulait, en tout cas et il savait aussi qu’il ne l’obtiendrait probablement jamais. Leur dernière conversation et l'absence de réponse à ses tentatives d'entrer en contact ces derniers jours rendaient cela très clair. Alors autant ne pas en faire une maladie et passer rapidement à autre chose, n’est-ce pas. Et il ne connaissait rien de mieux qu’un bon verre de vodka pour ça.  

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Posté le Mer 25 Juil - 0:03
Il n’allait pas venir, pourquoi viendrait-il d’ailleurs ? J’avais été exécrable, enfin non, mais je n’avais pas été engageant, je n’avais pas appelé, j’étais resté là à attendre d’assimiler tout ça, j’étais resté là dans l’espoir de comprendre un peu. Mais rien, il n’y avait eu aucune putain d’évidence pour m’aider et quand finalement il m’avait envoyé l’article, j’avais paniqué. Et lui il était occupé. J’avais continué à tourner en rond dans mon salon jusqu’à finalement répondre à cet article. Il m’avait pourtant demandé de resté sage, et j’avais presque réussit non ? Non absolument pas. Je n’aurais pas du faire ça et je n’avais pas vraiment eu le temps d’avoir de scrupule qu’on venait déjà taper à ma porte. On m’avait retrouvé ? Comme ça ? J’hésitais à ouvrir, mais lorsque je le vis, je n’eus aucun soucis à ouvrir en grand, le laissant rentrer alors qu’il me demandait si je n’avais rien fait de stupide, « Presque… », soufflais-je simplement alors que j’aurais pu lui mentir, alors que j’aurais pu dépasser ça, en vain. J’avais sans doute été stupide, certainement même, il l’aurait apprit dans tout les cas. Et avant que je n’ai pu ajouter quoi que ce soit, il me prit dans ses bras pour m’assurer que tout irait bien et qu’il ne laisserait personne me voler à lui. Ayant à peine eu le temps de lui rendre ses attentions, il s’éloignait déjà de moi, me laissant de nouveau dans ce sentiment étrange.

Il avait attendu mon appel, et je ne l’avais pas fait, « J’ai eu besoin d’un peu plus de temps… », avouais-je non pas pour lui faire peur mais car j’en avais vraiment eu besoin. « Je suis heureux d’avoir à traverser ça avec toi, franchement n’en doute pas, mais c’est juste encore assez nouveau et le fait que tu ne veuilles pas de moi comme d’un bouclier est assez étrange… », continuais-je avant qu’il ne réclame un verre et que je m’exécute en lui servant un verre de Vodka par simple rappel de ce qu’il buvait en soirée. Lui tendant son verre, je remplis le mien de Wiskhy avant de rejoindre mon canapé et de souligner quelque chose pour détendre un peu l’atmosphère, « Tu m’excuseras l’affront que je te fait en restant habillé. », même si ce n’était que d’un jogging et d’un t-shirt noir, ça changeait des boxers auxquels je l’avais habitué.

Faire illusion, même avec lui… Je n’étais plus vraiment sur de le voir ou même d’y arriver, « Merci d’être venu… », soufflais-je finalement en jouant avec le contenue de mon verre. Je n’aurais pas cru qu’il l’aurait fait, même si en temps normal j’en aurais attendu plus, là, aujourd’hui, je ne voulais plus exiger quoi que ce soit de lui. Je voulais davantage l’écouter, même si de toute évidence, j’avais encore du mal à le faire. C’était un premier pas pour ne pas le mettre en danger, ni lui, ni moi d’ailleurs, mais même si j’avais peur de mourir, j’avais surtout peur qu’on remonte à lui. Peur qu’ils s’en prenne à mon entourage. C’était stupide, ils devaient très clairement faire des testes avant de s’en prendre à quelqu’un non ? Ils ne pouvaient pas tuer comme ça, dans le vent ? De toute façon tout irait bien non ? J’avais Nolen avec moi, je ne risquais rien. On y arriverait.

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Posté le Mer 25 Juil - 1:02
Du temps, voilà une chose dont l’occultiste ne manquait pas. À moins qu’un Traqueur ne parvienne à remonter la piste de Thomas par le biais du sang qu’il avait laissé dehors. Éventualité à laquelle il était hors de question de penser maintenant. Malheureusement, la seconde option n’était pas mieux. Un frisson désagréable se fit sentir alors que le musicien se permettait de faire encore un aveu, avec cette incroyable facilité qui laissait Yerathel rêveur. Et assez mal aussi. Il lui fallait un verre. Rapidement. Et d’ailleurs, il le réclama immédiatement et parvint même à retrouver son calme le temps que Thomas ne s'exécute. Il fit de son mieux pour ne pas se jeter sur l’alcool, mais avala une belle gorgée qui le rassura très vite. Même si les effets n’étaient pas encore là, il puisait un peu de réconfort à se dire qu’il serait bientôt ivre. Cette idée l’aida considérablement à relativiser et même à afficher un air révolté aux mots qui suivirent. Il était vrai que voir Thomas avec des vêtements tenait pas mal du miracle, ces temps-ci. Quoique Yerathel n’irait pas s’en plaindre, vraiment. “Tu veux dire que j’ai fait tout ce chemin pour rien ?” s’offusqua-t-il avec humour. D’un geste de la main, il épargna au jeune homme l’effort de trouver quelque chose d’intelligent et de désagréable à répondre et se laissa tomber à son tour dans le canapé. Un soupir menaça de lui échapper, mais il le cacha dans son verre et tout allait bien, si ce n’était le silence quelque peu pesant qui régnait dans ce salon. Du moins jusqu’à ce que le musicien ne le remercie d’être venu. Ça, c’était une bien étrange nouveauté. Il ne se souvenait même pas de la dernière fois que Thomas lui avait adressé ces mots sans que ça ne soit complètement sarcastique.

Le regard perplexe de l’occultiste se posa sur lui et il hésita un instant de trop avant d’oser répondre quoi que ce soit. “Je t’ai promis que je serais là, quoiqu’il arrive, pas vrai ?” souffla-t-il. Il devinait que viendrait le jour où il regretterait profondément cette promesse. Plusieurs, peut-être. Des jours de profond désespoir où il aurait à essuyer les larmes du jeune homme et réparer son coeur brisé par d’autres, des jours où il aurait à mettre dehors de pauvres gens dont Thomas se serait lassé trop vite. Des milliers de possibilités auxquelles il ne voulait surtout pas penser maintenant. Une autre longue gorgée d’alcool l’aida à croire que toutes ces pensées le quitteraient bientôt. “Ne panique pas, d’accord ? C’est juste un gosse qui écrit des bêtises sur Internet. Il n’est pas le seul et tout le monde s’en fiche.” assura-t-il en posant son verre sur la table basse pour se tourner vers le musicien. Juste un gosse et des rumeurs, pas de quoi s’en faire. Et s’il y avait quoi que ce soit de vrai sur ce blog, le sang n’était pas identifiable. Il suffisait de faire profil bas et tout irait bien. “J’ai rencontré un flic, il y a quelques jours.” lâcha-t-il finalement. “Le courant est plutôt bien passé et il doit me prendre pour un espèce de fou pas très malin. Je l’appelerai plus tard histoire de voir ce qu’ils savent réellement, ok ? Je suis sûr qu’il n’y a aucune raison de s’en faire.”

Il ne savait pas encore comment il convaincrait Hewitt de lui parler, mais peut-être que si son offre impliquait de la bière de mauvaise qualité, il y parviendrait… De toute façon, il tenterait sa chance quand même, mieux valait échouer en essayant que d’échouer en restant assis, n’est-ce pas ? “Alors, dis-moi quelle bêtise tu as réussi à faire pendant le pauvre quart d’heure où je t’ai laissé sans surveillance.” exigea-t-il sans se retenir de lever les yeux au ciel. Ça ne pouvait pas être si affreux que ça. On ne pouvait décemment pas détruire la vie de deux personnes en moins de quinze minutes, n’est-ce pas ? Connaissant Thomas, il évita tout de même de se faire trop d’illusions à ce sujet.

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Posté le Mer 25 Juil - 11:21
« Je me sens un peu vexé de n'être qu'un fantasme dans ta vie… », soufflais-je avec le plus de légèreté possible. Mais cela vola sans doute un peu trop en éclat quand, après qu'il se soit assit à mes côtés, je le remerciais d'être venu. J'avais sans doute déjà fait une énorme connerie et j'avais eu peur qu'il soit les flics, mais c'était lui et c'était rassurant. C'était mon sang qui était la-bas, c'était moi qui avait été con. Il me rappela une nouvelle fois qu'il avait promis d'être là quoi qu'il arrive. Hochant la tête, je le regardais un long moment silencieux, mon verre toujours entre mes doigts, le liquide ambré glissant sur la surface sans jamais approcher mes lèvres. Il me demanda de ne pas paniquer, affirmant qu'il ne s'agissait que d'un gosse qui écrivait de bêtises sur internet. Il n'y avait aucun soucis, il n'y avait rien de nouveau, rien d'étonnant. Et si je voulais sincèrement le croire, la suite me rendit étrangement nerveux. Il avait rencontré un flic ? Et le courant était plutôt bien passé ? Je n'écoutais pas vraiment la suite, restant bloqué sur le fait que Nolen avait rencontré un mec avec qui il s'entendait bien. Et tout ce qu'il pourrait dire après ça me semblerait sans doute moins important... Ce qui était stupide vu qu'on parlait peut-être de ma vie. Buvant finalement mon verre, je répondis sans vraiment m'y arrêter à présent, sans vraiment être honteux de quoi que ce soit, mon esprit trop occupé ailleurs, « J'ai répondu à l'article. ». J'aurais sans doute du m'y arrêter un peu plus longtemps, clairement, mais on s'en fichait au final, ce n'était qu'un gamin qui écrivait des conneries non ?

Lui faisant face, je n'attendis pas vraiment que le silence ne retombe pour enchaîner, « Et ce mec tu l'as rencontré où ? ». J'aurais voulu que mon comportement soit simple à expliquer, mais la vérité était bien que je n'avais aucune légitimité à demander quoi que ce soit. J'étais là, face à une situation inconfortable quoi que nouvelle. Je n'aimais pas l'idée que quelqu'un puisse... Être avec lui ? « Et tu lui as payé des verres ? Enfin dans l'optique ou le courant serait vraiment bien passé... » ajoutais-je avec un vague mouvement du poignet se voulant dédaigneux. Ou détaché. Je ne pouvais pas le regarder en face, c'était trop... Compliqué. Finissant mon verre, je me levais d'un bond, faisant quelques pas dans le salon avec toujours ce même sentiment étrange tordant mon estomac ne me permettant pas d'être aussi assuré.

Avalant ma salive, je fis quelques pas pour rejoindre la bouteille et me resservir un verre en me retournant vers lui, avec le plus de maîtrise possible. « Tu peux l'appeler maintenant on serait fixé. », ajoutais-je en le désignant, en me disant que si je l'écoutais lui parler, je verrais par moi-même qu'il ne s'agit que d'un flic et que personne n'était entrain de... Me le voler ? J'étais sincèrement ridicule à ce point là ? C'est bon je croisais le premier être capable de ne pas être trop horrifié par moi et je me l'appropriais comme un adolescent à peine pubère face à son premier crush. Accepter de passer l'éternité ensemble ne signifiait pas que nous engagions quoi que ce soit. La façon dont il avait agit avec moi la dernière fois était pourtant assez clair. Nous n'étions là que pour nous aider, pas pour... Enfin c'était stupide. Ces histoires de grand amour, d'âme soeur n'était réservé qu'au gens de son espèce non ? Il ne pouvait pas s'éprendre de quelqu'un comme moi ? Et puis je ne voulais pas, j'avais l'éternité devant moi, des centaines voir des milliers de conquêtes en prévision, ce n'était pas pour tomber amoureux de la première personne me ressemblant un peu... Mais je devais quand même savoir, juste à titre indicatif.

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Posté le Mer 25 Juil - 12:48
Il avait répondu à l’article… Les yeux de Yerathel s’écarquillèrent à cette information lâchée avec tellement d’indifférence que c’en était révoltant. Il plaisantait, n’est-ce pas ? Il fallait que ce soit une blague, parce que malgré les difficultés, l’occultiste commençait réellement à s’attacher à ce crétin. Le tuer maintenant, de ses propres mains, lui aurait réellement brisé le coeur… “Tu…” Il n’arrivait même pas à former une phrase complète et cohérente tellement il était sous le choc d’un comportement aussi ridiculement insensé. Et de toute façon, Thomas ne semblait pas très intéressé sur ce sujet de conversation et bien plus sur les relations que l’homme entretenait avec ce policier dont il venait de parler. S’il y eut quoique ce soit de légèrement déplacé dans les questions ou la manière dont il les posait, Yerathel n’en eut pas vraiment conscience. Il était toujours un peu trop exaspéré par le fait que le musicien avait tout bêtement commenté cet article aux yeux de tous pour s’inquiéter de savoir pourquoi il devait subir un tel interrogatoire sur Morgan. “Je l’ai rencontré au Stud il y a une ou deux semaines.” lâcha-t-il avec la même indifférence que Thomas prêtait désormais au sujet de l’article. Tout le monde savait que Nolen fréquentait cet endroit, il s’agissait du bar gay le plus célèbre de la ville et il n’était pas rare d’y voir des personnages publics, évidemment qu’il y passait sa vie !

Il ne s’attarda pas bien longtemps sur la question, à vrai dire et s’occupa plutôt de sortir son téléphone pour aller vérifier quel commentaire idiot le jeune homme pouvait avoir fait sur cet article. Il priait sérieusement pour que ça ne soit rien d’autre qu’un petit smiley, par exemple. “Evidemment que je lui ai payé des verres ! On était dans un bar, Thomas.” grogna-t-il, agacé du temps interminable que prenait la page pour charger. “Je l’ai initié aux plaisirs du… Oh mon Dieu...” La page avait enfin terminée de s’afficher et un soupir de soulagement échappa à Yerathel. Ça n’était rien de grave, juste un petit commentaire ridicule que personne ne remarquerait plus qu’un autre au milieu de tous ceux qui s’étalaient déjà au pied de l’article et dont certains étaient bien plus inquiétants que celui du pianiste. “J’ai vraiment cru que j’allais devoir te tuer moi-même ! Tu es sauf pour l’instant, mais ne te repose pas trop sur tes lauriers, je n’hésiterai pas à te le faire payer très cher si tu mets ta vie en danger par manque de patience !” Il lui lança un regard menaçant n’ayant absolument aucune consistance pour inquiéter réellement qui que ce soit, mais c’est l’intention qui compte, pas vrai ?

Et seulement alors constata-t-il que quelque chose n’allait pas. Il aurait bien voulu croire que Thomas était finalement impressionné par ses menaces, mais ça n’était vraiment qu’un fantasme. Il se retrouva sur ses pieds avant de réaliser vraiment, comme si son instinct poussait son corps à s’activer tout seul pour protéger cet homme de la moindre douleur, de la moindre menace, même passagère. “Tout va très bien, Thomas.” souffla-t-il d’une voix douce. Il s’approcha avec le même désir de rassurer l’homme et prit sa main dans la sienne sans même y penser. “Dis-moi ce que je peux faire pour te convaincre qu’il ne t’arrivera rien. Parce que je t’assure que c’est vrai, je ne le permettrais pas.” Il avait un peu l’impression de se répéter, mais ça lui était bien égal. Il le dirait, encore et encore, jusqu’à ce que cette idée s’imprime clairement dans l’esprit du jeune homme.

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Posté le Mer 25 Juil - 13:27
Ok, il m’annonçait ça comme ça, genre salut, j’ai rencontré un flic sans doute canon et monté comme un dieu dans un gars gay, je lui ai payé des verre et … Manquant de m’étouffer lorsqu’il parla de ce qu’il avait fait avec lui… Il avait couché avec ce flic et il venait me le dire ? Comme ça ? Comme si je n’avais pas mon mot à … Non je n’avais pas mon mot à dire, mais il aurait pu me prévenir, c’était le minimum quand même. À la place il restait concentré sur ce putain de commentaire, celui que j’avais pu poster et qui aurait pu me faire tuer visiblement. Je n’arrivais pas à m’en faire en fait, étrangement, ce n’était pas le plus effrayant en cet instant. Et même lorsqu’il s’avança, même lorsqu’il me demanda quoi faire pour me convaincre qu’il n’allait rien m’arriver, je n’étais toujours pas dans la même discussion que lui. Comment il pouvait à ce point me déballer sa vie avec lui et attendre que je m’inquiète pour ma vie ? « Vous avez couché combien de fois ensemble ? » demandais-je un peu précipitamment, ignorant le fait que je n’avais aucun compte à lui demander, ignorant le fait que sa vie privée n’était pas la mienne, ignorant le fait que se promettre le soutien de l’autre ne signifiait rien d’autre.

Je n’avais rien à lui demander et pourtant, l’imaginer avec quelqu’un ne me plaisait pas, « Mais, c’est cool, faut s’amuser… », ajoutais-je un peu étourdit par tout ça. Je n’étais pas bien sur d’aller bien là. Je n’étais pas bien sur de savoir quoi faire, mais piquer une crise de jalousie ne serait certainement pas un bon plan. J’étais ridicule. Serrant légèrement sa main, je souriais du mieux que je pus avant de dire, « Et je sais qu’il ne m’arrivera rien. », c’était qu’un commentaire stupide et si on m’avait déjà trouvé on n’aurait pas attendu autant de temps pour venir me voir pas vrai ? Je ne risquais rien, absolument rien. Ouais, il était là pour ça. Me dégageant de lui j’allais poser mon vers sur le comptoir, conscient que boire ne m’aiderait pas à aller mieux, ne m’aiderait pas à reprendre le dessus. Je n’étais pas légitime et quand bien même j’étais énervé de savoir un autre homme dans sa vie, je savais que ce n’était rien de plus qu’une réaction stupide. Je tenais à lui plus qu’à un autre car il était à présent le seul support que je puisse avoir, le seul à presque me comprendre, ce n’était pas pour autre chose et quand bien même je désirais son corps, ça serait mal, car je détruirais tout à un moment.

Pourtant cette image refusait de s’échapper, et sans vraiment réaliser à quel moment mon cerveau avait validé ça, je lui dis, « Embrasses-moi moi, pas un connard dans un bar. » fermant les yeux, je secouais doucement la tête avant de me tourner pour retrouver le canapé et m’y asseoir avec toute la nonchalance du monde. Il fallait qu’il y croit pas plus que je ne devrais y croire. Je n’aurais jamais ce que je veux. Nyx ne me ferait pas ce plaisir alors que là maintenant c’était ce que je voulais. Affichant le sourire le plus convainquant que j’avais en stock, je brisais à nouveau le silence, étouffant au passage l’envie de ne rien retirer à tout ça, « Je suis un bien meilleur coup tu devrais essayer. », redresser un mur derrière lequel je ne risquais rien. Être avec lui n’était pas tant sans danger, j’en prenais conscience aujourd’hui, « J’ai pas envie que tu oublies qui je suis, tu t’ennuierais sans un ego disproportionner à remettre à sa place. », concluais-je dans un sourire alors que le regard que je posais sur lui n’était plus exactement le même. Il avait le droit d’être heureux, il avait le droit d’aimer, d’être aimé et si il devait se faire un flic pour ça… Ça serait… Bref, il avait le droit, nous n’étions que des amis et il me l’avait bien fait comprendre.

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Posté le Mer 25 Juil - 14:20
Un long moment, Yerathel resta interdit et cligna des yeux sans oser bouger un seul autre muscle alors qu’il prenait le temps d’accuser le coup du choc et de l’incompréhension. Il lui fallut plusieurs secondes avant de comprendre de quoi parlait Thomas quand il lui demandait combien de fois il avait couché avec lui. Et un temps encore honteusement plus long pour comprendre que le malaise qu’il percevait depuis tout ce temps venait de cela et pas du tout de la conversation bien plus importante qu’ils auraient dû avoir en ce moment. Avant que toutes les connexions ne soient refaites dans son cerveau, Thomas lâchait sa main et s’éloignait en s’efforçant de remettre le masque d’indifférence qu’il portait si habilement au quotidien. Toute cette situation fit s’emballer le coeur de l’occultiste. Il n’aurait jamais pu imaginer que sa vie sexuelle - enfin plutôt son absence de vie sexuelle, vraiment - puisse poser un vrai souci à Thomas. Ils s’amusaient, ils flirtaient, mais… Il n’y avait rien d’autre. Ils ne pourraient jamais être rien d’autre. Thomas l’avait dit lui-même. Il voulait un allié, une épaule sur laquelle se reposer et il refusait de mettre en péril le lien qui l’unissait au mage pour des désirs plus triviaux. Il ne voulait rien d’autre qu’un ami, un guide. C’était pour cela que l’occultiste redoublait d’efforts depuis des jours pour enterrer le moindre sentiment mal venu de lui échapper. “Thomas…” appela-t-il doucement dans l’espoir de réparer les choses et de faire taire la petite voix dans sa tête et d’apaiser la douleur dans sa poitrine.

Le pianiste enfonça le clou d’une autre remarque que Yerathel ne sut pas vraiment comment prendre. L’embrasser lui, quel bien cela leur ferait-il ? Il n’avait pas envie de jouer à ça et de se faire du mal pour rien. Ce serait déjà bien assez difficile comme ça de s’interdire quelque chose pour le reste de l’éternité, hors de question qu’il en rajoute une couche avec des provocations et des tentations inutiles. Malgré tout, le malaise persistait et il ne pouvait s’empêcher de vouloir y faire quelque chose, de vouloir rassurer Thomas. Il s’approcha avec précautions et s’installa aux côtés du jeune homme dans le canapé, conservant une distance de sécurité absolument vitale pour lui. “Je n’ai jamais couché avec lui.” souffla-t-il sans détacher son regard du musicien. “On a goûté différents bourbons et je l’ai aidé avec une enquête. Il est plutôt amusant et sympathique, mais très hétéro et vraiment pas mon style d’homme.” Il n’avait aucune raison valable de dire tout cela, de se justifier alors qu’il n’avait rien fait de mal et qu’il ne devait rien à Thomas. D’un autre côté, il n’oubliait pas non plus la rage qui l’avait gagné à peine quelques jours plus tôt, quand il était venu rendre une visite surprise au pianiste et avait surpris sa soeur devant la porte. La jalousie et la déception qui l’avaient vrillé quand il avait cru que ce n’était qu’une autre des conquêtes de Thomas. L’application qu’il avait mis à faire fuir une possible concurrence pour n’avoir le pianiste rien qu’à lui, même si ce ne serait jamais comme il le voudrait réellement. Une boule se forma dans sa gorge, l’angoisse gonflant doucement alors que les possibilités l’assaillaient de nouveau et qu’il se refusait à les laisser venir.

“Et même s’il avait été intéressé par les hommes et qu’il m’avait plu, je n’aurais jamais couché avec lui.” souffla-t-il très lentement, comme s’il voulait s’assurer que Thomas saisisse bien chaque mot. “Ni avec lui, ni avec  n’importe quel autre connard dans un bar…” Et s’il avait pu, si ça n’avait pas été qu’une idée désastreuse et une torture inutile, il aurait embrassé le pianiste immédiatement. Il l’aurait fait encore et encore jusqu’à en perdre le souffle et l’esprit. Ses doigts tremblèrent doucement et il ferma le poing pour se contrôler. “À vrai dire, je n’ai couché avec personne depuis bien longtemps et je n’ai pas dans l’intention de le refaire avant un moment.” Le problème était là, sans doute. Thomas et lui attendaient des choses bien différentes de la vie. Et il avait vu assez de bimbos s’échapper de cet appartement pour en être persuadé. ‘Je te l’ai dit, je suis un idiot désespérément romantique. Je cherche mon âme soeur ou au moins un amour sincère, pas une nuit de plaisir que j’aurais oublié dans moins d’un an.” Il se força à sourire, à prétendre que l’ambiance n’était pas lourde et désagréable pour tout le monde et leva une main pour intimer à l’homme de se taire, lançant sur un ton plus amusé : “Et inutile de me rappeler une énième fois que coucher avec toi serait une expérience inoubliable, je le sais déjà.”

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Posté le Mer 25 Juil - 15:23
Il n'avait pas couché avec ? Si j'avais pu être encore plus soulagé je l'aurais fait, mais l'annonce suffisait déjà à me libérer d'un poids qui n'aurait jamais du être là. Ils avaient simplement bu des verres, il l'avait aidé dans une enquête et bien qu'il soit agréable, il était très clairement hétéro et pas son type d'homme. J'aurais vraiment pu en rester là, continuer à être détendu, seulement, il reprit, un peu plus tendu sans doute pour me dire que même si il lui avait plu, il n'aurait pas couché avec ? Pourquoi ? Un espoir vain qu'il ne me dise attendre pour moi se fit sentir, mais non, à la place il expliquait simplement qu'il n'avait pas couché avec qui que ce soit depuis longtemps et qu'il n'avait pas l'intention de le refaire avant un moment. Pourquoi ? Le regardant incrédule, il reprit, expliquant à nouveau être un idiot désespérément romantique qui cherchait une âme sœur, un amour sincère et pas juste une nuit qu'il aurait oublié. Je n'avais même plus la force, ni le courage de répondre et ce même si il le cru. Je souriais faussement, ne faisant même pas l'effort d'avoir l'air crédible. En fait j'avais brusquement mal dans la poitrine, sans raison... Ok, clairement je ne serais jamais le gars qui correspondait, mais je ne m'y était pas vraiment attaché pas vrai ? Je savais que ce genre de choses était normal, il était lui, j'étais moi, c'était ok. Aucune remarque sarcastique ne trouva le chemin de mes lèvres, j'avais l'impression d'être un peu plus choqué. Le soulagement puis ça en à peine quelques minutes, c'était trop...

Fixant le vide devant moi, j'avais retrouvé ma place, dos contre le dossier, rancœur étrange coincé dans la gorge, « J'aimerais arrêter progressivement les concerts, et si je dois signer des bandes original, le faire sous un pseudo... Enfin si tu acceptes. », parler travail était la meilleure chose à faire, c'était bien le travail non ? Ca nous concerné tout les deux, c'était pratique, courant, normal dans ce contexte. Bien loin de cette demande désespéré à laquelle, inconsciemment j'avais cru. J'étais plus vraiment certain de vouloir uniquement coucher avec lui, je voulais ça, cet espoir idiot et désespérer de pouvoir aimer une personne inconditionnellement sans que cela ne soit réellement dévastateur. Je voulais croire en ça. Je voulais le voir. Mais c'était à lui, ça lui été réservé à lui. Uniquement à lui. Moi, je resterais là à le regarder s'épanouir sans doute. C'était injuste. Pourtant c'était mon cerveau et mon cœur qui me jouaient des tours ici et aujourd'hui, rien de plus, il ne serait sans doute pas la dernière créature immortelle que je rencontrerais et peut-être qu'avec d'autre je serais aussi confiant. Aussi vrai.

« Je dois te rendre tes vêtements aussi et te donner la compo pour la vieille co... Enfin pour l'oeuvre caritative. », je m'étais remit debout, le quittant pour rejoindre ma chambre et y prendre le tas de vêtements plié sur un meuble. Touchant le tissus, je sentis une larme me fendre le visage avant que ma main ne la fasse disparaître. J'étais sérieusement déjà à terre là ? J'avais envie d'attaquer, de démontrer que moi aussi je pourrais m'en sortir seul sans lui. Mais c'était moi qui me faisait des illusions, lui avait toujours été parfaitement clair. Il voulait un ami, pas quelqu'un qui pourrait tout détruire faute de confiance. Pas moi. Moi, je ne serais jamais que son pianiste, un objet, un artiste qu'il pourrait traverser les âges avec lui. Revenant au salon avec ce sentiment étrange de n'être plus qu'une poupée de chiffon, je jetais les vêtements plié et repassé sans le moindre soin sur le canapé en sa direction avant de passer prendre mon verre pour le vider et rejoindre le piano où je pris les partitions. Les lançant sur la table basse, je m'abandonnais sur un fauteuil plus loin de lui dans l'espoir d’étouffer ce caprice que je sentais venir.    

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Posté le Mer 25 Juil - 17:45
Le sourire de Yerathel se figea aussitôt qu’il comprit que l’amusement n’avait pas du tout touché le jeune homme. Bien au contraire, en fait et il ne comprenait pas bien ce qui pouvait provoquer la tempête qu’il percevait désormais. Il venait juste de dire qu’il n’avait couché avec personne et qu’il ne le ferait avec personne d’autre. C’était une bonne chose, non ? Du moins, il ne ressentait plus la jalousie de Thomas, mais la douleur qui prenait tranquillement la place l’inquiétait légèrement. Et le laissait perplexe aussi, interdit. Pourquoi ? Ca n’avait tout simplement aucun sens. À moins que… Cette pensée n’eut jamais l’occasion d’être pleinement formée que la voix de Thomas tira l’occultiste de tout questionnement par la remarque la moins appropriée à la conversation qu’il ait jamais entendu. C’était le plus brusque changement de sujet de tout l’univers, sans nul doute. Yerathel ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt sans avoir prononcé le moindre mot. Ce qui ne perturba pas vraiment le pianiste, qui continua sur sa lancée, ajoutant qu’il devait aussi lui rendre ses vêtements et lui remettre une composition promise à une oeuvre de charité. Tout cela uniquement pour disparaître aussitôt et laisser l’occultiste avec ce goût amère sur les lèvres et cette douleur familière dans sa poitrine. Elle se fit d’autant plus violente quand le jeune homme revint après quelques secondes et qu’il balança les vêtements sans aucun soin à côté de Yerathel. Et quoi que ce soit des pièces de grands couturiers qui ne méritaient absolument pas d’être traitées avec autant de dédain, leur propriétaire ne leur jeta pas plus d’un regard avant de se relever et de venir se planter à une distance plus que respectable de son artiste.

“Je prendrais les dispositions nécessaires pour les concerts et le pseudonyme.” lâcha-t-il froidement, parfaitement professionnel, parfaitement insensible. Il ne comprenait pas ce qu’il avait fait de mal pour mériter tout ça. “Tu n’auras qu’à m’envoyer celui que tu veux utiliser quand tu sauras et ce sera fait.” Il inspira profondément, repoussant au loin la déception et toute trace d’un sentiment qui ne soit pas à lui aussi loin que possible. Il avait pourtant subi plus d’une fois les sautes d’humeur du musicien, été la victime toute désignée de ses colères et de ses caprices. Et ça ne l’avait jamais dérangé, jamais vraiment. Mais là… Non, il ne pouvait pas assumer d’être rejeté et de se sentir coupable de l’être par dessus le marché. “J’apprécierai aussi que tu appelles ta petite soeur Eliza quand tu auras le temps. Et que tu m’expliques ce qui te prend, là, tout de suite.” continua-t-il sur le même ton professionnel et détaché. Il se décida tout de même à se radoucir après avoir pris le temps de respirer tranquillement. Il savait, dans le fond, pourquoi le jeune homme réagissait de cette façon. Il savait qu’il aurait fait n’importe quoi pour cacher cette douleur inexplicable qu’il ressentait. C’était toujours comme ça avec lui, toujours. “Ta vie sera longue et probablement difficile à certains moments, Thomas. La douleur que tu ressens aujourd’hui n’est rien comparée à celle que tu vas traverser dans quelques années, quand il te faudra disparaître et laisser ta famille derrière toi. Tu as le droit de changer d’avis et de ne pas vouloir de moi pour traverser ça avec toi si ça te fait plaisir. Mais je me répète, ne te ferme pas dès maintenant aux quelques moments de bonheur qui te sont offerts ou tu le regrettera sincèrement. Ce n’est pas de cette manière que tu t’éviteras de souffrir, ce sera même probablement pire.” Il se détourna pour aller ramasser ses vêtements sur le canapé et les plia consciencieusement avant de les serrer contre sa poitrine et d’aller vers la porte d’entrée. “Je peux partir si tu le souhaites, tu n’as qu’à demander. Mais j’aimerais vraiment beaucoup qu’on parle de ce qui se passe et que tu me permettes de t'aider au lieu de me repousser de cette manière.” Il méritait bien une explication, non ? Après tout ce qu’il avait supporté et tout ce qu’il acceptait encore de faire pour les beaux yeux de cet homme, sans rien exiger en retour, en sachant que ce serait une souffrance perpétuelle… Il n’avait pas droit à juste un peu de respect et d’honnêteté ?

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Posté le Mer 25 Juil - 18:56
Je m’étais attendu à quoi dans le fond ? À ce qu’il reste calme après le début de crise qu’il venait d’essuyer ? Je n’aurais sans doute pas réagit différemment. Plantant mon regard dans le sien, je continuais sur ma lancé jusqu’à ce qu’il ne me parle d’Eliza, là, en un instant, le jeu se mua en une vrai colère. Comme connaissait-il ma soeur ? Comment connaissait-il son prénom ? Comment savait-il que je ne la rappelais pas ? Comment il pouvait savoir ça ? Serrant les poings, je me contenais, refusant d’exploser, mais la suite de sa tirade avec tout les reproches qui venait avec… Il avait conscience de la douleur physique que j’éprouvais en leurs compagnie ? Il avait une idée de combien c’était difficile de ne pas céder ? De devoir les voir en sachant que le moment serait à jamais brimé par la douleur ? Il savait ? Non. Et quand il proposa de partir, la seule chose qui me vient à l’esprit fut qu’il parte, si c’était pour me juger alors qu’il était à l’origine de tout. Non pas tout, j’étais stupide de croire, de vouloir quoi que ce soit de plus avec lui. Il était clair, il serait là, il serait un allié, mais rien de plus qu’un ami. « Je t’interdis d’approcher de ma famille et encore plus de me dire quoi faire avec eux. », soufflais-je le regard à présent tourné vers le sol. « Mais oui, je veux que tu partes. » et pour appuyer mes propos, je m’étais levé, prenant la direction de ma porte que j’ouvris pour lui laisser toute la place pour partir d’ici. Ce qu’il finit par faire sans que je ne lui adresse le moindre regard. Je m’étais simplement contenté de claqué la porte derrière lui et de retourner faire ce que je faisais avant qu’il n’arrive à savoir rien.

Sauf que cette fois, une douleur un peu plus importante traversa ma poitrine, de nouvelles larmes se frayant un chemin le long de mes joues alors que je retrouvais mon canapé, à présent vidé de quoi que ce soit. Je n’étais même pas certain d’avoir quelque chose à dire, quelque chose de justifiable même. Je souffrais simplement plus que je ne l’aurais du avec lui. Je souffrais vraiment et pour une connerie qui n’aurait jamais du s’exprimer, je lui en voulais de semer ce doute et de ne pas me donner le courage d’avancer. J’étais face à une situation que je ne connaissais même pas et qui pourtant me semblait familière. Une situation qui me coutait plus que ce que je n’aurais voulu. Et j’allais le perdre, car j’étais incapable de prendre mon courage à deux mains pour savoir si c’était vrai ou non.

Relevant les yeux vers la porte, je n’avais aucune idée du temps qui venait de passé, mais je finis par me lever, traversant mon appartement pour sortir et descendre les escaliers à défaut d’avoir un ascenseur assez rapide, retrouvant le rez de chaussé, j’agressais à moitié le concierge pour savoir ou il était partie, prenant la direction indiqué en préférant avoir eu la bonne information. De toute façon c’était la route de chez lui, et à moins qu’il prenne un UBER… Il aurait prit un UBER, quel con. Interpellant un taxi en me mettant à travers sa route, j’avais demandé à rejoindre son logement et lorsque je finis enfin par y arriver, le temps que le taxi s’arrête je le vis rentrer dans l’immeuble. Je repris ma course jusqu’à devant chez lui, sa main tendu vers la poignet de sa porte, je franchis les derniers mètres nous séparant pour glisser mes mains sur le col de sa chemise et l’attirer à mes lèvres dans un baiser tout sauf contenue. Un nouveau poids disparu de mes épaules dès l’instant ou je lui pris son souffle, et pourtant l’angoisse me reprit. La peur, l’incompréhension de toutes cette course. Je finis par reculer des pas, la respiration courte en raison d’un baiser beaucoup trop intense, « T’as pas le droit d’être aussi injuste avec moi. », soufflais-je le coeur noué. « T’as pas le droit de me dire de rester à tes côtés pendant que toi tu chercheras ton amour éternel. T’as pas le droit de me dire d’attendre sagement en te voyant chercher ça. », il avait pas le droit de me laisser sur la touche. « T’as pas le droit de me laisser de côté comme ça, même si tu as raison et même si c’est mon cerveau qui me joue des tours ! », le coeur battant de plus en plus je continuais, « Et t’as pas le droit de me dire comment agir avec ma famille. Tu sais pas, t’as aucune idée de ce que c’est de vouloir absolument boire le sang des gens que tu aimes le plus. T’as pas le droit de me juger pour mes silences envers eux ! », je souffrais déjà l’enfer, je n’avais pas besoin de savoir que la suite serait pire. Je venais déjà de courir dans toute la ville pour lui, j’étais pas prêt à envisager une nouvelle souffrance.

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Posté le Mer 25 Juil - 20:40
La décision fut sans appel et surprit Yerathel plus qu’il ne l’aurait cru. Il avait beau être habitué au comportement du jeune homme, il arrivait de moins en moins à le vivre aussi sereinement que par le passé. Il s’interdisait de culpabiliser. Il avait répondu à toutes les questions - les accusations - de Thomas sur sa vie privée, il avait fait tout ce qu’il pouvait et il ne comprenait pas cette réaction, mais la culpabilité, il ne la lui devait pas. Et pourtant, elle était bel et bien présente quand le pianiste lui ouvrit la porte et qu’il la passa sans un mot. Il s’en voulait de ce qu’il sentait, de ce qu’il avait fait bien qu’il ne comprenne pas comment ils en étaient arrivés là. Son pas d’abord hagard se mua presque en course après qu’il ait entendu la porte être claquée dans son dos et il dévala les escaliers en s’efforçant d’ignorer la douleur dans sa poitrine, de plus en plus dévastatrice. Il se retrouva à attendre presque cinq minutes sur le trottoir avant que le Uber qu’il avait miraculeusement réussi à commander n’arrive. Cinq longues minutes d’agonie qu’il passa à surveiller la route sans vraiment la voir, à retourner en boucle la scène qui venait de se jouer sans parvenir à y trouver du sens. Et peu à peu s’installait la certitude que sa première occasion en soixante ans de trouver quelqu’un avec qui il pourrait passer le reste de sa vie venait de s’envoler. Même si Thomas n’était pas le grand amour de sa vie, même s’il n’y avait jamais rien de plus entre que de l’amitié, qu’il aurait eu à souffrir mille maux jusqu’à son dernier souffle, il aurait préféré cela que la perspective de passer encore soixante années de plus tout seul. Mais il venait de gâcher ça et il ne savait même pas comment…

Il passa les longues minutes du chemin du retour à se flageller de sa propre stupidité et à repenser douloureusement à la dernière fois qu’il avait laissé une telle occasion lui échapper. Avec Enora, au moins savait-il pourquoi les choses s’étaient terminées. Il se souvenait de la peur comme s’il l’avait ressenti la veille et la douleur de son coeur brisé résonnait encore très vivement aujourd’hui. Quoique cette douleur vienne peut-être d’un événement moins lointain. Et il se surprit à regretter d’avoir pris la fuite ce soir-là, à imaginer ce qu’aurait pu être sa vie s’il avait eu le courage de lui confier son secret aussi facilement qu’il l’avait confié à Thomas. Le temps que le conducteur ne le dépose devant chez lui, il parvint au moins le petit miracle de finir plus abattu que désespéré. Il avait laissé passer sa chance deux fois déjà, mais ne disait-on pas “jamais deux sans trois” ? Après tout, peut-être que ça n’était pas terminé pour lui. Il aurait le reste de l’éternité pour trouver une autre occasion. Il salua vaguement le concierge en traversant le hall de son immeuble et se dépêcha de prendre l'ascenseur, impatient de pouvoir se cacher un moment dans son appartement.

Il n’atteint pourtant jamais le réconfort de son salon. Il venait à peine de mettre la clé dans la serrure quand une puissante poigne l’obligea à se détourner et avant qu’il ne comprenne vraiment ce qui se passait, Thomas était là, Thomas l’embrassait et tout ce qu’il y avait d’important jusque là dans sa vie se fana totalement au profit de ces lèvres avides sur les siennes. Et s’il ne bougea pas vraiment, il répondit pourtant au baiser avec la même ferveur qui lui était donnée. Son souffle n’était plus qu’un vieux souvenir quand Thomas le libéra enfin et que, dans le même état visiblement, il se mit à s’expliquer un peu. Et le moins qu’on puisse dire, c’était bien que rien de tout cela n’avait de sens. Vraiment rien. Quand le pianiste cessa ses reproches, Yerathel secoua la tête et au lieu de répondre quoique ce soit, il passa ses bras autour de la taille de l’homme et s’empara de nouveau de ses lèvres, pour un nouveau baiser tout aussi fiévreux, auquel il fut forcé de mettre fin dès qu’il manqua d’air. “Crétin…” souffla-t-il contre ses lèvres. “Je suis désolé.” nuança-t-il quand même rapidement, même s’il ne considérait pas tellement devoir des excuses et qu’il restait quelque peu stupéfait qu’ils en soient à une telle situation. “Je n’ai jamais voulu te faire de mal, c’est juste… J’ai cru que ça ne t’intéressait pas que toi et moi…” Ils étaient tous deux désespérants. Il le réalisa à ce moment-là. Profondément désespérants.

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Posté le Mer 25 Juil - 21:46
Il me répondit par un silence qui fut bien plus lourd et bien plus douloureux que tout ce que j’avais pu connaitre. Et ce même si ce silence n’avait duré qu’une poignet de seconde, cela avait suffit à faire regretter jusqu’à ma présence ici. Pourtant, après ce qui me sembla être une éternité, il fit un geste vers moi, il glissa sa main autour de ma taille avant de retrouver mes lèvres, pour retrouver ce baiser toujours aussi puissant qui me laissa hors d’haleine, essoufflé, et à peine conscient du fait que mes mains s’étaient emparé de ses cheveux. Le lâchant un peu brutalement, je ne me décollais pourtant pas, pas même lorsqu’il me traita de crétin, ce qui aurait sans doute été mérité dès l’instant où j’avais été jaloux d’un flic, dès l’instant ou j’avais cru à tord qu’il puisse être avec un autre. Dès l’instant où j’avais cru avoir la moindre légitimité sur lui. Pourtant il s’excusa, affirmant n’avoir jamais voulu me faire du mal. Il avait simplement cru que ça ne m’intéressait pas. Que je ne voyais rien pour lui et moi. Soupirant, les souvenirs douloureux de cette rupture forcé retrouvèrent mon esprit alors que je murmurais, encore essoufflé par ce baiser, « Je suis un musicien, je suis naturellement ce genre de personne à croire en ça… », je réussissais à créer des chansons d’amour, des hymnes pour ça et pourtant j’étais terriblement seul, écrivant pour ma famille ou pour le souvenir que j’avais de ma passion enfantine à présente éteinte.

Et j’avais aussi peur de me tromper, peur d’aimer l’idée d’avoir le droit à une vie presque normal. J’avais peur de croire en l’amour, en ces sentiments si étranger à présent simplement car l’espoir était permit. J’avais peur d’aimer une idée et non l’homme en face de moi. J’avais simplement peur de ça, et ça suffisait à me faire craindre et douter. « T’es la première personne avec qui je peux m’autoriser ce genre de pensée et je me trompe peut-être et c’est peut-être juste l’idée de pouvoir à nouveau ressentir ça qui me fait agir, mais j’ai le droit. », je ne voulais pas lui mentir, et même si ce baiser avait été particulièrement salvateur, je ne voulais pas le tromper. Je ne croyais plus rien possible et lui il était une nouvelle porte, une nouvelle chance d’aimer. Et cet aveux pouvait ne pas lui plaire, cette position d’être inattendu, inespéré étant peut-être bien loin de la vérité, mais ses lèvres… Je n’avais pas eu besoin de savoir ce qu’il était pour m’y perdre, qu’il soit Occultiste n’était qu’un détail au final, même si c’était ça qui avait tout décidé.

Cette crainte de le prendre pour ce qu’il ne méritait pas d’être était toujours là, mais je ne voulais pas de cette image sans doute trop négative qu’il pouvait avoir de moi. Je n’étais pas ainsi, pas par envie, mais uniquement par obligation et je ne savais pas quoi attendre de tout ça, je ne savais pas ce que cela faisait de nous à présent. J’ignorais tout de lui si ce n’est quelques petites choses, en quoi j’étais censé pouvoir l’aider ? « Et j’ai pas mal avec toi… J’ai pas peur de te blesser et j’ai le droit de ressentir quelque chose et je sais pas comment le prendre, ni comment tu vas le prendre, mais je peux vivre avec toi, pas juste survivre. », pas juste souffrir et j’avais peur de faire pire que mieux avec ces mots…

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Posté le Mer 25 Juil - 23:46
 D’une étrange manière, tout ce qui sortit des lèvres de Thomas par la suite parlait mieux que jamais à l’occultiste. Il avait envisagé cette possibilité, bien sûr. C’était même plus qu’une possibilité en fait, simplement les faits : s’il voulait Thomas aujourd’hui, si soudainement après s’être refusé à lui pendant cinq ans, ça tenait surtout de l’idée qu’ils puissent être ensemble. Qu’après toutes ces années, tous ces siècles écoulés, il puisse enfin y avoir quelqu’un qu’il pourrait aimer de nouveau, sans craindre que ça ne soit dangereux pour lui. Peut-être que ça ne fonctionnerait pas, après tout. Peut-être qu’ils se planteraient et ce que serait pire que jamais, mais ils pouvaient essayer quand même. Et qu’y avait-il de mieux que ça ? Un sourire s’installa lentement sur les lèvres de l’occultiste, qu’il cacha derrière un nouveau baiser, plus chaste, avant de s’éloigner pour de bon. “On ferait mieux de parler de tout ça à l’intérieur.” souffla-t-il en désignant la porte d’un signe de tête. Il n’avait rien contre donner une petite représentation gratuite à ses voisins, mais il se sentait surtout un peu étrange, presque sur un petit nuage et il avait vraiment besoin de bouger pour se calmer.

Non sans difficultés, il se força donc à se détacher pour de bon de Thomas et ouvrit la porte pour les faire entrer dans son appartement. Son coeur battait trop vite et son ventre était tordu d’angoisse, mais un genre d’angoisse qu’il appréciait. Il resta tout de même adossé à la porte quelques secondes pour reprendre son souffle et ses esprits. Autant que possible, du moins. Il souriait toujours comme un idiot quand il retrouva le courage d’ouvrir les yeux et décida de rester contre la porte, seulement parce qu’il mourrait d’envie de foncer sur Thomas et qu’il y avait quelque chose de vraiment grisant à ressentir ça. Quelque chose qui lui échappait depuis si longtemps qu’il était prêt à tout pour l’entretenir aussi longtemps que possible. “Même si c’est seulement l’idée que ce soit possible qui nous donne envie de le faire... “ souffla-t-il avec précautions, “ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas essayer quand même.” Clairement, ça n’était pas la manière la plus romantique d’envisager les choses. Tomber amoureux de l’idée de l’amour restait certes moins flatteur que de le faire d’une personne. Et même avec toute la bonne volonté du monde, Yerathel ne pouvait pas prétendre sérieusement être amoureux du pianiste. Il ne pouvait pas promettre non plus que ça arriverait un jour. Mais il pouvait ouvrir la porte à cette possibilité. Il pouvait essayer.

Lentement, il se décolla de la porte et s’autorisa enfin à approcher un peu du jeune homme. Son sourire s’agrandit considérablement quand il n’y eut plus qu’un pas ou deux entre eux et cela le persuada à s’arrêter à cette distance. “Il y a des chances que ça ne fonctionne pas.” admit-il du même ton hésitant. Beaucoup, même. “On n’a jamais rien ressenti l’un pour l’autre pendant toutes ces années et… tu m’exaspères très souvent.” Il réduisit la distance d’un nouveau pas, mais ne s’autorisa toujours pas le moindre contact. “Et je n’ai toujours pas l’intention de céder à tes avances pour le moment, ni de te laisser te détruire pour le plaisir.” Un autre pas et soudainement, son corps était pressé contre celui du musicien et son sourire plus large que jamais. “On a beaucoup de mal à communiquer, tous les deux. Et beaucoup de choses à régler. Ça risque d’être particulièrement… intense et sûrement désagréable, parfois.” Son regard s’égara un instant de trop sur les lèvres de Thomas avant qu’il ne parvienne à remonter jusqu’à ses yeux. “Rien ne dit qu’on arrivera à se supporter sur la durée ou qu’on finira par ressentir vraiment quelque chose l’un pour l’autre.” Il glissa sa main dans celle du jeune homme et inspira profondément. De bonnes raisons de ne pas essayer, il en avait toute une liste et elle était bien plus longue que celle qu’il venait de donner. “Mais j’ai envie d’essayer quand même. Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, j’ai vraiment envie de tenter ma chance.” Le plus important était là, sans doute. Que ça fonctionne ou non, il faudrait bien partir de quelque chose.

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Posté le Jeu 26 Juil - 9:22
Un nouveau silence nous berça, un nouveau silence s'installa alors que je venais de dire que peut-être tout ça ne tenait plus d'un fantasme que d'une réalité, et de nouveau ce fut un baiser qui scella nos lèvres. Un baiser plus chaste, plus contrôlé, plus maîtrisé. Hochant là tête à ses premiers, je le suivais, rentrant dans l'appartement alors que je n'étais plus bien sur de quelle émotion me dominait. Il souligna alors que même si il ne s'agissait que d'une envie, que d'une idée, l'on pouvait essayer, il n'y avait en effet rien qui nous l'interdisait, rien qui irait contre nous si ce n'est nous. Me tournant vers lui, je le vis se décoller de la porte contre laquelle il était toujours, cette porte ou il semblait se reposer. Attendre presque. Quelques pas en ma direction avant qu'il ne s'arrête, affirmant qu'il y avait de grandes chances que rien ne fonctionne. Pendant cinq ans, la seule chose que j'avais désiré de lui était son corps, mais je ne m'étais jamais vraiment arrêter à autre chose et il était d'ailleurs souvent exaspéré par moi. Il s'approcha encore, reprenant sur le fait qu'il ne comptait pas céder à mes avances, ni me laisser me détruire. Fronçant légèrement les sourcils, je ne tiquais pas sur son refus de me céder, mais plus sur celui de m'empêcher toute destruction. Mais je ne pus pas vraiment y réfléchir plus longtemps que je me retrouvais collé contre lui, le coeur battant un peu plus fort et un peu plus vite. Nous ne savions même pas communiquer, nos échanges même des derniers jours ressemblaient davantage à une torture qu'autre chose. L'entendre parler d'intensité en l'ayant ainsi contre moi était quelque peu sadique, quoi que suffisamment bien placé pour me faire comprendre l'idée.

Rien ne nous promettait de réussir, rien ne nous promettait d'arriver à se supporter, à avoir réellement envie de l'autre et non plus de l'idée d'une relation. Mais il avait envie d'essayer quand-même. Il avait envie de tenter le coup pour la première fois en plus d'un siècle. Il avait attendu un siècle ? C'était le temps qu'il avait prit avant de s'autoriser à nouveau à aimer ? Et qu'était-il advenu de la précédente personne ? Était-elle morte ? C'était pour ça qu'il n'avait plus laissé son coeur tenter sa chance ? Serrant légèrement sa main, je le regardais, un long moment silencieux, essayant d'imaginer ce qui avait pu arriver à cette précédente âme dont il s'était éprit. Et je n'eus pas le courage de demander, seulement de glisser ma main libre sur son visage pour capturer ses lèvres dans un baiser aux promesses silencieuse. Je doutais qu'il se laisse aussi facilement manier à présent que l'on n'était plus juste dans l'optique du relation platonique, et j'allais surement faire les frais d'une colère qui me dépasserait souvent.

Lui rendant son souffle, je soufflais dans un sourire timide, le premier depuis que nous en étions là, « T'as déjà su me supporter pendant cinq ans, mais quelque chose me dit que tu vas plus te laisser faire dès aujourd'hui non ? », mon sourire mourut légèrement alors que mes pensées se tournées vers un autre détail que je tachais de prendre avec un peu plus de distance malgré mon envie de m'éloigner et de réclamer des comptes, « Comment tu connais Eliza ? », c'était sans doute plus fort que moi, sans doute déplacé. Mais comme il l'avait souligné, il s'agissait de ma famille, et même si je restais éloigné, je ne pouvais pas oublier l'attachement que je leur portais. Et lui dans l'histoire il en ignorait jusqu'à l'existence de certain, « Il faudrait que je te parle d'eux... Que tu les connaisses au moins un peu, même si il ne reste plus vraiment beaucoup de temps à partager... », ca faisait un peu, je te présente à ma famille tout ça, mais c'était pas l'idée, enfin si peut-être, mais qu'ils se disent que peut-être quelque part, quelqu'un puisse veiller sur moi et qu'ils ne soient pas... La rupture et la séparation serait violente quoi qu'il arrive.  

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Posté le Jeu 26 Juil - 17:42
 Le plus inattendu restait certainement l’angoisse grandissante qui s’emparait de Yerathel alors qu’il attendait de savoir ce que Thomas pensait de tout ce qu’il venait de dire. Il n’y aurait pas vraiment dû y avoir de doutes, après que le pianiste ait traversé la ville pour lui courir après, non ? Mais sa façon de présenter les choses n’était pas la plus positive. Et Thomas avait agi sur un coup de tête, très clairement, il avait couru jusqu’ici sans prendre le temps de penser à tout ce qui pourrait ne pas aller entre eux. On ne faisait pas un geste pareil en ayant pris le temps de la réflexion… Alors le fait de souligner toutes les failles pouvait réellement tout gâcher, n’est-ce pas ? C’était ce qu’il craignait, en tout cas, alors que le silence s’étirait et que leurs regards s’accrochaient l’un à l’autre si fortement. Il retenait son souffle et il ne savait même pas pourquoi. Pourtant son coeur battait fort, tellement qu’il eut même cette pensée stupide qu’on trouvait parfois au détour d’une page dans un livre : est-ce que Thomas pouvait le sentir ? Parce que lui, en tout cas, il n’arrivait pas à se concentrer sur autre chose et il était mortifié, à vrai dire. Il n’y eut pas plus de mots, pas de réponse pleine d’espoir prompte à le rassurer. Mais la main de Thomas vint se poser sur sa joue et leurs lèvres se rencontrèrent de nouveau et c’était amplement suffisant. Un sourire s’invita aux lèvres de l’occultiste qui enlaça le jeune homme en profitant de toutes les promesses contenues dans ce simple geste. L’angoisse ne le libéra pas pour autant, à vrai dire et son coeur ne se calma certainement pas. Il ne lui était pas arrivé une seule fois en plus de deux mille ans de ne pas regretter de s’être offert, le coeur sur la main, à quelqu’un. Mais il se concentra sur le reste, sur la nuée dans son ventre et la chaleur dans sa poitrine, sur tous les signes d’un corps soumis à l’amour naissant qui rendaient chaque être humain sur cette Terre, doté de pouvoirs ou non, si désespéré d’aimer en sachant pourtant que ça ne finissait jamais bien. Ils ne se promettaient rien d’autre que d’essayer, après tout et c’était déjà énorme, n’est-ce pas ?

Le sourire de Yerathel était toujours large quand Thomas le libéra enfin. Il parvint à s’étirer pourtant davantage à la remarque qui suivit. “Je ne me suis jamais laissé faire.” corrigea-t-il en caressant à son tour la jour du pianiste. “Je me contentais simplement de t’ignorer. Mais il y a effectivement peu de chance que ça arrive de nouveau.” Il avait eu plus de soixante ans pour réfléchir à tout cela et que les doutes s’effacent ou non, il avait assez patienté pour renoncer facilement. Une question s’imposa malgré tout. Et maintenant ? Il ne se souvenait plus vraiment, quoique les sensations portaient une saveur familière, comment il tombait amoureux autrefois. Il se rappelait bien que ça arrivait avec une facilité relativement désespérante, mais rien d’autre. Mais il faudrait bien commencer quelque part, n’est-ce pas ? Il n’allait pas renvoyer le jeune homme chez lui dès maintenant, il n’en avait même pas envie. Seulement, il se retrouva quelque peu paralysé par l’inconnu qui se présentait. Thomas fut le premier à tourner la page, par une question qui figea leurs sourires à tous les deux. Yerathel détourna les yeux aussitôt, légèrement honteux en se souvenant de la manière dont il avait rencontré la soeur du musicien. “Je l’ai rencontré devant ta porte, à vrai dire. Il y a quelques jours à peine, après la journée qu’on a passé ici. On ne s’était pas parlé pendant des jours et je…” Il n’alla pas plus loin dans cette idée. Un reste de pudeur l’empêchait d’admettre combien il désespérait du silence du pianiste, combien ça l’avait blessé et à quel point il avait été ridicule qu’il s’était pointé à sa porte sans y être invité dans la ferme intention de l’obliger à lui parler. “Enfin, bref. Elle était là, à s’énerver contre ta porte et je… On a discuté. De toi, principalement.” Cette même pudeur l’empêchait visiblement d’admettre aussi la jalousie qui l’avait pris par surprise ce soir-là. Mais il ne parvint pas à se sentir vraiment coupable de taire certains détails. Il s’était suffisamment donné à cet homme, n’est-ce pas ? Comme un idiot effrayé, il s’accrochait à des détails, refusant de les révéler, à défaut d’avoir pu conserver ses plus précieux secrets.

“Je ne voulais pas me mêler de tes affaires, je suis désolé.” lâcha-t-il finalement, alors qu’il s’autorisait enfin à s’éloigner du jeune homme pour faire quelques pas sans aucun but dans la pièce. “Seulement, je sais que ça t’inquiète de penser que tu devras un jour disparaître de leur vie et de ne pas pouvoir profiter de leur présence pour le temps qu’il te reste. Et sur le moment, j’ai trouvé idiot que tu te fasses subir ça et j’ai cru que je pouvais t’aider. Mais tu as raison, je n’ai aucune idée de ce que tu ressens quand tu es avec eux et que tu ne peux pas penser à autre chose qu’à… qu’à leur sang. Je te demande pardon.” Les bonnes intentions ne donnaient pas toujours les meilleurs actes. Et qu’il se sente investi de la mission de sauver Thomas ne lui donnait certainement pas le droit d’agir dans son dos. Pour le coup, il se sentait sincèrement coupable, là. Et plus encore que le jeune homme veuille pourtant lui parler de sa famille, veuille réellement qu’il fasse partie de sa vie. “Tu ne me dois rien, tu le sais, n’est-ce pas ? Je ne m’interposerais plus entre ta famille et toi si c’est ce que tu veux. Même si je pense qu’il doit y avoir un moyen pour toi de profiter d’eux autant que possible, ça n’est pas à moi de décider.” Il adressa un sourire désolé au jeune homme et se détourna pour de bon, allant naturellement vers sa cuisine pour se servir un verre de vin. Il pouvait bien faire bonne figure, il n’en restait toujours pas moins un peu choqué et secoué par tout ce qui venait de se passer et s’occuper les mains l’aidait à ne pas trop réfléchir. “Tu veux boire quelque chose ?” demanda-t-il vaguement en continuant de s’activer dans son coin.

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Posté le Ven 27 Juil - 11:04
Il disait ne jamais s’être laissé faire, mais qu’il n’avait fait que m’ignorer. Il m’avait quand même passé pas mal de chose déjà, et j’avais pas toujours l’impression qu’il m’ignorait. Mais il devait avoir raison et j’avais d’autre préoccupation en tête, du moins je voulais savoir comment certaines choses étaient possible et ça ne nous concernait pas. Eliza, comment il avait pu la rencontrer ? Visiblement au pas de ma porte, il y a quelques jours après un long silence de ma part, il avait de toute évidence fini par venir et il était tombé sur elle s’énervant contre ma porte. Et ils avaient parlé de moi visiblement. Fronçant légèrement les sourcils, je me demandais de quoi ils avaient pu parler, quoi que Eliza avait du se plaindre un milliard de fois de combien j’étais nulle, de combien je n’étais pas un frère, ni mérité l’amour de ma famille. Mais avant que je n’ai pu me morfondre sur la raison de sa venu, il s’excusa, affirmant qu’il ne voulait pas se mêler de mes affaires. Se reculant alors, il se mit à marcher, reprenant en parlant du fait que j’étais inquiet de savoir qu’un jour je devrais partir, que ne pas pouvoir profiter d’eux me blessait plus que je ne l’aurait voulu et il m’avait pensé idiot de garder ainsi mes distances avant de comprendre. Il ne pouvait pas s’imaginer les difficultés, le mal que j’avais à ne rester qu’une minute avec eux dans mes bras. Et il s’en excusait.

Il promit alors de ne plus s’interposer dans ma famille si c’était ce que je voulais, même si il pensait qu’un moyen devrait-être possible pour que je puisse profiter d’eux, il ne voulait pas décider. « À moins que la faim ne disparaisse enfin, j’en doute. », soufflais-je alors que je le regardais se servir un verre de vin avant de me proposer quelque chose, refusant d’un signe de la tête, je complétais. « Non, j’ai déjà deux verres de Whisky assez chargé dans le sang, si on veut me garder conscient et moins con je préfère en rester là. », car bien que je régénère, ça ne serait jamais assez rapide pour que ce que j’ai déjà dans le sang ne joue pas, « Mais du coup si t’as de l’eau, ou au pire un jus de fruit. », mais rien qui ne pourrait pas m’aider à y voir plus clair. Car c’était un peu l’idée d’aujourd’hui, être suffisamment sobre et en état pour ne pas empirer la situation, pour ne pas tenir compte de ce qui aurait pu se passer et se tourner un peu plus vers l’avenir. Vers ce que l’on pourrait construire à deux à présent. J’étais toujours aussi fébrile à l’idée d’avoir fait ça, à l’idée d’avoir été le cherché pour ouvrir une nouvelle porte. J’étais fébrile mais je n’allais pas fuir.

Retrouvant son canapé, je lançais un regard vers sa chambre, vers ce matelas qui ne devait plus être ici depuis longtemps à présent. Repenser à ce soir ne serait pas vraiment l’idée du siècle, mais il était préférable de ne pas l’oublier, surtout avec les récents événement. « Je pense qu’il faudrait peut-être sortir un soir ? Genre resto ciné, ou resto rien du tout, mais faire quelque chose de différent ? », proposais-je en reposant mon regard sur lui. C’était toujours professionnel jusque là, on pouvait parfaitement commencer à entre voir des activités plus personnelles n’est-ce pas ? Des activités plus en accord avec ce qu’on cherchait à faire, souriant alors, je me rectifiais en me souvenant d’un point au quel il tenait et qui était loin de me déplaire, « Après on peut aller sur la plage pour regarder le soleil se coucher, c’est hyper romantique comme activité ! », c’était surtout reposant. Mais je voulais qu’on sorte de ce quotidien, si ça devait marcher, c’était Thomas qui devait être là, pas un artiste torturé camouflant qui il était.

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Posté le Jeu 2 Aoû - 14:41
Sans trop réfléchir à ses gestes devenus mécaniques, Yerathel remplit un verre d’eau et retourna auprès du jeune homme au salon pour le lui donner. Entre la culpabilité d’avoir outrepassé ses droits et la conversation qu’il avait eu avec la jeune femme, il n’avait pas spécialement envie de s’éterniser trop longtemps sur le sujet Eliza. Il venait de présenter des excuses et de raconter tout ce qu’il pouvait dire à ce sujet, il ne voyait aucune raison de pousser sa chance, après tout. Et Thomas devait être du même avis, puisqu’il ne chercha pas plus loin non plus et s’installa plutôt sur le canapé. Visiblement, il ne comptait pas s’en aller maintenant non plus. Le sourire de l’occultiste revint à cette idée et il alla s’asseoir à côté de lui, tout de même assez loin pour que leurs corps ne se touchent pas ne serait-ce que d’un centimètre. Ce qui était profondément ridicule, certes, mais il n’arrivait pas à lutter davantage contre la stupidité qui l’accablait en ce moment. Tant de choses venaient de changer pour un seul baiser. Il ne s’était jamais senti à ce point au bord d’un dangereux précipice, à lutter pour rester en équilibre au lieu de chuter dans le vide. C’était un sentiment à la fois effrayant et grisant qu’il comptait bien savourer un petit moment. Du moins, si Thomas acceptait de le laisser faire et, à en croire les mots qu’il lâcha ensuite, ça n’était pas le cas. Le coeur de Yerathel, à peine calmé des émotions qu’il venait de traverser, s’emballa de nouveau et plus fort que jamais. Ce qui était encore une fois profondément ridicule, mais… Sortir ? Un vrai rencard. Rien ne ressemblait plus à une véritable tentative de construire quelque chose que cette invitation pourtant lancée avec tant de nonchalance que c’en était perturbant.

“Ne le prends pas mal, mais je ne t’imagine pas vraiment être le genre d’homme à aller voir un coucher de soleil sur la plage pour un premier rencard.” se moqua-t-il doucement, à défaut de savoir comment réagir autrement. Il n’était pas contre cette idée, loin de là, c’était même effroyablement tentant. Seulement, ça rendait le tout beaucoup plus réel, beaucoup plus… maintenant ? Ils envisageaient d’essayer de construire quelque chose, d’accord, mais… Tout arrivait d’un coup, s’enchainait si rapidement que l’idée n’était pas encore totalement installée dans l’esprit de l’occultiste. “En fait, je ne t’imagine pas du tout être le genre d’homme à avoir des premiers rencards…” se corrigea-t-il en observant Thomas un instant. Il en avait vu, des hommes et des femmes graviter autour du musicien, mais rarement plus longtemps que la durée nécessaire à quitter son appartement sans un regard en arrière. Et très clairement, il n’imaginait pas ce genre de relation se construire autour d’un resto ou devant un coucher de soleil. Mais ce qu’ils cherchaient à construire ensemble devait traverser les âges et s’étendre au-delà des siècles, pas prendre fin après une nuit, n’est-ce pas… Et à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles… “Mais c’est d’accord, on devrait sortir un soir. Coucher de soleil, resto ou autre chose, je te laisse choisir. J’ai vraiment, vraiment hâte de voir de quoi a l’air le célèbre Thomas Aleksander Balhian quand il se met en tête d’avoir une relation sérieuse, exclusive et durable. Ça vaut très certainement le détour et je ne raterai ce spectacle pour rien au monde !”

Ses yeux s’écarquillèrent quand le silence revint et qu’il réalisa brusquement ce qu’il venait de dire. Sérieuse, exclusive et durable. Juste ça, hein ? “Enfin, je veux dire…” Avec la chance qu’il avait, cette histoire ne tiendrait même pas jusqu’au premier rencard et ce serait entièrement sa faute. Mais peut-être qu’en compensation, on lui accorderait une page entière dans le Guinness Book des records pour avoir réussi à détruire une belle histoire prometteuse le plus rapidement au monde. Il secoua la tête pour chasser cette pensée plus incroyablement stupide que toutes celles ayant précédées jusque là et reporta son attention sur Thomas en faisant de son mieux pour afficher autant de nonchalance qu’il le pouvait. “Quand est-ce que tu voudrais faire ça ?” demanda-t-il au lieu de s’éterniser sur un autre sujet trop dangereux pour sa pauvre âme éprouvée.

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Posté le Ven 3 Aoû - 1:31
Cela faisait beaucoup trop longtemps que je n’avais pas joué avec de l’eau dans un verre. Je me sentais un peu ridicule de proposer ça, mais si on voulait commencer quelque chose, il fallait bien le faire quelque part non ? Souriant malgré moi à sa réponse à ma proposition je secouais la tête, chassant le sentiment étrange qui me prenait à l’idée qu’il puisse me penser ainsi. Je ne lui avais pas donné beaucoup d’exemple pour croire que j’étais un mec bien, il fallait le reconnaitre, mais je n’étais pas du genre à prendre à la légère une relation. « Pourtant j’en ai eu, à une époque. », même si ce n’était que des rendez-vous derrière un stade, ou au cinéma. J’avais eu des rencards et c’était sans doute le principale. J’avais connu tout ça avant de devoir y tirer un trait. Mais il acceptait, quelque soit le programme, il acceptait de sortir un soir. Et il avait hâte de me voir à l’action quand il était question d’avoir une relation sérieuse, exclusive et durable. C’était étrange d’entendre ça. Je veux dire que c’était pas gênant, c’était davantage effrayant, quoi que légèrement, mais c’était toujours le cas à chaque début, et puis cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une seule personne en tête. Mais le plus gênant arriva alors, quand il réalisa, quand il prit conscience, quand il sembla comprendre.

Il chercha à se justifier avant de changer de sujet et ma première réaction fut de fuir dans mon verre, à l’abris de l’angoisse. Quoi que cela ne m’aida pas vraiment et que mon courage finit par me pousser à dire quelques mots. « Tu sais que j’étais volage et sans attache uniquement car je croyais qu’une vie de couple sans danger pour l’autre m’était impossible ? », et que même si l’idée qu’il soit le seul candidat pour vivre avec moi le reste de ma vie était flippant, c’était tout. C’était cet engagement presque évident qui était perturbant, pas l’acte en lui-même. « Et que plus je me tapais des gens, plus j’avais l’impression de combler un vide ? », vexer, je l’étais sans doute plus que je n’aurais voulu le dire, mais il avait ses raisons. « Même si c’était que des amours d’adolescent, j’ai jamais trompé qui que ce soit, et pourtant j’étais populaire et j’avais une liste de prétendante et prétendant plus longue que mon bras… », j’avais aimé, sincèrement, et devoir rompre m’avait mit plus bas que terre.

Soupirant finalement, je posais le verre d’eau sur la table, conscient qu’en parler ne ferait rien d’autre qu’enfoncer un clou. M’asseyant sur le côté, je posais mes yeux vers lui, souriant un peu plus timidement alors que je chassais mes mauvaises pensées au loin. « Quelque chose de prévu samedi soir ? », j’aurais sans doute pu dire ce soir, mais cet histoire de sang trouvé sur le sol était bien plus préoccupante que je ne l’aurais voulu. Il était préférable que je ne m’y éternise pas et surtout il était préférable que je me donne un peu de temps pour réfléchir à une soirée réellement digne de ce nom. « Et détrompes-toi, je sais être romantique quand je veux, faut juste que je me rappelle comment on fait. », repris-je avec un léger sourire sur les lèvres. Je ne voulais pas l’embêter, ni même le déranger avec des plans foireux, mais lui se disait romantique, et si je pouvais mettre toutes les billes de mon côté pour qu’il ne m’ignore pas le jour ou son véritable grand amour se pointerait, je le ferais. Personne ne devait me le prendre, j’étais assez catégorique la dessus.

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Posté le Mar 7 Aoû - 11:44
L’angoisse qui s’amusa à épaissir l’air n’aida pas vraiment Yerathel à se sentir mieux et il continua de paniquer lui-même en se demandant pourquoi il fallait qu’il soit aussi stupide. Malgré tout, Thomas fut prompt à reprendre la parole et une vague de soulagement déferla sur l’occultiste à cette tentative de justification qui prouvait au moins une chose : quoique l’idée de s’engager dans une histoire sérieuse ne soit reposante pour aucun d’entre eux, Thomas ne comptait pas faire demi-tour tout de suite. Une pointe de fierté poussa Yerathel à lever les yeux au ciel lorsque l’homme lui affirma que malgré de nombreux prétendants, il n’avait jamais été infidèle. Oh, il le croyait, mais cet incroyable manque d’humilité ne méritait d’autre réaction que celle-ci. Il s’inquiéta tout de même que sa réaction ne soit mal prise quand le pianiste bougea, mais lorsqu’il reprit la parole ce ne fut que pour proposer de mettre en place ce fameux rencard le samedi suivant et Yerathel dut bien admettre qu’un autre poids fut libéré de ses épaules. À son tour, il fit face au jeune homme et s’autorisa à sourire, réalisant qu’il avait sincèrement hâte de se lancer dans cette histoire, malgré les obstacles qui se présenteraient forcément en route. “Ne te force pas pour moi.” souffla-t-il pour toute réponse. “J’ai dit que j’étais désespérément romantique dans le sens où je m’acharne à croire au grand amour malgré deux millénaires sans jamais le trouver. Rien d’autre.” corrigea-t-il. Ça le touchait sincèrement que Thomas veuille faire un effort pour qu’ils passent une bonne soirée, mais il aurait été parfaitement capable de passer un bon moment sans coucher de soleil ni rien d’autre d’incroyablement romantique. “Mais samedi soir, c’est parfait pour moi.” concéda-t-il tout de même. Quoi que les soirs de week-end soient souvent réservés à ses fameuses soirées de débauche, il n’aurait aucun scrupules à laisser tomber juste une fois.

Une nouvelle hésitation le gagna ensuite. Comme si, une fois cette question réglée, il n’y avait plus rien dont ils puissent discuter, ce qui ramenait immanquablement la gêne au premier plan. Ce fut finalement son tour d’avaler une longue gorgée de son vin avant de déposer son verre sur la table basse et il inspira profondément en posant son regard sur Thomas. Il se surprit même à trouver le courage d’approcher de l’homme et de glisser une main sur son bras. Ses gestes étaient tellement hésitants, il se reconnaissait à peine. Il s’en sortait bien mieux avec les relations humaines quand il s’agissait de jouer un rôle, celui de l’humain qu’il prétendait être, mais dans le cas présent, il n’était pas bien certain de qui il devait être. Son regard se posa sur ses propres doigts, gagnant difficilement du terrain sur les bras de Thomas. “Est-ce que tu veux rester encore un peu, même si ça ne compte pas comme un vrai rencard ?” demanda-t-il avec la même hésitation dans la voix que dans ses gestes. Quoiqu’il en ait réellement envie, il réalisa un peu tardivement que ça n’était pas forcément la meilleure idée qu’il ait jamais eu. Car ça impliquerait forcément qu’ils ne restent pas silencieux à se regarder dans le blanc des yeux pendant des heures, n’est-ce pas ? Et vu comme il avait du mal à lâcher seulement trois mots maintenant… L’angoisse retrouva le chemin jusque dans son cœur à une vitesse impressionnante, à croire qu’elle commençait à connaître la route par cœur. Ses lèvres, elles, retrouvèrent celles de Thomas avant que le moindre malaise ne parvienne à s’installer réellement. Ce qui n’était guère une meilleure idée, à vrai dire, mais la réflexion n’avait pas vraiment sa place en ce moment.

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Posté le Mar 7 Aoû - 17:31
Je n’étais pas certain de me forcer pour qui que ce soit, j’avais simplement envie de faire ce genre d’effort pour quelqu’un comme lui. Il jugea alors bon de préciser ce qu’il voulait dire par désespérément romantique, mais le simple fait de continuer à chercher le grand amour était pour moi une preuve suffisante pour continuer sur cette voie. Mon sourire se fit de nouveau présent lorsqu’il accepta de sortir avec moi samedi. J’étais heureux, ce qui était assez étrange en soit car j’avais l’impression d’être un adolescent découvrant les joies de ses premiers amours, mais c’était un peu le cas. Je redécouvrais cette envie, ce besoin d’avancer avec quelqu’un. Je redécouvrais une sorte d’humanité à agir ainsi avec lui. « Alors va pour samedi. », soufflais-je avant que sa main ne se pose sur mon bras. Il m’arracha quelques frissons au passage, mon regard tombant sur ses doigts alors qu’ils s’avançaient timidement sur ma peau. Nous étions encore des inconnus malgré les années passaient ensemble. Je ne le connaissais pas, pas plus qu’il ne me connaissait et si j’avais plus d’une fois cherché à le mettre dans mon lit, son contact m’était réellement nouveau, mais loin d’être désagréable. Vraiment loin. Il me proposa alors de rester, et si le calme avait quelque chose de pesant, le fait de rester ici, avec lui était tout autre.

Il fallait qu’on s’habitue aussi l’un à l’autre et partir serait un peu refuser de commencer à se découvrir. « J’ai pas fini en boxer, ni prit de douche alors que c’est un peu un norme quand je viens chez toi. », soufflais-je dans un sourire avant de sentir ses lèvres s’abattre sur les miennes. Répondant à son baiser alors que mon coeur s’affolait de lui-même, je glissais mes mains sur ses joues, ignorant tout de ce que pourrait vouloir réellement dire ce baiser. Il était juste une pose bien venu dans mon coeur, une pause agréable qui me laissa à bout de souffle. Un baiser qui m’avait d’ailleurs forcé à abandonner son visage d’une main pour m’empêcher de m’allonger et de l’attirer sur moi dans un geste dont les attentions n’auraient rien de glorieuses. Je comprenais sans doute mieux que je ne l’aurais voulu ses raisons, les précautions qu’il prenait avec ça. Et l’idée de vouloir le préserver me reprit un peu plus.

Mon souffle retrouvé, je glissais mes lèvres contre les siennes une dernière fois avant d’éloigner mon visage des quelques centimètres, ma mains capturant la sienne, « Du coup oui, je t’ai pas couru après pour rien. », j’étais pas forcement très à l’aise avec tout ça et à défaut d’être arrogant, je pouvais au moins me cacher derrière un peu d’humour. « T’es plutôt asiatique ou européen ? », demandais-je avant de souligner le fait que la question puisse-t-être un peu trop vague pour lui, « En nourriture je veux dire. », même si avec un peu de recul je pouvais dire avec certitude qu’il n’y aurait pas eu de confusion.

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Posté le Mer 8 Aoû - 17:53
 C’était encore un peu particulier, de se faire à cette nouvelle forme d’intimité. Il n’aurait pas prétendu le faire avec autant de naturel qu’il le souhaitait. Il faudrait sans doute plus de temps pour qu’il s’y fasse. Ça n’était pourtant pas la première fois qu’ils s’embrassaient, mais ce baiser n’avait rien à voir avec ceux l’ayant précédé. Il n’y avait plus d’urgence, plus de désespoir latent et plus de secrets cachés dans un coin. Le genre de baiser auquel Yerathel aurait pu s’habituer sans mal et il se voyait parfaitement bien continuer ainsi jusqu’à manquer complètement d’air. Mais Thomas ne fut pas du même avis et s’éloigna le premier. Un instant, la déception gagna l’occultiste, jusqu’à ce qu’il perçoive les émotions quelque peu contradictoires émaner du jeune homme, lui arrachant un sourire au passage. Visiblement, le pianiste prenait très au sérieux sa volonté de faire les choses correctement entre eux. Alors qu’il retrouvait sa place dans le canapé, Yerathel ne put s’empêcher de se demander combien de temps il lui faudrait pour perdre ses bonnes intentions. Son sourire s’agrandit un peu plus aux mots qui suivirent et il détourna les yeux, de nouveau gêné sans trop savoir pourquoi. Il ne s’était certainement pas attendu à ce que Thomas lui court après et encore moins à ce que les choses tournent ainsi, mais pour le moment il appréciait pas mal ce retournement de situation.

Un rire lui échappa quand une question pour le moins incongrue lui fut posée. “Tu veux dire que tu as couru jusqu’ici pour savoir ce que j’aime manger ?” demanda-t-il, visiblement incapable de se retenir de se moquer de lui plus de quelques minutes. “Parce que si c’est le cas, tu sais, un message aurait suffi…” Malgré tout, il pressa la main de Thomas toujours dans la sienne et donna une réponse plus sérieuse sans trop attendre. “Plutôt européen.” Il haussa les épaules, peu désireux d’en dire davantage à ce sujet pour le moment. S’ils avaient déjà du mal à discuter maintenant, peut-être mieux valait-il conserver quelques sujets pour cette sortie de samedi, n’est-ce pas ? Il ne se souvenait pas avoir été à ce point stressé à l’idée d’un rendez-vous depuis des dizaines d’années… Et dans son cas, ça n’était même pas une manière de dramatiser. Il n’avait même pas eu un rendez-vous depuis un demi-siècle. Cette soirée risquait d’être un véritable fiasco s’il ne trouvait pas rapidement un moyen de se détendre.

“J’ai envoyé un message à ce flic quand j’étais dans la voiture.” souffla-t-il finalement. D’accord, il lui restait quoi… Quelques jours pour trouver une autre manière d’apprendre à se détendre, car pour l’instant, ça n’était pas encore trop ça… “Ils n’ont pas l’air de trop s’en faire, pour le moment. Comme je te l’avais dit.” se reprit-il tout de même. Quitte à devoir enfoncer le clou, autant aller jusqu’au bout, n’est-ce pas ? Et au moins, ça clôturait pour de bon cette angoisse. Jusqu’à la prochaine fois. “Alors, c’est maintenant que tu trouves un prétexte ridicule pour enlever tes vêtements ?” Cette tentative de changer de sujet pour détendre l’atmosphère manquait sérieusement de subtilité et il la regretta aussitôt que les mots lui échappèrent. Depuis quand était-il devenu aussi idiot, déjà ?

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Posté le Jeu 9 Aoû - 17:18
J’avais posé une question sans doute stupide à l’entendre rire, m’arrachant un regard vers le ciel, je ne pus me retenir de sourire plus longtemps. Il était beaucoup trop plaisant de l’écouter rire ainsi, de le voir comme ça. Pourquoi je n’avais pas réalisé ça plutôt ? Car j’étais sans doute persuadé que personne ne m’attenterait jamais et que la vie devrait se faire dans la solitude la plus complète. Sentant sa main serrer un peu plus la mienne, j’en fis de même avant de l’entendre me répondre enfin, il préférait donc manger quelques chose d’européen, « Je tâcherais de m’en souvenir quand je réserverais. », déclarais-je simplement avant qu’il ne brise un peu le calme que j’avais de toute évidence réussit à retrouver. Il avait envoyé un message à son flic, et même si je savais qu’il n’y avait rien, je sentais de nouveau une pointe de jalousie émaner du plus profond de mes entrailles. Mais avant que cette dernière ne puisse reprendre le pas sur l’inquiétude, il affirma que nous n’avions pas trop à nous en faire. Comment la police ne pouvait pas s’en inquiéter sérieusement ? Je veux dire il y avait eu une quantité astronomique de sang sur le sol et personne ne semblait vouloir prendre ça au sérieux ?

J’aurais pu continuer à m’en inquiéter si Nolen n’avait pas souligner quelque chose d’un peu trop courant nous concernant. Comme le fait que je me retrouve bien trop souvent en sous-vêtements en sa présence. Souriant toutefois, je baissais les yeux sur mon t-shirt pour déclarer, « Je vais finir par croire que tu aimes bien trop ça. », me redressant, je m’approchais de nouveau de lui jusqu’à me glisser sur ses genoux, un sourire arrogant naissant sur mon visage, « Tu sais que j’ai pas tant couru que ça et que me dire de prendre une douche n’est pas viable ? » soufflais-je avant de me pencher pour l’embrasser chastement avant de reprendre, « Et en plus tes vêtements me vont pas aussi bien qu’à toi… » retrouvant ses lèvres avec un peu moins de retenu, je glissais mes mains le long de ses joues avant de le libérer pour embrasser son front. Ce n’était pas forcément constructif, mais ça me faisait plus de bien que je ne l’aurais cru de pouvoir embrasser quelqu’un ainsi. De pouvoir me laisser aller contre lui, de pouvoir disposer un peu plus librement de lui sans dépasser ses limites.

Plongeant mon regard dans le sien, je fis remarquer quelques chose avec un sourire des plus marqué, « T’as pas envie de trouver un prétexte ridicule pour enlever tes vêtements ? En tout bien tout honneur, je te trouve vachement pudique. », et il était vrai que ce qui se dessinait sous ses vêtements tous plus élaboré les uns que les autres était parfaitement intriguant. Retenant un rire, je repris en m’éloignant assez pour retrouver le sol, « Tu voudrais pas me montrer les plus belles pièces de ton dressing ? », c’était une façon comme une autre d’obtenir ce que je voulais dans un sens non ? Ou du moins de m’intéresser à sa garde robe que je savais déjà fournis.

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Posté le Sam 11 Aoû - 19:21
 Presque aussitôt que le sourire étira les lèvres du pianiste, Yerathel leva les yeux au ciel et il ne le regretta pas le moins du monde quand il entendit la remarque du jeune homme. La fausse modestie et la fausse humilité ne lui allaient pas vraiment bien. Comme s’il pouvait douter un seul instant que de le voir se promener à moitié nu dans son appartement ne soit pas quelque chose de particulièrement plaisant pour l’occultiste. Il lui lançait des regards appréciateurs depuis bien longtemps, bien avant qu’il ne se passe quoi que ce soit entre eux. Au point qu’il trouvait légèrement blessant que Thomas insiste tant pour rester habillé, lui qui appréciait tellement d’être au centre de l’attention et de l’admiration de ses proches… S’il espérait se faire supplier… Il rêvait en couleur. “Très bien, très bien, reste habillé si c’est ce que tu veux…” souffla l’homme d’un ton exagérément dramatique. “Je pensais qu’on était là pour construire une relation agréable entre nous, mais visiblement tu me détestes profondément.” ajouta-t-il avec une incroyable tristesse, à croire que son coeur venait de se briser face à ce refus. Et il aurait pu continuer à jouer la comédie comme ça longtemps, vraiment très longtemps en fait, si seulement Thomas ne s’était pas si soudainement jeté sur ses lèvres - d’accord il n’y avait peut-être rien de violent dans ce geste, mais c’était encore un peu surprenant pour l’homme. Il se prêta malgré tout au jeu sans rechigner, répondant aux lèvres du pianiste avec plaisir.

C’était tellement nouveau, tellement perturbant, de se permettre ce genre de chose avec lui. Mais c’était une sensation plaisante à laquelle Yerathel espérait bien ne jamais s’habituer vraiment. Un sourire ridiculement niais étirait ses lèvres quand le jeune homme s’éloigna et il était à des années lumières de se douter de ce qui allait bientôt lui tomber dessus. Et pourtant, Thomas lui retourna bel et bien sa requête en plein visage. Certes, Yerathel s’était retrouvé bien moins souvent, voire même jamais, sans ses vêtements en présence de l’autre homme. Pourquoi l’aurait-il fait ? Il n’était pas question d’une quelconque pudeur, seulement il ne ressentait nullement le besoin de s’exposer dans le seul but de torturer le pauvre homme. Il attendait de bien meilleures raisons qu’un simple caprice pour se mettre nu devant quelqu’un. Hélas, avant qu’il ait le temps de refuser, Thomas s’éloignait davantage et se retrouva bientôt debout devant Yerathel, offrant le prétexte le plus ridicule qui soit pour mener ses intentions à bien. L’occultiste lui répondit en secouant la tête, l’air parfaitement effaré. “Oh, darling, j’adorerais me déshabiller devant toi, mais ce ne serait rien d’autre que de la torture. Car si moi, je suis parfaitement en mesure de me contrôler, je sens que ce ne serait certainement pas ton cas si j’avais le malheur de te montrer la merveille qui se cache sous ces vêtements.” expliqua-t-il en se désignant d’un geste de la main.

Derrière toute cette extravagante désignation de lui-même se cachait pourtant une véritable pudeur, tout à coup. Il y avait quelque chose de sérieux dans cette moquerie, non pas qu’il s’imagine un seul instant que son corps ferait réellement perdre la tête au jeune homme, seulement… Il savait que cela rendrait la soirée bien plus difficile pour eux deux et il n’était certainement pas prêt à prendre cette voie pour le moment. “Belle tentative d’essayer de m’emmener l’air de rien dans ma chambre, cela dit.” admit-il en s’emparant de la main du jeune homme. Il le tira vers lui, son autre main glissant sur sa taille pour appuyer le mouvement. “Mais je préfère qu’on reste ici. Pour regarder la télé et s’amuser en gardant nos vêtements, tous les deux. Si tu permets.” Il insista jusqu’à pouvoir emprisonner le jeune homme contre son corps. C’était une façon très… immature de passer un moment avec quelqu’un, à flirter comme des adolescents prenant le risque de se faire surprendre par des adultes à tout moment. C’était donc parfait. Amusant. Il faudrait que ça suffise, en tout cas.

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Posté le Sam 18 Aoû - 10:32
Arquant les sourcils lorsqu’il fut question de ce que j’étais prêt à faire pour construire une relation agréable entre nous, je mis quelques secondes à saisir le sens réel, quelques secondes avant de retrouver ses lèvres et ne plus penser à autre chose si ce n’est lui et son corps. D’ailleurs, il fut réellement question de ça quand je lui rendis ses lèvres. De son corps et de ce qu’il pouvait en dévoiler sous couvert de quelques chose de bien moins crédible. Et si il adorait le faire devant moi, il savait d’avance que cela serait qu’une torture pour l’homme faible que je semblais être à ses yeux. Il était vrai que je ne pourrais sans doute pas répondre de tout le contrôle du monde. Me contentant de lever les yeux au ciel, j’évitais de prétendre d’une façon ou d’une autre que je pourrais faire preuve de contrôle. J’étais sans doute bien trop fragile, bien trop loin de cette nouvelle réalité pour en abuser. Il était sans doute le plus réfléchit des deux, quoi que j’en doute quelque peu en le sentant m’attirer à lui. Un sourire fin sur les lèvres, je ne pus me retenir de souffler, « Je dois bien avoir deux trois autre excuses pour réussir à t’y conduire. ». Me laissant faire, je retrouvais ma place sur lui, mes mains retrouvant sa nuque, « S’amuser en gardant ses vêtements… Quelle idée. », murmurais-je en glissant mes lèvres contre les siennes avant de lui voler ses dernières.

S’imposer des nouveautés pour lui, pour nous, pour tenir et rester ce que nous voulions être, pour fonctionner sur le long terme. C’était le prix que j’acceptais de payer, le prix de cette jalousie en le sachant capable de s’éloigner de moi, en le sachant capable de… Non c’était définitivement impossible pour moi de savoir que cette personne, cette unique créature pouvant enfin comprendre, pouvant enfin remettre ma vie en route, puisse m’échapper. « Mais ok, suivons ton plan. », le mien n’étant de toute évidence pas celui qui nous permettrait de réellement grandir. J’étais celui qui avait oublié durant des années que l’amour pouvait exister et même aujourd’hui, alors qu’il était là, qu’envisager de ressentir enfin des sentiments était de nouveau possible, je savais que la jalousie, la possessivité prédominé face à l’amour qui m’était encore étranger. Je le voulais lui, je voulais continuer à m’abandonner, je voulais continuer à tout oublier avec lui, mais ce qu’il cherchait, ce que j’avais depuis longtemps oublié ne s’était pas encore présenté à moi. Alors oui, moins je me précipiterais dans d’ancienne habitude, plus je pourrais gagner des points, gagner une chance de réellement vivre ça avec lui.

Gardant mes bras autour de sa nuque pour l’empêcher de partir, ou de m’éloigner, je savais tout ça ridicule, mais si l’on devait se contenter de quelque chose d’aussi simple et chaste, il était hors de question de le sentir loin de moi, « Alors on va devoir se la jouer vieux couple rangé ? Et oublier que je suis torride et toi tout autant d’après ce que tu sembles me dire ? », soufflais-je en posant ma tête sur mes bras, dans son cou, « Si tu mets un programme culturel je quitte la pièce, je te préviens. », j’avais pas vraiment envie d’apprendre quoi que ce soit, je préférais rester là, quitte à ce qu’il regarde seule la télé, ça m’irait parfaitement. J’avais juste besoin de ça, de lui, de ce moment, de reprendre conscience de tout ça, de cette situation inespéré que j’avais pourtant attendu bien plus que je ne l’aurais voulu.    

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How can I love when I'm afraid to fall? But watching you stand alone, all of my doubt suddenly goes away somehow.

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Posté le Lun 20 Aoû - 11:01
Dès l’instant où Thomas céda et s’installa contre lui, Yerathel réalisa toutes les failles dans son plan de rester ici toute la soirée avec le jeune homme sans jamais céder à la moindre de ses avances. Il avait plus de retenu qu’il n’acceptait de l’admettre à cet instant, certes, mais il y eut une brève seconde où il craignit de ne pas savoir résister très longtemps et puis, trop vite, toute pensée s’envola au loin tandis qu’il répondait aux lèvres avides du jeune homme. Cette soirée se terminerait sur une note particulièrement frustrante, il le savait déjà et pourtant, il ne fit rien pour calmer les ardeurs ni de Thomas, ni les siennes et se contenta plutôt de glisser ses bras autour de la taille du jeune homme. Son intention d’allumer la télévision et de faire semblant de prêter la moindre attention au programme qu’il déciderait de mettre se dissipa rapidement. Il avait toujours un peu de mal à croire que tout cela soit réel et continuait de s’émerveiller silencieusement de ce soudain changement de dynamique dans leur relation. Ce matin encore, chaque pensée qu’il laissait s’égarer vers le pianiste lui arrachait un douloureux mélange de frustration et de profonde tristesse. Quelques heures plus tard, à peine parvenait-il à se souvenir de ce qui avait poussé Thomas à l’ignorer si durement pendant des jours. Jusqu’à ce qu’il ait besoin d’aide.

Cette pensée s’éternisa un peu trop, laissant un goût amère à l’occultiste, mais comme tout le reste, elle fut oubliée à l’instant où le jeune homme libéra ses lèvres pour l’accuser de vouloir jouer au petit couple rangé et le menacer de prendre la fuite s’il osait mettre un programme culturel. Le sourire de Yerathel revint plus vite qu’il n’avait disparu. “Est-ce que tu as la moindre idée de ce que font les vieux couples rangés quand ils sont seuls chez eux ?” demanda-t-il, prenant un air suspicieux qui n’avait pourtant pas lieu d’être. Il n’attendit même pas d’obtenir une réponse pour détacher l’une de ses mains du corps du pianiste et se pencher pour attraper la télécommande sur la table basse. Leurs corps s’effleurèrent plus que jamais à ce geste et Yerathel poussa le vice jusqu’à cacher un rire en posant ses lèvres dans le cou du jeune homme. Il ne fit perdurer sa torture que quelques secondes avant de s’éloigner, son dos épousant le dossier du canapé, la distance reprenant place entre eux et il alluma la télé sans trop chercher. Il choisit une chaîne au hasard, parfaitement indifférent à ce qui se passait sur l’écran qu’il ne prit même pas la peine de regarder ne serait-ce qu’une seconde. “Et si tu t’imagines une seule seconde que je vais te laisser regarder cet écran, tu rêves complètement.” déclara-t-il en abandonnant la télécommande près de lui sur le canapé.

Ses lèvres retrouvèrent celles du pianiste presque aussitôt qu’il eut les mains de nouveau libres et il comptait bien ne pas s’en éloigner avant de manquer d’air complètement ou d’y être contraint par la force. Ce qui finirait bien par arriver, il ne se faisait pas trop d’illusion à ce sujet. Et pourtant, malgré cette certitude et malgré les incessantes plaisanteries du jeune homme, il aurait fallu être aveugle - ou très mal connaître Thomas - pour ne pas constater les efforts qu’il devait faire en ce moment pour rester sage et chaste, du moins autant qu’il savait l’être. Entre cela et sa volonté à leur offrir un premier rencard indécemment romantique, Yerathel se sentait plus flatté qu’il ne l’aurait cru, ce sentiment inattendu imprimant un éternel sourire au coin de ses lèvres. L’occultiste n’était pas encore totalement convaincu que les choses fonctionneraient réellement entre eux, ni même s’il pourrait un jour tomber véritablement amoureux de cet homme, mais il ne voyait aucun inconvénient à multiplier les soirées de ce genre pour le découvrir.

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